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Kindle : Amazon prépare son équipe européenne

Doucement, mais sûrement, Amazon se prépare à débarquer massivement sur le Vieux Continent. Ces derniers mois, deux têtes de pont ont été établies : en août, le nouveau Kindle était mis en vente sur Amazon.co.uk tandis l’Allemagne a reçu ses premiers exemplaires il y a quelques semaines. Le choix de ces deux marchés n’est pas étonnant. En effet, il s’agit aujourd’hui des marchés européens les plus dynamiques pour le livre numérique. Autre avantage du Royaume-Uni, un catalogue quasiment commun avec celui d’Amazon.com.

Tout cela n’est que la première étape. D’ici la fin de l’année, la firme de Seattle sera présente sur plusieurs nouveaux marchés, notamment l’Italie, l’Espagne ainsi que la France. Mais pour répondre à la demande et aux nouveaux débouchés, qui d’ici quelques années devraient être équivalents au marché américain, Amazon doit reconstruire un management identique à celui qui existe aux Etats-Unis. Le récent flot d’offres d’emploi mises en ligne sur le site d’Amazon viennent confirmer ce mouvement.

Le coeur du dispositif européen du Kindle sera basé au Luxembourg, comme le reste des activités numériques de la firme. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 18 offres d’emplois concernant le reader d’Amazon qui sont proposées. Les postes brossent plusieurs domaines, du management au déploiement technique du reader tout en passant par la négociations de contrats de distribution (pour l’Espagne et l’Italie). Une solide expérience est requise pour chaque poste tout comme un pratique parfaite de l’anglais. La société ne fait pas les choses à moitié et cela reflète l’importance de son investissement en Europe. On est bien loin des efforts déployés par Apple pour l’iBookstore dont l’équipe reste réduite.

Est-ce que l’importance de ce recrutement permettra un dialogue apaisé avec les éditeurs, avec une bonne capacité d’écoute de leurs besoins et leurs attentes? Cette large équipe n’ayant pas encore été recrutée, nous ne pouvons pas en être sûr. Les éditeurs ont aussi leur rôle, et des intérêts à défendre, dans les négociations qui vont être menées. Jusqu’à aujourd’hui, les premiers contacts entre Amazon et le monde de l’édition ont été organisés par le staff américain qui n’a pas manqué de rencontrer quelques difficultés avec ses interlocuteurs. La constitution d’une équipe européenne dédiée devrait palier à ce problème…

Luxembourg (Luxembourg)

Irlande (Cork)

L’Irlande va accueillir la direction du service après-vente d’Amazon. Comme la plupart des sociétés d’électroniques (Apple, Dell etc.), Cork est la ville de prédilection pour installer un service clientèle. Le Kindle ne déroge pas à la règle et un poste de manager est à pourvoir pour organiser ce futur service.

Royaume-Uni (Slough)

Amazon continue son expansion au Royaume-Uni. Après avoir connu un vif succès lors des fêtes de fin d’année, la firme de Seattle cherche à consolider sa position de leader sur son premier marché européen. Mais visiblement, Amazon veut améliorer ses contacts avec les éditeurs locaux en recrutant une nouvelle personne pour cette mission. Ce poste vient compléter l’équipe britannique déjà en place depuis quelques mois.

France (Paris)

Le stade de la rumeur a été dépassé depuis plusieurs semaines et c’est avec certitude que l’on peut dire que le Kindle va arriver dans nos contrées, d’ici la fin de l’année. Actuellement, Amazon France recherche trois personnes qui prendront le relais des équipes américaines pour s’occuper des négociations des contrats de distribution avec les éditeurs. Particularité française, l’ensemble de ces postes seront basés dans les locaux parisiens d’Amazon et non pas au Luxembourg (comme pour le personnel en charge de l’Espagne ou de l’Italie). Enfin, une dernière offre propre à la France a attiré notre regard. Amazon recherche également un ingénieur logiciel qui s’occupera du Kindle. On peut penser qu’il sera en charge dans un premier temps de la localisation de l’appareil. Un vrai privilège pour le marché français, là où les utilisateurs allemands doivent aujourd’hui se contenter d’un Kindle avec une interface en anglais…

Japon (Tokyo)

Enfin, Amazon semble aussi s’intéresser de près au marché japonais. A la grande surprise de l’entreprise, les utilisateurs japonais ont été attentifs à la sortie du Kindle 3. Très utilisé par les amateurs de mangas en raison de son écran E-Ink Pearl à fort contraste, l’aspect un peu rustique du produit n’a pas empêché les ventes. Du coup, la firme de Seattle se prépare à investir de manière plus organisée ce grand pays de l’électronique. A la clef, une offre d’emploi de “Kindle Book Evangelist”. Rien que pour le titre sur sa carte de visite, cela vaut le coup ! ;-)

Si le Kindle fonctionne dans une centaine de pays depuis bientôt plus d’un an, Amazon se prépare à amorcer la deuxième étape de sa stratégie. En ligne de mire, le marché européen avec des zones clefs bien définies, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la France. Pour chacun de ces pays, une petite équipe d’environ cinq personnes va préparer le lancement local du Kindle, épaulée par une solide équipe européenne. On ne peut que constater l’ampleur des moyens mis en oeuvre autour du Kindle, ce qui vient confirmer le poids considérable que pèse désormais le terminal de lecture dans les comptes de la firme. Amazon prépare donc un déploiement massif qui devrait modifier durablement le marché européen. Un effort qui sera sûrement renforcé par la sortie d’un nouveau Kindle et/ou d’une très attendue tablette. La vague Amazon ne passera pas inaperçue.

Lecture numérique à l’Arbre à Lettres, Astrid Monet à l’honneur

Lecture numérique à l'Arbre à Lettres

Vendredi dernier, la librairie l’Arbre à Lettres (quartier Bastille à Paris) accueillait une première lecture publique en partenariat avec un éditeur numérique, NumerikLivres. L’auteur Astrid Monet était à l’honneur (cf. notre précédent portrait) pour cette première durant laquelle elle nous a fait découvrir sont recueil de nouvelles Reine(s), au gré d’une belle lecture. Plusieurs dizaines de personnes ont assisté à cette performance, spécialement venus pour l’occasion ou bien au cours de leur balade de fin de semaine en librairie, à la recherche d’une idée de lecture pour le week-end.

Lecture numérique à l'Arbre à Lettres - Astrid Monet

En partenariat avec le fabricant de readers Bookeen, les visiteurs ont pu découvrir la lecture numérique sur papier électronique et ont aussi été invités à essayer la fameuse borne numérique ePagine installée dans la librairie (merci à Christophe Grossi du blog ePagine pour sa présence !). Pour l’occasion, une édition spéciale de Reine(s) a été réalisée par son éditeur, représenté par Gwen Catala. La lecture s’est suivie d’une série de questions/réponses entre le public et les intervenants. Au final, ce fut un franc succès pour cette première qui, on l’espère, aura une suite. Quid d’un rendez-vous mensuel (ou même hebdomadaire) en librairie autour d’une texte numérique?

