Apple : iBooks 2 et iBooks Author, simplicité et créativité pour l’édition scolaire
par Clément Monjou le 20 Jan 2012 • 15:05 32 Commentaires
Les rumeurs avaient vu juste (cf. Ars Technica), Apple a présenté une série de nouveaux produits qui ont les ingrédients pour changer durablement le monde de l’édition. Légèrement dépassé par ses concurrents du côté des ventes de livres numériques (cf. notre précédent article), la firme de Cupertino s’affirme plus que jamais comme l’innovateur et capable de mettre à disposition du plus grand nombre des outils de publication et de lecture uniques. Ce nouvel écosystème d’édition repose sur quatre piliers : iBooks (qui passe en version 2), l’iBookstore (qui gagne une section “Manuels”) ainsi que le tout nouveau iBooks Author et l’application iTunes U.
Avec de tels produits, Apple propose une solution de publication intégrée principalement destinée à l’éducation, mais qui ne manquera pas de faire des émules dans le monde de l’édition grâce à la polyvalence et la simplicité des outils proposés. Si l’édition scolaire et universitaire a rencontré, ce soir, le levier de sa révolution, l’onde de choc est suffisamment puissante pour toucher l’ensemble du secteur. Pour comprendre ces enjeux, un passage en revue de l’ensemble des nouveautés est nécessaire.
iBooks passe la seconde

Apple a entamé sa présentation par le lancement d’une nouvelle version d’iBooks, numérotée 2.0. L’interface de la bibliothèque ne change pas et garde ses étagères en « bois ». Ce sont les contenus lisibles par l’application qui changent radicalement. Comme l’annonçait AppleInsider quelques heures avant l’annonce officielle d’iBooks 2, Apple semble s’être fortement inspiré du travail de la société Push Pop Press et de sa fameuse application de l’ouvrage d’Al Gore (cf. notre précédent article).
Quelques mois après le rachat de la société par Facebook, les deux fondateurs de l’entreprise avaient été des développeurs clés dans l’élaboration des applications de l’iPhone et de l’iPad et notamment… iBooks. Autant dire que la technologie de Push Pop Press avait dû naître dans les locaux d’Apple. Si l’un des confondateurs de l’ancienne entreprise pointe la ressemblance avec amusement sur Twitter, AppleInsider publie d’autres informations indiquant que Steve jobs aurait mis en garde Mike Matas de quitter Apple pour créer une technologie d’édition numérique employant des éléments brevetés par Apple. Le rachat particulièrement rapide de Push Pop Press par Facebook (pour son équipe et vraisemblablement pas pour sa technologie) expliquerait cette affaire.
Pour découvrir les nouvelles capacités d’iBooks, Apple propose gratuitement au téléchargement un manuel de biologie, rédigé par le professeur émérite E. O. Wilson. Après le téléchargement de 965 Mo de données (les utilisateurs d’iPad 16Go ne vont guère apprécier…), on se rend compte des similitudes avec la solution de Push Pop Press. Navigation en mode paysage (ou en portrait, mais au prix d’une mise en page plus légère), contenus interactifs et manipulables grâce au multitouch, animations 3D, quizz interactifs, etc.
Avec ce nouveau lecteur, Apple se donne les moyens de son ambition : révolutionner l’univers des manuels scolaires. Phil Schiller, vice-président du marketing chez Apple, a exprimé le souhait de rompre avec les codes du papier. Ainsi, l’enrichissement multimédia et le multitouch sont au coeur de cette nouvelle interface de lecture. Les éditeurs vont pouvoir enrichir leurs contenus de vidéos, d’audio, mais aussi y intégrer un glossaire tout à fait performant qui se rapproche plus d’une base de données que de l’outil qui complétait les manuels papiers. La plus value par rapport au papier est indéniable et Apple ringardise par la même occasion les manuels numériques au format PDF

Parmi les nouveautés qui touchent tous les contenus, l’amélioration du système de prise de notes est la plus notable. Il suffit de glisser son doigt sur le texte pour le sélectionner et créer une note tandis qu’elles peuvent être imprimées ou exportées par email. Une fonction permet aussi de les transformer en « flash cards » pour faciliter la mémorisation. Malheureusement, toujours pas de fonction de partage sur les réseaux sociaux ni les réseaux de lecteurs. Il est très probable qu’Apple attende de sortir son réseau propriétaire (à la manière de Ping pour la musique) pour que les lecteurs puissent bénéficier de telles fonctionnalités.
