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iBooks : Requiem pour les DRM Fairplay

Les développeurs d’Apple ont du pain sur le planche pour les prochaines semaines. Après plusieurs mois de travail, les hackers qui développent le programme Requiem (Mac OS X, Windows, Linux), dédié au débridage des fichiers vendus sur iTunes avec DRM, ont enfin trouvé comme libérer les ebooks de l’iBookstore de cette sécurité.

Cette nouvelle rapportée par iGeneration intéressera aussi bien les lecteurs désireux de débrider leurs ebooks légalement achetés mais aussi les éditeurs et concepteurs de fichiers EPUB qui vont pouvoir se plonger dans le code des ouvrages concurrents. De quoi relativiser le coût de développement faramineux de certains projets EPUB récemment sortis. Des portions de code vont être maintenant à quelques portées de clics…

Après avoir récupéré le logiciel pour sa plateforme (par une simple recherche Google), il ne faut que quelques minutes pour déverouiller ses ebooks. Téléchargez Requiem, ouvrez iTunes et il ne reste plus qu’à lancer Requiem et vos ebooks seront libérés de verrous numériques. Une simplicité étonnante qui risque de pousser Apple à combler rapidement la faille dans son système de DRM.

En plus de protéger les contenus d’une diffusion sur les réseaux illégaux, les DRM Fairplay ont un rôle essentiel dans le développement des livres numériques spécifiquement créés pour l’iBookstore. La plupart de ces ouvrages ont un objectif promotionnel et sont le fruit des lourds investissements en ressources. Le prix de l’exclusivité et de gagner avoir une (mince) longueur d’avance sur les autres maisons d’édition. Une stratégie à court terme qui allait inévitablement connaître son Requiem…

La sélection du jour #121

  • L’édition numérique dans les pays en développement. – AllianceLab
  • Même sans application publique, le service de lecture sociale Readmill fait déjà parler de lui. – Wall Street Journal
  • Le livre-machinique. – LaFeuille
  • La FNAC veut s’opposer aux géants américains. – AFP
  • Le Kindle en Espagne dès la semaine prochaine? – KindleSpain
  • Adobe rajoute sur le support du Kiosque d’iOS 5, plus de 640 magazines concernés. – AppleInsider
  • Ingram dévoile son offre d’impression à la demande. – Teleread
  • Un club de lecteurs numériques ouvre ses portes. – Club des lecteurs numériques
  • Le Kindle en France pour le 8 octobre? – Actu-des-ebooks
  • Entre readers et tablettes, Sony explique sa stratégie pour l’Europe et l’Allemagne. – Buchreport
  • Les DRM du nouveau format Kindle Print Replica sont déjà crackés. – The Digital Reader

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La sélection du jour #114

  • Comment créer une couverture d’ebook réussie ? – PasswordIncorrect
  • Le fichier .DS_Store vous gêne pour créer un ePub sur Mac OS X? Voici la solution. – PigsGourdsandWikis
  • Les défis et les atouts de l’abonnement pour le livre numérique. – Publishing Perspectives
  • iPubsoft commercialise des applications pour libérer un ebook de ses DRM. – PRNews
  • Optimiser un PDF pour un Kindle ou un reader 6 pouces. – Korben.info
  • Quand l’App Store se vide, l’Internet se fragmente. – LaFeuille
  • Kindle Writer : un nouvel éditeur de fichier Mobipocket. – The Digital Reader
  • Le Kindle 3G avec publicité est le modèle le plus vendu par Amazon. – Teleread
  • Amazon silencieux sur les ventes de Kindle au dernier trimestre. – The Digital Reader
  • Toys-R-Us va vendre le Kindle dans ses rayons. – Reuters

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La sélection du jour #112

  • Domaine public : Gallimard échoue à faire bloquer 727 URL canadiennes – PCInpact
  • La version 2 de l’Adam de Notion Ink prévue pour décembre? MobileIndian
  • Overdrive propose aux bibliothèques américaines des ebooks sans DRM. – Actualitté
  • L’industrie du livre hésite toujours pour HADOPI. – Numerama
  • La numérisation et l’archivage d’une vie : MyLifeBits. – Microsoft Research
  • La LeapFrog, une nouvelle tablette pour enfants. – Engadget
  • Pas de loin sur le prix unique du livre chez les Suisses, même pas de projet pour l’ebook. – Tribune de Genève
  • Comment concevoir un livre en PDF de qualité? – The Book Designer
  • Le développeur de Kobo pour iOS débauché par Apple. – Quartermain
  • Les versions numériques de la saga Millenium bientôt sur l’iBookstore britannique. – The Independant
  • Lecture numérique : plus d’un Français sur quatre lit un ebook piraté – Actualitté
  • La guerre des chiffres en Amazon et Kobo. – Archicampus
  • Les derniers jours de Borders? – Wall Street Journal

