Posts Tagged ‘éditeur’

Publication numérique : Après Adobe, Quark…

Quark, l’éditeur du logiciel QuarkXPress se devait de réagir au communiqué d’Adobe concernant la publication depuis InDesign vers l’iPad et autres formats numériques. C’est chose faite depuis le 17 juin avec une page Web annonçant les différentes solutions à venir de Quark et un planning prévisionnel.

Rappelons que, depuis quelques années, InDesign a pris le pas sur XPress, à la fois qualitativement (depuis sa version 2, InDesign est plus performant qu’XPress), et quantitativement (il n’existe pas de chiffres officiels, mais les parts de marché, dans le domaine de la publication assistée par ordinateur, seraient de 60% pour InDesign contre 40% pour XPress).
Un exemple tout simple de la supériorité technique d’InDesign dans le domaine qui nous concerne : XPress 8 n’est toujours pas capable de générer des fichiers ePub, ce que son concurrent sait faire (plus ou moins bien il est vrai) depuis la version CS3 (sortie en 2006).

D’après le communiqué de presse, QuarkXPress devrait pouvoir générer des fichiers ePub à la fin de l’année, ou au début de l’année prochaine. Idem pour les documents non Flash à destination des tablettes (XPress sait déjà générer des fichiers Flash en SWF depuis sa version 8).
D’autre part, l’ensemble des produits de Quark prendrait le nom de Digital Publishing 2.0. La solution contiendrait au moins : QuarkXPress, Quark Publishing System (QPS – un système de gestion de flux éditorial, comparable à la solution de Woodwing que nous avions présentée au mois de mai – que Quark commercialise depuis 1991) et Quark XML Author.
Quark devrait aussi permettre d’exporter de l’ePub et des documents pour tablettes non Flash via Digital Publishing 2.0 mais l’éditeur ne précise pas si la fonction sera celle d’XPress ou un module spécifique.

Bien que le planning de Quark manque quelque peu de précision, on peut supposer que leurs solutions seront disponibles environ six mois après celles d’Adobe.
En revanche, nous ne saurons dire s’il faudra, comme cela semble être le cas avec les solutions à venir d’Adobe, faire trois fois le “même” document, un par support (smartphone, tablettes, livres électroniques) ou si, depuis un document, on pourra exporter trois fois avec des réglages différents.
Il est fort probable que cela soit le cas directement avec XPress : un document par support de destination, tandis qu’avec Digital Publishing, il suffira “d’adapter” le document en fonction de la destination, exactement comme le système de gestion de flux de Woodwing.

Dans ce même communiqué de presse, Quark annonce que son logiciel phare devrait être capable de générer des documents lisibles par le logiciel de lecture Blio (à venir, nous en avions déjà parlé) dès cet automne.

Les enjeux de la publication vers les supports électroniques divers sont aussi importants pour Quark que pour Adobe : l’éditeur qui proposera la solution la plus simple pourrait prendre le pas (définitivement ?) sur l’autre…

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L’édition multilingue fait ses débuts sur 40kbooks


Nous vous en parlions il y a une quinzaine de jours, les premiers ebooks de la jeune maison d’édition numérique 40kbooks sont enfin de sortie. Et la promesse originale a été tenue, proposer chaque ouvrage dans plusieurs langues ! Comme le souligne Thierry Crouzet, qui fait partie des premiers auteurs publiés, ce n’est pas sans rappeler les sorties au cinéma, et tout à fait novateur lorsque l’on parle d’édition.

Le cinéma nous a habitués aux sorties internationales simultanées. Le même jour, dans toutes les villes, nous pouvons aller voir nos chers blockbusters dans notre langue natale. Jusqu’à présent les éditeurs étaient plus pépères. Un livre sortait aux États-Unis. Quand tout allait bien, trois ans plus tard on l’avait en France. Et quand un livre sortait en France, jamais les Américains n’avaient une chance de le lire. C’est en train de changer.

Et quelle qualité de réalisation ! Les couvertures sont très réussies au point qu’on les aimerait presque en papier. Celles-ci restent identiques pour chaque ouvrage, même si la langue diffère. En tout cas, la cohésion est là et voici des titres qui, même en numérique, devraient attirer l’oeil.

L’idée de proposer un texte dans plusieurs langues est particulièrement séduisante. On a également hâte de retrouver des éditions bilingues avec la possibilité de faire apparaître le texte dans une langue ou dans une autre, et de changer à la volée. L’édition multilingue à de beaux jours devant elle !