Astrid Monet revient sur cette soirée à l’Arbre à Lettres sur son blog. Venez également découvrir la galerie photo de la soirée sur notre compte Flickr. Enfin pour continuer la découverte, le recueil Reine(s) est vendu sur la plateforme ePagine pour 3,99€.

Reportage : 50 iPad en test à l’ESC Grenoble

Depuis plus de 25 ans, l’ESC Grenoble a construit sa réputation autour de l’enseignement du management, de l’innovation et des nouvelles technologies. Précurseur dans le domaine, avec l’instauration dés 1988 des ordinateurs portables au sein de ses locaux, l’école a poursuivi ces dernières années, fidèle à sa tradition, les initiatives pédagogiques relatives à l’utilisation de la technologie.

Lors de la rentrée 2010, face au succès de l’iPad, l’ESC Grenoble a fait l’acquisition de 50 tablettes Apple de façon à mener un projet pilote avec un groupe-test composé de 40 étudiants. Ce projet, financé en intégralité par l’école, visait à expérimenter les usages de l’iPad en tant qu’outil de travail dans un cadre pédagogique.

Une première en France, qui a amené eBouquin, à s’intéresser de plus près au sujet. Voici un compte-rendu de notre visite à la classe «Innovation» de l’ESC Grenoble

  • La classe Innovation

Mercredi 16 février 2011. Rendez-vous est pris avec l’ESC Grenoble pour rencontrer 5 étudiants du «groupe Tablette» en compagnie de Marc Humbert, professeur et responsable pédagogique du groupe test.

Les premières questions portent sur la raison d’être de cette classe Innovation. On m’explique que l’innovation est une composante historique de l’ESC Grenoble et que la création d’une telle classe est l’occasion d’essayer de nouveaux supports de travail au sein du dispositif technologique existant. Etudiants et enseignants sont amenés à tester l’iPad au quotidien et d’imaginer les usages et les possibilités offertes par la tablette dans un environnement scolaire. Il s’agit de réfléchir sur la pertinence d’une telle machine d’un point de vue pédagogique, de façon à déterminer si l’iPad peut être utilisé comme un véritable outil de travail au service de l’étudiant, des professeurs et de l’école. En vue, le cas échéant, de générer son utilisation à l’ensemble des promotions.

  • L’iPad et la question de la compatibilité

Malgré un parc informatique et une infrastructure réseau Microsoft, le choix de l’ESC Grenoble s’est porté sur l’iPad, en raison de son succès et de son avance vis à vis de la concurrence. Cela n’est d’ailleurs pas sans poser quelques problèmes dans la mesure où certaines incompatibilités demeurent entre l’iPad et le réseau de l’école. De plus l’écosystème propriétaire de l’appareil restreint son utilisation aux applications validées par Apple et aux services web via le navigateur Internet. Les étudiants regrettent à ce propos le non-support de Flash, qui empêche d’accéder à de nombreux documents (vidéo, audio), sites et autres interfaces utilisant la technologie Adobe.

Dans la perspective d’une démocratisation de l’iPad dans l’école, les limitations imposées par Apple impliqueraient donc l’utilisation quasi exclusive du navigateur. Ce qui aurait pour conséquence de devoir adapter l’infrastructure réseau, l’intranet, les plateformes d’enseignement (type Moodle) et autres services en ligne (type bases documentaires Cairn, La Documentation Française etc) aux capacités de l’iPad. Une conclusion qui s’appliquerait toutefois aussi aux autres tablettes (sauf Flash), sauf à créer des applications dédiées pour accéder à l’ensemble des services proposés depuis de multiples supports.

  • Les usages autour de l’iPad

Concernant les usages, étudiants et professeurs sont unanimes : l’iPad et plus généralement les tablettes ne peuvent être envisagés pour le moment comme une machine de travail principale. Du fait de ses restrictions matérielles (absence de clavier physique) et logicielles (écosystème applicatif), l’iPad n’est pas en mesure de rivaliser avec la souplesse d’utilisation d’un ordinateur, notamment pour ce qui est des prises de notes ou de l’organisation et la gestion des différents dossiers et fichiers. Cela n’empêche pas pour autant les étudiants d’apprécier l’iPad, en tant qu’outil de travail complémentaire à l’ordinateur.

Par sa connectivité et ses capacités multimédias, l’iPad apparaît comme un formidable outil de consultation. Outre le gain de place procuré et les économies d’impression, l’iPad permet de lire une grande variété de documents : des supports de cours en Power Point ou PDF, des cours rédigés en .DOC, des articles sur le web, des vidéos ou encore des enregistrements MP3. La réactivité de l’appareil, sa simplicité d’utilisation, sa portabilité et le confort de son écran sont également très appréciés.

L’iPad permet en outre, contrairement à l’ordinateur, de se concentrer davantage sur la lecture d’un texte. Il ajoute aussi une dimension interactive dans notre rapport au contenu, dans la mesure où il est possible de “toucher” le fichier, de l’annoter, de le partager. L’iPad met le web à portée de main, et donc une base de donnée infinie à laquelle se référer rapidement pour rechercher des informations. Le fait d’avoir un accès direct à ses mails via l’application Mail est également un élément de satisfaction car cela permet d’être facilement tenu informé des dernières informations concernant l’école ou certains cours.

  • La question des contenus

Au delà des supports de cours “classiques” : PDF/Power Point, les enseignants regrettent la faible attractivité de l’offre de livres numériques. Que ce soit en matière d’accessibilité du contenu : la plupart des références bibliographiques (livres, manuels universitaires) pour compléter les cours ne sont pas encore disponibles en numérique. Ou en matière d’attractivité du contenu : les rares livres proposés en numérique sont généralement distribués au format PDF à des prix relativement élevés et avec des DRM qui restreignent leur utilisation sur iPad. Par ailleurs, de nombreuses bases documentaires auxquelles est abonnée l’ESC Grenoble ne sont pas encore optimisées pour la lecture sur tablette.

  • Conclusion

L’expérience menée par l’ESC Grenoble et la classe Innovation suscite des retours très enthousiastes tant du côté des étudiants que des professeurs. Si l’iPad ne peut être considéré comme une véritable alternative à l’ordinateur en tant que machine de travail et de création, il constitue déjà, malgré ses restrictions, un réel outil de travail, complémentaire, pour la consultation de documents. Tout reste néanmoins à inventer sur le plan des usages d’un point de vue pédagogique. Et cela passe à la fois par les progrès technologiques des prochaines générations de tablette, mais aussi et surtout par la comptabilité, la mise à niveau des plateformes en ligne aux nouveaux standards du web et le développement de l’offre de livres numériques universitaires.

