Observer l’émergence du livre numérique ailleurs qu’aux États-Unis et en Europe donne une vue d’ensemble d’une révolution plus importante que limitée à quelques pays développés. Parfois, dans certains de ces États, l’édition papier est un secteur limité et qui ne bénéficie pas d’un soutien gouvernemental (contrairement à la France dont tout le secteur bénéficie du CNL et des centres régionaux du livre).

Alors l’édition numérique se présente comme une chance, un moyen de s’affranchir de coûts de production élevé et de toucher un lectorat en demande de contenus et féru de téléphonie mobile (le taux de pénétration des smartphones sur ces marchés est phénoménal). Au-delà de l’aspect commercial, des problématiques en matière d’archives et d’éducation font aussi partie du quotidien de cette édition numérique balbutiante.

Marc Jahjah, du blog SoBookonline, a perçu tout l’intérêt de mener une observation à contre-courant, d’essayer de voir ce qui se fait ailleurs. Au gré de l’actualité, il reviendra sur ce sujet dans les colonnes d’eBouquin et sur son blog.

Amérique latine
  • Vénézuela : la bibliothèque nationale du Vénézuela travaille sur un projet de numérisation de son catalogue (appelé Biblioteca Digital Venezolana, prévisible), qui doit (sic) assurer la préservation de la mémoire collective et sa démocratisation. La mise en place d’un dépôt légal numérique laisse par ailleurs penser que la bibliothèque nationale du Vénézuela compte à son tour archiver le web.
  • Brésil

    • L’éditeur 7Letras vient de lancer un service d’impression à la demande, en partenariat avec Singular Digital, qui prévoit, pour chaque livre (14 pour l’instant), des options de couverture, de manière à ce que le lecteur puisse personnaliser (dans les limites bien évidemment imposées) le livre commandé.
Europe

  • Espagne
    • Les archives du philosophe espagnol Aranguren sont désormais disponibles en intégralité et en version numérique sur le site  de la bibliothèque Tomás Navarro Tomás après autorisation (via La Informacion). Le dossier (énorme) se compose de 25 000 documents (parmi lesquels 18 000 lettres, 500 photographies, 30 journaux personnels) et concerne bien l’histoire même de l’Espagne, comme Aranguren a couvert tout le XX°s.
  • Portugal : la Bibliothèque nationale du Portugal vient de lancer sa propre boutique numérique qui comprend à ce jour (mais j’ai peut-être mal regardé) une cinquantaine d’eBooks. Points (très) positifs : les livres coûtent 50 % moins cher que leur équivalent papier et ils sont empruntables pendant 5 jours au prix d’ 1 euro (!). Mais points (très) négatifs : ils sont contraints par les DRM d’Adobe et lisibles que dans Adobe Digital Editions pour les ordis et Blue Fire pour les terminaux mobiles. Autant dire que la crainte du piratage est comme toujours un discours efficacement agité par les industriels comme Adobe.
  • Slovénie : on en sait un peu plus sur l’accord entre Kobo et la maison d’édition Mladinska knjiga. Miha Kova?, en charge du développement numérique de l’entreprise, a en effet révélé (via Dnevnik) que 200 eBooks avaient été préparés au format ePub et que sa maison d’édition diffusera parallèlement les eReaders de Kobo. Cette alliance intervient dans un contexte favorable pour Kobo, alors que les différents acteurs politiques de la Slovénie viennent de signer un accord de coalition dans lequel le livre numérique en slovène occupe une place importante (car il en va, selon eux, du devenir de leur culture).
Moyen-Orient
  • Egypte