Archive for the ‘Décryptage’ Category
iBookstore : 35 millions d’ebooks téléchargés

Hier soir, Steve Jobs annonçait les nouveautés annuelles de la gamme iPod et en a profité pour donner quelques détails sur les téléchargements effectués sur ses différents Store. Si l’iTunes Store et l’App Store restent les deux poids lourds, l’iBookstore commence à faire son trou. Depuis le lancement de l’iBookstore le 28 avril 2010, Apple a enregistré 35 millions d’ebooks téléchargés sur sa plateforme. Un beau chiffre…
Mais quelle portée donner à ce score? 35 millions d’ebooks téléchargés mais combien de gratuits? Une chose est sûre, la croissance des téléchargements est rapide. Début juin, Apple annonçait 5 millions de téléchargement. En trois mois, les téléchargements ont été multipliés par 7. Pourtant, on semble bien loin des chiffres bien gardés secrets par Amazon (cf. Le Kindle reste leader, iBooks à la traine). L’iPad continue de connaître le succès (5 millions d’unités vendues à ce jour?) mais l’accélération des téléchargements semble avoir débuté avec l’arrivée d’iBooks sur iPhone. L’iPhone, plateforme préférée des lecteurs? Après la succès de Stanza, iBooks ne ferait pas exception à la règle.
PS : Apple prend un malin plaisir à parler de books et non pas d’ebooks. Une manière de se différencier de la concurrence et d’enterrer le combat habituel entre livre papier et livre numérique? Sûrement.
USA Today fait le pari de l’édition numérique

La situation de la presse quotidienne américaine n’est guère plus enviable que celle de ses confrères français. Depuis plusieurs années, la chute des revenus publicitaires plombe les comptes de ces grands groupes tandis que le coût de la distribution papier continue de vider les caisses. Alors pour un quotidien comme USA Today, le numérique a de quoi séduire.
Avec des volumes de vente qui sont passés de 2,3 millions d’exemplaires en 2007 à 1,83 millions en moyenne aujourd’hui, une action qui a chuté de 78% en 4 ans, et une nombre de pages publicitaires vendues divisées par 2 depuis 2006, USA Today a tous les symptômes du titre du presse déclinant. Comme le rapporte le site AppleInsider, le mot d’ordre actuelle à l’intérieur du titre serait “Moins se focaliser sur l’imprimé… et produire plus de contenus pour toutes les plateformes (Web, mobile, iPad et autres formats numériques”.
Après le grand succès de son application pour iPad (USA Today for iPad), le conglomérat Gannett&Co (qui posséde USA Today et 80 autres titres de taille moindre) est le premier à recentrer sa stratégie par rapport aux nouveaux appareils mobiles.
Pour John Hillkirk, rédacteur en chef de USA Today, la décision n’a pas été difficile à prendre, “Nous devons aller là où se trouve l’audience”. Puis pour rajouter “Si les gens sont fanatiques de l’iPad, ou de l’iPhone ou encore d’un autre appareil mobile, nous devons être là avec le contenu qu’ils veulent, et quand ils le veulent”. Le changement va aussi toucher les équipes du quotidien, dont la division commerciale va venir étroitement collaborer avec la rédaction, “pour aligner l’effort commercial avec le contenu que nous produisons”.
Beaucoup de changements du côté de USA Today qui pourraient avoir une conséquence sur le travail des journalistes du titre. A cette inquiétude, Dave Hunke, éditeur du quotidien, répond que “en aucun cas nous ne compromettrons notre intégrité”. Du numérique et du vrai journalisme. Espérons que les efforts de USA Today vont payer.
Un auteur de SF critique l’offre d’e-Belial

Nous vous annoncions il y a quelques temps la sortie imminente d’e-Belial, la plateforme numérique des éditions du Belial. Si nous nous sommes montrés assez enthousiastes quant à cette approche, plutôt courageuse et innovante de la part d’un éditeur papier, il semblerait que cette initiative ne fasse pas l’unanimité partout.
Alors qu’e-Belial ouvre ses portes, Yal Ayerdhal, un grand nom de la SF française, que nous avons eu la chance de rencontrer à Ouessant, réagit de manière assez critique envers la stratégie d’e-Belial, avec des arguments aussi incisifs qu’intéressants.
Nous vous laissons lire et juger par vous même le contenu de cette “lettre ouverte“, en attendant vos réactions dans les commentaires.
MAJ : Un interview intéressante de l’équipe d’e-Bélial est à lire sur ActuSF. Bonne lecture.
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Donc Le Bélial lance sa plateforme numérique.
Bien.
Innovante.
Ah. Euh… en quoi ?
En 8 points.
Lesquels sont ?
