kindle2books

L’annonce du Kindle version internationale aura créé un élan médiatique comme jamais aucun reader n’a pu le faire précedemment. Cela montre déjà que le Kindle a acquis un capital sympathie important, et cela en dehors même de son premier marché, les Etats-Unis. Certains n’hésitent pas à parler d’iPod ou d’iPhone du livre. Plus qu’un appareil, le Kindle est une plateforme : un produit associé à un ensemble de services (librairie numérique, kiosque numérique, auto-édition…) à forte plus-value.

Si le succès du Kindle aux Etats-Unis ne peut être démenti, on peut se demander si Amazon va pouvoir réussir de la même manière sur d’autres marchés. Après l’effervescence des derniers jours, penchons-nous sur ce fameux Kindle version internationale.

Nous avions déjà passé en revue le nouveau Kindle, dans les grands traits, dans les heures qui ont suivi l’annonce d’Amazon. Pourtant, comme dans tout lancement réussi (car il faut bien avouer que Amazon a encore réussi à surprendre), l’euphorie des premières heures cache des détails qui ont leur importance.

kindle-international-coverage

Amazon s’est affranchi du laborieux travail de développement d’un appareil pour chaque marché. La firme de Seattle s’est contentée de lâcher sur le monde son modèle américain, légèrement remodelé. Par exemple, le clavier reste QWERTY et il est fort probable que le logiciel de l’appareil reste en anglais. Amazon fait donc de l’importation depuis ses différents sites présents dans le monde. Disponible dans plus d’une centaine de pays sur tous les continents, Amazon a oublié (temporairement) quelques marchés. Par exemple, les canadiens sont les grands oubliés d’Amazon. Jeff Bezos justifie cette absence commerciale par la volonté de sortir le Kindle avec une offre dédiée, au Canada. Pourtant, mis à part le Québec, le marché canadien est très proche du marché américain. Amazon attend-elle d’avoir une offre de contenu en français suffisamment importante?

Commercialisation du Kindle dans de nombreux marchés ne veut pas forcément dire disponibilité totale de toutes les fonctionnalités du service Amazon. Par exemple, les consommateurs américains sont les seuls à pouvoir accéder à l’offre de blogs accessibles directement sur le reader d’Amazon. Nous avons également remarqué que certains journaux, comme The Economist, sont indisponibles depuis la France. C’est pour cette raison que le nombre de titres accessibles depuis la France se chiffre à 250 000 au lieu de 350 000 pour les résidents américains. D’autres journaux, comme le Monde, sont proposés à un tarif bien trop élevé : 27,99$ par mois pour un lecteur en dehors des Etats-Unis alors que si vous y résidez, vous n’aurez qu’à payer la somme de 13,99$. A titre de comparaison, l’abonnement à l’édition numérique classique du journal vous coûtera uniquement 6€ par mois. On savait déjà les abonnements aux journaux onéreux sur le Kindle. Le prix du roaming ne fait que l’augmenter. Lire numérique avec le Kindle devient parfois un luxe !

Cependant pour Amazon, ce type de déploiement est très intéressant. En se reposant sur le roaming, via un accord avec l’opérateur AT&T, la firme de Seattle peut de se lancer dans une commercialisation globale à moindre coût. La stratégie d’Amazon est audacieuse : proposer un produit fabriqué pour le marché américain, vendu depuis les Etats-Unis, avec du contenu anglophone. Pas besoin de campagne de pub massive, le buzz que génère ce reader sera suffisant pour que les early adopters l’importent. Habitués à lire en anglais, la barrière de la langue ne les gênera pas. D’ailleurs, au passage, Amazon en a profité pour annoncer que sur 100 livres vendus, proposés à la fois en numérique et en papier, 48 le sont au format numérique.

amazon-kindle-international-order-page

Le Kindle est un produit suffisamment puissant pour prendre place sur marché sans besoin d’être localisé. Amazon risque de réussir à prendre pied sur plusieurs marchés. Le Kindle nouvelle génération est évolutif. C’est un bon investissement dans les pays anglophones, où Amazon envisage de déployer un store dédié dès le début 2010, comme au Royaume-Uni. En France, investir dans un Kindle est beaucoup moins intéressant. L’essentiel de l’offre de contenu numérique est en ePub ou en PDF, deux formats que le Kindle est incapable de lire.

Ce n’est pas un article comme les autres que nous publions, mais le 1000ème. Après neuf mois d’activité, eBouquin.fr passe ce cap que nous ne pensions pas atteindre si vite. Nous y attachons une attention toute particulière au sein de la rédaction. Nous en profitons pour remercier tous nos lecteurs, un peu plus nombreux chaque jour, qui nous encouragent à continuer l’aventure. Le livre électronique nous réserve encore beaucoup de surprises, et sûrement les plus novatrices.

Comme nous vous le disions déjà le 8 février : soyez attentifs, un monde nouveau s’offre à vous.