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Une entente pour la distribution de livres numériques en France

C’est une décision qui devrait faire date. ePagine annonce sur son blog que les plateformes de distribution Eden Livres, ePlateforme, ePagine et Numilog ont signé un accord en vue de mettre à disposition des libraires un catalogue commun réunissant les contenus numériques des principales maisons d’éditions françaises.

« Paris, le 12 mai 2010

Le développement du marché des livres numériques en France implique de trouver rapidement une solution pour permettre à tous les libraires d’afficher sur leur site, dans un même espace, un catalogue commun de tous les titres numériques disponibles, et à leurs clients de les intégrer à un panier d’achat unique, quelle que soit la plateforme qui gère l’accès aux fichiers et aux données descriptives de ces livres. L’urgence de cette initiative est confortée par l’ouverture prochaine du portail de vente des libraires (www.1001libraires.com).
Les plateformes de distribution numérique Eden Livres (groupes Flammarion, Gallimard, La Martinière/Le Seuil), Eplateforme (Editis / Média participations / Michelin) et Numilog (groupe Hachette Livres) ont donc décidé d’ouvrir simultanément leurs services à toutes les solutions professionnelles d’ebooks-store qui permettent aujourd’hui aux libraires de vendre des livres numériques sur leur portail. Ceux-ci pourront donner ainsi accès à l’intégralité des catalogues des éditeurs distribués par ces plateformes, après accord avec leur diffusion respective.
Les études et développements sont d’ores et déjà engagés, dans le cadre d’un groupe de travail réunissant Eden Livres (distributeur), Eplateforme (distributeur), Numilog (distributeur, prestataire ebooks-store) et Epagine (prestataire ebooks-store). Une première étape de développement sera opérationnelle dès la mi-juin 2010, pour un déploiement complet du service début septembre 2010.

Eden Livres, Eplateforme, Numilog, Epagine. »

Il s’agit assurément d’une étape clé qui rassure quant à la volonté des éditeurs de favoriser le développement de l’offre de livres électroniques en France. Nous attendrons néanmoins de voir les dispositions techniques de cette entente avant de se prononcer sur la formation d’un éventuel hub inter-professionnel.

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Université d’été de la bande dessinée : du papier au numérique


La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image et le Pôle Image Magelis viennent d’annoncer le programme de la 4ème Université d’été de la bande dessinée qui aura lieu du 5 au 7 juillet 2010 à Angoulême. Comme l’indique l’intitulé de la conférence, Trans-média, cross-média, média global :
de l’album singulier aux écrans multiples
, la thématique des conférences est axée sur la création ou l’adaptation de bande dessinée sur d’autres supports que le papier et concerna aussi bien les auteurs (scénariste, dessinateur) que les éditeurs.

Parmi les intervenants, citons Claudia Zimmer, responsable d’Avé Comics, Benjamin Samuel Ewenczyk, fondateur de digiBiDi dont nous avions publié un texte et Yannick Lejeune, le fondateur du Festiblog.

Pour découvrir le programme, rendez-vous à cette adresse. Et pour le formulaire d’inscription, c’est par ici !

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Google Editions arrivera à l’heure

Lors du Salon du Livre en mars dernier, Philippe Colombet, le directeur de Google Livre France, avait annoncé le lancement cet été de la plateforme Google Editions ainsi que l’arrivée future d’une tablette Internet pour venir concurrencer l’iPad. A l’occasion d’une conférence dans les locaux de la maison d’édition Random House, Chris Palm, un représentant de Google, a confirmé au Wall Street Journal que le service serait bel et bien lancé à partir de fin juin/début juillet.

Il s’agit pour Google de parvenir à se distinguer de la concurrence en proposant notamment un accès simple et rapide aux livres depuis de multiples appareils, tandis que ses rivaux Amazon, Apple et Barnes&Noble se concentrent sur le développement d’appareils et systèmes propriétaires. Les utilisateurs pourront ainsi récupérer des livres numériques depuis la plateforme Google Editions ou auprès de revendeurs et libraires affiliés.

Bref rien de réellement neuf sur le sujet, par rapport à ce qui avait été annoncé par Philippe Colombet.