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« Tarif intelligent. Les livres numériques du Bélial vous sont proposés allant de 8 à 12 € : un tarif unique, quel que soit le format de fichier et très inférieur à leurs équivalents papier (souvent deux fois moins). »
Là, je bondis de mon fauteuil et je me cogne la tête au plafond. J’ai du mal lire. Je relis. Eh merde ! C’est bien ça. 8 à 12 € ! Et ce serait très inférieur au prix des livres papier. Ben mon cochon ! Vous avez entendu parler du « poche » ? C’est un format plus petit (10/18, en cm), qui se vend un peu partout et beaucoup mieux que les autres formats… mais alors sacrément mieux ! Vous voulez savoir pourquoi ? Non, ce n’est pas que les gens manquent de place dans leurs bibliothèques, dans leurs sacs ou dans leurs attachés-cases… encore que, puisqu’on parle de numérique, donc de liseuses, c’est quand même un sacré avantage de voyager léger.
Et ce n’est pas non plus que les lecteurs préfèrent le livre friable au bel ouvrage. Si le « poche » se vend beaucoup plus que le « grand format » et le « semi poche », c’est parce qu’il est moins cher, souvent trois fois moins. Incroyable, n’est-ce pas ? Je parle du vrai « poche », évidemment. Pas des éditeurs qui le pratiquent au prix de… au prix de quoi, d’ailleurs ? Des autres activités du lecteur ? De son envie de les pratiquer ? De son garde-manger ?
Parce qu’il y a un truc à savoir : le portefeuille du lecteur n’est pas extensible. D’ailleurs, peut-être que c’est pour ça qu’on vend si peu de livres. Peut-être même que c’est pour ça qu’il existe des bibliothèques et un marché d’occasion florissant. Peut-être même… attention, je vais vous choquer… peut-être même que ce marché d’occasion est le plafond sur lequel il faut que le prix du livre numérique bute. Pire. C’est au prix d’occasion du « poche » qu’il faut limiter (vers le haut) le prix du livre virtuel. Et je ne parle évidemment pas des ouvrages cotés ! Et c’est mon dernier prix. En tant que lecteur, en tant que consommateur (contraint) et en tant qu’auteur.Vous avez bien lu. Je ne veux pas voir mes bouquins en format numérique au-dessus de 2 €, et je suis plutôt partant pour moins (deux fois moins). Pourquoi ?
Parce que le très immatériel format numérique n’est pas un produit de substitution du très tangible ouvrage papier. Parce que les liseuses on un coût et que leur acquéreur ne doit pas en être le captif mais l’usager. Parce que, en terme de commercialisation, c’est un autre marché, un tout autre, qui se constitue pour l’essentiel aujourd’hui de gens qui ne lisent que très peu ou pas (de romans, par exemple). Parce que c’est l’occasion de toucher ceux que nous ne touchons jamais. Soixante millions de Français ne m’ont jamais lu. Ne rigolez pas : cinquante millions d’entre eux n’ont jamais lu Werber, Pennac, Grangé, etc. C’est un chouette terrain à défricher, non ? Eh bien, c’est ce que facilite le numérique… à condition de ne pas le soumettre à l’économie des tauliers de l’édition papier et des souteneurs de la diffusion.
J’oublie un détail ? Ah oui. Le piratage. Je lui suis favorable, ne serait-ce que parce que, une fois de plus, mes phrases à la con atteindront quelqu’un que l’économie du livre (beurk) leur barrait, que celui-ci ne piratera pas toute sa vie mais qu’il continuera à lire, que la culture n’est pas… pardon, ne doit pas être un privilège de nantis. Je lui suis favorable, donc, mais on s’en fout. Le piratage prendra des proportions faramineuses si la diffusion numérique du livre se comporte comme la diffusion numérique cinématographique ou musicale. Le vent, et c’est ce qu’est le numérique, ne peut pas se vendre au même tarif que la matière. Inutile que je vous fasse un cours de marketing, d’ailleurs je suis un très mauvais pédagogue et je suis certain que vous savez ce qu’est le prix psychologique. Mais peut-être ignorez-vous qu’on ne le calcule pas avant d’avoir déterminé la, les ou toutes les potentielles cibles commerciales ? Il semble que vous vous limitiez au marché préexistant du « papier ». Il semble aussi que votre opération de lancement ne soit qu’une opération… disons de communication, en tout cas pas une étude. Lapalissade ! Je ne m’efforcerais pas d’en montrer les insuffisances si ce n’était pas le cas.
Voyons les autres points.
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« Prix libre. Les prix affichés sont un minimum, mais vous êtes libre d’acheter les livres numériques au prix que vous aurez fixé si vous souhaitez soutenir l’auteur ou la maison d’édition. »
Ben voyons ! Pourquoi ne pas créer une ONG ? Ecrivains et Editeurs Sans Frontières, mais avec pas mal de toupet tout de même.