iBookstore, des manuels scolaires à des prix abordables

Ces nouveaux contenus, différents des EPUB classiques, ont le droit à une section dédiée sur l’iBookstore (américain uniquement). Pour l’instant, les manuels enrichis ne sont pas légion et on compte huit titres : deux livres de biologie, algèbre, géométrie, physique, chimie, environnement, ainsi que l’ouvrage gratuit « Life on earth » de E.O. Wilson. Pearson et McGraw-Hill sont les deux premiers éditeurs à faire partie de l’aventure et ils devraient être rejoints très prochainement par l’un de leurs confrères, les éditions Houghton Mifflin Harcourt.
Apple a également fait un effort important sur les prix : un manuel scolaire papier peut parfois dépasser les 100 $ en moyenne aux États-Unis, mais cette offre numérique établit un nouveau prix de référence : 14,99 $ (ou inférieur). Les livres sont acquis par l’utilisateur et non pas accessibles en streaming ou loués. Impossible de les revendre également car ils restent liés à votre compte iTunes. Avec ce modèle commercial, Apple propose une offre plus claire pour le consommateur que celle d’Amazon et surtout, beaucoup plus abordable. D’ailleurs, les établissements pourront acheter ces manuels pour les étudiants par le Volume Purchase Program (comme ils le font déjà pour les applications et les autres contenus). Du côté de l’éditeur, Apple se rémunère à la hauteur de 30% sur chaque vente comme sur les autres stores iTunes.
L’offre de location d’Amazon (cf. notre précédent article) perd de son intérêt : d’un côté, la firme de Seattle propose des manuels le plus souvent en PDF (ou format Kindle) avec des rabais plus ou moins intéressants, de l’autre Apple offre des manuels enrichis avec un prix unique de 14,99 $. Amazon garde cependant l’avantage du catalogue, bien plus fourni que chez Apple, mais cela s’est fait au prix de l’optimisation et de l’interactivité.
Avec ces manuels, Apple souhaite fournir du contenu aux 1,5 millions d’iPad utilisées dans le monde de l’éducation. Presque deux ans après la sortie de la tablette, les établissements scolaires ont adopté en nombre le nouvel outil d’Apple. Cependant, sans contenus appropriés, l’iPad perd de son intérêt. Il y a quelques mois, nous avions pu interviewer la direction de l’ESC Grenoble au sujet de sa classe innovation iPad. Parmi les manques relevés : l’absence de contenus optimisés pour la tablette. Grâce à iBooks 2 et ce nouvel iBookstore, la situation pourrait bien changer.
iBooks Author, l’auto-édition à la portée de tous
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Reste qu’il faut disposer des outils pour concevoir de tels contenus. Comme avec GarageBand pour iTunes, Xcode pour le développement iOS, Dashcode pour les widgets et iAd Producer pour les publicités, Apple a développé un logiciel de création d’ebooks enrichis, iBooks Author (Mac OS X uniquement). À la croisée de Keynote et de Pages, l’utilisateur habitué aux interfaces Mac retrouvera facilement ses marques. Les plus anciens utilisateurs trouveront que l’interface et la simplicité d’utilisation rappellent beaucoup le feu Claris Homepage ou le bon vieux HyperCard.

WYSIWIG est le mot d’ordre. iBooks Author est un outil de création polyvalent qui s’adressera aussi bien aux étudiants, aux enseignants qu’aux éditeurs. Comment Apple peut s’adresser à ces trois publics différents ? En proposant un outil simple et surtout… gratuit ! Il y a encore quelques heures, concevoir un ebook enrichi nécessitait de lourdes compétences en langages web ou de savoir utiliser l’une des coûteuses suites de PAO comme InDesign ou Quark.
D’ailleurs, les contenus créés n’ont plus grand-chose à voir avec des livres. On se rapproche plus de sites web que des ebooks que nous avons pu voir jusqu’à présent. Au coeur de ces contenus, un nouveau format, le .ibooks (Doctype XHTML+XML). Derrière cette extension se cache ni plus ni moins qu’une grande partie de l’EPUB 3.0. Une telle proximité qu’il suffit de changer l’extension .ibooks en .epub pour rendre le fichier lisible par Adobe Digital Editions (mais au prix de la mise en page et des fonctions enrichies et multitouch, plus proche d’un EPUB 1.0 ou EPUB 2.0 que la mise en forme élaborée d’iBooks).

