Actes Sud : qui achète un ebook à 22,99€ ?

Après la promotion exceptionnelle de Bragelonne dimanche dernier, on aurait pu s’attendre à ce que cela fasse des émules dans le monde de l’édition. Eh bien non. En parcourant les catalogues, notamment les nouveautés, on trouve quelques perles. La dernière en date : Lointain souvenir de la peau de Russell Banks (ici sur Kobo) qui vient d’être publié en numérique aux éditions Actes Sud.

L’éditeur français se fait remarquer par une politique tarifaire assez étrange. Tandis que la trilogie de Stieg Larrson est vente à 9,99 € pour les deux premiers tomes, l’ouvrage de Russell Banks est en vente à 22,99 €. Certes, il s’agit d’une nouveauté (et d’un livre étranger qui a été traduit), mais le prix de l’édition papier est de 24,90 € sur Amazon, soit 22,99 € après réduction, faisant jeu égal avec le prix de la version numérique. À ce prix, mieux vaut acheter la version papier qui n’est pas bloquée par des DRM…

21 Responses to “Actes Sud : qui achète un ebook à 22,99€ ?”

  • C’est bien le problème de l’édition numérique française, que les éditeurs ont apparemment décidé de tuer à coups de politique tarifaire délirante, et unique au monde. Pas de quoi s’en vanter.

  • Guillaume:

    Il s’est pourtant passé exactement la même chose avec la musique (sauf qu’en plus, à l’époque, c’est plus compliqué de pirater), et ils refont exactement la même erreur. Incompétence ou aveuglement ?
    (après, on trouve le même genre d’absurdité aux US, c’est pas un probléme franco-français)

  • Reader:

    Parce que les éditeurs ne veulent pas que les ventes de livres papier chutent. Et c’est tout à leurs honneurs. Si l’acheteur à réellement envie de lire ce livre, elle l’achètera en version papier et point. C’est ce qui se passe depuis des siècles. C’est pas parce qu’aujourd’hui c’est la mode du livre numérique que tous les lecteurs et lectrices vont se jeter comme des vautours sur les “ebooks” parce qu’ils sont moins chers.

    • Karloch:

      Si l’ebook est trop cher, il sera piraté. Cela n’a rien à voir avec la survie du livre papier!

    • Ladioss:

      Avec ce genre de logique, on en serait resté aux peintures rupestres sur les murs d’une grotte.

      Le véritable risque que les éditeurs posent pour le marché français en refusant de proposer une offre acceptable, c’est de tuer l’avenir du marché en popularisant le recours au piratage. A titre personnel, je n’ai encore jamais acheté de livres numériques parmi l’offre proposée par les éditeurs hexagonaux, et pourtant je suis un lecteur régulier. Cherchez l’erreur…

      Ce n’est pas au consommateur de s’adapter aux politiques délirantes des éditeurs, ce sont aux éditeurs de s’adapter à un marché et à des habitudes de consommation qui évoluent. Il me semble que c’est une loi de base de l’économie, mais qu’on semble souvent oublier en France.

  • Alex Nicol:

    Les jeunes ont été éduqués avec un écran dans les mains. la tendance sera naturellement vers les Ebooks pour les générations futures. Nous en sommes à l’aube de ce media dont l’évolution actuelles aux USA confirme sa montée en puissance. L’erruer des éditeurs français consiste à rater la marche. J K Rawlings , auteure d’harry Potter, l’a bien compris elle qui vient de publier sa saga en Ebooks en courcircuitant le circuit de l’édition.

  • Bien sûr, les frais d’édition et de diffusion sont moindres pour un eBook mais j’ose espérer que la rémunération des auteurs va passer à 50%.

    La création 50% Le marketing 50%, ça c’est un contrat Win-Win

  • Ludovic:

    Je ne sais pas… Les Œuvres de Bertrand Russell (publiés par Routledge) coûtent 25€ le volume.