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« Sans DRM. Aujourd’hui, les dispositifs de gestion des droits numériques (DRM) proposés par la plupart des éditeurs punissent moins les pirates – qui n’ont aucun mal à les contourner – que les acheteurs légitimes qui rencontrent de nombreux problèmes techniques. Le Bélial’ ne propose que des livres numériques « bio » garantis 100% sans verrouillage pour que vous puissiez les lire aussi facilement que des livres classiques, sur le support de votre choix. »
Amen.
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« Facile. Sur la plateforme e-Bélial, vous n’achetez pas un fichier, mais un livre. Une fois dans votre bibliothèque numérique, vous pouvez le télécharger à volonté et dans tous les formats proposés. Pratique si vous perdez le fichier d’origine ou si vous changez de support de lecture. »
Démago, mais bien joué.
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« Collectionnez. Vous n’êtes pas prêt à vous passer du papier ? Nous non plus. Achetez un livre du Bélial’ et, pour seulement 2,00 €, téléchargez son équivalent numérique (sur certains titres uniquement) »
Aïe ! Dans son élan, la réclamite aiguë a fourché. Le coût du numérique est inférieur à 2 €. On s’en doutait un petit peu beaucoup, notez, mais c’est intéressant car, et j’y reviendrai plus loin, c’est quoi au juste le prix de revient du numérique ? Et comment le définit-on ?
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« Flexible. Créez vos propres recueils en choisissant parmi le fonds du Bélial’ des nouvelles à télécharger à la pièce sans avoir besoin d’acheter un recueil entier. »
Encore heureux ! Et heureusement déjà pratiqué par (presque) tout le monde. Mais à quel prix, au fait ? Je veux dire : proportionnellement au prix du recueil.
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« Equitable. Compte tenu des coûts de fabrication et de distribution réduits, Le Bélial’ peut reverser jusqu’à 30% du prix de chaque livre numérique vendu à l’auteur. À comparer aux 10% qui sont la norme du marché. »
J’en vois déjà qui tremblent à l’idée des horreurs que je vais de cette plume commettre. Par quoi je commence ? Ainsi, la norme du marché en matière de droits d’auteur serait à 10 %. J’en connais plus de trente mille qui feraient un infarctus en lisant ça. Ce putain de marché n’a pas de norme ! Que des différences de traitement. Et la moyenne, totalement incalculable pour cause d’opacité, est sûrement loin en dessous de 10 %. La réalité ? 4 à 12 % sur le « poche ». 6 à 15 % sur le « grand format ». Parfois plus, pour les rares best-sellers. Souvent moins pour les nombreux auteurs « jeunesse ». Et 2 % pour les traducteurs.
Le plus facile est digéré ? On jette un oeil à la réversion ? C’est quoi d’ailleurs cette ineptie ? L’éditeur reverse ? Il est bien charitable ou il se prend pour un fonds de pension ? Vous vexez pas, je pinaille. Vous avez raison, les coûts de fabrication et de distribution sont réduits, tellement qu’on se demande s’ils sont signifiants. Sur la fab, qui représente entre 15 et 20 % du prix du livre « papier », il y a un coût en numérique. Sûrement, mais quel est-il au juste ? Côté mise en format, par exemple, vous connaissez sûrement ça : http://fr.feedbooks.com/ Et il y en a d’autres. Et il y en aura de plus en plus. Sur la distrib, il y a un… pardon ? La quoi ? Qui va distribuer quoi, au juste ?
Parlez-moi de diffusion, oui, ça, ça m’intéresse. Prononcez les vilains mots. Détaillez ce que demandent Amazon, la Fnac, Google, Orange etc. pour diffuser des octets par le Net. Montrez l’intérêt des bornes numériques (mdr), justifiez leur existence et leur coût sur le prix du livre. Démontrez que tout ce joli monde est indispensable à la bonne diffusion électronique de l’ouvrage. Mais surtout, surtout, expliquez pourquoi vous avez choisi de rester dans la logique de fonctionnement « papier » plutôt que de développer une logique autre ou de vous inscrire dans l’une de celles qui existent déjà, comme publie.net, numeriklivres etc.
Le numérique est une aubaine. Pour l’auteur, pour l’éditeur, pour le lecteur. Pour la première fois, l’ouvrage littéraire peut se passer des parasites qui, de surcroît, se taillent la part du lion dans l’économie du livre. La diffusion et la distribution représentent 55 % du prix de l’objet livre. Alors quoi ? On prend les mêmes et on recommence ? On s’en invente d’autres ? Pour quel service ? Pas de stock, pas de transport, pas de commerciaux (physiquement, en tout cas). Alors qu’est-ce qui coince ? Qu’est-ce qui limite les droits d’auteur à 30 % dans votre conception de l’édition numérique, quand d’autres, spécialisés, proposent déjà 50 et même 70 % ?