Parmi les nouveautés, on remarquera le support complet du SVG qui permettra aux contenus chargés d’images de s’adapter facilement à d’autres résolutions d’écran (notamment l’hypothétique iPad 3 et son écran Retina). L’auteur peut ajouter à son contenu des contenus enrichis sous forme de bloc (HTML/Javascript, images interfactifs, quizz, élément 3D etc.). En revanche, la feuille de style CSS générée par iBooks Author n’est pas du tout conforme au standard et rendra la mise en page illisible sur d’autres terminaux EPUB que l’iPad et l’iPhone. Baldur Bjarnason liste toutes les différences avec l’EPUB 3 sur son blog.
L’EPUB est au centre de l’écosystème iBooks mais beaucoup de fonctions propres à Apple l’éloigne du standard, n’aidant pas sa promotion et sa cohésion du standard. iBooks Author vient servir Apple plus que l’EPUB. Ce logiciel est tellement centré sur l’écosystème iBooks que cela se reflète dans les conditions générales du programme. ZDNET a relevé (relayé par iGeneration) la clause suivante :
[…]Conformément à la présente licence et à condition que vous respectiez les termes de celle-ci, votre travail peut être distribué comme spécifié à continuation :
(i) si celui-ci est proposé gratuitement (sans frais), votre travail peut être distribué par tous les moyens disponibles ; (ii) si celui-ci est proposé contre paiement (y compris sous forme de partie d’un produit ou d’un service accessible par abonnement), votre travail peut être distribué uniquement via Apple et une telle distribution est sujette aux limitations et aux conditions spéciales[…]
Autant dire qu’Apple n’entend pas que son outil de création profite au reste du marché. Gizmodo revient plus en détails sur cette limitation importante (mais je ne pense pas qu’elle fasse perdre son intérêt à iBooks Author). D’une certaine manière, la commercialisation exclusive sur iBookstore peut se justifier : aujourd’hui seul l’iPad est capable de lire un contenu de ce type…
iBooks Author intéressera sûrement les enseignants et les éditeurs en premier lieu. Pourtant, le logiciel a tout d’un outil grand public et nul doute que des créatifs ne manqueront pas de créer des contenus originaux avec une simplicité étonnante. Comme avec Xcode pour le développement sur iOS, Apple propose une solution clé en main pour tout utilisateur désireux de concevoir un livre numérique. La concurrence est en retard sur les aspects de création de contenu, seul Amazon avec la KDP propose un outil simple mais dont les fonctionnalités sont encore limitées. L’auto-édition a de beaux jours devant elle…
iTunes U, l’arme de séduction à destination des universités

En 2007, Apple lançait iTunes U, une section de l’iTunes Store dédiée au monde universitaire. En toute simplicité, les établissements ont pu déposer de façon automatique les cours de leurs enseignants (en audio ou en vidéo, mais aussi en PDF) pour les rendre accessibles aux étudiants, mais aussi à tous les utilisateurs d’iTunes. À une période où l’iBook puis le MacBook étaient l’outil utilisé au quotidien préféré des étudiants, l’intégration d’iTunes U dans le jukebox d’iTunes faisait sens. Aujourd’hui, l’iPad est le produit le plus demandé par les étudiants et Apple donne plus d’autonomie à iTunes U en le lançant sous forme d’application iOS (à télécharger sur l’App Store).

Depuis iTunes U pour iOS, un étudiant peut s’abonner à des cours (sous différentes formes, vidéo, audio ou texte), mais aussi gérer son emploi du temps. De son côté l’enseignant peut gérer sa classe, rappeler à ses étudiants un changement d’horaire, un travail à réaliser ou mettre à disposition des compléments de cours. Cet outil risque d’être très apprécié des universités qui peuvent installer un ENT (Environnement Numérique de Travail) à moindre coût puisque iTunes U est… gratuit ! Utilisable depuis l’iPhone et l’iPod Touch, l’outil ne se limite pas aux utilisateurs d’iPad.