Exclu : XO Editions sort du rang, Guillaume Musso sur l’iBookstore

Comment ne pas céder aux charmes de l’iBookstore? Visiblement, XO Editions n’a pas trouvé d’échappatoire et propose depuis cette après-midi le dernier roman de Guillaume Musso, L’appel de l’ange, sur la librairie d’Apple (pour 13,99€ contre 20,90€ pour l’édition papier, 35% de réduction). A noter que cette sortie se fait simultanément à celle de la version papier disponible depuis aujourd’hui en librairie. Les choses ont donc été planifiées.

Cependant, au-delà de l’arrivée d’un des auteurs français le plus vendu en France et à l’international, XO Editions vient briser la politique numérique du groupe Editis qui s’oppose toujours à la commercialisation des titres de ses maisons sur l’iBookstore. Quête d’indépendance ou signe d’un futur mouvement de rapprochement de l’ensemble du groupe avec Apple? Si pour l’instant nous n’avons pas de réponse sur ce point, on peut se demander ce que recherche l’éditeur de Guillaume Musso en effectuant un tel mouvement.

Assurément, la maison de Bernard Fixot vient trouver une meilleure visibilité que celle fournie par une librairie numérique comme la FNAC (qui distribue aussi L’appel de l’ange en numérique). En effet, l’iPad a connu un vif succès dans le monde, et notamment en France. C’est le produit phare du moment. Il est “tendance” pour un auteur à gros tirage de pouvoir se targuer de disposer d’une version iPad de son dernier roman. Dans un secteur du livre numérique encore embryonnaire, la version numérique reste un produit d’appel qui permet de développer une campagne de communication s’adressant à un large panel de lecteurs et en phase avec les enjeux du moment.

En plus de cet argument marketing, l’iBookstore reste la première libraire numérique française. Grâce à son lien direct avec l’iPad (sûrement le dispositif de lecture le plus vendu en France, avec les smartphones, iOS ou Android), Apple a créé un débouché qui gagne en dynamisme de mois en mois. Ainsi, un bestseller peut se vendre à quelques milliers d’exemplaires sur cette boutique. Un score très modeste comparé aux 11 millions d’exemplaires vendus par l’auteur, mais cela est loin d’être anodin dans l’univers du livre numérique tel qu’il existe aujourd’hui en France.

L’argument marketing et financier ont-ils suffi pour que l’éditeur sorte du rang et rompe avec le mot d’ordre d’Editis concernant l’iBookstore? Le choix des éditions XO révèle à quel point cette politique est difficile à tenir pour les éditeurs du groupe, poussés à s’intéresser au numérique mais avec des marges de manoeuvres limitées. Reste à voir si cela va initier un mouvement d’émancipation au sein du groupe. Qui sera la prochaine maison à oser? Univers Poche? Le Cherche Midi ou encore Robert Laffont? Affaire à suivre.

En attendant, L’appel de l’ange trône déjà au sommet du classement des ventes de l’iBookstore…

HarperCollins : ebooks, à consommer avec modération

Le 25 février dernier, la maison d’édition HarperCollins, qui commercialise une offre numérique à destination des bibliothèques par l’intermédiaire de la société américaine OverDrive, a provoqué un tollé en annonçant au Library Journal une modification des termes de son programme de prêt. Annoncée la veille dans une lettre adressée par la société OverDrive (qui déjà prend ses distances, et s’en expliquera quelques jours plus tard sur son blog) aux bibliothèques américaines partenaires, cette modification vise littéralement à imposer une date de péremption aux titres aux ebooks de l’éditeur : chaque fichier pourra être emprunté au maximum 26 fois, au terme desquelles il ne sera plus utilisable et devra être racheté.

Si cette décision scandaleuse semble être passée à peu près inaperçue en France (citons le site de l’ENSSIB), elle a suscité une levée de boucliers chez les bibliothécaires outre-Atlantique, et même un boycott (cf. la sélection d’articles du site de Librarian by day). En effet, la décision de HarperCollins est difficile à saisir.

Tout d’abord, cela revient à vouloir transposer (une fois de plus) au livre électronique une limitation du livre physique : parce qu’un livre papier s’abîme avec le temps, il faudrait artificiellement réduire la durée de vie du ficher numérique correspondant (voir l’article du Guardian). Plutôt que de s’obstiner à vouloir recréer (sans contreparties) des contraintes naturellement absentes du format électronique, il faut développer un nouveau modèle en fonction des spécificités du numérique ; l’édition est peut-être frappée de plein fouet par la révolution numérique, mais ce n’est certainement pas en se raccrochant désespérément au modèle du livre physique, en refusant de regarder devant elle, qu’elle pourra éviter la chute vers laquelle le courant l’entraîne.

Mais surtout, la durée de vie réelle d’un livre en bibliothèque est bien supérieure à celle que prétend imposer HarperCollins (26 cycles de prêt, soit entre un an et un an et demie d’emprunts continus ; voir à titre de comparaison cette vidéo). Cela laisse penser que, bien loin de rechercher un réel « équilibre entre les missions et les besoins des bibliothèques et de leurs lecteurs et ceux des auteurs et des libraires », comme l’éditeur tente de justifier sa décision dans une « Lettre ouverte aux bibliothécaires », la maison d’édition cherche au contraire à maximiser ses profits au détriment de tous. On peut comprendre que la durée de vie théoriquement illimitée des fichiers électroniques (je dis bien « théoriquement », car l’obsolescence des formats et des supports peut en pratique en réduire fortement la longévité) puisse l’inquiéter. Mais comment croire encore à sa bonne foi lorsqu’il avance, après « plusieurs mois » de réflexion, un chiffre sans aucun lien avec la réalité de la vie d’une bibliothèque?

De nombreux commentateurs s’accordent à dire que non seulement HarperCollins ne verra pas les résultats escomptés mais, qu’en plus, la maison d’édition se tire une balle dans le pied. En effet, confrontées à des restrictions budgétaires toujours plus sévères, les bibliothèques ne vont pas acheter des titres en version électronique qui leur coûtent souvent plus cher que les versions papier (les réductions pour volume d’achat ne s’appliquant pas aux livres numériques), qu’elle devront repayer sans fin tout en ne pouvant les prêter qu’à une seule personne à la fois, qu’elles n’auront pas le droit de revendre lorsqu’elles les retireront de la circulation, et dont la compatibilité avec les supports de lecture des lecteurs n’est même pas garantie.

