Numérise.fr, offrez une vie numérique à vos livres papiers

Vous aimeriez bien numériser définitivement certains de vos livres papiers ou en faire une copie privée? Cependant, il est long et fastidieux de le faire à la main, surtout si l’on ne dispose pas des outils appropriés (scanner, logiciel d’OCR performant, outil de confection d’ePub/Mobi). Du coup, certaines sociétés proposent de le faire pour vous. Cette pratique est répandue aux Etats-Unis et au Japon (notamment pour la numérisation de mangas) mais manque encore d’acteurs en France. Numerise.fr entend bien changer cette situation en proposant un service de numérisation de livres papiers à moindre coût.

La méthode employée est dite “destructive” (solution radicale qui est souvent utilisée par les éditeurs qui ne disposent pas de leurs fichiers sources pour passer en numérique). Pour une numérisation optimale, la tranche du livre est découpée. Le client se connecte sur le site et passe commande d’une numérisation en renseignant les spécifications du titre à numériser, ainsi que les formats de sortie désirés (PDF image, PDF texte, Mobi, ePub). Ensuite, il suffit d’envoyer l’exemplaire papier par voie postale et Numerise.fr procédera à la numérisation. Le délai entre la réception de l’ouvrage et l’envoi des fichiers est d’une petite semaine.

Pour l’instant, le livre papier n’est pas renvoyé à son propriétaire. L’exemplaire est conservé par Numerise.fr afin d’effectuer des corrections en cas d’erreurs. Même si une option “Retour” est visible sur le site, mais pas encore active, autant dire que le livre ne sera pas retourné sous sa forme originale. C’est le principal défaut de la méthode destructive, plus simple à mettre en oeuvre mais qui détruit un support pour le rendre lisible sur un autre…

Du côté de l’offre tarifaire, les prix sont relativement bas. Il faut compter 5€ pour la numérisation en PDF d’un texte de 100 pages et 8€ pour une numérisation avec une sortie en ePub ou en Mobipocket. Ensuite, le tarif est majoré de 1€ par centaine de pages. La société propose également des services optionnels tel qu’un SAV (reformatage avec modifications) à 1€ et commande en traitement prioritaire pour le même prix (qui réduit les délais de numérisation). Cependant, la facture peut vite être élevée pour un ouvrage court.

Prenons l’exemple d’un livre de poche (environ 250 pages) acheté sur Amazon.fr pour environ 5€ et livré directement (frais de port gratuits) dans les locaux de Numerise.fr (ce que propose le service). Il faudra compter 11€ pour la numérisation totale du bouquin, pour une facture totale de 16€. Et sans pouvoir récupérer l’original… Le plus gros défaut de ce service est sans aucun doute l’emploi d’une méthode destructive. Cependant, elle simplifie grandement le processus tout en limitant l’investissement dans des systèmes de scanners complexes et coûteux. En dépit de ce défaut, Numerise.fr répond clairement à un besoin, notamment chez les auteurs qui cherche à avoir une copie numérique de leurs ouvrages épuisés.

Si vous testez le service Numerise.fr, n’hésitez pas à nous laisser vos impressions dans les commentaires. Nous ne manquerons pas de le faire en communiquant notre retour d’expérience.

MAJ : Signalons que l’offre visant les particuliers a été restreinte aux “ouvrages du domaine public ou dont vous êtes l’auteur!”. En revanche, une offre destinée aux professionnels (éditeurs et auteurs) vient d’apparaître avec des prix assez concurrentiels. Si vous êtes éditeur et que vous venez à tester le service Numerise.fr, n’hésitez pas à partager votre expérience. Pour la grille tarifaire, c’est par ici.

14 Responses to “Numérise.fr, offrez une vie numérique à vos livres papiers”

  • Ca peut aussi être intéressant pour l'auteur d'un ouvrage, par exemple d'un ouvrage scientifique, tiré à peu d'exemplaires, épuisé, et pour lequel on ne dispose pas de version exploitable. Je pense par exemple à la publication de ma thèse qui pourrait avoir une deuxième vie sous la forme d'un pdf disponible gratuitement sur mon site&

    • Sauf qu'ils ne prennent pas de "livres techniques". Une Thèse est elle considérée comme technique ? :)

      • Bonjour! Pour un PDF de type image, une thèse ne posera pas de problème (tant qu'elle est mise en page sur une colonne, mais je pense que c'est le cas de toutes les thèses). Par contre pour une version texte ce n’est pas possible si elle contient de nombreux schémas et tableaux.

    • Ben, logiquement tu devrais pouvoir sortir ta thèse directement au format PDF (à confirmer si Latex). Même si, dans ce cas, ça serait un plus de prévoir le PDF pour l'écran des liseuses (5 ou 6%, police suffisamment grande) sans avoir à scanner quoi que ces soit.

      Au pire, ePub3 permet même une gestion des formules mathématiques, etc. Va falloir attendre que les apps qui permettent de créer de l'ePub prennent ces fonctionnalités en charge. Pour l'instant, il reste tout de même possible de sortir de l'ouvrage technique en important tableaux, graphiques ou formules scientifiques comme des images. Bref, Le PDF n'aura bientôt que plus que très peu d'intérêt pour la lecture mobile (d'autant que les consommateurs en veulent de moins en moins et que les liseuses ne sont pas ultra-adaptées à ce format, rendant parfois la lecture pénible et qu'il y a tout un tas de réglages à faire pour que le texte puisse être "reflowable" etc.)

  • Effectivement (et en fonction de la qualité des produits finaux), le tarif semble TRES interressant. Reste le problème de la méthode destructive.

