Vers un “hub interprofessionnel” entre distributeurs et éditeurs ?

Les choses commencent à bouger du côté des libraires et distributeurs français… Face à la concurrence grandissante de Google, Amazon ou Apple, plusieurs acteurs majeurs du livre en France ont décidé de se mobiliser pour développer le marché du livre électronique français. La FNAC, Virgin Megastore, Culture, Le Furet du Nord rassemblés sous le Syndicat des Distributeurs de Loisirs Culturels (SDLC) s’associent au réseau de 550 librairies indépendantes du Syndicat de la Libraire Française (SLF) pour “réclamer la création rapide d’une plate-forme interprofessionnelle unique des éditeurs et distributeurs, l’application au livre numérique de la loi Lang sur le prix unique du livre et du taux du TVA réduit à 5,5%, comme pour le livre imprimé“.
La SDLC et le SLF s’accordent sur l’insuffisance de l’offre numérique en France et la nécessité d’un action coordonnée entre distributeurs, libraires et éditeurs pour élargir et rendre plus attractif le catalogue de livres électroniques français. La création d’un “hub interprofessionnel permettrait de manière transparente aux internautes d’avoir accès aux contenus numériques de tous les éditeurs” et contribuerait à développer et faciliter la diffusion des livres numériques.
Cependant cette association passe par l’extension préalable de la loi Lang sur le prix unique du livre au livre numérique “pour éviter une guerre des formats (entre papier et numérique) telle celle qui fait rage aux Etats-Unis“. La TVA à 5,5% appliquée au livre électronique suggérée par le rapport Zelnik, permettrait également aux éditeurs de “proposer des prix compétitifs“.
Il faudra toutefois passer outre les divergences entre l’Autorité de la Concurrence et les syndicats afin de trouver un compromis susceptible de satisfaire toutes les parties. Si le SDLC et la SLF insistent sur l’importance de réglementer le marché, l’Autorité de la Concurrence considère qu’une telle entreprise “serait prématurée et risquerait de ralentir le développement du marché”.
Le mouvement amorcé par les libraires et les grands groupes de distribution du livre en France est clairement une bonne nouvelle. Représentant 70% des ventes de livres en France, le SDLC et la SLF devraient constituer un poids suffisamment important pour convaincre le Syndicat National de l’Edition de participer à l’effort collectif à venir. Espérons que les obstacles et différends juridiques ne viendront pas obstruer la création de ce hub interprofessionnel, seul moyen de lutter efficacement contre la prééminence des géants d’Internet.
Source : AFP















“Représentant 70% des ventes de livres en France, le SDLC et la SLF…” : et qui achète ? des particuliers, certes et aussi des bibliothèques. Alors le bibliothèques pourront acheter leurs livres numériques chez les libraires via cette plateforme ?
Pour l’instant, nous n’avons aucune information. J’espère que ce sera le cas. Oublier les bibliothèques serait étonnant mais pas improbable.