Ainsi, la décision de HarperCollins risque au contraire d’entraîner une baisse de ses ventes de livres électroniques en bibliothèques. Et croire que cela va faire augmenter ses ventes aux particuliers (la cannibalisation des ventes de livres électroniques par les prêts en bibliothèque est une autre crainte des grands éditeurs, également mentionnée, à leur demande, dans la lettre de la société OverDrive) est complètement méconnaître le rôle éducatif et informatif des bibliothèques, qui font la promotion de la lecture en général et des livres en particulier. Plutôt qu’une menace, sont de formidables outils de publicité pour les éditeurs. Face à l’indisponibilité d’un titre, certains lecteurs se tourneront peut-être vers l’achat, mais ce n’est pas un pas qui sera systématiquement franchi (notamment si les bibliothèques informent leurs lecteurs sur les raisons de cette indisponibilité, ce qui est à parier) et d’autres se tourneront au contraire vers le piratage (que les grands éditeurs semblent s’obstiner à encourager malgré eux et en dépit du bon sens). Une chose est sûre en revanche : ce seront de nombreux rendez-vous ratés entre auteurs et lecteurs.

Si certains doutent de l’efficacité d’un boycott, craignant que cela nuise avant tout aux lecteurs (cf. les articles du site de Librarian by day), ou si d’autres font remarquer que les éditeurs Simon & Schuster et MacMillan, eux, n’autorisent pas le prêt de livrels en bibliothèque, tout le monde semble s’accorder à dire que la situation est inacceptable, que le débat sur le livre électronique n’a été que trop longtemps repoussé. Il ne faut pas laisser passer l’occasion de discuter.

Malgré elle, la maison d’édition HarperCollins a mis le sujet sur la table, et c’est maintenant aux bibliothécaires (et aux lecteurs, libraires, éditeurs indépendants, auteurs) de tirer profit de la très forte mobilisation que cette décision a suscitée pour faire valoir leurs revendications et proposer des alternatives. D’une manière, pour lancer la construction d’un nouveau modèle durable, adapté et équilibré. Ce boycott a le mérite d’attirer l’attention car, comme le résume Sarah Houghton-Jan, qui y est favorable, dans un article intitulé « Que la révolution du livrel dans les bibliothèques commence » : « Oui, cela signifie qu’il va falloir renoncer à la plupart des titres les plus demandés. Mais vous savez quoi ? À moins de prendre une position ferme, nous ne serons pas entendus. »

Ce nom vous dit quelque chose ? Fréquemment citée en ce moment dans le milieu de la lecture numérique, Sarah Houghton-Jan, alias Librarian in black, est également l’auteur de la Déclaration des droits des lecteurs d’oeuvres numériques. Droits des lecteurs, DRM, restrictions de prêt… je suis convaincu que cette polémique est intrinsèquement liée à toutes les autres problématiques relatives au livre numérique, et qu’elles nous concernent tous. On ne pourra pas les ignorer indéfiniment, ni les régler individuellement : il faut une solution globale, pensée pour le numérique et à partir du numérique, et acceptable par tous – et c’est le moment de la réclamer. Et même si en France le marché du livre électronique est beaucoup moins développé (et le prêt de livrels en bibliothèque quasi inexistant, comparé aux 66 % de bibliothèques qui proposent des livrels au prêt aux États-Unis), il est important que nous, lecteurs, auteurs, libraires, bibliothécaires, mais aussi les éditeurs, rejoignions le débat pour assurer maintenant la défense de nos intérêts communs et d’établir un modèle durable pour le livre numérique.

Nous tenons à remercier tout particulièrement LCNR, lecteur d’eBouquin, pour la rédaction de cet article.

Vous êtes contre les DRM? Montrez-le !

Après la publication de la Reader’s Bill of Rights, nous ne pouvions décemment en rester là. C’est une réalité : les mouvements  et actions invitant à bouder les fichiers protégés par DRM se font de plus en plus nombreux (cf. le blog de Lionel Dujol). Par chance, de nombreux éditeurs, plus ou moins grands, ont choisi de diffuser des fichiers sans DRM. Et leur croissance en numérique ne se trouve que confortée ! Preuve s’il en fallait qu’une politique ouverte sur la question ne peut que stimuler le secteur. Cependant, un bon nombre de majors (s’entêtent) continuent de vendre des ebooks à des prix exorbitants, le tout, bridés par des dispositifs de protection. Balayons les amalgames aisés, (exiger) vouloir des fichiers sans DRM ne veut pas dire vouloir les distribuer illégalement.

Afin de vous faire entendre, diffusez ce symbole anti-DRM. Dans vos ePub, sur vos sites et vos blogs. Affichez le logo qui vous correspond et montrez votre opposition à ces systèmes de protection qui entravent le bon usage d’un ebook, gâchant l’expérience de lecture et plaçant le lecteur tel un pirate. Pour cela, nous vous proposons un pack de fichiers comprenant le logo francisé dans ses 5 versions (PNG et SVG, pour s’en servir partout). Pourquoi cinq versions et non pas 3, comme initialement? Nous avons réalisé une version spéciale pour les éditeurs qui proposent des fichiers sans DRM et qui militent contre ces verrous, ainsi qu’une autre pour les libraires.

Pour récupérer les logos, il suffit de télécharger l’archive ZIP à cette adresse. Ensuite, utilisez-les comme bon vous semble, diffusez-les ! Un grand merci à Gwen Catala pour la version française des logos et la création de la version dédiée aux éditeurs, sur un travail original de Nina Paley pour ReadersBillofRights.info.

Kobo eReader : une gamme de readers solide et abordable

S’il y a bien quelque chose de fascinant aux Etats-Unis, c’est le large choix de readers proposé aux lecteurs. On trouve de tout : Kindle, Sony Reader, Nook, Aluratek, Pocketbook, Kobo eReader etc. D’ailleurs, cette dernière marque est particulièrement présente, en particulier dans les magasins de son actionnaire principal, Borders. Les fameux e-Area (zone de lecture numérique chez Borders) mettent en avant ce reader dans deux configurations : le modèle de base et le modèle WiFi. Et les prix de vente sont des plus intéressants : 79,99$ pour la version USB et 99,99$ pour celle avec WiFi. Aux USA, les appareils de lecture entrée de gamme ne sont pas équipés d’écrans LCD mais d’écrans en papier électronique ! A titre de comparaison, la première tablette Android proposée par Borders est vendu pour environ 200$.

Kobo eReader

Et pour ce prix, le reader est de bonne qualité. Les plastiques sont solides et agréables au toucher, tandis que l’interface est plutôt réactive. Sur l’appareil de démonstration utilisé pour le test, je n’ai pas noté de ralentissements particuliers, sauf à l’ouverture d’un ebook (comptez quelques secondes à ce moment là).