  • Destructif et un résultat plus qu’aléatoire inévitablement sans une relecture appronfondie, car les erreurs OCR sont légions.
    Et je suis sur que les Maisons d’Editions vont beaucoup apprécier, ils peuvent s’attendre à qq petits soucis juridiques rapidement.

  • Aldus:

    Oui, ce type de prestation relève de la contrefaçon.

    L’article L335-3 du code de la propriété intellectuelle dispose qu’est également un délit de contrefaçon toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d’une œuvre de l’esprit en violation des droits de l’auteur, tels qu’ils sont définis et réglementés par la loi.

    En d’autres termes, toute utilisation d’une œuvre protégée qui n’est pas expressément autorisée par son auteur ou par ses ayants droit est interdite.

    Les seules exceptions sont celles prévues par l’article L122-5 du même code, qui dispose :

    « Lorsque œuvre a été divulguée, l’auteur ne peut interdire :

    Les représentations privées et gratuites effectuées exclusivement dans un cercle de famille ;
    Les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, à l’exception des copies des œuvres d’art destinées à être utilisées pour des fins identiques à celles pour lesquelles l’œuvre originale a été créée et des copies d’un logiciel autres que la copie de sauvegarde établie dans les conditions prévues au II de l’article L. 122-6-1 ainsi que des copies ou des reproductions d’une base de données électronique ;
    Sous réserve que soient indiqués clairement le nom de l’auteur et la source :
    Les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information de l’œuvre à laquelle elles sont incorporées,
    Les revues de presse,
    La diffusion, même intégrale, par la voie de presse ou de télédiffusion, à titre d’information d’actualité, des discours destinés au public prononcés dans les assemblées politiques, administratives, judiciaires ou académiques, ainsi que dans les réunions publiques d’ordre politique et les cérémonies officielles,
    Les reproductions, intégrales ou partielles d’œuvres d’art graphiques ou plastiques destinées à figurer dans le catalogue d’une vente judiciaire effectuée en France pour les exemplaires mis à la disposition du public avant la vente dans le seul but de décrire les œuvres d’art mises en vente. Un décret en Conseil d’État fixe les caractéristiques des documents et les conditions de leur distribution,
    La parodie, le pastiche et la caricature, compte tenu des lois du genre,
    Les actes nécessaires à l’accès au contenu d’une base de données électronique pour les besoins et dans les limites de l’utilisation prévue par contrat. »

    Il ne peut pas y avoir de garantie que les copies réalisées restent dans un cadre privé.

    • Pourquoi est-il parfaitement possible de faire numériser ses livres par un prestataire japonais ou américain alors que c’est (quasi) impossible en France ?

      Le code de la propriété intellectuelle français protégerait-il mieux nos auteurs que ceux du Japon ou des États-Unis ?

      S’il est évident que ce type de service peut représenter aujourd’hui un réel besoin pour le consommateur final, je partage aussi l’angoisse des maisons d’édition et des auteurs de voir se propager sur Internet les copies « privées » de leurs ouvrages.

      Mais à l’heure des tablettes tactiles, du cloud, de la dématérialisation des supports, etc.. ne pensez-vous pas que la numérisation des livres que l’on possède chez soi se fera avec ou sans l’aide de ce type de prestataire ?

  • Suzanne:

    Bof, je préfère effectuer l'opération moi-même avec ABBYY FineReader et Online Converter. D'accord ça prend du temps, mais mon exemplaire papier me reste et je fais les dernières corrections de détail au coup par coup à la relecture sur ma miseuse. Le résultat est très gratifiant.

  • François:

    Apparemment, ils se sont fait taper sur les doigts…

    • En effet… Cela dit, si le service perd un peu de son intérêt pour les particuliers, on peut souligner l'apparition d'une offre pour les professionnels. C'est plutôt positif ! ;-)

  • Pourquoi est-il parfaitement possible de faire numériser ses livres par un prestataire japonais ou américain alors que c’est (quasi) impossible en France ?

    Le code de la propriété intellectuelle français protégerait-il mieux nos auteurs que ceux du Japon ou des États-Unis ?

    S’il est évident que ce type de service peut représenter aujourd’hui un réel besoin pour le consommateur final, je partage aussi l’angoisse des maisons d’édition et des auteurs de voir se propager sur Internet les copies « privées » de leurs ouvrages.

    Mais à l’heure des tablettes tactiles, du cloud, de la dématérialisation des supports, etc.. ne pensez-vous pas que la numérisation des livres que l’on possède chez soi se fera avec ou sans l’aide de ce type de prestataire ?

    Je cherche simplement à comprendre pourquoi ce type de prestation peut fonctionner dans certains pays

  • Michel P.:

    il est possible de faire numeriser un ouvrage sans le détruire!
    suffit de s’adresser a un atelier de reliure capable de le faire, je l’ai fait faire et j’ai récuperé mon bouquin et son équivalent CD format PDF (Atelier reliure rellux Toulouse)

  • Pierre JEAN:

    Arrêtons une bonne fois pour toutes de nous laisser manipuler. Les idées sont à tout le monde. La plupart des auteurs, surtout ceux qui réclament leurs “droits”, ne sont que des copieurs et des voleurs d’idées. Les procédés modernes sont fantastiques. Plus besoin de passer des heures à la bibliothèque pour recopier. Il suffit aujourd’hui de maitriser la technique du copier-coller et l’affaire est dans le sac et les droits d’auteur avec ! Instaurons la copie libre de droits pour tous. De toute façon, les temps sont proches où tout sera à tous !

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