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La sélection du jour #99

  • De la chaîne au graphe. – LaFeuille
  • Apple chercherait-il à concurrencer Instapaper et ReadItLater? – Teleread
  • Noteshelf : le carnet de note idéal pour iPad. – AppStorm
  • La collection City Trip du Petit futé à 2,99 € en numérique. – Blog ePagine
  • Sur iPad, les utilisateurs scrollent plus que sur ordinateur. – La Social Newsroom
  • Numilog fait peau neuve… – Numilog
  • La vague de l’ebook submerge New-York… – Le Monde
  • Publicité iPad 2 : et ce n’est que le début - iGeneration
  • Montlake Romance Marks Tip of Amazon’s Expansion Into Publishing – Publishers Weekly
  • Barnes&Noble lance le premier livre numérique dédicaçable. Bientôt une fonction de base? – Loudcrow
  • Comparatif : quel stylet pour l’iPad? – Macworld
  • Delitoon, une nouvelle plateforme de lecture BD en ligne – BoDoï
  • La lutte contre les DRM en bibliothèque s’intensifie – Actualitté

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ePUBee : un programme pour s’affranchir des DRM

Retirer les DRM Adobe se fait par une méthode bien connue. Cependant, celle-ci n’est pas des plus simples d’accès et nécessite l’utilisation d’outils comme le langage Python qui rebutera les néophytes. Pour remédier à cela, Korben relaie sur son blog l’arrivée d’un nouveau programme (pour Windows uniquement) du nom d’ePUBee. Il permet de faire sauter les DRM Adobe CS4 présent sur un ePub en quelques clics. Seul impératif : avoir installé Adobe Digital Editions sur son PC afin que le processus de décryptage puisse être complété.

Malheureusement, nous n’avons pas pu tester le programme. Bien entendu, son utilisation est à vos risques et périls et ne doit concerner que des fichiers légalement achetés, pour une utilisation strictement personnelle. Pour convertir un ePub en Mobipocket pour le rendre lisible sur son Kindle par exemple ! ;-)

HarperCollins : ebooks, à consommer avec modération

Le 25 février dernier, la maison d’édition HarperCollins, qui commercialise une offre numérique à destination des bibliothèques par l’intermédiaire de la société américaine OverDrive, a provoqué un tollé en annonçant au Library Journal une modification des termes de son programme de prêt. Annoncée la veille dans une lettre adressée par la société OverDrive (qui déjà prend ses distances, et s’en expliquera quelques jours plus tard sur son blog) aux bibliothèques américaines partenaires, cette modification vise littéralement à imposer une date de péremption aux titres aux ebooks de l’éditeur : chaque fichier pourra être emprunté au maximum 26 fois, au terme desquelles il ne sera plus utilisable et devra être racheté.

Si cette décision scandaleuse semble être passée à peu près inaperçue en France (citons le site de l’ENSSIB), elle a suscité une levée de boucliers chez les bibliothécaires outre-Atlantique, et même un boycott (cf. la sélection d’articles du site de Librarian by day). En effet, la décision de HarperCollins est difficile à saisir.

Tout d’abord, cela revient à vouloir transposer (une fois de plus) au livre électronique une limitation du livre physique : parce qu’un livre papier s’abîme avec le temps, il faudrait artificiellement réduire la durée de vie du ficher numérique correspondant (voir l’article du Guardian). Plutôt que de s’obstiner à vouloir recréer (sans contreparties) des contraintes naturellement absentes du format électronique, il faut développer un nouveau modèle en fonction des spécificités du numérique ; l’édition est peut-être frappée de plein fouet par la révolution numérique, mais ce n’est certainement pas en se raccrochant désespérément au modèle du livre physique, en refusant de regarder devant elle, qu’elle pourra éviter la chute vers laquelle le courant l’entraîne.