La diffusion. Toujours la diffusion. Fait chier ! S’il faut, pour l’édition numérique, en passer par une économie, que celle-ci tienne compte de l’écosystème numérique. Moi, je suis en train de devenir écolo. À 50 % minimum. Ce qui représente 1 € sur un bouquin vendu en numérique à 2 €. Combien d’auteurs touchent 1 € sur la vente d’un de leurs bouquins en poche ? Y en a-t-il sur l’agora ?
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« Solidaire. En attendant l’adaptation de la loi Lang au numérique, et pour ne pas léser les libraires qui soutiennent Le Bélial’, nos livres numériques seront proposés au même prix sur e-Bélial’ et sur la plateforme EDEN. N’importe quel libraire pourra ainsi vendre les livres numériques du Bélial’. »
Vous avez peur de perdre le soutien de vos amis libraires pour les ouvrages « papier » ? En instituant le prix unique du livre (plus ou moins 5%), la loi Lang ne favorise que les gros « libraires », ceux qui peuvent négocier une marge conséquente avec le diffuseur/distributeur. Les autres peinent à obtenir une marge viable.
Comment les libraires diffuseront-ils vos livres numériques et quelle marge allez-vous leur accorder ? Je veux dire : les gros et les petits ? En tout cas, rassurez-les, ils n’ont pas besoin de se recycler tout de suite. Le livre papier a encore un bel avenir devant lui. Disons le temps d’une génération. Et ce sont surtout les grosses berthas qui vont trinquer. Au fait, pourquoi croyez-vous que les gros bras se démènent tous pour disposer d’une plateforme de diffusion numérique ?
Voilà, j’en ai fini.
Les ventes de liseuses croissent de façon exponentielle, même en France. Au deuxième trimestre 2010, Amazon, le plus gros « libraire » du monde, a vendu plus d’ouvrages au format numérique qu’au format papier. En août, durant le festival littéraire d’Ouessant, plusieurs conférences et débats sur l’édition numérique se sont tenus dans le cadre de Numér’île et ont été relayées en direct sur le Net. J’ai participé à la plupart et j’ai rencontré différents acteurs du numérique (et pas que du monde du livre) qui s’efforcent d’échapper aux logiques « économiques » de l’édition classique. Nous sommes arrivés à la conclusion que non seulement c’était possible, mais que ce n’était pas si compliqué que ça, bien au contraire, à condition de se soustraire au système un peu plus que centenaire (on peut même le faire remonter à l’invention de l’imprimerie) qui dicte les conditions dans lesquelles se propage (mal) la littérature et qui s’auto-entretient.
En lisant la « déclaration d’intention » d’e-Bélial, mon optimisme s’est assombri d’un certain agacement. Peut-être, puisque j’avais tendance à apprécier vos communications autour du livre numérique, parce que j’attendais du Bélial qu’il ait autre chose à proposer que l’ambiguïté des fausses innovations pour un éternel recommencement.
Vous vous trompez de beaucoup d’erreurs, les mecs.
Infographie : iPad et presse magazine

PrintingChoice propose une infographie très intéressante présentant le problème des éditeurs de presse autour de leurs offres tarifaires avec le numérique. Si l’on peut constater que les prix à l’unité sont quasiment similaires en papier et numérique, le système d’abonnement devient beaucoup plus lucratif sur iPad, les souscriptions papier étant (volontairement ? ) bradées dans une perspective d’adhésion client mass-market et une logique de ventes en volume. Une façon de se prémunir d’une éventuelle cannibalisation des ventes papier, ou encore une manifestation des difficultés du secteur à attirer et fidéliser les clients.
On attend cependant l’arrivée de nouvelles offres, plus attractives sur iPad, avec des tarifs dégressifs en fonction de la durée d’engagement. Reste malgré tout la question de l’accès (gratuit ou payant) au contenu du magazine depuis le site Internet, qui pourrait facilement concurrencer les réalisations coûteuses pour l’iPad.
Quand le numérique se vend mieux que le papier

Est-ce que le succès sur Internet est sur le point de se dissocier du succès en librairie? C’est ce que laisse croire le Wall Street Journal dans un récent article. Le groupe HarperCollins Publishers (groupe News Corp.) a révélé les chiffres de ventes de l’un de ses derniers romans, et cet ouvrage s’est plus vendu en numérique qu’en papier : 4000 exemplaires papier contre 4739 en numérique, une semaine après la sortie du bouquin.