La navigation se fait à l’aide d’un pad en plastique souple, qui n’est pas désagréable à l’usage. Cependant, je n’ai pas pu juger de la durée de vie de cette pièce mais elle risque d’être la partie du reader qui vieillira le plus vite (au risque de ne plus pouvoir utiliser le reader…). Mais à 79,99$, il ne faut peut-être pas trop en demander. Le reader est compatible avec les formats ePub et PDF. Le rendu est identique à celui de l’application Kobo (pour iPad/iPhone, Android, PC/Mac etc.) donc pas de soucis sur la qualité d’affichage des ebooks.

Kobo eReader Wireless

La version WiFi est une alternative intéressante au Kindle d’Amazon. En effet, sur le papier, les deux readers ont quasiment les même caractéristiques techniques, si ce n’est l’écran E-Ink Pearl, absent du Kobo qui se contente d’un Vizplex. Mais pour 40$ de moins, on ne peut pas en faire un reproche. Reste que les fonctionnalités du produit sont plus limitées que celles d’un Kindle : pas d’outil de prise de notes, de partage sur les réseaux sociaux ni d’accès à une offre de contenus de presse. Enfin, la catalogue d’Amazon reste quand même bien plus important que celui de Borders.

Au final, le Kobo eReader, dans ces deux versions, est un entrée de gamme très intéressant et que l’on a tout intérêt à ramener dans une valise lors d’une virée aux Etats-Unis. En effet, avec le taux de change, le Kobo eReader USB revient à une soixantaine d’euros hors taxes.  L’interface en anglais rebutera peut-être certains mais à ce prix, on aurait tort de s’en priver. Un bon produit qui n’a pas échappé aux américains attentifs à la bonne affaire. En effet, la société Kobo a annoncé un bénéfice en progression au dernier trimestre, grâce à son offre numérique et ses readers E-Ink (+14% de recettes en un an, plus de détails sur TheBookseller). Finalement, Kobo Books n’a pas grand chose à envier à Amazon.

Direction New York, eBouquin à TOC !

Il était temps qu’eBouquin parte faire un tour de l’autre côté de l’Atlantique, sur la “terre” de la lecture numérique. Amazon et Apple monopolisent une bonne partie de l’actualité quotidienne du secteur et se concentrer uniquement sur ce qui se passe dans nos contrées ne donne pas une juste vision de l’essor de la lecture numérique. Demain matin, je quitterai Paris pour me rendre à New York.

Pourquoi New York ? Tout d’abord, parce que j’ai la chance de pouvoir aller couvrir l’édition 2011 de la conférence TOC (Tools of Change for Publishing – O’Reilly) qui se tiendra à Manhattan du 14 au 16 février. Durant ces journées de conférences et de rencontres (plus de 1300 participants, un record pour l’événément !), j’essaierai de vous proposer une image du monde de l’édition numérique outre-Atlantique. Quelles sont les tendances actuelles? Les innovations à venir ? Le poids du numérique dans l’ensemble de l’industrie ? Est-ce que le succès du Kindle est si important qu’on le dit ? Les questions avec lesquelles je pars sont déjà nombreuses mais n’hésitez surtout pas, dès maintenant, à laisser  les vôtres dans les commentaires.

Mais la balade numérique ne s’arrêtera pas là. Cette virée new-yorkaise sera aussi l’occasion d’aller faire un tour chez des acteurs du secteur pour vous tenir au courant des dernières avancées. D’ailleurs, si vous nous lisez depuis New York et que vous souhaitez me rencontrer, faites-moi signe par email ou sur Twitter pour organiser un rendez-vous.

Pas besoin de vous cacher que mon emploi du temps va être bien chargé mais je vais faire de mon mieux (notamment avec les contraintes telecoms) pour que ce séjour soit une véritable balade au coeur de la lecture numérique.

Par conséquent, cet article évoluera au fur et à mesure des jours et des conférences donc n’hésitez pas à y faire un tour régulièrement. Vous pourrez également suivre les actualités sur Twitter ou sur notre groupe Facebook. Qu’importe le media que vous utilisez, vous ne devriez pas rater une ligne du voyage ! ;-)

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Les billets “eBouquin à New York !” :

Nos billets sur la conférence TOC 2011

Revue de presse sur TOC 2011

eBouquin souffle sa deuxième bougie !

Et voilà c’est fait. Il y a deux ans, à quelques heures près, eBouquin.fr voyait le jour. Depuis, le site a connu trois versions différentes, dont celle que vous utilisez depuis quelques semaines et qui a reçu un accueil chaleureux. Ce lancement a coïncidé avec une forte progression de notre lectorat, signe que la lecture numérique attire un public toujours plus large. Le succès de l’iPad et des smartphones accompagnent l’arrivée progressive des readers à écran en papier électronique qui séduisent les grands lecteurs.

Le marché n’est plus celui que nous observions il y a deux ans : les acteurs se comptent désormais par dizaines et les nouvelles annonces sont quotidiennes. Les ebooks se téléchargent par milliers et les applications de presse innovantes trouvent une audience croissante. Quoiqu’on en dise, la lecture s’est fait une place sur les appareils multimédias et rassemble les auteurs, les éditeurs et les lecteurs dans un nouvel univers de lecture.

Du côté d’eBouquin, l’aventure continue avec plusieurs surprises en préparation (ce qui explique le rythme réduit de ces dernières semaines), que nous allons annoncer progressivement à partir… de cette après-midi ! Gardez un oeil sur le site, c’est un conseil. ;-)

Merci à tous d’être toujours plus nombreux à venir nous lire.

L’équipe d’eBouquin

eBouquin prend un nouveau départ en 2011

newebouquin

L’année 2010 s’était clôturée sur des difficultés majeures pour eBouquin. Après la perte d’une partie de nos données dans le courant du mois de novembre, il nous fallait reconstruire une bonne partie du blog. Il nous aura fallu plusieurs semaines de travail pour revenir à notre rythme de croisière. La plupart de nos soucis sont à présents réglés (un grand merci à Bastien pour son aide !) mais nous gardons quand même eBouquin en observation. On n’est jamais trop prudent.

Ces semaines difficiles ont été le moment, pour Alexis et moi, de réfléchir au futur du site. Depuis presque deux ans (nous fêterons le deuxième anniversaire du site dans quelques semaines), le paysage de l’édition numérique et de la lecture numérique a radicalement changé. Des acteurs se sont imposés, d’autres sont en retrait et certains ont disparu. Cette sélection naturelle (une victoire pour les acteurs qui pensent au long terme!) est en train de déboucher sur un écosystème des plus intéressants, qui mérite toute notre attention. D’ailleurs, signe que quelque chose va se passer en 2011, vous n’avez jamais été aussi nombreux à visiter eBouquin que ces dernières semaines. Nous vous remercions pour ce soutien quotidien et que nous avions particulièrement ressenti lors des déboires de l’année passée.

