Comme développé dans notre analyse complète de la nouvelle gamme de Kindle, l’élargissement à l’international du service Kindle a été un peu oublié (pour l’instant). Cependant, même si l’ouverture du Kindle Store français (mais aussi espagnol et italien) ne fait plus aucun doute, l’interrogation porte aujourd’hui sur les appareils qui accompagneront l’offre de contenu. Car même si l’on peut s’attendre à ce que le catalogue d’ebooks soit conséquent, il se pourrait qu’Amazon opte pour le service minimum concernant les Kindle, au moins dans un premier temps.

Le Kindle entrée de gamme pour Amazon.co.uk et Amazon.de

Pour comprendre cela, il faut regarder la situation outre-Manche et outre-Rhin. Au Royaume-Uni, marché sur lequel le Kindle Store est présent depuis plus d’un an, un seul modèle de Kindle est commercialisé : l’entrée de gamme WiFi à 89 £ (soit un peu plus de 100 €). Pas de Touch ni de Kindle Fire, mais le Kindle 3 (en WiFi et en WiFi+3G) reste au catalogue. Est-ce qu’Amazon a alloué tout ses stocks en priorité au marché américain? Fort probablement, car le Kindle sera disponible que le 12 octobre alors que les clients américains peuvent déjà le recevoir.

En Allemagne, marché sur lequel Amazon s’est lancé il y a quelques mois, la situation est identique (disponibilité le 12 octobre, avec les deux anciens modèles qui restent au catalogue), mais nous donne une idée des tarifs en euro qui pourront être pratiqués en France. Le nouveau Kindle est vendu à 99 €, contre 119 € pour le Kindle Keyboard WiFi et 159 € pour le WiFi+3G. À ce prix, le Kindle est très attractif et bénéficiera de l’offre de contenu conséquente du Kindle Store.

Pourtant, l’absence du reste de la gamme d’ereaders risque d’en décevoir plus d’un. Mis à part pour des questions de stock (ou de coût pour le modèle 3G), on a du mal à comprendre pourquoi le Kindle Touch (dans sa version WiFi) n’est pas proposé à l’achat. Pour ce qui du Kindle Fire, le choix d’Amazon est compréhensible, en raison du lien étroit entre cette tablette et le catalogue de contenus numériques disponible sur les boutiques nationales.

L’arrivée du Kindle Fire en Europe conditionnée par l’évolution de l’offre de contenus numériques d’Amazon

En Allemagne et au Royaume-Uni, cette offre est encore limitée à la musique ou aux livres. La situation est identique en France où aucune offre de VOD (ni de librairie numérique) n’est encore proposée. Quant à l’Amazon Appstore, il n’est pas encore accessible depuis nos smartphones Android. Sur ces marchés, le service Amazon Prime est aussi embryonnaire. En France, il donne uniquement accès à la livraison Express à chaque commande moyennant une souscription de 49 € par an. Là encore, aucune offre de VOD illimité ne complète le service.

Du coup, le Kindle Fire aurait peu d’intérêt dans l’écosystème Amazon tel qu’il existe en Europe. Cette tablette s’appuie sur l’offre de contenus numériques qui reste encore limitée sur ces territoires. Cependant, le Fire sera peut-être le produit qui va pousser Amazon à ouvrir ses différentes boutiques numériques, avec un bon nombre d’éditeurs et de sociétés partenaires attirés par ce nouveau débouché. Nul doute que le succès de cette tablette aux États-Unis ne va pas uniquement être observé que par les éditeurs locaux, mais bien au-delà. Le Kindle Fire est à la fois un test grandeur nature pour Amazon, mais aussi pour tous ses partenaires, quel que soit le média, dont le résultat conditionnera sûrement l’arrivée d’un modèle plus évolué du Fire en 2012 (cf. notre analyse).