Barnes&Noble se lance pleinement dans la bataille du numérique

Ces derniers mois, Barnes&Noble a montré son intérêt pour le livre électronique. Après le rachat de Fictionwise et de son application eReader, beaucoup d’analystes se sont demandé de quelle manière la grande chaîne de librairies américaine allait intégrer ces entreprises dans sa stratégie. Après avoir préparé ses forces, Barnes&Noble a lancé avant-hier son offensive. Deux jours plus tard, il est possible d’y voir plus clair. L’offensive est d’envergure et cible directement le leader actuel du marché, Amazon.
Barnes&Noble a donc lancé une boutique en ligne, forte de 700 000 ouvrages. Pour arriver à un tel catalogue, B&N a signé un partenariat avec Google pour proposer les 500 000 ouvrages issus du domaine public sur la nouvelle plateforme. En dépit de cette petite subtilité, B&N peut se targuer d’avoir la plus grande boutique de livres électroniques, bien devant Amazon qui ne propose “que” 300 000 ouvrages.Cependant, il faudra voir la qualité des ouvrages car ceux proposés par Amazon sont bien souvent de mauvais qualité. Reste que l’objectif de B&N est de porté son catalogue à 1 millions de titres d’ici quelques mois. Petit rappel, la Fnac utilise le catalogue de Numilog (composé lui même des catalogues de nombreux éditeurs dont Hachette) qui atteint aujourd’hui le chiffre de 5343 livres électroniques…
Les livres distribués par Barnes&Noble sont au format eReader (.pdb) même si le format EPUB va se développer à l’avenir, “pour le bien des consommateurs”. Les prix sont les mêmes que Amazon, 9,99$ pour les best-sellers et les dernières sorties. De plus, B&N accordera une commission de 6% à ses affiliés sur les ventes d’ebooks. Une bonne nouvelle pour ceux qui voudront promouvoir le service de B&N (là où Amazon ne propose pas de commission), même si l’on se demande quelle marge fait l’entreprise sur la vente d’un livre. On se rappelle de cette rumeur qui indiquait que Amazon ne vendra pas éternellement ses ebooks à 9,99$.

Barnes&Noble base sa stratégique sur un service “device agnostic”. En effet, l’ensemble des ouvrages seront lisibles sur différentes plateformes, de l’iPhone au Blackberry en passant par votre PC ou votre Mac. B&N travaille aussi sur une comptabilité avec d’autres plateforme comme Android, Symbian ou encore Windows Mobile. Nous sommes en train de tester l’application pour l’iPhone OS. Notre premier avis est positif. Nous verrons s’il le restera après plusieurs jours d’utilisation.

Cependant, Barnes&Noble n’en a pas délaissé pour autant le secteur des readers avec un écran en papier électronique. L’entreprise s’est associée à Plastic Logic pour distribuer ses ebooks sur le futur reader de la marque. Cet appareil innovant devrait être disponible au début de l’année prochaine et il sera possible d’acquérir les livres B&N directement depuis l’appareil, à la manière du Kindle.
B&N s’affirme comme un acteur important du marché du livre électronique, aux côtés d’Amazon. Malheureusement toutes ces nouvelles ne concernent, pour l’instant, que la marché américain. Cela dit, quelque chose me dit qu’un autre constructeur va se réveiller dans les semaines qui viennent, et revenir sur le devant de la scène. Je pense bien sûr à Sony. Le marché du livre électronique aux Etats-Unis va être dominé essentiellement par trois acteurs : Amazon, Barnes&Noble et Sony. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises…















Je suppose que s’ils distribuent leurs livres (dans le futur) en ePub, ce sera avec des DRM Adobe, et donc lisibles sur le PRS?
Très bonne nouvelle, mais on attends encore d’avoir un peu de choix en France, et ça c’est pas encore gagné…
Je pense que le système de DRM sera celui d’Adobe et donc lisible sur le PRS-505. D’accord avec toi, pour l’instant, en France, c’est le calme plat.
Le catalogue epub de Numilog, ce que tu appelles “catalogue fnac”, mais tu peux aussi bien dire catalogue epub de Mollat, Gibert Jeune, Dialogue etc. (http://tinyurl.com/nvoo9a), c’est 5343 titres aujourd’hui. Un catalogue en très forte croissance, avec des dizaines d’éditeurs très actifs.
Pour les DRM de B&N ce sont évidemment ceux d’eReader (.pdb), eReader ayant été racheté par fictionwise, lui-même racheté par B&N. Donc ça n’est compatible ni avec le Sony Reader, ni les Bookeen, ni le kindle.
Bonjour Guillaume,
Merci d’avoir apporté ces précisions. Je vais corriger mon chiffre sur le catalogue Numilog et je serai ravi de pouvoir vous poser quelques questions sur votre service.
En revanche, les livres qui seront distribués par B&N seront soit en eReader (.pdb) mais aussi en EPUB comme l’a annoncé le président de B&N dans son communiqué de presse. Dans ce cas, ce seront bien des DRM Adobe qui seront utilisés. On peut envisager, à mon avis, une compatibilité avec les readers EPUB qui supportent les DRM d’Adobe.
L’epub n’est pas mentionné dans le communiqué. Pas de pb pour répondre à toutes vos questions!
@guillaume : William J. Lynch, le patron de B&N, a annoncé lors de sa conference call (pas dans le communiqué de presse, mille excuses) qu’ils allaient proposer, à l’avenir, des fichiers EPUB. Cela va dans le sens d’une ouverture vers d’autres plateformes, un élément mis en avant par B&N. Cependant, que leurs produits ne seraient pas compatibles avec le Sony Reader et le Kindle.
@Hadrien : Merci pour ta précision. Je pense que ce dernier élément confirme ta thèse.
eReader avait annoncé sa volonté d’utiliser son propre DRM sur les fichiers EPUB donc non, à priori il faut s’attendre à des fichiers incompatibles.
@Hadrien : voila une bien mauvaise nouvelle
@Guillaume : le catalogue de Numilog est peut-être en “très forte croissance”, il n’en reste pas moins que l’offre en livre électronique non libre de droits en langue française est tout bonnement ridicule. Alors je ne sais pas, peut-être que la demande n’est pas la non plus, mais je m’étonne quand même d’aussi peu d’offre.
@foux: l’offre française n’est pas plus ridicule que l’offre allemande, italienne ou espagnole. Les éditeurs anglo-saxons ont un peu d’avance, mais leur marché est beaucoup plus important.