Pour vous remercier, nous inaugurons aujourd’hui la troisième version d’eBouquin. Totalement redessiné, le site se charge plus rapidement et présente le contenu de façon plus claire et plus agréable. Nous avons choisi de repenser la Une du site pour que vous repériez rapidement l’actu que vous recherchez. Plus besoin de jouer de la molette pour parcourir tous nos derniers articles comme sur notre V2 ! Des outils discrets de partage ont également été ajoutés lors cette refonte. Une attention particulière a été portée à la mise en page des articles pour vous assurer une lecture optimale, et ce même avec de longs articles. Normalement, vous ne devriez pas regretter le précédent design ! ;-) Bien entendu, nous sommes à l’écoute de vos suggestions. Le nouvelle version est encore en rodage donc n’hésitez pas à laisser des commentaires.

Mais nous n’allons pas nous arrêter là ! Nous vous réservons plusieurs surprises pour les semaines qui viennent notamment des dossiers, des nouvelles fonctionnalités sur le site et… on fait durer le suspense. Rendez-vous prochainement !

Enfin, comme nous le permet la tradition, nous profitons de ces derniers jours du mois de janvier pour vous souhaiter nos meilleurs voeux pour cette année qui débute. 2011 va rester dans les annales de l’édition numérique, nous pouvons vous l’assurer tant de nouveautés sont prévues pour les prochains mois (nouvelles plateformes, iPad 2, des tablettes Android toujours plus innovantes, un Kindle tactile etc.). On va entendre parler de la lecture numérique !

En attendant, nous vous souhaitons une bonne balade dans cette nouvelle version du site. Bonne découverte !

Noël : êtes-vous reader ou tablette?


Après notre sélection de Noël de readers et de tablettes, il était fort probable que vous retrouviez l’un de ces deux appareils au pied du sapin ! Mais lequel des deux? Le reader a-t-il eu votre préférence pour son écran en papier électronique des plus confortables, ou bien avez-vous opté pour une tablette, plus polyvalente, idéal pour la lecture de contenus enrichis? C’est donc le moment parfait pour un sondage pour connaître les terminaux de nos lecteurs. Alors, reader ou tablette?

Maintenant, afin de connaître le modèle qui a eu votre préférence, nous avons dressé une liste des modèles actuellement commercialisés sur le marché. Si jamais le vôtre n’est pas indiqué, n’hésitez pas à l’indiquer.

Si vous venez d’avoir un reader ou une tablette, nous vous invitons à aller faire un tour dans nos archives ou bien à consulter directement nos tests pour savoir comment utiliser au mieux votre nouveau jouet. Pour les possesseurs d’iPas, n’hésitez pas à aller faire un tour sur l’iBookStore pour découvrir le manuel Tout savoir sur iBooks (1,99€, moins cher qu’un café) qui sera mis à jour dans les prochains jours (mise à jour gratuite).

Readers : la sélection de Noël d’eBouquin

Après notre guide de Noël, voici aujourd’hui notre sélection de Noël présentant les meilleurs readers par catégorie (5 pouces, 6 pouces, tablettes) disponibles actuellement sur le marché français. Tous ces appareils sont compatibles avec les deux formats de fichiers standards : ePub et PDF.

Readers 5 pouces

1. Sony PRS-350

Le reader de poche de référence ! Doté d’un écran tactile e-Ink Pearl, le PRS-350 nous a impressionné par sa qualité de fabrication et d’affichage. L’écran tactile est réactif et sans reflets, et facilite grandement la navigation entre les différents menus. Fin, léger et discret, le PRS-350 est un donc un appareil élégant avec sa coque en aluminium, facile à prendre en main et offrant un confort de lecture optimal.

A 179 euros, le Sony PRS-350 est aujourd’hui ce qui se fait de mieux en matière de reader 5 pouces. Deux bémols cependant : le Sony n’est pas un reader connecté, il vous faudra donc transférer vos livres depuis votre PC à l’aide d’une prise USB. La mémoire est limitée à 2 Go (soit 1200 livres tout de même) et n’est pas extensible avec une carte SD.

2. Cybook Opus

Fort de son expérience dans la conception de lecteurs de livre numérique, Bookeen propose avec le nouveau Cybook Opus un reader d’excellente facture. Embarquant un écran e-Ink 5 pouces avec 200 dpi de résolution, le Cybook Opus est une valeur sûre, offrant une très bonne qualité d’affichage avec un contraste élevé, quoique inférieur à la technologie équipant le Sony. Côté fabrication, la coque plastique et la peinture (teinte dans la masse) sont de bonne qualité avec un grip sur la face arrière pour une meilleure tenue en main.

On appréciera surtout la couche logicielle et l’ergonomie des menus offrant un réel confort d’utilisation et de navigation malgré l’absence du tactile. Autre point positif : la présence d’un port SD permettant d’agrandir la capacité de stockage initiale de l’appareil (1Go). En revanche, ici encore, pas de Wi-Fi, et donc transfert via USB. Le Cybook est vendu 179,99€ et disponible sur le site de Bookeen.

3. PocketBook 360

Best-seller du constructeur ukrainien PocketBook, le PocketBook 360 a conquis l’Europe de l’Est par sa robustesse et sa simplicité d’utilisation. A défaut de présenter le modèle le plus sexy, PocketBook propose en effet un reader de bonne facture avec une qualité d’écran semblable à celle du Cybook Opus (e-Ink Vizplex non tactile). Non connecté, il faudra là encore passer par un ordinateur pour transférer ses documents via USB.

Le PocketBook dispose en outre, lui aussi, d’une extension mémoire par MicroSD venant compenser les 512 Mo de stockage d’origine. Concernant la couche logicielle, le PocketBook propose de nombreuses options de paramétrage permettant de personnaliser les menus, la navigation et la lecture tout en restant facile d’utilisation. On regrettera cependant quelques choix ergonomiques pas toujours très intuitifs. Le PocketBook 360 est vendu 159€ sur la boutique en ligne officielle.

Readers 6 pouces

1. Sony PRS-650

Grand frère du PRS-350, le Sony Reader Touch Edition reprend ses fonctionnalités avec en prime un écran plus grand (6 pouces), un lecteur de carte SD et Memory Stick et un lecteur audio (compatible MP3 et AAC). L’espace de stockage interne est identique (2Go) mais devient extensible grâce au port pour mémoire flash. Si vous avez l’habitude de trimballer dans votre reader une large bibliothèque, le PRS-650 est un bon choix.