Le thriller de Laura Lippman, I’d Know You Anywhere, est le premier titre de l’éditeur américain à atteindre un tel score, comme le rappelle Frank Albanese, vice-président de la maison d’édition. “Ce que nous observons aujourd’hui c’est qu’un livre qui a de bonnes critiques voit ses ventes décoller plus vite en numérique qu’en papier, parce que les personnes qui ont des readers peuvent acheter et lire immédiatement”, poursuit-il. Un nouvel avantage pour le livre numérique ?
En tout cas, les éditeurs américains semblent croire plus que jamais aux nouveaux débouchés offerts par le numérique. Ces dernières semaines, plusieurs éditeurs américains ont annoncé que leurs ventes de titres numériques représentaient maintenant environ 8% de leur chiffre d’affaires global (contre 3% à 5% il y a à peine un an). Les analystes estiment que ce chiffre s’établira autour de 20-25% en 2012. Et quelque chose nous fait dire que c’est au Kindle qu’il faut attribuer une bonne partie des ventes… Même si les éditeurs ont un temps critiqué vivement Amazon, c’est grâce à son reader et son écosystème que le marché du livre numérique décolle.
A quand la même chose en France? Est-ce que des éditeurs français ont déjà eu de meilleurs ventes en ebook qu’en papier? La question mérite quand même d’être posée.
InDesign vers l’iPad et l’ePub : Adobe donne des détails

Sur son blog, Adobe vient d’apporter un certain nombre de précisions à propos de la publication vers l’iPad (et autres tablettes) de documents mis en page dans InDesign.
La solution complète comprendra trois parties, l’une existante partiellement, les deux autres à venir. Depuis la CS5, InDesign comprend plusieurs outils “interactifs”, permettant (entre autre) d’intégrer des vidéos, des diaporamas et des boutons de navigation. Ces différentes fonctionnalités ne nécessitent aucune forme de programmation. L’inconvénient est que le résultat obtenu n’est actuellement exportable qu’en Flash. A la fin de l’été, une mise à jour du logiciel (ou un plug-in, Adobe ne précise pas) permettra d’exporter les documents InDesign interactifs vers la deuxième partie de la solution : Digital Content Bundler, une sorte d’intégrateur.
Publication numérique : Après Adobe, Quark…
Quark, l’éditeur du logiciel QuarkXPress se devait de réagir au communiqué d’Adobe concernant la publication depuis InDesign vers l’iPad et autres formats numériques. C’est chose faite depuis le 17 juin avec une page Web annonçant les différentes solutions à venir de Quark et un planning prévisionnel.
Rappelons que, depuis quelques années, InDesign a pris le pas sur XPress, à la fois qualitativement (depuis sa version 2, InDesign est plus performant qu’XPress), et quantitativement (il n’existe pas de chiffres officiels, mais les parts de marché, dans le domaine de la publication assistée par ordinateur, seraient de 60% pour InDesign contre 40% pour XPress).
Un exemple tout simple de la supériorité technique d’InDesign dans le domaine qui nous concerne : XPress 8 n’est toujours pas capable de générer des fichiers ePub, ce que son concurrent sait faire (plus ou moins bien il est vrai) depuis la version CS3 (sortie en 2006).
D’après le communiqué de presse, QuarkXPress devrait pouvoir générer des fichiers ePub à la fin de l’année, ou au début de l’année prochaine. Idem pour les documents non Flash à destination des tablettes (XPress sait déjà générer des fichiers Flash en SWF depuis sa version 8).
D’autre part, l’ensemble des produits de Quark prendrait le nom de Digital Publishing 2.0. La solution contiendrait au moins : QuarkXPress, Quark Publishing System (QPS – un système de gestion de flux éditorial, comparable à la solution de Woodwing que nous avions présentée au mois de mai – que Quark commercialise depuis 1991) et Quark XML Author.
Quark devrait aussi permettre d’exporter de l’ePub et des documents pour tablettes non Flash via Digital Publishing 2.0 mais l’éditeur ne précise pas si la fonction sera celle d’XPress ou un module spécifique.
Bien que le planning de Quark manque quelque peu de précision, on peut supposer que leurs solutions seront disponibles environ six mois après celles d’Adobe.
En revanche, nous ne saurons dire s’il faudra, comme cela semble être le cas avec les solutions à venir d’Adobe, faire trois fois le “même” document, un par support (smartphone, tablettes, livres électroniques) ou si, depuis un document, on pourra exporter trois fois avec des réglages différents.
Il est fort probable que cela soit le cas directement avec XPress : un document par support de destination, tandis qu’avec Digital Publishing, il suffira “d’adapter” le document en fonction de la destination, exactement comme le système de gestion de flux de Woodwing.
Dans ce même communiqué de presse, Quark annonce que son logiciel phare devrait être capable de générer des documents lisibles par le logiciel de lecture Blio (à venir, nous en avions déjà parlé) dès cet automne.