Pour connaître tous les détails concernant l’arrivée de Google Editions, retrouvez nos précédents articles sur la question :

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Random House réticent face au modèle d’Apple

Est-ce si Random House boycottait l’iPad? C’est bien ce qui s’est laissé entendre lors de la conférence de presse annuelle de Bertelsmann, la maison mère de Random House. Le point d’écueil serait les conséquences des prix pratiqués sur les ebooks. En effet, la politique d’un prix “unique” compris entre 12,99$ et 14,99$ ne conviendrait pas à l’éditeur qui souhaiterait plus de marge de manoeuvre dans les prix. L’enfermement dans le modèle d’Apple, même si c’est le modèle d’agence qui a cours (70% pour l’éditeur et 30% du prix de vente pour Apple), laisserait peu de marge de manoeuvres à l’éditeur qui envisagent de nouveaux modèles économiques comme l’abonnement etc. La politique tarifaire rigide d’Apple va bouleverser une économie déjà bien établie. L’absence de Random House dans le catalogue de l’iBookstore serait la première défaite d’Apple qui se verra privée d’un bon nombre de bestsellers sans cet éditeur. Cependant, les craintes de Bertelsmann sont compréhensibles : en 2009, les résultats financiers de Bertelsmann affiche une perte de 82 millions d’euros et une réduction du chiffre d’affaire de 5,4%. Pour le premier groupe de médias européen, le besoin d’un nouveau modèle économique se fait de plus en plus sentir. Combien de temps pourra durer la résistance à Apple?

Source : FinancialTimes

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L’éditeur Perseus Books signe avec Apple


Désormais, à moins de deux semaines de la sortie de l’iPad, les accords de dernière minute entre Apple et les éditeurs de contenus vont s’enchaîner. S’il est fort probable qu’Apple nous réserve une surprise concernant les tarifs des séries TV à l’occasion de la sortie de la tablette, le livre numérique ne sera pas en reste car Perseus Book Group proposera ses titres sur l’iBookstore. Cet éditeur américain englobe 330 éditeurs indépendants parmi lesquels on trouve Grove Atlantic, les fameuses Harvard Business School Press, Zagat ou encore City Lights Books. Perseus rejoint donc les cinq géants de l’édition qui ont déjà signé avec Apple.

L’éditeur distribuera ses titres suivant le modèle d’agence, conservant 70% du prix de vente, Apple en accaparant seulement 30%. Pour ce qui est des prix, le New York Times annonce des tarifs allant de 12,99$ à 14,99$, des prix que semblables à ceux des autres éditeurs. Enfin, David Steinberger, CEO de Perseus a indiqué que son entreprise travaille en étroite collaboration avec Apple pour que son catalogue numérique soit disponible le 3 Avril sur l’iBookstore.

Apple est décidé à bousculer le modèle d’Amazon. D’ailleurs il semblerait, d’après une source bien informée, que des cadres de Perseus aient pris un billet pour Seattle pour aller faire pression sur Amazon et lui vanter les bienfaits du modèle d’agence.

MAJ : Le New York Times a annoncé dans la nuit un autre partenariat entre Apple et un éditeur. Cette fois-ci, il s’agit de Workman Publishing Company, connu pour sa série “What to Expect” et des ouvrages comme “Water for Elephants” ou encore Silver Palate cookbooks. Ces deux éditeurs risquent d’être les premiers d’une longue liste.

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Gallimard demande à Wikisource de faire du ménage

Quelle surprise à la découverte de cette information publiée sur Wikisource, la base de données libre de textes et d’ouvrages ! Suite à une demande des éditions Gallimard, les titres de plusieurs auteurs (Éluard, Gide, Giono, Valéry, Apollinaire, Calloc’h, Desnos, Jacob, Péguy, Pergaud, Segalen, de La Ville de Mirmont) vont devoir disparaître du site de la Fondation Wikimedia, au motif suivant (Source Wikisource) :

Le 15 février 2010, la Wikimedia Foundation a reçu une demande de Éditions Gallimard SA (une société française dont le siège est situé au 5 rue Sébastien Bottin — 75007 Paris) de retirer certaines pages du Wikisource en langue française, avec pour motif qu’elles sont en violation de copyright. Cette demande s’appuie sur l’affirmation des Éditions Gallimard que le site Wikisource vise un public français et que, par conséquent, d’après les règles françaises de conflit de lois, le droit d’auteur s’applique à ce contenu.

