Mercredi après-midi, ma casquette de testeur inépuisable était à peine enfilée que je partais en direction de la librairie l’Arbre à lettres à Bastille, l’une des 6 librairies faisant partie du programme de test des fameuses bornes ePagine qui offrent la possibilité à n’importe qui d’acheter des ebooks en librairie. Bien entendu, comme nous l’avions annoncé dans notre précédent billet sur le sujet, notre visite se devait d’être une surprise, même si visiblement, le mot avait circulé entre les partenaires d’ePagine.

L’entrée dans la boutique laisse planer le doute sur la présence de cette fameuse borne. On n’y voit que des livres. Des petits, des grands, des moyens… Du papier encore du papier. Mais où se trouve donc cette fameuse borne ? En fait, une fois entré dans la librairie, on tombe rapidement sur un écran qui ressemble fort à une borne de consultation de catalogue, telle que celles que l’on connaît en bibliothèque. D’ailleurs, même s’il est clairement mentionné sur un panneau au-dessus qu’il s’agit ici de livres numériques, le personnel de la librairie ne nous a pas caché que pour le néophyte, il s’agit souvent d’une simple borne de recherche. Et pourtant !
Comme vous pouvez le voir sur l’image, la borne se compose d’un poste équipé d’un écran tactile. Sur le choix du hardware, je dois émettre quelques réserves. Si l’on perçoit que le choix de l’écran a été fait pour sa solidité, la réactivité de l’écran tactile résistif n’est vraiment pas au rendez-vous. Si vous avez un iPhone ou un iPad, vous serez très déçu par l’interface tactile de la borne. Cependant, l’interface plutôt bien dessinée relève le niveau. Maintenant, il s’agit de trouver un bouquin à acheter.
Les bornes ePagine offrent un accès aux catalogues de la plupart des éditeurs et plateformes de distribution. On y retrouve Numilog, Eden Livres, Immatériel, etc.. On nous promet Editis avec la E-Plateforme dans les prochaines semaines. Le client potentiel est donc face à l’offre numérique française dans sa totalité, ce qui augmente les chances de trouver le bouquin recherché.

L’utilisateur peut naviguer dans le catalogue par genre, mais aussi par éditeur ou par formats. Ce dernier critère est utile si vous préférez un format plutôt qu’un autre. Après tout, la majorité de la lecture numérique se fait aujourd’hui sur PC avec des PDF. Passé cette histoire de formats, on remplit son panier. Attention de ne pas être trop gourmand, car la facture monte vite !

Cela dit, mon appétit de lecture numérique s’est trouvé entravé par un beau plantage de la console. Oups, j’avais oublié qu’il s’agissait encore d’un produit expérimental. Après un redémarrage, tout était de retour (sauf mon panier qui avait disparu dans le plantage).

Après ce petit imprévu, voici mon panier terminé. Vous remarquerez que tous les éditeurs du panier sont 100 % numérique. Eh oui, acheter du Publie.net depuis une librairie physique, c’est maintenant possible. On n’arrête pas le progrès ! Certains crieront à l’aberration que d’acheter un ebook chez un libraire…

Une fois son panier terminé, le programme demande de renseigner plus d’informations sur l’acheteur. Le processus prend une ou deux minutes, si l’on arrive à se faire au clavier virtuel de la console… Lorsque l’opération est complétée, un bon de commande est imprimé et il ne reste plus qu’à passer en caisse pour régler.
Le fait d’avoir conservé l’achat en caisse est symboliquement intéressant. L’achat de l’ebook se fait bien par l’intermédiaire du libraire, qui sera tout à fait en mesure de vous aiguiller dans votre choix de lecture. D’ailleurs, cela permet aussi de passer en caisse avec des ouvrages papier (ce dont je ne me suis pas privé !). Jamais je n’aurais envisagé d’acheter un ebook en espèces. Avec ePagine, c’est possible.

Un mail de confirmation de commande m’attendait dans ma boîte. Chaque ebook acheté est mentionné et suivi d’un lieu depuis lequel on télécharge son ebook. Suffisants les éditeurs, on peut choisir entre plusieurs formats.

Une fois les fichiers téléchargés, il ne vous reste plus qu’à les installer manuellement sur votre reader ou votre tablette. Reste que les fichiers avec DRM ne seront pas forcément les plus simple à charger…
Au final, l’idée des bornes est séduisante (même si j’ai encore du mal à voir la place du libraire dans l’écosystème du livre numérique). La réalisation est bonne pour un programme test et le catalogue accessible est ce qui se fait de mieux aujourd’hui. En revanche, ces bornes sont encore mal mises en avant. A quand des animations autour de celles-ci ? Des lectures publiques d’ouvrages numériques ? Des ateliers découvertes d’appareils de lecture ? Vous l’aurez compris, l’idée est là et la partie technique va s’améliorer avec le temps. Cependant, la principale tâche va être de faire comprendre aux clients potentiels l’utilité du lieu de lecture qui peut se créer autour de cette (ou ces) borne. Le point de départ d’une lecture numérique.
Merci à Laura de l’Arbre à Lettres pour avoir répondu à mes questions et réparé ma bêtise