L’iPad, un cartable numérique qui se remplit progressivement
iBooks devient progressivement un écosystème de lecture. Contrairement à ceux d’Amazon et de Barnes&Noble, celui d’Apple n’est pas centré sur un accès au plus grand nombre (par des ereaders lowcost), mais sur la qualité des contenus conçus spécialement pour une lecture numérique. Le monde de l’éducation est la cible la plus pertinente pour Apple : les enseignants et les étudiants vont générer des contenus de grande qualité, tandis que l’usage de l’iPad par les écoliers et les étudiants va en faire l’outil de prédilection de cette génération. En s’implantant dans les écoles et les universités, Apple séduit le client de demain et modèle les futurs usages des outils numériques.
Reste que l’iPad est encore un outil coûteux. On est bien loin du Kindle à 79 $ ou du Kindle Fire à 199 $. Pour élargir son marché, Apple annoncera sûrement dans les mois à venir des modèles plus abordables afin de mettre un iPad dans les mains de chaque étudiant (ce qui allègera leur sac à dos). Après le XO de One Laptop Per Child, Apple s’est fixé l’objectif de One iPad Per Child, en faisant le pari de la qualité des contenus. Il s’agit sans aucun doute du levier le plus pertinent pour arriver à ses fins, même si cela se fait au prix de l’interopératiblité.










32 commentaires
Bruce dit:
20 Jan 2012
Quid des limitations ?
Rien n’est dit ici sur le fait que les ouvrages réalisés sur iBooks Author ne peuvent être vendus QUE sur iBooks…
Et pourquoi réaliser encore un nouveau format de fichier alors que l’EPUB permet peu ou proue la même chose ! Sans même évoquer une simplification vers du HTML 5 qui serait la bienvenue.
Certes l’éditeur est sympathique et très bien fait, mais ses limitations techniques vont vite bloquer les éditeurs qui ne se cantonnent pas à l’univers de la pomme.
Clément Monjou dit:
20 Jan 2012
Je crois que c’est marqué dans l’article. Après, en plus de la contrainte juridique, je ne vois pas aujourd’hui d’autre appareil capable de lire un contenu qui aurait été créé par iBooks Author…
Bruce dit:
20 Jan 2012
Pardon, j’avais zappé la citation, écrite trop en clair
milosh dit:
20 Jan 2012
> si celui-ci est proposé contre paiement, votre travail ne peut être distribué uniquement via Apple
Donc, il doit être distribué ailleurs ! Dommage que dans la version anglaise les négations soient “correctes”.
Clément Monjou dit:
20 Jan 2012
C’est corrigé. Merci
Hubert Guillaud dit:
20 Jan 2012
Merci pour ce billet assez complet, mais je serais peut-être un peu moins enthousiaste que toi Clément. Alors que le magasin d’Apple était connu notamment pour ses qualités (notamment via les applications de livres), il ouvre ici grand les vannes de l’autopublication qui n’est pas renommée pour la qualité (au contraire, sauf rares exceptions). Le système mis en place va avoir tendance à démultiplier les contenus redondants, générer des problèmes de droits, normaliser la formalisation des publications… Entre les superbes exemples montrés et ceux qui seront réalisés par les étudiants (vidéos moches voir vidéo duppliquées sans droits…) pas sûr que les utilisateurs s’y retrouvent. Il me semble que l’outil est bien un moyen pour Apple d’aller sur le terrain d’Amazon pour venir concurencer ses riches possibilités d’autoédition, en offrant des outils plus avancés et plus séduisant. A mon avis, ce n’est pas tant le monde de l’éducation qui va se saisir de ces outils, que la nasse des autoéditeurs de tout poils qui vont enfin pouvoir faire des epubs plus amusants et taillés pour les tablettes et pas seulement pour les liseuses.
Certes les manuels scolaires s’apprêtent à être moins cher, mais les étudiants ne pourront plus les revendre et les écoles (quand c’est le cas) ne pourront plus les acheter pour leurs étudiants. Pas sûr que ce soit donc une solution pour l’éducation. Pas sûr qu’Apple ait bien pris la mesure des usages et de leurs blocages.
Reste encore le problème du prix que tu soulignes très bien en fin d’article.
