MacMillan n’est pas le seul acteur à user de son poids et de son influence pour négocier des clauses particulières avec Amazon. Les auteurs tentent également de tirer leur épingle du jeu avec la numérisation et le développement accru de la concurrence entre Amazon, Barnes&Noble, Google & co. C’est le cas par exemple de Ian McEwan, vainqueur du prix Booker, qui, en signant un contrat avec Rosetta Books, une maison d’édition indépendante spécialisée dans le livre électronique, est devenu le premier auteur anglais à obtenir un accord exclusif avec Amazon et doubler ses royalties sur la vente de ses livres. Le contrat lui garantit au moins 50% de royalties alors qu’actuellement, les écrivains récupèrent en moyenne 25% pour la vente de leur ouvrage au format numérique. Un chiffre toutefois plus important que les 8/10% reçus avec l’édition papier.
Il n’empêche que désormais d’autres écrivains sont sur la brèche pour redéfinir les termes de leur contrat. Le potentiel de développement autour du livre électronique tend les relations entre auteurs et éditeur car ces derniers estiment que les éditeurs ne peuvent plus justifier un taux de répartition si inégal alors qu’ils ne paient plus les coûts d’impression, de livraison ou de stockage avec le livre numérique. Il espèrent par conséquent recevoir des royalties allant jusqu’à 75% sur les éditions numériques de leurs ouvrages.
La société des auteurs, qui représente environ 8 500 auteurs au Royaume Uni, pense elle aussi que la norme devrait être revue à la hausse, aux alentours de 50% et que les auteurs à succès devraient obtenir jusqu’à 75% du partage de revenus.
Avec l’arrivée d’Apple sur le marché du livre électronique, et la plateforme de distribution iBookStore, les auteurs devraient profiter de l’occasion pour renégocier leur marges auprès de leur éditeur. La possibilité de s’émanciper et s’auto-publier en cas d’échec des négociations devraient ainsi peser dans la balance au moment de négocier un nouveau contrat.
Que pensent nos lecteurs, auteurs et éditeurs, de cette évolution des relations ? A double tranchant pour les éditeurs ? Tout bénéfique pour les auteurs ? Ou pas si évident qu’il n’y paraît ?
Source : Times Online










9 commentaires
Paul dit:
3 Feb 2010
Ceux qui créent, ce sont les auteurs. A partir du moment où la production de livre est simplifiée, il n’y a aucune raison à ce que les auteurs n’en bénéficient pas.
Il ne faut pas rêver un livre numérique ne coute presque rien en terme de production comparé au papier.
75% je ne sais pas, 50% oui, cela semble être tarif équitable. Maintenant quelle va être la réponse des éditeurs face à des auteurs qui réclament un tel pourcentage?
vinaro dit:
3 Feb 2010
“… car ces derniers estiment que les éditeurs ne peuvent plus justifier un taux de répartition si inégal alors qu’ils ne paient plus les coûts d’impression, de livraison ou de stockage avec le livre numérique” (j’imagine que ces “derniers” representent plutot les auteurs)
Un argument incontestable pour les auteurs mais aussi pour les acheteurs qui se voient proposer un contenu virtuel a des prix qui n’ont lieu d’etre.
Alexis J. dit:
3 Feb 2010
@Paul : Les éditeurs sont confrontés à un double problème : la renégociation des contrats avec les auteurs + la baisse des prix pour les consommateurs, le tout en effectuant leur transition numérique et en préservant leurs marges…Les discussions risquent d’être délicates…
@Vinaro : On pourrait également ajouter que ce prix est problématique à cause du contenu dématérialisé et DRMisé qui ne permet pas une utilisation optimale, et n’offre pas la garantie d’être conservé indéfiniement. (cf Orwell ou les services où les fichiers restent seulement en ligne)
Jean-Lou Bourgeon dit:
3 Feb 2010
VICTOIRE !
ou tout du moins, premier round arraché de haute lutte.
Bon, cela augure une année palpitante ! Enfin un des combats induit par l’édition numérique et enfin, un voeu exaucé ! Remarquons que ce n’est pas le premier auteur qui récupère son dû…
Car nous connaissons tous (nous devrions connaître publie.net, la maison d’édition numérique de François Bon qui depuis des années pratique une politique (pour le moins) audacieuseuse en attribuant un pourcentage “honnête” à ses auteurs.
Gageons que cette première fera des émules !!!
Merci de nous l’annoncer !
Les éditeurs DEVRONT y passer ; sans les auteurs, il n’y a pas d’éditeur !
Paul dit:
3 Feb 2010
@Alexis : Les éditeurs ne seront jamais unis face à ce double problème. Il y aura toujours un ou des éditeurs qui proposeront un % plus élevé. C’est une certitude, c’est la loi de la concurrence.
Pour ce qui est des prix de vente, le principe sera le même sous peine de voir, pour les éditeurs, un catalogue pillé par le biais du téléchargement. Ils finiront par s’en rendre compte.
Enfin, si les éditeurs tentent de résister, ils risquent de voir de plus en plus d’auteurs distribuer eux-mêmes leurs livres numériques. Les éditeurs doivent comprendre qu’ils sont en position de faiblesse et doivent tirer les leçons de ce qui a pu se passer pour l’industrie du disque.
Alexis J. dit:
3 Feb 2010
@Paul : Tout à fait d’accord avec vous ! Espérons pour eux, pour nous, et pour l’industrie du livre que l’on parviendra à un compromis, sous peine de rencontrer les mêmes problèmes que l’industrie du disque…
Daniel dit:
4 Feb 2010
Le jour est proche où les auteurs comprendront que le cout de distribution de leurs œuvres sur l’Internet est presque nul et surtout particulièrement simple à réaliser par rapport au monde “physique”, et que rien ne les oblige à utiliser des usines à gaz pour publier et distribuer leurs créations. Notez bien que je ne dis pas qu’ils doivent tout faire eux mêmes, simplement que des entités aussi importantes qu’actuellement qui verrouillent absolument tout n’ont pas lieu d’être dans ce monde numérique.
Ce jour là auteurs et lecteurs auront gagné car ils seront enfin en relation directe ou presque.
J’apprécie beaucoup les pionniers dans ce domaine, et il n’y a pas de raison que les autres ne suivent pas. Ce qui se passe aujourd’hui n’est que le début, mais c’est un bon début. Même s’il va entrainer à coup sur des répercutions sur les lecteurs/consommateurs qui iront à l’encontre de la démocratisation des livres numériques et risque encore de freiner son développement…
Nicolas Ancion dit:
4 Feb 2010
A ce jour, je perçois entre 25 et 30 % du prix de vente pour mes titres diffusés sur téléphones portables. C’est une belle avancée. Pour la diffusion sur Internet, j’étais jusqu’à présent tombé d’accord pour du 50/50 avec l’éditeur (facile à négocier car il s’agissait de diffusion gratuite et donc sans revenus à partager
Droits d’auteur & co (14/02/10) « pintiniblog dit:
14 Feb 2010
[...] Livre numérique : l’occasion pour les auteurs de revoir leur contrat? (source: eBouquin, [...]