Les enjeux de la publication vers les supports électroniques divers sont aussi importants pour Quark que pour Adobe : l’éditeur qui proposera la solution la plus simple pourrait prendre le pas (définitivement ?) sur l’autre…
Interview : Le marché du livre électronique en Chine

Dans l’Empire du Milieu, la révolution du livre numérique est en marche. De retour d’un voyage d’affaires à Pékin, dans le cadre d’une mission économique organisée par Ubifrance et Cap Digital, Gwendal Bihan, le PDG et fondateur de Leezam, livre ses impressions à eBouquin.
Quel est votre principal constat concernant le marché du livre numérique chinois ?
C’est un marché extrêmement dynamique et conquérant. Sur place j’ai rencontré une dizaine d’acteurs majeurs de la filière et je constate qu’il y a une volonté commune de développer le secteur et d’accroître l’offre. Il est intéressant de voir que les Chinois investis dans cette filière ne craignent pas la concurrence. Au contraire, ils savent qu’elle est bénéfique au développement du secteur.
Quelles sont les offres les plus innovantes, dans ce domaine ?
Le « monstre » Founder, comme on l’appelle en Chine, est l’un des meilleurs exemples de réussite et d’innovation. La force de ce groupe repose sur sa capacité à proposer un service complet. L’offre « WeFound » par exemple, comprend un équipement de lecture Founder, le premier e-reader 3G de Chine, type Kindle, l’accès à des contenus Fanshu.com, (fanshu.com) 10 000 ouvrages disponibles, et un forfait de 3 ans avec China Mobile pour se connecter à l’eBookstore et télécharger gratuitement des ouvrages numériques et des titres de presse. Vendue 380 euros, cette offre clé en main a déjà séduit 100 000 chinois depuis son lancement il y un an.
Depuis l’acquisition d’Apabi en 2006, Founder détient l’une des technologies de numérisation les plus performantes du monde. 500 maisons d’éditions, 700 journaux, et plus de 4000 bibliothèques et écoles utiliseraient déjà cette technologie. En avril 2009, Founder Apabi a signé un accord avec le géant britannique Penguin pour la conversion du papier au numérique d’une centaine de titres du catalogue Penguin, des titres venus depuis compléter l’offre de l’ebook store fanshu.com.
Les readers peinent à trouver acheteur en France, les Chinois sont-ils des gros consommateurs de ce type de produits ?
Oui, les chinois sont très friands de ce type d’équipement. Le nombre de e-readers commercialisés en Chine devrait même dépasser celui des Etats-Unis d’ici 2015. Il y a une raison à tout ça : les Chinois sont pour la plupart, équipés de petits téléphones ne permettant pas la lecture. Je pense que c’est pour ça que l’offre ebook reader prend bien.
A Pékin, vous avez eu l’occasion de découvrir la 5ème plus grande bibliothèque du monde, considérée comme un exemple en terme de numérisation.
Le bâtiment est immense et nous avons eu la chance de découvrir l’atelier de numérisation des livres papier. On peut aisément parler de travail à la chaîne. Une personne est chargée de tenir les pages, l’autre d’actionner le scanneur, ensuite une personne travaille à la redéfinition des images sur Photoshop, puis le rendu numérique est comparé avec le livre papier original. Tout ceci occupe pas moins de 200 personnes et permet de produire environ 200 livres numériques par jour ! La bibliothèque propose 1,2 millions d’ebooks et il y a là encore une vraie offre pour le grand public. Contrairement à la France, qui accuse du retard dans le domaine, parce que la mission de numérisation a d’abord été centrée sur la préservation du patrimoine.
Condé Nast ressuscite Gourmet sur l’iPad

Condé Nast ne s’est pas lancé à moitié dans le numérique. Après le magazine Vanity Fair, GQ puis le fameux WIRED, qui fait figure de modèle pour les magazines sur iPad, le groupe de presse est sur le point de sortir une version numérique de l’excellent New Yorker et de ressusciter le magazine culinaire Gourmet dont la crise avait eu raison en novembre dernier.
Depuis, la situation a changé. Si la situation économique est encore difficile, surtout en ce qui concerne les revenus publicitaires, Condé Nast voit le numérique, avec de plus en plus de certitudes, comme un relai de croissance pour l’avenir, mais déjà lucratif aujourd’hui. En effet, l’expérience WIRED est un succès. Avec plus de 90 000 titres vendus en moins d’un mois (à 4,99$ l’exemplaire soit un CA de 449 000$), le magazine high tech a fait de meilleures ventes en numérique que pour sa version papier (environ 85 000 exemplaires vendus chaque mois). Contrairement à ce qu’aurait pu laisser croire le pessimisme ambiant, Condé Nast est bien le premier groupe de presse à avoir gagné de l’argent avec le numérique.