Clément Monjou dit:
20 Jan 2012
Comme je l’ébauche dans l’article, c’est vrai que la principale crainte à avoir est une fragmentation des formats. Après, je ne crois pas que cela tire les contenus par le bas au niveau de la qualité. Une partie des contenus (les officiels, développés par les éditeurs ou des auteurs reconnus) sera disponible en vente sur l’iBookstore et de l’autre côté, il y aura les contenus amateurs qui pourront être facilement échangés entre utilisateurs de l’iPad (et Mac). Je pense que le monde de l’éducation va se saisir de ces outils (il n’y qu’à voir le succès des produits Apple dans les établissements US). Après, si l’on raisonne selon le modèle français, ce n’est pas demain la veille que l’on verra un tel outil utilisé massivement.
Concernant l’achat, un petit point que je vais rajouter à l’article. Les établissements PEUVENT acheter en gros les manuels par le Volume Purchase Program (http://www.apple.com/education/volume-purchase-program/). C’est d’ailleurs ce qui se fait aujourd’hui dans la grande majorité des classes pilotes iPad et des déploiements (en France, cf. ESC Grenoble, et ailleurs).
Après pour le problème du prix ce l’iPad, il faut du temps au temps… (et au marché des composants un peu tendu en ce moment)
SoBookOnline dit:
20 Jan 2012
Moi c’est plus la gestion des annotations qui me posent problème. Il y a un conflit théorique et intellectuel assez fort : le lecteur produit bien des annotations (segment textuel porté en regard d’un autre, soit le texte) mais rien, ni dans les fonctionnalités proposées (export de “notes” par mail sans lien vers le texte et sans aucun extrait) ni dans la terminologie (Apple parle de “notes”) ne permet de les traiter comme telles. Bref, déjà que c’est souvent mal pensé et inexpoitable d’un point de vue macrostructurel (relation entre le feuilletage/marge/texte/index/table, etc.), mais si ça l’est en plus microstructurellement maintenant…
Clément Monjou dit:
20 Jan 2012
Oui, c’est vrai que même si les arguments marketing pleuvent autour des fonctions de notes, il me semble qu’elles prennent une place de plus en plus minimes. Un truc choquant sur “Life on Earth” : impossible de faire un copier coller du texte sans passer par la note !
Apple : iBooks 2 et iBooks Author, simplicité et créativité pour l’édition scolaire | eBouquin | Dernière nouvelle de l'éducation et de l'enseignement | Scoop.it dit:
20 Jan 2012
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Hubert Guillaud dit:
20 Jan 2012
Amusant : http://gizmodo.com/5877736/
Clément Monjou dit:
20 Jan 2012
Merci pour le lien, j’avais vu tourner ça. C’est un problème mais avec une petite conversion en .epub et des modifications, on ne pourra plus dire qu’iBooks Author a été la source. Puis, aujourd’hui, seul l’iPad me paraît être capable de lire ce type de contenus…
Mais il est clair que ces Conditions Générales d’Utilisation sont dans la stratégie “boutique” d’Apple. Rien de bien étonnant…
(Si tu veux une tablette ouverte, pré-réserve ton XO-3, mais il y a pas d’iBooks Author opensource
)
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20 Jan 2012
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Pr. Raynal dit:
20 Jan 2012
Il aurait été étonnant que les Burgraves habituels ne défendassent point leur pré carré. Oui authors permet enfin l’auto édition, et même, ô indicible horreur, permet de proposer des manuels scolaires gratuits comme ceux que, jusqu’à présent, je réalisais et proposais en pdf. Faute d’un outil simple et gratuit.
Comme par hasard, le programme KDP ne permet pas le gratuit.
Quant au format proposé chez Amazon, il est sans intérêt pour tout livre illustré de schémas et photos (j’ai essayé).
Alors longue vie à Authors!
Et si les linuxiens sont capables d’en faire autant, tant mieux.