Mais surtout, la durée de vie réelle d’un livre en bibliothèque est bien supérieure à celle que prétend imposer HarperCollins (26 cycles de prêt, soit entre un an et un an et demie d’emprunts continus ; voir à titre de comparaison cette vidéo). Cela laisse penser que, bien loin de rechercher un réel « équilibre entre les missions et les besoins des bibliothèques et de leurs lecteurs et ceux des auteurs et des libraires », comme l’éditeur tente de justifier sa décision dans une « Lettre ouverte aux bibliothécaires », la maison d’édition cherche au contraire à maximiser ses profits au détriment de tous. On peut comprendre que la durée de vie théoriquement illimitée des fichiers électroniques (je dis bien « théoriquement », car l’obsolescence des formats et des supports peut en pratique en réduire fortement la longévité) puisse l’inquiéter. Mais comment croire encore à sa bonne foi lorsqu’il avance, après « plusieurs mois » de réflexion, un chiffre sans aucun lien avec la réalité de la vie d’une bibliothèque?

De nombreux commentateurs s’accordent à dire que non seulement HarperCollins ne verra pas les résultats escomptés mais, qu’en plus, la maison d’édition se tire une balle dans le pied. En effet, confrontées à des restrictions budgétaires toujours plus sévères, les bibliothèques ne vont pas acheter des titres en version électronique qui leur coûtent souvent plus cher que les versions papier (les réductions pour volume d’achat ne s’appliquant pas aux livres numériques), qu’elle devront repayer sans fin tout en ne pouvant les prêter qu’à une seule personne à la fois, qu’elles n’auront pas le droit de revendre lorsqu’elles les retireront de la circulation, et dont la compatibilité avec les supports de lecture des lecteurs n’est même pas garantie.

Ainsi, la décision de HarperCollins risque au contraire d’entraîner une baisse de ses ventes de livres électroniques en bibliothèques. Et croire que cela va faire augmenter ses ventes aux particuliers (la cannibalisation des ventes de livres électroniques par les prêts en bibliothèque est une autre crainte des grands éditeurs, également mentionnée, à leur demande, dans la lettre de la société OverDrive) est complètement méconnaître le rôle éducatif et informatif des bibliothèques, qui font la promotion de la lecture en général et des livres en particulier. Plutôt qu’une menace, sont de formidables outils de publicité pour les éditeurs. Face à l’indisponibilité d’un titre, certains lecteurs se tourneront peut-être vers l’achat, mais ce n’est pas un pas qui sera systématiquement franchi (notamment si les bibliothèques informent leurs lecteurs sur les raisons de cette indisponibilité, ce qui est à parier) et d’autres se tourneront au contraire vers le piratage (que les grands éditeurs semblent s’obstiner à encourager malgré eux et en dépit du bon sens). Une chose est sûre en revanche : ce seront de nombreux rendez-vous ratés entre auteurs et lecteurs.

Si certains doutent de l’efficacité d’un boycott, craignant que cela nuise avant tout aux lecteurs (cf. les articles du site de Librarian by day), ou si d’autres font remarquer que les éditeurs Simon & Schuster et MacMillan, eux, n’autorisent pas le prêt de livrels en bibliothèque, tout le monde semble s’accorder à dire que la situation est inacceptable, que le débat sur le livre électronique n’a été que trop longtemps repoussé. Il ne faut pas laisser passer l’occasion de discuter.

Malgré elle, la maison d’édition HarperCollins a mis le sujet sur la table, et c’est maintenant aux bibliothécaires (et aux lecteurs, libraires, éditeurs indépendants, auteurs) de tirer profit de la très forte mobilisation que cette décision a suscitée pour faire valoir leurs revendications et proposer des alternatives. D’une manière, pour lancer la construction d’un nouveau modèle durable, adapté et équilibré. Ce boycott a le mérite d’attirer l’attention car, comme le résume Sarah Houghton-Jan, qui y est favorable, dans un article intitulé « Que la révolution du livrel dans les bibliothèques commence » : « Oui, cela signifie qu’il va falloir renoncer à la plupart des titres les plus demandés. Mais vous savez quoi ? À moins de prendre une position ferme, nous ne serons pas entendus. »