  • Bzibzou:

    Point de vue consommateurs : les éditeurs sont des escrocs de proposer des e-books à ce prix.
    Point de vue éditeurs : pourquoi scier la branche sur laquelle nous sommes assis et suivre l’exemple de la presse (plus pertinent que celui de la musique) qui a bradé ses contenus et ne s’en ait jamais remis ?
    Point de vue tiers : le consommateur de livre n’est pas le même que le consommateur de vidéos, de musique ou de jeu vidéo. Une infime partie, très technophile, est à l’aise avec le piratage, les torrents, les scantrad etc. L’immense majorité ne se fera pas ch…à chercher les contenus pirates (quels formats ? ePub, Mobi, AZW, Calibre, etc, sur quel terminal ?). Ils achèteront un best seller numérique de temps en temps, à l’occasion des grandes vacances, et le marché du livre numérique ne décollera jamais vraiment en France.
    On en reparle en 2020 ?

    • Dansle:

      Analyse imparfaite, à mon avis. Le lecteur de livre numérique est un grand lecteur (plus de 20/25 livres par an). Le lecteur occasionnel de best seller pour ses grandes vacances achètera le livre de poche.

      La partie qui partage illégalement est également infime mais à nouveau, un oeil jeté aux études sur ce public révèle votre a priori comme une erreur. Les partageurs ne sont plus seulement des technophiles. Il est plus compliqué d’installer et d’utiliser Adobe Digital Edition que de trouver et d’utiliser un livre partagé illégalement. Quant au format, c’est très simple : c’est ePub pour tout le monde, et AZW pour les quiches qui ont décidé de se faire avoir par Amazon. La question sera de toute façon bientôt réglée par la Commission européenne qui planche sur un projet visant à imposer un format unique et commun aux éditeurs (et ce sera vraisemblablement l’ePub).

      • Bzibzou:

        Vous confondez analyse et souhait.
        “Le lecteur de livre numérique est un grand lecteur”, non ! Le lecteur de livre numérique est une espèce quasi inconnue en France (1.1 millions de livres payants téléchargés en 2011). Pas de lecteurs sans prix attractifs.
        L’offre pirate est encore faible et majoritairement composée de livres papier scannés (cf les études du Motif).
        Je maintiens que les pirates de livres ne sont pas sociologiquement comparables aux pirates de vidéo et de musique.
        Je pense que si les éditeurs baissaient significativement (et en toute bonne foi) le prix des livres numériques, ils feraient décoller le marché.
        Si au contraire, ils s’en tiennent à une décote de 30%, le marché stagnera avec une progression du piratage somme toute très limitée aux geeks épris de littérature.
        Conclusion, les petits éditeurs ont tout à gagner à faire des promo et des tarifs agressifs, les éditeurs de best seller ont en revanche beaucoup à perdre.

  • Olivier Stable:

    Aux USA je remarque que les prix de l’édition papier tendent de plus en plus, au moins chez Amazon, à s’aligner sur le prix en version ebook. Ainsi, si on part de l’édition américaine du livre de Russel Banks “Lost Memory of Skin”, le livre en hard cover est passé de 26 à 14 USD, au même niveau actuellement que l’édition numérique à 14,99 USD

    http://www.amazon.com/s/ref=nb_sb_noss_1?url=search-alias%3Daps&field-keywords=Russel+Banks+Lost+Memory+of+Skin

    Je conseille aux lecteurs francophones de Russell de se lancer dans la lecture en anglais, du moins s’ils veulent faire des économies (-50%).