Apple : iBooks 2 et iBooks Author, simplicité et créativité pour l’édition scolaire | eBouquin | Livres et numérique | Scoop.it dit:
20 Jan 2012
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Jedai dit:
20 Jan 2012
Je crains qu’il ne s’agisse là d’une très mauvaise nouvelle… Jusqu’ici les livres qui pouvaient être lu sous iBooks étaient à 99% lisibles sur d’autres supports (si l’on néglige les DRMs déjà crackées et quelques gadgets comme les vidéos/sons) mais avec ces .ibooks, Apple prend une direction toute autre. Imaginez que cette initiative soit un succès : notre gouvernement et bien d’autre se retrouveront à financer l’achat en masse d’iPad pour les écoliers et les conséquences sur le paysage informatique et les libertés de l’utilisateur pourraient bien être plus grave à long terme que la domination de Windows et d’Office ne l’a jamais été…
L’iPad est un appareil extrêmement fermé qui se présente comme un substitut d’ordinateur généraliste, en tant que tel il m’inquiète bien plus que l’iPhone. Un monde d’ordinateur verrouillés par Apple est une dystopie plus qu’inquiétante et malheureusement vraisemblable ces derniers temps. Malgré l’intéressante perspective de livres scolaires interactifs et abordables, je vais souhaiter très fort que ce système fasse un flop…
Sebastien Dubuis dit:
21 Jan 2012
Remerciements à Clément pour le détail de son analyse. Cet article est de grande valeur pour les éditeurs et les développeurs.
La meilleure nouvelle de ce lancement est l’impact sur les utilisateurs (étudiants, apprenants, …). Ces derniers vont s’attendre à des ebooks dynamiques et enrichis sur tous leurs écrans de lecture. Dans le monde académique aujourd’hui, le livre électronique se compose de PDF statiques. L’offre devrait donc rapidement s’étoffer. Mais avec une utilisation restreinte de l’écosystème Apple car les cibles de lectures vont bien au-delà de l’iPad.
Une conséquence presque inévitable va être la fragmentation des formats. EPUB 3 est une fondation sérieuse à tout eBook enrichi. Si vous rajoutez à cela “l’Apple epub” et le KF8, les choses deviennent coûteuses si l’éditeur veut assurer une diffusion efficace et agnostique. J’imagine bien les éditeurs scolaires organiser leur édition numérique autour de 2 piliers:
- production pour iPad, soit en créant des applications, soit en utilisant iBooks author
- Production EPUB 3 pour le reste du marché (la majorité) impliquant und distribution directe vers les utilisateurs.
N’oublions pas que la plupart des éditeurs scolaires supportent leur propre force de vente et ont tout intérêt à éviter les intermédiaires. Ils utiliseront leurs propres canaux (sites internet, applications) pour garantir des marges plus élevées.
Publiwide - Blog » Blog Archive » Annonce Apple: une bonne nouvelle pour l’édition numérique! dit:
21 Jan 2012
[...] commentaire est lié à l’article publié le 20.01.2012 sur ebouquin.fr. L’article en question est une grande source [...]
Apple : iBooks 2 et iBooks Author, simplicité et créativité pour l’édition scolaire | eBouquin | Livre électronique & Interactivité | Scoop.it dit:
21 Jan 2012
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21 Jan 2012
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Apple : iBooks 2 et iBooks Author, simplicité et créativité pour l’édition scolaire | eBouquin | médias (inter)actifs | Scoop.it dit:
22 Jan 2012
[...] jQuery("#errors*").hide(); window.location= data.themeInternalUrl; } }); } http://www.ebouquin.fr – Today, 12:01 [...]
Apple : iBooks 2 et iBooks Author, simplicité et créativité pour l’édition scolaire | eBouquin | Narration transmedia et éducation | Scoop.it dit:
22 Jan 2012
[...] [...]
Julien_g dit:
22 Jan 2012
Mouais, j’attends de voir. En tout cas en France et aux USA, Apple est loin d’être majoritaire sur le marché de l’ebook. Ils ne visent IMHO qu’une niche de ce marché avec ces outils, voir plusieurs.
La “fragmentation des formats” (j’aime cette expression…) par contre est une mauvaise nouvelle pour les éditeurs (mais une bonne pour les prestataires de services qui vont trouver là un troisième format à facturer
).
Apple fait du Apple, ils se plantent une fois sur deux, voyons voir si là ils réussissent.
François dit:
23 Jan 2012
Quelques remarques :
@Julien G : En dehors des USA et du Royaume-Uni, iTunes est leader sur le marché de l’eBook, y compris en France (même si ça se resserre avec le Kindle)… Il faudra attendre de voir comment ça évolue, Amazon a été seul pendant plusieurs années. Mais c’est de toute façon deux marchés différents, la liseuse noir et blanc, assez basique mais bon marché d’Amazon, qui s’adresse aux grand lecteurs de romans, et l’iPad, couleur et beaucoup plus cher, qui s’adresse au reste du public, le lecteur plus occasionnel, et qui lit un style de livre plus varié que le roman. C’est là l’essentiel du marché, et celui qui arrivera dans un 2ème temps en numérique.