Ce nom vous dit quelque chose ? Fréquemment citée en ce moment dans le milieu de la lecture numérique, Sarah Houghton-Jan, alias Librarian in black, est également l’auteur de la Déclaration des droits des lecteurs d’oeuvres numériques. Droits des lecteurs, DRM, restrictions de prêt… je suis convaincu que cette polémique est intrinsèquement liée à toutes les autres problématiques relatives au livre numérique, et qu’elles nous concernent tous. On ne pourra pas les ignorer indéfiniment, ni les régler individuellement : il faut une solution globale, pensée pour le numérique et à partir du numérique, et acceptable par tous – et c’est le moment de la réclamer. Et même si en France le marché du livre électronique est beaucoup moins développé (et le prêt de livrels en bibliothèque quasi inexistant, comparé aux 66 % de bibliothèques qui proposent des livrels au prêt aux États-Unis), il est important que nous, lecteurs, auteurs, libraires, bibliothécaires, mais aussi les éditeurs, rejoignions le débat pour assurer maintenant la défense de nos intérêts communs et d’établir un modèle durable pour le livre numérique.

Nous tenons à remercier tout particulièrement LCNR, lecteur d’eBouquin, pour la rédaction de cet article.

Vous êtes contre les DRM? Montrez-le !

Après la publication de la Reader’s Bill of Rights, nous ne pouvions décemment en rester là. C’est une réalité : les mouvements  et actions invitant à bouder les fichiers protégés par DRM se font de plus en plus nombreux (cf. le blog de Lionel Dujol). Par chance, de nombreux éditeurs, plus ou moins grands, ont choisi de diffuser des fichiers sans DRM. Et leur croissance en numérique ne se trouve que confortée ! Preuve s’il en fallait qu’une politique ouverte sur la question ne peut que stimuler le secteur. Cependant, un bon nombre de majors (s’entêtent) continuent de vendre des ebooks à des prix exorbitants, le tout, bridés par des dispositifs de protection. Balayons les amalgames aisés, (exiger) vouloir des fichiers sans DRM ne veut pas dire vouloir les distribuer illégalement.

Afin de vous faire entendre, diffusez ce symbole anti-DRM. Dans vos ePub, sur vos sites et vos blogs. Affichez le logo qui vous correspond et montrez votre opposition à ces systèmes de protection qui entravent le bon usage d’un ebook, gâchant l’expérience de lecture et plaçant le lecteur tel un pirate. Pour cela, nous vous proposons un pack de fichiers comprenant le logo francisé dans ses 5 versions (PNG et SVG, pour s’en servir partout). Pourquoi cinq versions et non pas 3, comme initialement? Nous avons réalisé une version spéciale pour les éditeurs qui proposent des fichiers sans DRM et qui militent contre ces verrous, ainsi qu’une autre pour les libraires.

Pour récupérer les logos, il suffit de télécharger l’archive ZIP à cette adresse. Ensuite, utilisez-les comme bon vous semble, diffusez-les ! Un grand merci à Gwen Catala pour la version française des logos et la création de la version dédiée aux éditeurs, sur un travail original de Nina Paley pour ReadersBillofRights.info.

La déclaration des droits numériques du lecteur

Depuis la rentrée, la pression sur les DRM se fait de plus en plus forte. Couplés à des prix d’ebooks assez élevés (particulièrement en Europe et en France), ces dispositifs de protections sont pris dans une contestation n’est pas prêt de diminuer. La récente affaire qui oppose HarperCollins et les bibliothécaires au sujet de la limite du nombre de prêts d’un ebook est visiblement la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ainsi est née la Déclaration des Droits numériques du lecteur (Readers’ Bill of Rights for Digital Bookssite officiel). Les revendications sont formulées en 5 points :

  • La possibilité de conserver, archiver et transférer les oeuvres acquises.
  • La possibilité de créer un exemplaire papier d’un titre dans sa totalité.
  • Les livres numériques doivent être proposés dans un format ouvert.
  • Le lecteur doit avoir le choix du matériel depuis lequel il accède aux livres.
  • La garantie que les informations concernant le lecteur restent privées.

Le troisième point est particulièrement intéressant. Aujourd’hui, la majorité des ebooks vendus aux Etats-Unis, via le Kindle Store, ne sont pas basés sur un format ouvert, car ils restent protégés par des DRM et leurs spécifications mal documentées. Concernant le 4ème point, Amazon le contourne en proposant un stockage permanent de vos ebooks sur ses serveurs et un accès quelque soit l’appareil de lecture. Cependant, c’est sur le dernier point que le système de la firme de Seattle se heurte. Peu de choses garantissent que les données de lecture de chaque utilisateur ne soit pas employées à des fins commerciales, notamment dans le cas de ceux qui utilisent les Popular Highlights. En fin de compte, cette déclaration n’oblige pas forcément à se séparer d’un système propriétaire et basé sur les DRM !