11 commentaires
Les tweets qui mentionnent Test : les bornes ePagine, acheter des ebooks chez son libraire… en espèces -- Topsy.com dit:
15 Oct 2010
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par eBouquin, Arnaud@Thurudev, Stéphane Michalon, Matthieu Moreau, Christophe Grossi et des autres. Christophe Grossi a dit: "Jamais je n’aurais envisagé d’acheter un ebook en espèces. Avec ePagine c’est possible." Bornes numérik @ebouquin http://goo.gl/fb/vXwcm [...]
FrChris dit:
15 Oct 2010
"Certains crieront à l’aberration que d’acheter un ebook chez un libraire…"
Sans crier a l'aberration, je suis un peu sceptique quant a l’intérêt d'acheter du numérique dans une boutique physique.
Prendre sa voiture, se garer, attendre son tour pour la borne et pour payer, payer le parking, reprendre la voiture, transférer le document sur son reader (en espérant ne pas avoir de problème avec le logiciel de DRM).
Alors qu'on peut acheter en 1 click directement depuis son Kindle sans sortir de son lit et lire instantanément…
Je ne sais pas si ePagine a prévu un partenariat avec le nouveau Bookeen mais ça serait très une bonne idée de proposer un équivalent.
Pour l'instant l'offre en français est très faible chez amazon. Le jour ou il ouvriront leur Kindle Store en france, ça sera trop tard.
Daniel Desjardins dit:
15 Oct 2010
Oui mais parfois on part pour acheter un guide sur la Randonnée dans les Rocheuses Canadiennes et c'est le libraire qui nous informe que le livre n'existe plus qu'en format numérique. Du coup, plutôt que de rentrer bredouille, le client a son bouquin et le libraire a fait la vente!
Albert dit:
15 Oct 2010
Je partage entièrement le point de vue ci-dessus. Cet article ne m'a pas convaincu. L'unique argument : on peut acheter un livre numérique avec de l'argent liquide. C'est court…
Lionel dit:
15 Oct 2010
Rêvons un peu: ce serait sympa de pouvoir scanner sur la borne le code à barre d'un bouquin et qu'il s'ajoute automatiquement (au format électronique) dans le panier. Et si on va plus loin, pourquoi ne pas avoir la possibilité de scanner directement depuis son lecture de ebook !
Naname dit:
15 Oct 2010
Et au niveau de la qualité des dits ebooks ? Un avis ? j'ai vu qu'il y avait un Lovecraft dans le panier, et je crois que de nouvelles traductions circulent, traductions qui serait apparemment faites à la hache…
La mise en page et correct ? parce que moi quand j'achète un bouquin je vérifie que la couverture n'est pas cornée, les pages déchirée ou le texte imprimé à l'envers (véridique, ça m'est arrivé…)
Donc question : le texte n'est pas trop "crade" a lire ? Parce que si les bornes nous refile les mêmes bouquins numériques de qualités vraiment discutables que certains éditeurs en ligne vendent…
Naname dit:
15 Oct 2010
"est correcte"
Des Esseintes dit:
16 Oct 2010
Je ne suis pas certain de saisir la portée de l'article.
Pour acheter un livre numérique, aujourd'hui je peux de chez moi passer par le site internet du distributeur, et une minute après la validation, le livre est téléchargé et transféré sur ma liseuse.
Là, je peux quitter mon fauteuil, mon domicile, me rendre chez le libraire pour y faire mon choix (debout, éventuellement stressé par l'autre client qui attend derrière moi, payer à la caisse, puis retourner chez moi afin de le télécharger et de le transférer. C'est bien ça ? Est-il possible de télécharger ses ebooks directement depuis le libraire, ou depuis une liseuse WiFi/3G ?
Dimanche Studieux dit:
17 Oct 2010
Je pense que ces bornes n'ont aucun avenir… Les libraires tentent de se raccrocher aux branches…
Serge Meunier dit:
19 Oct 2010
Bonsoir,
J'arrive en retard et j'émets depuis Chambéry que l'après-manif de ce 19 octobre transforme en un modèle réduit du 93. Je suis étonné par une phrase du commentaire initial qui dit ne pas voir où se situe la place du libraire. A mon avis, c'est justement en accueillant des bornes de téléchargement pour le numérique, ceci en parallèle et en complément au papier. Le libraire, nous avons besoin, je crois, en tant que présence humaine comme chaînon vers l'immatériel. Face à une critique un peu vaseuse et un univers éditorial qui va beaucoup bouger, le libraire sera plus que jamais médiateur – tout comme le buzz – mais moins épidermique et sensible aux modes et il percevra une part des royalties lorsque les bornes seront à pleine maturité. Sinon, eh bien cela signifierait que si des métiers de la chaîne du livre – en tant que "valeurs" – disparaissent, alors les valeurs en question disparaissent avec…
Serge
malibu dit:
15 May 2013
pour moi c’est un vrai plus que de pouvoir chager mon bouquin chez mon libraire. J’aime aller flaner dans les allées, ouvir les bousuins et lire 3 lignes. J’ai une vision plus large, un coup de coeur que je concrétise imédiatement en téléchageant imédiatement.Jamais un site de donnera la vision d’une table peine de livre et au milieu celui qui nous attire. J’y trouve aussi le libraire a qui je dit mes souhaits et qui sait me proposer un panel choisi bien mieux qu’un site. Le premier rôle du libraire c’est bien de nous proposer des choix de faire découvrir et de guider, et le format numérique ne change rien a ce rôle.
Vive le chargement chez le libraire