Cependant, il s’agit du reader e-paper le plus onéreux de notre sélection (249€) et il lui manque certaines fonctionnalités dont dispose ses concurrents. En effet, contrairement au Cybook Orizon de Bookeen (vendu 20€ moins cher) il n’a pas de connexion WiFi ni Bluetooth. De plus, Sony ne propose pas de housse dans le package de base, comptez donc 29€ en plus pour protéger votre reader. Il faudra donc passer automatiquement par votre PC/Mac pour charger des ebooks. Mais Sony compense le prix élevé et l’absence de connectivité sans-fil par une finition hors-pair et des fonctionnalités intéressantes comme l’intégration des dictionnaires multilingues et une interface tactile très réussie. Côté autonomie, la firme nippone a fait de grands progrès et celle-ci atteint les deux semaines en usage normal. Sony a réussi à développer un produit de grande qualité mais qui se différencie peu de son modèle entrée de gamme avec un positionnement tarifaire très bien trouvé (179€ soit 70€ de moins que le PRS-650). Il est donc fort probable que beaucoup se tournent vers le modèle 5 pouces…

2. Cybook Orizon

Lorsque Bookeen lance un nouveau reader, on peut être sûr que l’on y trouvera des petites fonctionnalités qui feront la différence. Déjà, le reader est étonnamment fin même si cela rend l’appareil dense. Il renvoie une bonne impression de solidité et les matériaux utilisés sont de qualité. L’écran 6 pouces est de technologie SiPix et offre un bon taux de contraste mais paraît plus sombre que la dernière génération d’écrans E-Ink Pearl. En contrepartie, l’écran est multitouch (il est possible de zoomer dans les PDF comme sur un iPhone, d’un rapide pinch) et il dispose d’une connectivité sans-fil WiFi et Bluetooth. La première sert à se connecter à la librairie numérique de Bookeen tandis que le seconde sera employée pour des fonctionnalités qui apparaîtront dans le courant de l’année prochaine.

L’Orizon est un produit de qualité qui ne décevra pas ses utilisateurs. Avec un prix attractif (229€) dans sa gamme de fonctionnalités, c’est un produit clef en main qui pourra se passer d’ordinateur sans problème grâce à la boutique accessible en WiFi et le navigateur web intégré (par lequel on peut télécharger des ePub et des PDF sur n’importe quel site, tel que Feedbooks, Gutenberg.org etc.). Une fois de plus, Bookeen propose un produit abouti dont la seule concession est peut-être l’absence de connexion 3G. A quand un Orizon 3G, un Kindle “à la française”?

3. FnacBook

Pour beaucoup, le FnacBook est un Kindle “à la française”. Du point de vue technique, il dispose de caractéristiques quasiment identiques (écran 6 pouces, connexion 3G et WiFi, 2Go de mémoire) mais avec, en prime, une interface tactile. Cependant, le Kindle c’est aussi une offre de contenu colossale (plus de 700 000 titres) et un écosystème éprouvé (de multiples applications pour appareils mobiles sont proposées). La FNAC essaie d’avoir toutes ces qualités mais elles ne s’obtiennent pas en un jour. Le FnacBook laisse un léger goût d’inachevé en particulier dans son interface logicielle.

Cependant, la FNAC l’a compensé par des applications mobiles (iPhone/iPad pour l’instant et bientôt pour Android) de qualité. De plus, la boutique FnacBook permet de naviguer dans un catalogue (modeste, entre 40 000 et 80 000 titres, mais la part des fichiers PDF est importante) en bénéficiant des avis des libraires FNAC et des lecteurs. L’outil FNAC suggère aussi des lectures. L’atout du FnacBook est sûrement son prix : 199€ (sans avoir à payer d’abonnement pour l’utilisation de la 3G). De plus, la campagne publicitaire réalisée par le groupe risque de séduire pas mal de lecteurs. Mais il faut quand même dire que le FnacBook n’atteint pas la qualité des derniers Sony ou Bookeen. Le choix se fera donc sur votre besoin d’une connexion 3G avec un accès direct à une offre de contenu.

Hors-classement :

#. Kindle


Le Kindle ne figure pas dans notre classement des readers 6 pouces compte tenu de sa non disponibilité directe en France (il faut nécessairement passer par Amazon.com et le clavier est QWERTY) et du choix quasi inexistant de livres en français sur le Kindle Store. Cela dit, il aurait figuré en première place de notre classement toute catégorie confondue si nous avions dû faire une sélection sans aucune restriction géographique.

Le Kindle propose en effet tout ce qu’on est en droit d’attendre d’un reader à l’exception du tactile : écran incroyable, confort de lecture irréprochable (contraste, résolution), connecté WiFi/3G et relié au plus grand catalogue de livres électroniques anglophone, navigation intuitive, annotations, marques pages, partage de notes etc + un prix attractif : à partir de 139$ soit plus ou moins la même somme en euros avec les frais de douanes.

Remarque : Fort de succès, ce reader ne pourra pas être livré à temps pour les fêtes en Europe, les délais étant aujourd’hui de plusieurs semaines… Dommage, il faudra attendre la rentrée si vous en voulez un.

Tablettes

#. iPad

L’iPad est, comme l’iPhone en son temps, actuellement sans concurrent sur le marché des tablettes Internet. Si d’un point de vue matériel, l’iPad n’est et ne sera certainement pas le plus puissant de sa catégorie, il surpasse d’un point de vue logiciel tous ses adversaires grâce à un système d’exploitation parfaitement abouti relié à un éco-système offrant des applications de lecture de grande variété et d’excellente qualité (iBooks, Kobo, Ave!Comics, GoodReader…).

Il s’agit donc selon nous à l’heure actuelle du meilleur outil de consultation multimédia pour tout ce qui est presse, web, documents, PDF, livres enrichis et livres-application dans un cadre domestique. Enfin l’iPad est pour le moment la tablette la moins chère hors subventions opérateurs : à partir de 499€ nue, contre 699€ chez Samsung. On pourra reprocher néanmoins à l’iPad d’être cloisonné à l’éco-système propriétaire d’Apple, argument rédhibitoire pour certains qui se tourneront vers des solutions plus ouvertes fonctionnant sur une base Android. Autre bémol : les rumeurs insistantes faisant état de l’arrivée mars / avril 2011 d’un iPad 2 dissuadant l’achat d’un iPad pour les fêtes de Noël.

#. Samsung Galaxy Tab

La Samsung Galaxy Tab n’est pas à proprement parler un véritable concurrent à l’iPad. Compte tenu de son format plus compact (écran tactile LCD 7″ vs. 9,7″ pour l’iPad), la Samsung Galaxy Tab est davantage pensée pour une utilisation nomade. Moins véloce, moins réactive que l’iPad, elle constitue néanmoins une alternative intéressante pour ceux désirant une tablette sous Android équipée d’une webcam, d’un slot microSD et compatible Flash. Reste ensuite la question de son prix, vendue 699€ nue, ou à partir de 299€ subventionnée.

Journée Dédicaces : rendez-vous demain à Sciences Po


En cette rentrée, en l’arrivée du FnacBook, l’annonce d’un partenariat entre Hachette et Google ainsi que le vote de plusieurs projets de lois autour du livre numérique, l’actualité est plutôt chargée. Il est d’autant plus important de s’arrêter et de discuter des changements en cours.