Et pourtant, un tel succès était loin d’être assuré pour WIRED. En effet, les équipes rédactionnelles avaient choisies les technologies d’Adobe, Flash et Air qui n’étaient plus compatible avec les produits Apple, suite à un changement des conditions d’utilisations. Condé Nast a quand même choisi une solution Adobe pour sa publication numérique, Digital Magazine Solution, compatible avec les produits iOS.
Fort de ce succès, Condé Nast poursuit ses expériences et s’apprête donc à ressusciter un monument de la presse culinaire, le magazine Gourmet. L’éditeur en profite même pour choisir une forme assez inattendue, plus proche du service web que du magazine traditionnel. En effet, comme l’indique Robert Sauerberg, directeur du marketing grand public chez Condé Nast, “nous avons fermé le magazine mais nous n’avons pas abandonné la marque”. Rien ne poussait Condé Nast à faire renaître son titre, car elle dispose d’un autre magazine à succès dans ce domaine, Epicurious, toujours en activité. Mais plutôt que de bouleverser un titre existant, l’éditeur récupère Gourmet et recycle la marque autour d’un nouveau service innovant, une expérimentation à forte valeur ajoutée.
Gourmet a été développé autour de deux axes principaux : proposer un contenu de qualité intégré dans une interface en HTML5 (donc crossplatform) et le lier à un réseau social destiné aux amateurs de cuisine. Ainsi, Gourmet devint Gourmet Live. La choix du HTML5 permettra à Condé Nast de déployer rapidement Gourmet Live sur tout type de tablettes et autres plateformes compatibles avec les derniers standards de WebKit. La mention “Live” annonce aussi des mises à jour régulières ainsi que son lot de contenus exclusifs. De plus, Gourmet Live se répand sur les réseaux sociaux (le réseau dédié mais aussi FaceBook, Twitter etc.) diffusant son contenu vers toujours plus de lecteurs potentiels. Plus le lecteur diffuse du contenu, plus il recevra de contenus culinaires de Gourmet Live.
L’éditeur américain a compris que la marque issue d’un magazine est sûrement l’élément le plus important d’un titre. Quasi-intemporel, il fédèrera toujours son ancien lectorat (ou une bonne partie) : en numérique comme en papier. Le choix de Condé Nast va de soit. Même abandonné depuis novembre 2009, Gourmet “vit” toujours sur les réseaux sociaux et en particulier sur Facebook où la page du titre est quotidiennement actualisée et forte d’une communauté de plus de 13 000 membres. Ressusciter le titre, de manière plus visible, par une application est un prolongement logique et Gourmet Live trouvera sûrement son lectorat dès sa sortie à l’automne 2010. Nul doute que la démarche entamée par Condé Nast va faire des émules et que certains éditeurs de presse ne vont pas tarder à faire revivre certains titres emblématiques mais dont la faible rentabilité en papier avaient eu raison de leur existence.
Plastic Logic : toutes les commandes annulées

Plastic Logic ne semble pas être au bout de ses ennuis. Après avoir repoussé la sortie de son unique reader, le QUEproReader, à cet été (alors qu’il était initialement prévu pour le mois d’avril), la société britannique vient de rembourser toutes les précommandes déjà passées pour l’appareil. De plus, aucune nouvelle date de disponibilité n’a été annoncée.
Annoncé en grande pompe lors du CES 2010 du Las Vegas, le QUEproReader avait été accueilli chaleureusement par la critique, présenté rapidement comme le concept de reader le plus abouti. En effet, son design très travaillé et son écran Plastic Logic quasiment incassable étaient complétés par un logiciel entièrement pensé et développé pour un usage professionnel, la cible principale du QUEproReader. Les avantages du papier électronique avec une interface qui n’aurait eu rien à envier aux autres appareils mobiles, faisaient de ce reader le compagnon de tous les instants, que ce soit pour visionner quelques slides, lire des fichiers Excel ou encore télécharger un ebook ou un journal depuis la librairie numérique associée.
Cependant, un tel travail a un prix. Les consommateurs américains pouvaient précommander deux version du QUEproReader, l’une disposant de 4Go de mémoire avec une connexion WiFi pour 650$ tandis que la version WiFi+3G et avec 8Go de stockage était proposée à 800$. A ce prix, le QUEproReader avait aucune chance de pouvoir séduire le grand public… De plus, tous les points forts dont disposait le QUEproReader n’en sont plus forcément depuis la sortie de l’iPad.