Comme l’indique François Bon dans son billet (à lire absolument !), l’idéal d’une bibliothèque universelle est ébranlé. A méditer.

Pour suivre l’avancée des débats sur Wikisource, c’est par ici. A suivre de très près ce qui s’annonce déjà comme l’Affaire Gallimard.

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Les éditeurs de presse optimisent leurs sites pour l’iPad

A la manière du Telegraph ou de Wired, les éditeurs de presse semblent bien décidés à saisir l’opportunité créée par l’iPad pour redynamiser leur activité et redéfinir la façon d’accéder aux informations. Les éditeurs s’activent ainsi à développer une application pour être présent sur l’AppStore, mais cherchent également à améliorer leur site Internet pour offrir aux futurs possesseurs d’iPad un accès optimal au contenu en ligne.

National Public Radio et The Wall Steet Journal prévoient à ce titre de créer une version spécifique de leur site web dépourvue de Flash de façon à ce que les utilisateurs d’iPad ne soit pas réfractaires à l’idée de venir consulter un site incomplet en Flash. On voit là toute l’ironie de l’histoire dans la mesure où l’handicap de l’iPad (non support de Flash) est résolu par les fournisseurs de contenu, qui s’adaptent aux limitations de l’appareil, et obtempèrent de fait à l’utilisation de la technologie HTML 5 pronée par Apple en remplacement de Flash.

Cette nouvelle version iPad viendrait en plus de la version iPhone, ce qui est du point de vue du consommateur une bonne nouvelle dans le sens où ces derniers pourront profiter au maximum des possibilités de l’iPad et accéder aux journaux aussi bien depuis une application dédiée que le site web optimisé (et non pas une version mobile minimaliste).

A défaut d’avoir créé un produit révolutionnaire, Apple a au moins le mérite de susciter un engouement et une dynamique extraordinaires à même de bouleverser les canons du livre et de la presse numérique.

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Numerik:)ivres : du nouveau dans l’édition numérique française


On ne compte plus les nouvelles maisons d’éditions entièrement dédiées au numérique. Après Leezam ou encore SmartNovel voici un nouveau venu sur le marché de l’édition numérique : Numerik:)ivres. Cependant, la lecture numérique a grandement évolué ces derniers mois. Les maisons d’éditions publiant sur mobile ont dû faire évoluer leur offre.

En effet, alors que le nombre d’applications étiquetées ebook vient de dépasser les applications de jeux sur l’App Store, il est devenu difficile de se faire une place dans les meilleurs ventes. De plus, comment faire pour communiquer dans un flot de contenus à lire, d’une diversité propre au numérique, du bon au très mauvais. Numerik:)ivres pense avoir trouvé un axe de développement : profiter des réseaux sociaux pour faire connaître son catalogue et effectuer un véritable travail éditorial, tant dans la sélection des auteurs que les compétences mises à leur disposition. Est-ce l’équation numérique idéale? Retour sur la naissance d’un éditeur numérique.

Numerik:)ivres (prononcé “Numeriklivres”) est né de la collaboration entre deux adeptes du numérique, co-auteurs du fameux Roman d’Arnaud, Jean-François Gayrard et Gwen Catala. Justement, la réflexion entamée pour la réalisation de ce premier roman 2.0 (une expérience d’écriture numérique retransmise sur plusieurs réseaux sociaux, chaque soir) a abouti à la création de Numerik:)ivres. D’ailleurs, les deux co-fondateurs ont beaucoup réfléchi à la définition de l’éditeur numérique. Comme nous l’a indiqué Jean-François Gayrard, “nos exigences éditoriales sont les mêmes que dans l’édition traditionnelle, seul le support de diffusion change: le numérique. Donc, nous ne faisons pas de l’auto-édition parce que nous faisons du numérique”.

Des collections ciblées

Au total, ce seront quatres collections qui viendront remplir le catalogue virtuel de l’éditeur : Histoires à lire debout, Nouvelles à lire debout, Petites vites et Carnets à blog. Grands fanatiques de l’utilisation des réseaux sociaux, pour une communication au plus près de son lectorat potentiel, l’équipe de de Numerik:)ivres s’est déjà fait un nom dans l’univers des blogs littéraires et a recruté plusieurs de ses auteurs dans cette blogosphère. Pour son lancement, le 21 avril 2010, Numerik:)ivres proposera 8 titres (deux par collection). D’ici la fin de l’année, plusieurs dizaines d’ouvrages viendront enrichir le catalogue. En effet, l’éditeur numérique recherche activement ses futurs auteurs et propose un système de soumission de manuscrit avec une réponse sous 60 jours. Avis aux écrivains en herbe ou aux plus rodés.