J’aurais la chance de participer demain après-midi à un débat organisé par le Bureau des Arts de Sciences Po Paris à l’occasion de la Journée Dédicaces. Le panel de ce débat est large puisqu’il réunit 6 intervenants autour de la problématique du livre numérique : Alain Augé (directeur général du Groupe Bayard), Christine de Mazières (déléguée générale du SNE), Hervé Gaymard (député et auteur du rapport sur l’économie du livre et son avenir), Irène Frain (écrivain), Sylvain Bourmeau (journaliste à Mediapart) et moi-même. A la lumière des annonces des dernières semaines mais aussi de l’année écoulée, nous donnerons une photographie du marché et des usages actuels. Le débat sera modéré par David Abiker, journaliste et écrivain.

Espérons que la question du lecteur sera aussi au centre de nos discussions car cet acteur le coeur de l’univers de la lecture. Qu’elle se fasse sur papier ou en numérique.

eBouquin en petits octets, venez nous soutenir !

Mardi matin, eBouquin.fr a subi une attaque qui a provoqué de nombreux dégâts sur le site. Notre base de données d’articles a été en partie effacée et presque deux ans de travail se sont évanouis en quelques instants. Pour couronner le tout, notre principale sauvegarde est corrompue, des données antérieures ayant déjà été contaminées par de précédentes attaques . Aujourd’hui, une vingtaine d’articles seulement ont pu être récupérés grace à notre flux rss, le reste est en pièces détachées. Il va falloir recoller les morceaux.

Depuis plusieurs semaines, eBouquin.fr rencontrait des turbulences et avait été l’objet de plusieurs actes de malveillance. Nous avions réussi tant bien que mal à redresser le navire. Pas cette fois.

Faute de moyens, de temps, et d’argent, nous avons dû reporter le temps des réparations, prévues pour la fin de l’année pour ne plus subir ce genre de désagréments. Nous aurions pu alors commencer 2011 sur de nouvelles bases. Malheureusement, nos projets sont maintenant compromis.

Créé en février 2009, le portail eBouquin, c’est l’actualité de la lecture numérique au quotidien, plus de 2400 articles rédigés, 5000 commentaires postés, 2000 tags associés, 13 catégories, plus de 400 fans, 1600 followers et une newsletter au succès inespéré. C’est aussi et surtout une équipe de bénévoles et passionnés qui fournit un travail remarquable en nous épaulant quotidiennement dans notre tâche de veille.

Au fil des mois, vous avez été de plus en plus nombreux à nous rendre visite quotidiennement : avec plus de 3000 visiteurs uniques par jour et 130 000 pages vues par mois, eBouquin a atteint une audience que nous n’aurions pu imaginer lors de son lancement.

Mais aujourd’hui eBouquin a besoin de votre soutien. De votre soutien pour nous donner le courage de continuer à faire vivre ce projet. Pour la première fois depuis sa création, eBouquin s’est résolu à mettre en place une plateforme de dons dans l’espoir que l’argent récolté nous permette de nous relever et de trouver une personne susceptible de nous aider dans la durée à maintenir le site sur pied.

L’équipe d’eBouquin

Appel aux dons terminé ! Un grand merci à tous. Nous reviendrons dans les prochains jours sur la manière dont l’argent récolté va être alloué à la reconstruction du site.

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Et n’hésitez pas non plus à venir participer sur notre nouveau forum ! ;)

Exclu : Voici le FnacBook, le Kindle à la française

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La Fnac organise ce matin une conférence de presse pour présenter leFnacBook. Première bonne nouvelle : le FnacBook, doté d’un écran tactile capacitif 6 pouces SiPix monochrome, dispose d’une connexion 3Gintégrée et sans abonnement grâce à un partenariat passé avec SFR(valable uniquement en France). L’appareil, conçu par Sagem Wireless, sera disponible dés la mi-novembre à partir de 199€. Les pré-commandes ouvrent quant à elles aujourd’hui en magasin et sur Internet.

Il constitue de fait la première solution intégrée de distribution d’ebook en France, le FnacBook étant relié directement à la “plus grande librairie numérique en ligne” selon les dires du PDG de la Fnac. Le FnacBook est un investissement à long terme et participe d’une stratégie plus globale, puisque l’enseigne, sur le modèle d’Amazon, va également sortir dans les semaines à venir des applications gratuites pour Android (premier trimestre 2011), iPhone et iPad. A partir d’un compte Fnac, tous les achats seront donc synchronisés automatiquement avec vos appareils.

Exclu : Voici le FnacBook, le Kindle à la française

Démonstration du FnacBook : L’interface est assez grossière, avec quelques petits bugs mais nous avons assisté à une démonstration réalisée sur un prototype. Comparé à la version commerciale, le changement est notable même si l’on a connu plus de rapidité sur d’autres readers. En revanche la librairie du FnacBook est plutôt bien pensée, avec la possibilité de consulter les avis des lecteurs, de gérer sa bibliothèque ou encore d’obtenir des conseils personnalisés.

Démonstration de l’application iPad : Bienvenue dans la Fnacothèque, retrouvez livres et bandes dessinées sur votre iPad, grâce notamment à un partenariat avec Ave!Comics.

Retour sur la question de la librairie numérique et du prix des livres numériques. Tous les éditeurs français sont présents sur le portail de laFNAC, de façon indépendante ou via Numilog. La FNAC annonce de belles opportunités avec le polar et les romans Harlequin, et devraient communiquer massivement dessus. Concernant le prix unique du livre numérique, la FNAC milite elle aussi pour la TVA à 5,5%.

Exclu : Voici le FnacBook, le Kindle à la française

La FNAC a de grandes ambitions pour le développement de la lecture numérique en France. Elle est sous contrat de mandat pour vendre des livres électroniques et continuera également de vendre les readers concurrents de Sony et Bookeen. Une offre légale accessible et attractive est le meilleur moyen d’endiguer l’essor du piratage, et le FnacBook entend se positionner justement comme une solution au piratage. Pas sûr pour autant que des livres numériques à 15€ et sous DRM constituent une offre attractive…

Au niveau de la distribution, le FnacBook sera disponible en magasin (150 millions visites/an / total magasins), sur le site Internet de la FNAC, mais également dans les principales boutiques “Espaces SFR” (Paris, Lille, Nantes, Aix en Provence, Marseille, Nice, Toulouse, Bordeaux). Pas de communication en revanche dans les réseaux PPR.

Par ailleurs, la FNAC élargira son offre de service en participant au lancement du kiosque numérique prévu pour le premier trimestre 2011, bien que celui ci ne soit pas compris dans le FnacBook.

Conférence en live sur Twitter. Cet article sera mis à jour tout au long de la journée. N’hésitez pas à revenir le consulter pour tout savoir sur le nouveau reader de la FNAC.