Quant au marché français, le problème se limite à l’utilisation des DRM dans les catalogues des gros éditeurs. Concernant les éditeurs indépendants, ils ont opté dès l’origine pour une distribution sans DRM. Un choix louable ! En plus de la déclaration, trois logos différents sont proposés et l’équipe derrière le projet invite à les diffuser de manière la plus large. Il ne manque plus qu’une version pour les éditeurs… Quelque chose nous fait dire que ce mouvement va continuer à faire parler de lui.

FNAC : la suite de l’affaire DRM

La semaine dernière, Korben partageait dans un article “coup de gueule” son amère expérience suite à l’achat d’un livre électronique avec DRM sur le site de la FNAC. L’affaire a connu un réel écho au sein de la blogosphère au point que la FNAC reconnaisse par l’intermédiaire du site Clubic certaines limites au niveau de son service.

En tout cas l’enseigne n’a pas tardé à réagir et prendre les mesures nécessaires pour éviter que ce type d’incident ne se reproduise. Outre l’ajout d’une mention “Type de DRM” dans la description du produit, la FNAC a également créé une rubrique “eBooks sans DRM”. De légères modifications bienvenues pour les clients mais qui, on l’espère, s’accompagneront de mesures plus importantes sur la politique générale du distributeur relative aux DRM.

Car c’est là tout l’enjeu : du coup de gueule de Korben, aux mises en garde répétées d’eBouquin en passant par l’initiative d’Aldus chaque 1er du mois, il s’agit de ne pas fléchir sur notre position concernant les DRM, dans l’espoir qu’un poids lourd tel que la FNAC et d’autres rejoignent le mouvement et exercent une pression plus forte encore auprès des éditeurs.

ePub : Comment enlever les DRM Adobe [MAJ x2]

Nous n’avons pas eu besoin vous concocter un nouveau tutorial sur les méthodes pour se débarrasser des DRM, le blogueur Korben a pris le soin d’en rédiger un. Visiblement agacé par les protections présentes sur l’un des fichiers qu’il avait acheté à la FNAC, il a cherché le meilleur moyen pour libérer sa “propriété”. Car le problème des DRM ne vient pas des distributeurs mais des éditeurs qui s’obstinent, pour certains, à continuer l’emploi de cette pratique qui n’a pas réussi à l’industrie musical. Puis quand l’on voit le simplicité du processus pour faire sauter les verrous, on peut être sûr que cela n’arrêtera pas le piratage. Au fait, avez-vous vu sur les réseaux pirates les derniers ouvrages de Publie.net, NumerikLivres ou encore ceux de Bragelonnes vendus à 4,99€ et sans DRM ? Et bien non.

Pour faire sauter les DRM de vos ePub légalement acquis, direction le tutorial détaillé (fonctionne avec Windows et Mac OS X, originellement publié en anglais ici). Si vous voulez faire la même chose mais avec des fichiers Mobipocket Kindle, rendez-vous ici.

Bonne bidouille !

MAJ : En effet, la FNAC ne mentionne pas le présence de DRM sur certains fichiers, notamment celui acheté par Korben, On m’a demandé de vous virer, de Stéphane Guillon. L’erreur se retrouve sur le site de Numilog et en est visiblement la cause. En revanche, la mention DRM, est bien présente sur d’autres fichiers sur cet ebook PDF d’un bouquin de James Patterson mais il faut descendre tout en bas de la fiche-produit pour l’apercevoir. Pas très fairplay vis-à-vis du consommateur…

MAJ 2 : Visiblement la FNAC s’est offert un droit de réponse, non pas chez Korben mais dans les colonnes de Clubic. Rien de nouveau sous le soleil si ce n’est que la FNAC prend note et aurait déjà lancé les négociations avec les éditeurs pour qu’ils abandonnent les protections par DRM.

Kindle : comment se débarrasser des DRM d’Amazon [MAJ]

A première vue, enlever les DRM d’un fichier Kindle peut paraître impossible. Comment récupérer un fichier acheté sur le Kindle Store, qui se trouve bien souvent stockés sur les serveurs d’Amazon, lorsqu’il n’est pas lu? En fait, l’astuce est d’attraper l’ebook lorsqu’il est stocké sur un des terminaux de lecture de la plateforme et de lui faire subir une petite opération. Un hacker a récemment trouvé un moyen de contourner le système de DRM d’Amazon à partir de quelques manipulations basées sur des scripts en Python. Malheureusement, cette procédure doit être réalisée sur un ordinateur Windows. Désolé pour les Mac-users.

