Bye bye Readius…

La nouvelle est tombée : la société Polymer Vision vient d’être placée en faillite. Certains diront que l’on pouvait s’y attendre. Pourtant, ces derniers mois, Il avait semblé que de nombreux problèmes s’étaient résolus pour Polymer Vision et son Readius. En effet, celle-ci avait signé un contrat de distribution avec un opérateur italien et lors de la présentation de l’appareil au Salon du Livre, le responsable du marché européen avait indiqué que les négociations avec les opérateurs français étaient en bonne voie. Pourtant, en avril, Polymer Vision signalait au marché un manque de liquidité qui empêchait le Readius d’être mis en production puis commercialisé.
D’après le journal Hampshire Chronicle, Polymer Vision s’est séparé de ses 50 salariés, travaillant à Southampton. La société ne dispose plus des financements nécessaires pour poursuivre l’aventure du Readius.
Quelles sont les leçons à tirer de cette faillite? Tout d’abord, le coût du développement du Readius a été, semble-t-il, très important, surtout pour une start-up (certes soutenu par Philips). Le Readius est un produit que certains grands de l’industrie électronique n’aurait jamais décidé de développer, sentant poindre le gouffre financier. Ce surcoût s’explique par de nombreux soucis de développement de l’écran souple. Ensuite, les négociations avec les opérateurs télécoms ont été beaucoup trop longues.
Le principal ennemi du Readius semble avoir donc été le temps. On parle du Readius depuis plusieurs années. Équipé d’un écran enroulable en papier électronique, qui offrait une surface et un confort de lecture bien supérieur aux autres appareils de l’époque, le marché s’est profondément modifié depuis. L’arrivée de l’iPhone a fait exploser les ventes de smartphones. La mode est aux applications pour téléphone qui multiplient les usages, de la lecture aux jeux vidéos en passant l’internet mobile. De plus, ces smartphones se basent sur des systèmes d’interfaces très intuitives, que cela soit l’iPhone avec son écran multitouch ou le BlackBerry avec son clavier complet. Dans un tel environnement, le Readius semble anachronique.
Quand on navigue sur le site de Polymer Vision (revu récemment d’ailleurs), on remarque que, dans un dernier souffle, la cible du Readius a brusquement changé. Alors que l’année dernière, sa capacité de téléphone portable était mise en avant, le site de la marque présente le Readius comme un Kindle pliable, à destination des grands lecteurs. Malheureusement pour Polymer Vision, cette clientèle utilise déjà un iPhone et lis soit un livre sur Stanza ou bien un journal sur une application dédiée.
A cause de son coût de développement et des technologies qu’il embarquait, le Readius n’allaient pas être abordable. Un élément aussi contraire à la tendance actuelle : l’iPhone se vend pour 99$ aux Etats-Unis et des téléphones Android pour 49€ en Europe.
Anachronique et onéreux. Le Readius est la chronique d’une mort annoncée pour un appareil qui arrive trop tard sur le marché. Qu’importe la petite taille du Readius, on ne lit plus en noir et blanc sur un mobile. Tout est couleur et ergonomie. Deux qualités dont le feu Readius est dépourvu.
Cet appareil a sûrement fait rêver certains d’entre vous. J’ai pu l’utiliser brièvement lors du Salon du Livre de Paris et, en dépit du constat fait ci-dessus, l’appareil ne m’a pas laissé indifférent. Nulle doute que le concept du Readius arrivera un jour dans nos poches avec un appareil flexible, tactile et capable d’afficher de la couleur. Ce n’est qu’une question de temps.
Pour les plus nostalgiques, je vous laisse cette vidéo qui présente le Readius lors d’une édition du 3GSM.
Source : Engadget















C’est toujours dommage de voir un projet où de nombreuses personnes se sont investies s’arrêter brutalement