Le prix des ebooks pourrait précipiter la chute du livre papier

Nous avons relaté récemment la position de Sony selon laquelle la baisse des prix des ebooks est nécessaire à l’évolution du marché des livres électroniques. D’après Arnaud Nourry, directeur général de Hachette, dans un article paru dans le Financial Times, le livre papier pourrait souffrir voire disparaître à terme si Amazon et Google obligeaient les éditeurs à brader leurs livres. Il estime que les politiques de prix uniques telles qu’entamées par Amazon, Google et Barnes&Noble pourraient détruire les profits des éditeurs qui, par conséquent, sont hostiles aux stratégies visant à faire payer 9,99$ n’importe quel ouvrage. Il dénonce en outre la façon dont Google met en ligne gratuitement des livres libres de droit.
Nous voyons ici deux tendances incompatibles. D’un côté, deux acteurs majeurs du web qui souhaitent dynamiser une industrie sur le déclin, tout en essayant de tirer profit au maximum de leur plateforme de distribution par des négociations âpres avec les ayant-droits. De l’autre côté, des acteurs traditionnels, continuant à soutenir le livre papier, empêtrés dans l’ouragan Internet, qui leur impose une reconversion de leur activité, des investissements massifs dans de nouveaux systèmes de numérisation, de publication et de diffusion, et la redéfinition de leur modèle économique. Si la politique de prix des géants américains est effectivement discutable, il n’est pas sûr cependant que le maintien d’une position conservatrice soit le meilleur moyen de sauver une industrie en perdition…
Bref, le débat sur le prix des livres électroniques ne fait que commencer…
Source : Teleread















Ou comment comprendre la politique tarifaire et quantitative de Numilog (pour les nouveaux, je rappelle que Numilog appartient à Hachette).
Je suis néanmoins d’accord sur un point avec Arnaud Nourry : vendre des nouveautés à 9.99$ me semble un peu aberrant, et je ne vois pas trop comment les éditeurs et les libraires pourraient survivre comme ça. Mais il est aussi clair qu’un livre électronique ne peut pas être au même prix qu’un livre papier (comme dans beaucoup de cas sur Numilog…) il faut donc trouver un juste milieux.
Par contre il est clair que leur revenus sur les livres libre de droit est totalement injustifié, et qu’il est normal que les livres de droits soient accessibles gratuitement (contrairement à chez Numilog, encore eux…)
Enfin tout ça pour dire que je pense que Arnaud Nourry fait tout pour sauver sa manne financière en ne partageant le gâteau avec personne, tout comme les distributeurs de musiques ont essayé de le faire lors de la sortie de l’iTunes Music Store (maintenant iTunes Store) avec les résultats que l’on sait. Peut-être qu’un peut plus de coopération et de participation (comme avec Numilog, si il est utilisé intelligemment) les maisons d’éditions s’en seraient mieux sorties.
Une petite remarque sur le contenu de l’article : je ne suis pas convaincu que l’industrie du livre soit réellement “sur le déclin”. Bien qu’il faudrait analyser les chiffres plus en détail, je pense au contraire qu’elle se porte très bien en ce moment.
@foux: Je pense que les revenus tirés, par un éditeur, de la vente de livres libres de droit ne sont pas injustifiés. En effet, le travail de mise en forme et de mise à disposition d’un livre est loin d’être négligeable.
On peut effectivement aujourd’hui télécharger gratuitement de tels livres, merci à Gutenberg et à Google Books notamment, toutefois il faut reconnaître que le plaisir de lire n’est pas toujours au rendez-vous.
@rukin : je suis tout à fait d’accord avec vous et mon terme “injustifiés” n’était peut-être pas adapté. Je veux juste dire que ce n’était pas un dû, et qu’ils n’étaient pas les seuls à pouvoir diffuser des livres libre de droits. Aujourd’hui, en effet, quand on télécharge un livre, par exemple sur feedbooks, il arrive qu’il y ai des coquilles, mais c’est le prix de la gratuité (hum), après à chacun de choisir le mode qu’il préfère : gratuit avec un risque de coquille (ou tout simplement une expérience de lecture dans certains cas un peu moindre, comme sur Google Books) ou avoir quelque chose de plus travaillé (néanmoins pas toujours exempt de coquilles) mais payant. Les éditeurs n’ont pas le droit de nous imposer ce choix
@foux Par “industrie en déclin” j’entendais plutôt une activité qui a des difficultés à se moderniser et accepter le changement, et de fait son poids baisse au profit des nouveaux acteurs que sont Google et Amazon.
J’ai trouvé un compte rendu réalisé en Mars 2009 sur les tendances du Marché du livre publié par le Syndicat National de l’édition :
http://www.sne.fr/pdf/Tendances_activite_editoriale2008-2009.pdf
On observe que l’activité recule en terme de chiffres d’affaire et de volume, même si cela est en partie imputé à une crise économique dans laquelle le marché des livres résiste plutôt bien.
Pour poursuivre la discussion je suis d’accord sur le fait que les prix ne pourront rester indéfiniment à 9,99$ sous peine de faire couler toute l’industrie. Je partage également le point de vue de rukin pour ce qui est des revenus tirés par Google pour la diffusion de livres libres de droit au vu des frais qu’engendre la numérisation notamment.
Je souhaitais enfin aborder un autre aspect du prix, avec l’exemple Librio dans le monde papier qui rencontre un incroyable succès sans pour autant perdre de l’argent. Je crois et j’espère que l’on verra prochainement ce type d’offre intermédiaire, bon marché, se développper pour des ouvrages libres de droits, ou de grands classiques en meilleure qualité que sur Google, pour faciliter la diffusion de ces indispensables.