Pour revenir au sujet, le format “propriétaire” n’a aucune vocation à se substituer à l’ePub. Apple fait partie de l’IDPF, iBooks est le lecteur le plus avancé dans l’ePub 3, et il est évident qu’il sera presque totalement compatible à court terme. Le fixed layout, créé à l’origine par Apple, est en train de devenir un standard IDPF. L’iBookstore va continuer à défendre ce format ouvert, à le vendre dans iTunes, à proposer une solution de lecture (la meilleure actuellement sur le marché) pour l’ePub. Les éditeurs peuvent continuer à travailler sur ce standard inter-opérable (enfin, quand il ne mettent pas de DRM), ils pourront toujours vendre leurs livres dans l’iBookstore et ailleurs.
Là, et je rejoins Hubert Guillaud sur ce point, la cible n’est pas du tout les pros de l’édition. C’est le particulier, l’entreprise, l’association, le prof, qui avait envie de créer un livre numérique mais qui n’avait pas la moindre idée de comment faire. De l’ePub ? Il faut comprende un minimum le HTML. Et ensuite, accrochez-vous pour le distribuer sur les sites des revendeurs. Une App ? Cher à développer, qui contacter pour ça et aucun livre sour forme d’application ne se vend correctement. Là ils ont une solution super simple à utiliser, gratuite, qui génère automatiquement un fichier assez beau en rendu, et avec une distribution automatique sur les matériels Apple via iTunes. Le risque c’est effectivement de se voir envahi de livres sans intérêt car non aboutis. Mais c’est déjà le cas sur le Kindle Store.
Et le point sur l’exclusivité n’est pas bien compris par les différents sites et blogs. Le logiciel, développé par Apple, pour Mac, crée des eBooks optimisés pour l’iPad, donc dans un format Apple. Le texte lui-même n’est pas exclusif, juste sa mise en forme via le logiciel. Vous pouvez faire un ePub et le vendre partout, y compris sur l’iBookstore. Mais si vous voulez faire un livre multimedia avec un excellent rendu iPad (et que vous n’êtes pas un pro de l’ePub 3), vous pouvez utiliser le soft, quitte à faire une version “enrichie” pour l’iBookstore (ce que font déjà plusieurs éditeurs) et si vous le vendez ensuite, ça sera sur l’iBookstore. Et de toute façon, il n’y a que l’iPad qui sera capable de le lire. Ca n’a rien de choquant…
Apple : iBooks 2 et iBooks Author, simplicité et créativité pour l’édition scolaire | eBouquin | L'actualité pédagogique et du monde de la formation | Scoop.it dit:
23 Jan 2012
[...] jQuery("#errors*").hide(); window.location= data.themeInternalUrl; } }); } http://www.ebouquin.fr (via @FormaVox) – Today, 2:40 [...]
Apple : iBooks 2 et iBooks Author, simplicité et créativité pour l’édition scolaire | eBouquin | meusenumerique | Scoop.it dit:
23 Jan 2012
[...] jQuery("#errors*").hide(); window.location= data.themeInternalUrl; } }); } http://www.ebouquin.fr (via @ArnoDoucet) – Today, 2:47 [...]
carol dit:
25 Jan 2012
“Si l’édition scolaire et universitaire a rencontré, ce soir, le levier de sa révolution, l’onde de choc est suffisamment puissante pour toucher l’ensemble du secteur.” … c’est un nouveau point de vente, un nouvel outil d’intégration (et pas de création, faut vraiment lire n’importe quoi), un nouveau support à valeur ajoutée sur l’interactivité et la mobilité, destiné à attirer des clients, éditeurs et lecteurs. C’est bien mais ce n’est pas une révolution. Arrêtons d’attribuer des termes aussi forts devant toutes les annonces d’Apple. Sérieusement. À force d’attribuer autant de crédit à Apple, on va finir par croire que ceux qui écrivent ces articles sont vraiment incultes et ne voient que la pomme de cupertino. On parle d’édition. C’est des articles aussi peu défricheurs que celui-ci qui font la réussite de boites qui ne le méritent pas forcément.
