Hachette contre l’accord de Google

Hachette UK vient de se prononcer en défaveur de l’accord entre Google et la Guilde des Auteurs Américains, pressant la Cour de Justice américaine de refuser les négociations en raison des effets injustes et inéquitables que cela aurait sur les auteurs et éditeurs non-américains.
Les éditions espagnoles, françaises et italiennes, font également partie des réfractaires au projet, tout comme cinq autres filiales du groupe Hachette Livre qui voient en cet accord une incompatibilité avec les droits d’auteurs européens.
Arnaud Nourry, le PDG de Hachette, dans une interview donnée au Figaro s’explique d’ailleurs sur les raisons qui poussent les éditeurs européens à refuser cet accord :
Le projet d’accord de Google n’est pas du tout adapté aux droits européens. Aux États-Unis, par exemple, il existe une règle, celle du fair use, qui autorise un tiers à faire un usage non commercial et raisonnable du contenu d’une œuvre. Le fair use n’existe pas en Europe. Au final, ce projet d’accord s’oppose à la convention de Berne sur les droits d’auteur et aux règles qui régissent l’édition dans les pays européens. On veut nous faire croire que seuls les internautes américains auraient accès au service autorisé par ce projet d’accord. Or Internet ne peut pas avoir de frontières bien définies. On ne sait pas ce que l’avenir réserve dans ce domaine. Il n’est donc pas acceptable de laisser ce projet d’accord s’appliquer aux œuvres non américaines. C’est pourquoi nous avons déposé des objections.
Cela n’empêche pas Hachette USA d’accepter l’accord de Google en tant qu’éditeur américain en raison “du contexte juridique de l’édition américaine” plus favorable…
Source : The Book Seller















Curieux argument. Le \"Fair Use\" n\’existe pas nommément dans le droit européen, mais il existe un équivalent: l\’exception de citation à des fins éducatives, scientifiques, critique, de revue de presse, etc. Pareil pour les copies à usage privé (exception de copie privée) et pour les parodies. Ces tolérances existent dans le cas du Fair Use mais aussi dans la Convention de Berne et en France, dans le Code de la propriété intellectuelle, article L122-5.
Effectivement !! Merci Irène pour ces précisions très instructives.
Peut on néanmoins imaginer que ces tolérances dans le droit français et la Convention de Berne soient définies uniquement dans un cadre restreint : bibliothèques universitaires, municipales ?
Ainsi les propos de M.Noury sur l’inexistance de “Fair use” dans le droit européen porteraient-ils sur l’absence de texte de loi sur l’utilisation du contenu des œuvres depuis Internet ?