    Bye

    Olivier Stable

  • Patrick:

    Olivier Stable : +1, et en plus: pas besoin d’attendre une éventuelle traduction qui peut mettre des année à venir (sans parler de la traduction, elle, qui, si elle doit être de bonne qualité, doit être faite avec le temps qu’il faut).
    Enfin, certains bouquins ne sont pas dispo ou n’ont jamais été traduit (comme: “How to read a book”, “How to speak, how to listen”, Mortimer Adler ; etc…)

  • Jean-Louis:

    Une autre bizarrerie, regardez ces 2 ebooks du même roman :
    – “Le sel” de del Amo, collection Blanche : 13,99€ (http://www.amazon.fr/Le-sel-Blanche-ebook/dp/B005QCB3BW)
    – “Le sel” de del Amo, collection Folio : 6,99€ (http://www.amazon.fr/Le-sel-Folio-ebook/dp/B0071KTQZ2)

  • Voilà un bon réflexe : chercher le prix le moins cher qui vous convient, comme quand vous allez faire des courses.
    Mais je me pose une question:
    Les lecteurs d’eBooks sont-ils tous des fauchés ou des radins? N’est-ce pas le contenu de l’eBook qui est important? Qui rouspète sur le prix d’un pull exhorbitant de grande marque fabriqué en Chine, qui rouspète sur le prix des iphones et des ordinateurs fabriqués à Taiwan et qui valent quelques euros seulement?

    Alors pourquoi on fait tant de foin sur le prix des eBooks?
    Si je n’ai pas envie d’acheter, je n’achète pas, je ne pars pas en croisade contre le prix!

    Je trouve que ça ressemble de plus au plus à des négociations de soukh.

    Mais je ne suis pas impartiale et l’avenir me donnera tort ou raison.

    • Marie:

      Ce n’est pas de la radinerie, mais du bon sens.
      A partir du moment où on passe du support physique au dématérialisé il y a forcément des frais en moins (impression, stockage, diffusion, etc.) sans compter le nombre d’intermédiaires qui fond comme neige au soleil. Donc quelque part il est normal que le consommateur s’attende à une baisse de prix au yeux des économies effectuées.
      Si encore la marge des auteurs augmentait la question ne se poserait même pas…

  • axel:

    Pour reprendre Bzibzou”point de vue tiers : “Une infime partie, très technophile, est à l’aise avec le piratage, les torrents, les scantrad etc. L’immense majorité ne se fera pas ch…à chercher les contenus pirates (quels formats ? ePub, Mobi, AZW, Calibre, etc, sur quel terminal ?).”
    Franchement tu as jamais du essayer de téléchargé un ebook pirate car il faut moins de 5 secondes par livre en DDL, il suffit de cliquer sur telecharger donc n’importe qui peut le faire. Les newgroups, torrent servent uniquement à télécharger des Collections d’ebook genre pack de 1000 ebooks mais la encore on a très souvent l’option DDL. Il y a même un membre d’une team célèbre de pirate qui a créer un petit moteur de recherche pirate d’ebooks: résultat n’importe quelle ebook en moins de 5 secondes chez toi en 2 click.
    Le livre numérique va t’il se développer? oui le livre numérique à un potentiel de développement énorme car il n’a que des avantages (place/prix/poids…. Il connaitra donc 1 fort développement mais pas dans la sphère marchande qui est en train de rater le coche avec ses livres trop cher et truffer de DRM…
    Réflexions: une fois télécharger 5000 ebooks pourquoi continuer à acheter des livres papiers ou numériques? Aucune raison à part de temps en temps des nouveautés et une clef USB suffit pour refiler à tous mes amis ma bibliothèque ebook géré par calibre.
    Du coté des éditeurs ils auront juste l’impression d’une chutte des ventes, impossible de chiffrer le nombre d’ebook pirate lu
    Seul une réflexion de tout les acteurs de la filière du livre a une chance de sauver cette industrie dont les pieds doivent rester sur terre. Il n’est pas normal de se gaver sur le dos du consommateur avec des ebook qui peuvent atteindre 25 euros!!! Il n’est pas juste qu’il suffise d’écrire quelques livres comme rowlings pour être rentier sur 10 générations avec ces fameux droits d’auteur.
    Le livre numérique donne accès à la culture aux plus grand nombre pour 1 prix quasi nul c’est donc une bonne chose

  • Lilas:

    Axel écrit: “Le livre numérique donne accès à la culture aux plus grand nombre pour 1 prix quasi nul c’est donc une bonne chose”

    Mais que devient la culture quand elle ne coûte plus rien? Elle meurt. Les droits d’auteur protègent la liberté de création, ils sont la garantie d’une diversité culturelle démocratique. Sur le livre numérique, un taux de 25% se négocie couramment.
    Quant aux éditeurs, ils n’ont pas pour vocation de ne produire plus que du livre numérique.