MAJ : Les liens pointant vers les scripts permettant d’exploiter la faille de l’application PC ne sont plus fonctionnels depuis peu.

  • Téléchargez et installez l’application Kindle for PC.
  • Une fois le processus d’installation terminé, connectez-vous avec le compte Amazon.com que vous avez auparavant utilisé pour acheter vos ebooks. NB : Le hack fonctionne que pour les ebooks déjà achétés, il faudra donc le réaliser de nouveau pour déverrouiller des achats plus récents.
  • Téléchargez et installez la dernière version de Python sur le site Python.org.
  • Téléchargez le script Python Unswindle.
  • Puis, récupérez le script sur lequel repose Unswindle (mobidedrm.py) à cette adresse.
  • Ouvrez le script unswindle.py à l’aide de l’exécutable Python.exe.
  • Quelques instants plus tard, le script lance automatiquement l’application Kindle pour PC.
  • Ensuite, il suffit de se rendre dans la section “Archived Items” pour ouvrir un ebook.
  • Une fois l’ebook ouvert, quittez l’application.
  • Automatiquement, le script vous demandera de choisir un emplacement dans lequel enregistrer l’ebook libéré de ses verrous.

Et voilà, vous avez un ebook sans DRM, lisible sur n’importe quel reader Mobipocket mais aussi convertible en ePub avec un logiciel comme Calibre. Bien entendu, en effectuant cette opération, vous ne respectez plus les conditions d’utilisation du service Kindle qui malheureusement bloque toute possibilité de faire de réaliser une copie privée d’un contenu acheté légalement.

Si quelque chose coince lors de la mise en oeuvre présentée ci-dessus, cette vidéo reprend l’ensemble de la procédure dans le détail et en images.

Google eBooks enfin disponible… aux Etats-Unis

Les rumeurs l’avaient annoncé : voici Google eBooks (ex-Google Editions) sur lequel vous pouvez maintenant acquérir des ebooks. Pour l’instant, le service est réservé seulement aux utilisateurs américains mais il débarque avec une ribambelle d’applications natives qui permettent lire des ebooks quelque soit votre terminal de lecture.


Au total, c’est un catalogue de 3 millions d’ouvrages disponibles outre-atlantique, dès maintenant. Le processus d’achat est relativement simple : recherchez le titre que vous souhaitez acquérir depuis le web ou une des applications dédiées puis, grâce au service de bibliothèque dans le cloud, de retrouver votre ebouquin sur n’importe quel terminal.

Cependant, si l’offre de Google est complète et se place déjà comme concurrentielle par rapport à celle d’Amazon ou Apple, le firme de Mountain View a encore beaucoup de travail à faire pour améliorer sa plateforme. Déjà, l’abandon du nom de “Google Editions” au profit de Google eBookstore risque de créer de la confusion avec Google Books, étant donné que les deux sites partagent le même domaine racine. Autre élément gênant, le semi-accès à la version française : l’adresse est bien accessible mais les ouvrages sont uniquement en anglais. Seuls quelques bouquins du domaine public et en français sont consultables. On peut au moins tester le moteur de lecture web, de bonne qualité et très véloce.

En plus du Web reader, les ebooks achetés (ou téléchargés gratuitement) sont lisibles depuis une application iPad/iPhone et Android (pour smartphone et tablette). Les possesseurs de Nook et de reader Sony pourront récupérer les fichiers acquis (en ePub et avec des DRM Adobe :-( ) et les charger sur leur reader.

A lire également sur le web : Hubert Guillaud – Google Books, les deux logiques de Google et le billet d’Olivier Ertzscheid sur Affordance.info.

