Hyperlivre : retour sur le concept

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Ce matin, Orange et les éditions Robert Laffont lançaient un nouveau concept autour de la lecture : l’hyperlivre. Cette association entre le premier opérateur téléphonique français et un éditeur, non des moindres, autour du dernier ouvrage collectif dirigé par Jacques Attali, Le sens des choses, a de quoi attirer l’attention. On sait bien que les éditeurs français s’intéressent de près aux développements de leur offre dans l’univers numérique et cette démarche propose de dépasser l’opposition habituelle entre livre papier et numérique, pour trouver la complémentarité entre les deux. Pour Jacques Attali, il s’agit de marier les deux objets nomades par excellence, le livre et le téléphone mobile.

hyperlivre-flashcodeQu’est-ce qu’un hyperlivre? A première vue, un livre on ne peut plus classique. C’est en le parcourant que l’on découvre des étranges symboles, communément appelés “flashcodes”. Au nombre de 83, il s’agit de code-barres 2D lisibles par un téléphone mobile. Didier Lombard, PDG de Orange, indique que 26% du parc des mobiles est capable de faire fonctionner l’application permettant de décoder les flashcodes. C’est un chiffre qui va ne faire qu’augmenter avec l’essor des smartphones et une meilleure connaissance de la technologie auprès d’un public toujours plus nombreux. Autre élément important, les flashcodes sont lisibles depuis un BlackBerry Bold et également depuis l’iPhone. Orange a développé deux applications dédiés pour ces plateformes. Celle pour le portable d’Apple est en attente de validation auprès des services de l’AppStore. Elle devrait être disponible au téléchargement dans les jours qui viennent.

En capturant un flashcode à l’aide de l’appareil photo de votre mobile, vous accéderez automatiquement au contenu associé. Il peut s’agir d’un fichier audio ou vidéo, d’un graphique ou encore un sondage. Comme l’a fait remarquer Leonello Brandolini, PDG de la maison d’édition Robert Laffont, “L’hyperlivre peut être lu mais, grâce à la technologie, être écouté, visionné voire même actualisé”.

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Cependant, ce dispositif à quelques inconvénients. Même si l’ensemble des mobiles sont compatibles avec l’hyperlivre via un service SMS, le dispositif de flashcodes est beaucoup plus ergonomique. Les contenus associés à l’hyperlivre sont accessibles dès maintenant et pour une durée de six mois. Orange et les éditions Robert Laffont s’expliquent en indiquant qu’il s’agit encore d’une expérimentation qui pourra être poursuivie après son terme, et même appliquée à d’autres ouvrages. L’hyperportail (le site dédié au concept, accessible ici) regroupe un large choix de contenu, des vidéos en passant par un forum. Nous l’avons trouvé un peu “désordre”. Nul doute que si la plateforme gagne en importance, Orange ne manquera pas réorganiser le site.

Le concept d’hyperlivre est une initiative louable qui tente de lier deux univers, la matériel et l’immatériel, si souvent mis en opposition. L’hyperlivre ne met pas de côté les libraires, souvent à l’écart lorsque l’on parle d’ebook, et offre de nouvelles possibilités aux éditeurs et aux auteurs pour ravir le lecteur. Avec un tirage à 50 000 exemplaires, Le sens des choses est une expérience grandeur nature qui va permettre d’en apprendre plus sur les modes de consommation de la lecture. Didier Lombard a parlé des enseignements que Orange a tiré de leur travail autour d’un reader communicant, “L’expérimentation Read&Go nous a montré que nos clients privilégiaient la presse et je doute qu’ils lisent tout un roman sur une tablette de lecture. Ce n’est pas un combat entre l’électronique et le papier. Nous souhaitons marier les deux technologies”. L’hyperlivre est une nouvelle pierre à l’édifice que Orange essaie de construire autour du livre numérique. Dans l’attente de l’évolution du concept Read&Go ou d’un autre concept innovant.

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