D’ailleurs, j’ai quelques questions :
- Quelle censure des contenus SERA appliquée par Apple ? (comme pour les applications de l’App Store). Quels recours ? surtout pour les manuels scolaires …
- Est-il possible de fixer les prix de vente, quelle commission Apple prend ?
- Quelle est la politique de gestion des droits / exclusivité ?
Si j’étais éditeur, je serais surement exigeant concernant les auteurs (le contenu), la PAO, les imprimeurs, les distributeurs … si Apple est à toutes les étapes, on risque un formatage important de la publication. Le livre me parait infiniment plus riche en possibilités (et pourtant je suis vraiment passionné par le numérique).
Justement, si on veut rester dans l’aspect “techno”, est-ce vraiment une avancée ? Apple dérive le format ePub3 existant pour une utilisation propriétaire, sans participer à l’évolution du format d’origine. On connait la chanson : Apple a déjà des ordinateurs “PC” avec un système repris au domaine libre et des brevets posés là où xerox avait créé la souris et l’interface graphique, et j’en passe, les clients sont tellement omnubilés qu’il croient même qu’Apple a inventé le tactile multipoint.
Heureusement, le reste du monde IT continue d’évoluer, d’avancer, sans qu’Apple aie participé en aucune réelle création, invention. Pire, la notoriété commerciale qui est bien le seul point qui incite à la concurrence, devient honteusement protégée à coup de procès sur des brevets ridicules.
Heureusement, l’édition continue d’évoluer, d’avancer … Apple n’a rien fait qu’appliquer sa méthode commerciale et censurera pour que son catalogue soit bien lissé.
Il est usant de lire ces articles consensuels partout sur internet.
Clément Monjou dit:
1 Feb 2012
Consensuel je ne pense pas. J’ai essayé de brosser un tableau global de la solution offerte par Apple. Ce qui m’a le plus étonné pendant la rédaction, c’est le vide laissé par la concurrence dans le secteur que tente d’investir Apple avec l’iPad et iBooks (Author, et consorts). Que font les autres acteurs? C’est sur que si la concurrence ne fait rien nous aurons la situation que vous décrivez. Comme toujours, Apple a initié un mouvement et les autres fabricants ont suivi, permettant ainsi le développement d’outils alternatifs. Espérons juste qu’ils n’attendront pas trop longtemps.
LouisF dit:
30 Jan 2012
Apple n’est-il pas en train de créer un écosystème éditoriale complètement autarcique ? Oui tout paraît parfait : des habitudes créées au berceau, des consommateurs qui sont aussi lecteurs qui sont aussi créateurs de contenu qui sont aussi diffuseurs qui sont aussi vendeurs mais tout ceci dans et pour les interfaces d’apple. Quid des non utilisateurs ? Un accès limité, un fournisseur de contenu monopolistique, est-ce bien cela qu’ils souhaitent les américains pour leurs écoles ?
Pr Raynal dit:
2 Feb 2012
Apple crée de quoi alimenter ses appareils. Il n’y a aucun monopole: personne n’empêche samsung ou RIM ou HP d’en faire autant. Ils ont même essayé… Adobe et Quark ont fourni de quoi faire de l’édition électronique: hors de prix, imbuvable, mais ça marche (il paraît). Avec IBA, apple fournit gratuitement une application sans équivalent. Si MS ou autre se croit capable de faire mieux (ou aussi bien), on attend…
La seule inconnue, c’est de savoir combien de temps apple supportera IBA..
Pram dit:
4 Feb 2012
Apple vient d’amender ses règles concernant le droit de vendre en dehors d’iBookstore, si on rédige sur leur application iBooks Author. En effet si le livre électronique est vendu dans un format autre que celui propre (propriétaire) à iBook Author, le choix de la distribution – gratuite ou payante – est laissée à l’auteur.
Voir : « Apple updates iBooks Author to clarify that you own created content » http://thenextweb.com/apple/2012/02/03/apple-updates-ibooks-author-to-clarify-troublesome-terms-in-its-eula/
Apple : iBooks 2 et iBooks Author, simplicité et créativité pour l’édition scolaire | eBouquin | Le Manuel Scolaire Numérique | Scoop.it dit:
14 Apr 2012
[...] background-position: 50% 0px; background-color:#222222; background-repeat : no-repeat; } http://www.ebouquin.fr – Today, 11:12 [...]