Les DRM ralentissent le développement du livre électronique

Lors de la Conférence internationale PA qui se tenait jeudi 10 décembre, les systèmes de protection de fichiers (ou DRM) ont été mis en cause par plusieurs spécialistes.
Parmi eux, Mark Majurey, directeur du développement numérique chez Taylor&Francis, a un avis bien tranché sur la question des DRM. “Naturellement, quand les éditeurs ont commencé à faire des ebooks, le piratage était notre plus grand peur, et pour ses raisons ils ont opté pour les DRM” indique-t-il, “cependant, cela a probablement retardé le marché de deux ou trois ans”. Et malheureusement aujourd’hui, les éditeurs ne voient pas d’autres alternatives.
Cependant, certains éditeurs comme Cambridge University Press, Wiley ou encore Springer abandonnent progressivement ses restrictions. L’abandon des DRM ne serait pas forcément synonyme d’une augmentation du piratage et les éditeurs doivent réfléchir à des modes de commercialisation plus en phase avec la demande actuelle.
L’année prochaine va être riche en nouveautés matérielles comme logicielles et les éditeurs vont devoir s’y adapter. Comme l’a dit Mark Majurey, “2009 aura été un tournant {…} pour l’édition en général”. Avec le succès croissant de la lecture numérique, c’est le moins que l’on puisse dire.
Source : Bookseller















“Et malheureusement aujourd’hui, les éditeurs ne voient pas d’autres alternatives”
Qu’ils aillent faire un tour du côté de chez Cory Doctorow, auteur, blogger et journaliste, activiste, romancier de science-fiction, essayiste, pourfendeur de DRM, qui met en pratique ce qu’il raconte en distribuant gratuitement sur le net ses bouquins, sous licence Creatice Common, parallèlement à leur sortie papier.
http://craphound.com/
“Content”, son recueil d’essais sur le livre, le copyright, les DRM et le modèle économique du livre est drôle, pertinent, démontre par son expérience que le livre électronique peut être gratuit tout en étant très rentable pour l’éditeur et l’auteur.
“Et malheureusement aujourd’hui, les éditeurs ne voient pas d’autres alternatives”
C\’est hypocrite, il y a des éditeurs qui voient l\’alternative et même qui la voient depuis bien longtemps : allez faire un tour sur Webscription ( http://www.webscription.net/ ), la plateforme de distribution d\’ebook de Baen et quelques éditeurs associés, cela fait maintenant une dizaine d\’années que cette plateforme distribue du contenu 100% sans DRM sous une foultitude de format lisible partout et elle ne s\’en porte pas plus mal !!
Pour ma part je me refuse à acheter du contenu sous DRM, j\’ai acheté des centaines d\’ebooks sans DRM et je continuerai à en acheter en quantité (je suis un lecteur vorace) mais si les éditeurs s\’obstinent dans ce refus de la réalité et cette position que les producteurs de musique sont déjà en train d\’abandonner vu son échec, ils peuvent bien se passer de ma clientèle et de celle de millions de clients potentiels qui n\’ont pas le matériel ou qui n\’ont aucune envie d\’acheter des livres jetables qu\’ils n\’ont aucune garantie de pouvoir encore lire dans 2 ans.
@Chaddaï : je pense que les propos de Mark Majurey concerne ici les gros éditeurs. Bien entendu, il existe une multitude de maisons d’éditions qui savent s’affranchir de cette contrainte.
Je crois que les DRM sont nécessaires et notre webrairie propose aux éditeurs de les incérer dans les fichiers. Il faut éviter les erreurs du marché de la chanson, le nôtre est trop fragile.
Des ailes plein la tête
Stéphane Fortin
http://www.webrairie.com
Moué… Je reste très dubitatif.
C’est le serpent qui se mord la queue : les éditeurs veulent pas lâcher les DRM tant que les ventes ne décollent pas, mais il y a du coup très peu de vente parce le public est refroidi par ces DRM…
et avec surtout un coût très élevé du livre électronique.
Avec une jeunesse qui lit de moins en moins de livre, il va y avoir de sacrés dégâts dans l’avenir.
Les DRM, on y goûte quelques fois et on pleure au changement d’ordi ou de liseuse.
@stephane: quelles sont les erreurs du marché de la chanson que vous comptez éviter via les DRM ? Moi qui croyait que le monde de la musique abandonnait les DRM.
Je l’ai déjà écrit:
- ce n’est pas votre client (le lecteur) qui met en partage
- celui qui désire casser vos DRM y arrivera et partagera pour ceux qui ‘voir point suivant’
- je n’achèterai jamais un livre avec DRM car je ne veux pas avoir ‘compatibilité DRM X ou Y’ comme premier critère lors de l’achat d’une liseuse.
@OPFA : c’est un cas particulier et je ne vois pas pourquoi cela devrait être une généralité… on en reparlera quand les liseuses seront majoritaires.
Je suis parfaitement d’accord avec JFH.
Le monde de la musique a abandonné les DRM après des années d’errance, car ils ne créent de contraintes que pour ceux qui sont dans la légalité… C’est absurde.
@stephane : Eviter les erreurs du marché de la chanson ? Je ne vois pas bien en quoi utiliser les DRMs est différent de ce qu’avaient fait les maisons de disques : ils avaient également commencé par ne proposer que des offres avec DRM. Au contraire, ces producteurs reconnaissent aujourd’hui qu’il s’agissait d’une erreur, abandonne le modèle DRM et essaie de faire la différence sur d’autres critères : confort et performance de la plateforme, fiabilité, valeurs ajoutées, …
En résumé en encourageant l’emploi de DRM tu ne fais que perpétuer les erreurs originelles du marché de la chanson, si le marché du livre est plus fragile, je frémis de penser à ce que ça va donner avec ce genre de raisonnement.
@Clément : Je ne vois pas très bien ce que la taille de l’éditeur change ? C’est parce qu’ils publient des best-sellers ? Ce sont les premiers piratés DRM ou pas ! Ou veux-tu dire qu’il y a une inertie à cause de la masse de livres et d’auteurs à gérer ? D’un autre côté ces éditeurs ont également des moyens sans commune mesure avec les petits pour contacter et informer leurs auteurs, il n’y a aucune raison qu’ils ne mènent pas une politique de suppression graduelle des DRMs.
Si l’on veut faire décoller le marché du livre électronique, il n’y a pas 36 solutions :
DI-MI-NU-ER le prix !
Il est inadmissible de payer un livre électronique le même prix, ou à peine moins cher qu’un livre physique ! Un livre électronique devrait coûter au grand maximum la moitié du prix de la version physique. Et quant un livre est disponible au format poche le même ratio devrait s’appliquer.
Si j’avais la possibilité de payer 3-4-5 € un livre en version électronique (je n’achète que des poches because budget), je vous dit pas la collection que je me constituerais …
Que les éditeurs ne craignent pas que cette baisse “considérable” ne fasse s’effondrer le marché “classique”, il y aura toujours des inconditionnels du support physique.
Vu la pauvreté du marché actuel, j’en suis réduit à fabriquer moi-même mes livres électroniques à partir du support physique (Scan + OCR + Correction). C’est un boulot de titan, et qui me fout méchamment les boules car ces fichiers existent déjà chez tous les éditeurs.
L’abandon des DRM ne signifie pas forcément piratage à outrance, il n’y a qu’à voir le principe des morceaux de musique sur l’iTunes Store d’Apple. les morceaux sont “tatoués” de manière interne pour maintenir une traçabilité de l’acheteur initial.