La tablette d’Apple offre en effet plus de flexibilité ainsi qu’un plus grand nombre de fonctions. Les professionnels pourront y installer des applications répondant parfaitement à leurs besoins, permettant de lire ainsi des fichiers utilisés en interne. Les services techniques de chaque entreprise pourront également développer des programmes spécifiques pour iPad. Face à cela, le reader de Plastic Logic est finalement une plateforme plus fermée, sans véritables arguments et dont l’avenir paraît incertain. Les readers grand format à usage professionnel sont, sans aucun doute, la gamme de produit qui va continuer à souffrir de l’arrivée des tablettes multimédias.
iBooks : le problème des bibliothèques trop fournies

Dès sa sortie, iBooks a reçu de nombreuses critiques positives, la plupart des utilisateurs voyant d’un bon oeil l’arrivée d’une application concurrente à celles d’Amazon et Stanza. Pourtant, si Apple occupe le terrain, iBooks ne révolutionne pas la manière dont nous lisons sur un appareil mobile. L’avantage indéniable d’iBooks est son lien avec l’iBookstore même si le gros consommateur de livre sera vite dérouté par la dimension que prendra sa bibliothèque virtuelle.
Jason Perlow de ZDNet en fait son principal reproche envers l’application d’Apple. iBooks s’en sort parfaitement bien avec quelques dizaines de titres mais dès que l’on atteint la centaine et même plusieurs centaines d’ouvrages, le programme perd en ergonomie. Tout d’abord, les options de classement sont relativement limitées. Il n’est pas possible, par exemple, de créer des listes de lecture ou des collections, que cela soit sur l’iPhone/iPad que depuis iTunes. On attend vivement qu’Apple revoit la gestion des ebooks dans iTunes car, là aussi, les options sont sommaires : le seul classement possible divise les titres entre livres audios, PDF/ePub, nom de l’auteur et genre.
Passé plus de 300 titres (et tout à fait critique avec plus de 1000 ePub de taille normale), votre bibliothèque deviendra rapidement difficilement navigable, pour d’autres raisons. En effet, il s’agit d’une limitation technique : l’iPad embarque 256Mo de mémoire RAM si bien que lorsque la bibliothèque atteint cette taille, la base de donnée créée est supérieure à la mémoire disponible. L’iPhone 4 devrait régler ce problème grâce aux 512Mo embarqués. Si vous avez une bibliothèque importante, optez donc pour un iPhone ! Sinon, l’affichage sous forme de liste consomme moins de ressources et les utilisateurs avec des bibliothèques importantes opteront pour cette navigation.
Le principal concurrent d’Apple, Amazon, a opté pour une solution différente en laissant les ebooks inutilisés stockés sur ses serveurs. Si le lecteur souhaite en lire un, il sera téléchargé instantanément, à condition d’avoir un accès au réseau. L’avantage ? L’application est moins gourmande en ressource qu’iBooks mais si vous n’avez pensé à récupérer vos livres au préalable, vous ne pourrez pas continuer votre lecture entamée sur un autre appareil. Cependant, avec la dernière version d’iBooks nous avons vu apparaître une fonctionnalité de synchronisation des signets et des notes depuis l’application. Apple pourrait donc proposer sans problème le stockage “in the cloud” des ebooks. Pour une V2 peut-être?
Amazon brevette le concept de réseau social, des pistes pour l’ebook?

Le Journal du Net nous apprend une nouvelle assez étonnante au sujet d’Amazon. Il y a bientôt 12 ans, Amazon rachetait une société du nom de PlanetAll, fondée par Brian Robertson et Warren Adams, devenus par la même occasion salariés d’Amazon. Fort de 1,5 millions de membres, le service PlanetAll a finalement fermé ses portes 2 ans plus tard, Amazon n’ayant pas su intégrer le service à son écosystème.
En 2008, ces deux personnes ont déposé une demande de brevet au sujet d’un “mécanisme permettant à un utilisateur d’établir de manière sélective des relations ou des connexions avec d’autres utilisateurs” et “d’avertir automatiquement les utilisateurs des mises à jour des informations personnelles faites par leurs contacts respectifs”. Ce brevet, qui a été accepté le 15 juin 2010 est ni plus ni moins que celui du concept de réseau social. Avec une définition aussi large, Amazon pourrait légitimement attaquer un bon nombre de sociétés car, comme l’indique Brian Robertson, “presque tous les réseaux sociaux violent le brevet” de la firme de Seattle”. Verra-t-on Amazon s’attaquer à Facebook?
Cependant, Jeff Bezos pourrait utiliser ce brevet pour bâtir les bases d’un réseau social autour du Kindle et de la lecture, se protégeant ainsi des nouveaux entrants qui souhaiteraient se lancer dans le secteur. L’intérêt d’Amazon pour ce type de service est de plus en plus sensible et il ne serait pas étonnant de voir le géant de la distribution en ligne annoncer prochainement un service plus complet. Du nouveau à la rentrée?
