Prix Goncourt : La carte et le territoire disponible en offre légale


Après quelques semaines d’absence d’offre, Flammarion a mis en ligne sur la plateforme ePagine l’oeuvre récompensée par le prix Goncourt 2010. Rien de bien extraordinaire concernant l’offre : l’ebook est disponible dans deux formats, ePub et PDF, au prix unique de 14,90€ (au lieu de 21€ dans le commerce). Qu’importe le format, l’ebook sera toujours protégés par des DRM Adobe CS4. Dommage…

L’arrivée de cette version légale de l’ebook va tenter d’endiguer le succès que l’ouvrage est en train de connaître sur les réseaux pirates. En effet, pour plusieurs bloggeurs et juristes, l’emprunt de plusieurs passages de l’encyclopédie libre Wikipedia par Michel Houellebecq dans son ouvrage le rendrait aussi libre de droits (licence CC-by-sa). Ainsi, Florent Gallaire avait mis à disposition des internautes une version numérique de La Carte et le Territoire, avant de céder sous les pressions de Flammarion. Alors, le prix Goncourt 2010, est-il la première oeuvre libre à recevoir un prix littéraire? Pour l’instant les avis sont partagés mais une chose est sûre, l’ebook va continuer d’être piraté. Nul doute que le prix de l’ouvrage et la présence de DRM y sont pour quelque chose.

MAJ : L’association Wikimedia France a communiqué sur cette affaire dans la journée afin de clarifier la situation. Le dernier Houellebecq sous licence CC-by-sa ce n’est pas pour tout de suite. ;-)

Comment retirer les DRM d’un livre au format ePub ?

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Cet article a été écrit par Clément Bourgoin qui a eu la gentillesse de nous autoriser la reproduction intégrale du contenu sur eBouquin.fr.

On l’a beaucoup dit : les DRM (dispositifs de cryptage des livres numériques empêchant leur copie ou leur prêt) ne servent à rien, ils enquiquinent les acheteurs légitimes et sont de toute façon faciles à contourner pour les pirates malhonnêtes. En ce qui concerne ce dernier point, en voici la démonstration.

Le fichier utilisé dans l’exemple est le premier épisode du Vaisseau ardentde Jean-Claude Marguerite. J’ai choisi ce livre parce qu’il se trouve que je voulais le lire depuis un moment et que la version papier ne rentre pas dans mon sac. J’y prends d’autant plus de plaisir qu’il s’agit d’un roman mettant en scène des pirates et que les DRM ont été imposés par le Groupe Gallimardcontre l’avis de l’éditeur et de l’auteur.

Il va de soi que pirater un livre numérique pour le distribuer gratuitement est un acte que cet article n’encourage en aucune façon – et je le dis sans hypocrisie, étant moi-même gérant de la plateforme numérique du Bélial’. L’objet de cet article est simplement de montrer que le retrait des DRM d’un fichier ePub est un acte d’une facilité déconcertante, à la portée d’à peu près n’importe qui.

Outre l’argument idéologique, supprimer les DRM d’un fichier ePub peut aussi avoir un intérêt pratique : utiliser ses fichiers ePub avec DRM Adobe sur une plateforme non-compatible, comme l’iPhone/l’iPad.

La méthode suivante a été testée avec un livre acheté légalement chez l’amiBibliosurf (donc via la plateforme ePagine et le distributeur EDEN), sous Windows 7 (C’est théoriquement possible aussi sur Mac, mais l’installation de Python et PyCrypto est plus corsée). Ma liseuse est le Sony Reader PRS-600.

Décortiquons un livre numérique avec DRM

Une fois le livre acheté, on reçoit par courriel un lien pour télécharger un fichier URLlink.acsm. Il ne s’agit pas du livre lui-même (le fichier ne pèse que 4 ko) mais d’un fichier XML, avec diverses informations pour identifier le client et le livre acheté. On l’ouvre avec Adobe Digital Editions, on s’identifie avec son ID Adobe et le véritable livre numérique se télécharge. On peut alors le lire directement dans ADE ou le transférer sur sa liseuse compatible avec les DRM Adobe.

Si l’on est curieux et que l’on se rend dans le dossier où ADE stocke les livres numériques (C:\Users\Clément\Documents\My Digital Editions\ pour ma part), on découvre un fichier Le_vaisseau_ardent_episode_1.epub tout ce qu’il y a de plus normal. On peut le disséquer sans difficulté (un fichier ePub étant en réalité un fichier Zip avec une extension .epub) même si ça n’est pas nécessaire pour le craquer. Une fois à l’intérieur, on distingue une différence avec les ePub sans DRM : les fichiers rights.xml et encryption.xml qui contiennent naturellement les informations de droits et d’encryptage.

