Aujourd’hui, Amazon vient de mettre un point final à plusieurs mois de rumeurs et de spéculations autour du lancement d’un service de streaming de livres numériques, en lançant une nouvelle offre pour les clients de l’offre Prime. Nommé Kindle Lending Library, il s’agit d’une nouvelle section regroupant plus de 5000 références (Teleread fournit une liste du nombre d’ouvrages par genre), dont une centaine de bestsellers (ou anciens du titulaires du prestigieux titre) du New York Times.

Cette offre concerne uniquement les clients du service Prime et vient rejoindre l’offre de VOD de films et de séries TV proposées depuis quelques mois. Amazon a réussi à convaincre les éditeurs anglo-saxons de ne pas appliquer une surtaxe sur l’abonnement Prime pour accéder à l’offre d’ebooks. Cependant, cela s’est fait au prix d’une limitation : un client Prime ne peut accéder gratuitement qu’à un seul livre par mois dans le cadre de la Lending Library. Le service est accessible aussi bien depuis un Kindle 4, Kindle Touch ou Kindle Fire que d’un Kindle 3. Les possesseurs d’une génération plus ancienne ne pourront pas bénéficier de l’offre…

À qui s’adresse la Lending Library ? Le gros lecteur se heurtera en quelques jours au quota imposé par Amazon et devra acheter ses ebooks au prix fort sur la boutique. Du coup, la Lending Library semble être une offre de découverte, plutôt à destination de clients Prime qui n’ont pas encore adopté de Kindle. En effet, la notification de l’offre dans les prochains jours par l’intermédiaire newsletter d’Amazon risque de générer des ventes de readers.

Les limitations du service reflètent les difficultés rencontrées par Amazon dans ses négociations avec les maisons d’édition. Si les majors de l’audiovisuel ont l’habitude d’ouvrir leur catalogue aux prestataires de VOD, les éditeurs n’ont pas la même pratique. L’ouverture des catalogues n’est pas encore systématique, d’autant plus que l’offre de streaming pousse les éditeurs à revoir leur politique tarifaire, en abandonnant le modèle de la vente à l’unité. Bien qu’à court terme ce type d’offre a peu d’incidences sur le chiffre d’affaires des éditeurs, le succès potentiel de ce type de service pourrait bouleverser le modèle économique du secteur à moyen terme.

Cependant, toutes ses problématiques ne concernent pas encore les éditeurs français. En effet, la Kindle Lending Library est uniquement disponible aux États-Unis. Même si le service Amazon Prime (appelé « Premium ») existe, il sert uniquement à disposer des frais de livraison Express pour chaque commande (moyennant une souscription annuelle de 49 €). Pour l’instant, une offre similaire à celle proposée aux clients américains se fait toujours attendre. Peut-être que l’arrivée du Kindle Fire poussera l’entreprise à changer de politique et à étendre son offre de streaming à l’Europe. Une chose est sûre, les nouvelles équipes européennes en charge des contenus numériques ont du pain sur la planche.