Une offre de distribution complète


Chaque titre sera diffusé simultanément sur les différentes plateformes numériques, aussi bien l’App Store pour l’iPhone et l’iPad, que le Kindle Store d’Amazon ou encore la vente au format ePub directement sur le site de l’éditeur. On suppose également que les ouvrages seront disponibles par le biais d’autres distributeurs en France. Les versions iPhone et iPad emploieront un moteur de lecture conçu en partenariat avec Pe Soft et amené à évoluer rapidement d’ici la fin de l’année. La roadmap est ambitieuse et remplie de surprises. On en attend une tout particulièrement : une offre de location de livres électroniques. Cela promet. Pour l’achat à l’unité, les prix fixés par Numerik:)ivres ne seront pas cassés, “ne s’agissant pas de faire du roman feuilleton (…) pas question de sortir des titres à 0,79€” nous confiait Jean-François Gayrard. Suivant les collections, les ebooks seront vendus entre 4,99€ et 12,99€.

Numerik:)ivres propose une offre éditoriale complète issue d’une véritable réflexion sur la révolution numérique en cours. Cependant, comme toute nouvelle conquête, tous les acteurs ne survivront pas. Pourtant, l’accent mis sur la plateforme d’Apple et les réseaux sociaux permet de s’adresser à un large public qui a prouvé son goût pour la lecture numérique. Couplé à quelques surprises attendues d’ici la fin de l’année, Numerik:)ivres se place comme un éditeur numérique très prometteur nous laisse penser que ses titres vont vite se retrouver sur nos mobiles et nos readers. Rendez-vous le 21 avril pour lire les premières lignes de cette nouvelle aventure numérique.

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Exclu : Pas d’éditeurs français sur l’iBookStore avant au moins deux mois

Alors qu’Apple continue d’entretenir le buzz autour de l’iPad avec son spot publicitaire diffusé pendant la cérémonie des Oscars, nous avons eu confirmation de notre côté que l’iBookStore ne proposera pas de livres en français pour le lancement de l’iPad prévu fin avril en France. De sources sûres, nous apprenons en effet que les éditeurs français et européens n’auront pas accès à l’iBookStore avant au moins deux mois.

Il semblerait de fait qu’Apple Europe ne soit pas informé pour le moment des modalités d’inscription à l’iBookStore et invite les éditeurs européens à patienter encore quelques mois. Apparemment Apple n’aurait donc pas encore entamé les discussions avec les maisons d’éditions européennes et cela viendrait confirmer les rumeurs selon lesquelles l’iBookStore resterait dans un premier temps disponible uniquement aux Etats Unis.

On peut ainsi imaginer que l’iBookStore sera une simple application à télécharger sur le Store US avant d’apparaître dans quelques mois sur le Store français… A moins bien entendu que l’iPad intègre par défaut l’iBookStore et mette à disposition le catalogue américain au travers d’une librairie internationalisée…ce dont on doute fort au vu de la politique d’Apple et de la question des droits d’auteurs très différente selon les pays.

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Entretien avec les Editions Alphabet de l’Espace

Nicolas Fougerousse est le gérant de la maison d’édition Alphabet de l’Espace, créée en 2007 près de Chambéry (73). Dans la continuité de sa réflexion et de son travail sur le numérique, Nicolas nous a contacté pour nous faire part de ses idées et de ses constats concernant le livre électronique.

Nous avons souhaité offrir aux lecteurs d’eBouquin une interview complète d’un professionnel du secteur de façon à appréhender les enjeux de l’édition numérique du point de vue d’un éditeur directement confronté à ces questions.

L’entretien est composé de deux parties : une interview vidéo présentant les éditions Alphabet de l’Espace, puis une interview écrite répondant aux différentes thématiques autour du livre et de l’édition numérique.

L’intégralité du rapport est également disponible au format PDF.