Une autre différence, donc, est que les fichiers HTML contenant le texte du livre sont cryptés. Voici par exemple à quoi ressemble un chapitre du Vaisseau ardent :

epub_encryption.png

Pas idéal comme confort de lecture. Evidemment, Adobe Digital Editions et ma liseuse se chargent de décrypter tout ça pour m’afficher un livre en français plus traditionnel. Par contre, imaginons que je veuille lire mon livre acheté légalement sur mon iPhone (ou iPad) avec iBooks… et là, c’est le drame.

ibooks_drm_error.png

Solution : acheter une nouvelle fois le livre avec des DRM Apple s’il est disponible sur l’iBookstore (en l’occurrence, non), en trouver une version piratée sans DRM (mais dans ce cas, pourquoi l’acheter au départ ?), ou retirer les DRM de notre propre fichier ePub. Et justement…

Supprimons ces saloperies de DRM de notre livre numérique acheté légalement

Voici donc la méthode simple, comme promis. On va utiliser un script Python pour décrypter le fichier, ce qu’il signifie qu’il faudra installer Python. Il n’y a rien de plus compliqué dans cette méthode qu’installer des logiciels, créer des dossiers et y déplacer des fichiers. Allons-y !

  1. Une fois le livre numérique téléchargé dans Adobe Digital Editionsgrâce à notre ID Adobe, on récupère le fichier ePub équivalent qui se trouve dans le dossier Digital Editions (par défaut dans notre dossier système Documents).
  2. On télécharge et on installe Python (logiciel permettant de faire tourner les scripts en langage python).
  3. On télécharge et on installe PyCrypto (logiciel de cryptographie écrit en langage python). Attention à bien prendre la version de PyCryptocorrespondant à la version de Python que vous avez installée (actuellement, la 2.7).
  4. On télécharge les scripts Python ineptkey.pyw et ineptepub.pyw qui vont permettre de décrypter notre fichier ePub. On les trouve très facilement en cherchant sur Google.
  5. On double-clique sur le fichier ineptkey.pyw : celui-ci va récupérer la clé qu’utilise Adobe Digital Editions pour crypter les fichiers et créer avec un nouveau fichier adeptkey.der (ADEPT pour Adobe Digital Experience Protection Technology, les fameux DRM d’Adobe)
  6. On double-clique ensuite sur le fichier ineptepub.pyw, qui nous propose trois champs à remplir : Key file, qui contient par défaut le fichieradeptkey.der que l’on vient de créer (on n’y touche pas), Input file, où l’on pourra sélectionner notre fichier ePub protégé et Output file, dans lequel on choisira où enregistrer le nouveau fichier ePub sans DRM.
  7. Une fois les trois fichiers sélectionnés, on clique sur Decrypt, et c’est terminé !

(Si vous obtenez l’erreur Problem decrypting session key, il est possible que votre version du fichier ineptkey.pyw soit trop ancienne, téléchargez une version la plus récente. A l’heure où j’écris ces lignes, la bonne est la 4.3 pour Adobe Digital Editions 1.7.2.).

Nous voilà maintenant avec un beau fichier ePub dépourvu de DRM ! On peut l’utiliser sur n’importe quel support de lecture gérant le format ePub (soit à peu près toutes, sauf le Kindle d’Amazon) y compris ceux ne gérant pas les DRM Adobe, comme l’iPhone.

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Elevons-nous dans la joie

Achetez des livres numériques, téléchargez des livres numériques, retirez les DRM de vos livres numériques, lisez des livres numériques, prêtez vos livres numériques à vos amis, mais c’est tout. Ne les envoyez pas sur les sites pirates ou sur les réseaux P2P, sous peine de donner raison aux éditeurs frileux qui bardent leurs fichiers de DRM ou de décourager ceux qui prennent le risque de s’en passer.

Tout artiste a droit à une rémunération pour son oeuvre, s’il le souhaite. Si certaines expériences montrent que la mise à disposition gratuite d’un texte (piraté ou non) peut en faire décoller les ventes (comme le Blindsight de Peter Watts ou plus récemment le comic Underground de Steve Lieber), ce n’est pas forcément le cas.

Quoiqu’il en soit, c’est à l’auteur et à lui seul de décider d’une éventuelle mise à disposition gratuite de ses textes, et pas à nous. Il y a trop d’auteurs au Bélial’ qui refusent la publication de leurs livres en numérique par peur du piratage (sans réaliser, d’ailleurs, que c’est précisément l’absence de version numérique commercialisée qui encourage le piratage). N’encourageons pas cette paranoïa.

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Cet article a été écrit par Clément Bourgoin qui a eu la gentillesse de nous autoriser la reproduction intégrale du contenu sur eBouquin.fr, selon les termes de la licence Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike 3.0 Unported.