    Le livre papier n’a pas de raison d’être condamné sans appel. Ni la vivacité du livre en soi d’être violemment rabotée. Nous accédons depuis des siècles aux Lumières à travers lui. Le livre numérique est sa déréalisation, son coût doit intégrer, me semble-t-il, celui de toute la chaîne puisqu’il n’en est pas moins édité, à chacune des étapes que cela suppose jusqu’à la librairie. Il rémunère l’auteur, le libraire, le distributeur et intègre les frais de fonctionnement de l’éditeur. Ne cassons pas trop vite le tissu éditorial à la française, acteur de la vie culturelle locale essentiel. La librairie aussi est un espace de libre parole. Ca n’a pas de prix.

  • axel:

    Axel écrit: “Le livre numérique donne accès à la culture aux plus grand nombre pour 1 prix quasi nul c’est donc une bonne chose”
    J’explique mon raisonnement économique.
    D’après les revues spécialisées un auteur touche entre 5 et 10% du prix HT sur un livre papier soit entre 0.5 et 1 euros pour un livre à 10 Euros. Le reste part chez les différents intermédiaire car un livre papier à des couts fixes (imprimante, locaux, traduction, publicité..) et des couts variables (papier, encre, transport..). Un livre papier se caractérise donc par des couts fixes et des couts variables (qui augmentent en fonction des quantités produites) ce qui explique la marge des intermédiaires.
    Sur un ebook, il y a bien des couts fixes (traduction, publicité..) mais quasiment pas de cout variable. Exemple : une maison d’édition crée un ebook qui lui coute 10 000 Euros qu’elle en vende 1000 ou 100 000 son cout est le même mais elle réalise des économies d’échelle énorme. Supposons qu’elle vende son ebook à 10 euros HT elle aura amorti son ebook dès qu’elle en aura vendu 1050 et ensuite c’est entre 9 et 9.5 euros dans sa poche par ebook donc du gavage !!!
    Supposons maintenant que l’ebook soit vendu non pas 10 mais 1 Euros avec une répartition 50/50 auteur/éditeur soit 0.5 euros pour chacun par ebook.
    Pour l’éditeur l’ebook est amorti à partir de 20 000 (10 000/0.5) et ensuite c’est que du bénéfice
    Pour l’auteur il touche la même somme qu’il vende un livre papier ou numérique (soit 0.5 Euros/ 5% de 10 euros ou 50% de 1 euros).
    On peut en plus supposer qu’avec le passage de 10 euros à 1 Euros l’ebook va dopper les ventes totales (papier+numérique) car il y aura toujours des irréductible du papier mais les lecteurs au moindre revenu pourront lire beaucoup plus (pour 1 livre papier j’ai 10 ebook). Au final les auteurs gagnent plus d’argent ce qui les stimulent et les éditeurs multiplie leurs profit.
    Qui sont les perdants ? les imprimeurs, transporteurs, libraire…
    PS : les éditeurs peuvent même rependre les ebooks multiformat de très grande qualité produit par une célèbre TEAM pour réduire encore leurs couts de production lol

  • Je voudrais ajouter simplement que le lecteur de livre numérique est quelque peu inexistant dans la majeur des pays hors amérique du nord. La plupart des lecteurs (grand ou petis) font usage des version papiers…

    Brader le prix des livres numérique n’est selon moi pas une bonne solution car la culture doit conserver son prix en partie reflet de sa valeur et du travail fournit par l’auteur. D’autant que la distribution d’un livre électronique peut revenir aussi cher que celle d’un livre physique… à méditer.

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