  • Présentation des Editions Alphabet de l’Espace

  • eBouquin.fr : point de vue sur l’édition numérique & le livre électronique

ÉAE : Faisons un petit rappel historique et un rapprochement logique avec le livre de poche. Créé et choisi pour son faible encombrement et son prix bon marché, il apparaît dans les années 20 et prend réellement son essor dans les années 50. On imagine les grincements des éditeurs à l’époque : «ce format va tuer notre rentabilité», «il va asphyxier les grands formats», etc. 60 ans plus tard, le livre de poche est toujours là, les livres grand format également, ni l’un ni l’autre n’ont disparu : ils cohabitent, ils sont complémentaires. L’édition numérique et le livre électronique sont des évolutions naturelles et logiques du rapport écriture / lecture. Parchemins, incunables, éditions brochées, livres de poche, livres numériques, voici l’évolution simplifiée de l’objet-livre tel que nous le connaissons aujourd’hui. Une chose est sûre, nous sommes au tournant d’une évolution technologique majeure vis-à-vis de notre rapport au savoir, à la connaissance et au divertissement, et ce dans la continuité du réseau internet.

Je pense que les livres existeront toujours, quoi de plus simple à utiliser qu’un livre ? Mais le marché se modifie, il est en train de s’organiser pour répondre au mieux aux attentes des lecteurs, et même les devancer. Au- delà de l’édition numérique, c’est toute la chaîne du livre qui est en train d’être repensée : la création littéraire avec des textes plus courts, leur publication avec des éditeurs qui doivent de plus en plus penser nouvelles technologies, leur diffusion et distribution avec des plateformes adaptées, leur lecture sur des supports dignes de ce nom. L’émergence de l’édition communautaire (c’est le lecteur / internaute qui donne son avis, ses critiques, sur un texte) est également un axe important à prendre en compte. Cela permettrait aux éditeurs de mieux mesurer les risques qu’ils prennent en amont grâce au retour des internautes.
Le meilleur exemple, et en même temps contre-exemple, que nous pouvons suivre d’une façon générale est celui du monde de la musique qui a été bouleversé depuis 10 ans.

  • eBouquin.fr : enjeux autour du prix du livre & législation

ÉAE : La chaîne du livre numérique est en train de s’organiser et d’inventer un nouveau modèle économique. En poussant à l’extrême, si les éditeurs proposaient sur leur site la vente directe de livres numériques, ils pourraient se passer des intermédiaires que sont le diffuseur / distributeur et le libraire, donc ils pourraient baisser le prix des livres numériques de façon considérable, donc toucher un public plus large. En poussant encore plus loin, qu’est-ce qui empêcherait les auteurs de proposer eux-mêmes la vente de leurs livres numériques sur leur propre site ? La question du prix et de la législation serait vite réglée. Ces tendances existent à l’heure actuelle et vont sûrement se démocratiser mais je pense qu’elles resteront minoritaires. Écrire un livre numérique est une chose, le publier en est une autre, le commercialiser et le distribuer encore une autre. Chacun de ces postes réclame des compétences.

Il ne s’agira donc pas de brader ces compétences mais de les adapter au marché internet, c’est-à-dire à la stratégie commerciale du «Give to get» (Donner pour recevoir) et de la nano-économie. Encore une fois, servons-nous de ce qui se fait dans la musique. Il vaut mieux vendre 5000 exemplaires d’un livre numérique à 9.99 €, avec des fragmentations par chapitre à 0.99€ par exemple, que 1000 exemplaires à 15€. Si le premier chapitre plaît, le lecteur achète le second, etc., avec possibilité d’acheter le livre intégral en tenant compte des achats de chapitres précédemment faits. Cela oblige aussi la création littéraire à se modifier, au risque qu’elle soit formatée, comme le sont les morceaux de musique avec des durées comprises entre 3 et 4 minutes. Quant à la législation, deux choses me paraissent primordiales : la loi du prix unique sur le livre numérique, et une tva à 5.5%. Le modèle économique doit encore se peaufiner, la règle des 70% (pour les éditeurs) / 30% (pour le diffuseur-distributeur) proposée par Apple semble gagner du terrain au point d’obliger Amazon à revoir son système de rétribution.

À partir de là, on peut faire 4 hypothèses des distributions financières au sein de la chaîne du livre. Et comme la vérité n’existe pas, elle se situe probablement dans un mix de ces 4 hypothèses distinctes :

Tout d’abord, le schéma actuel et traditionnel, avec un livre papier par exemple à 16 € ttc. Rappelons que ce schéma actuel est un schéma malade. Les auteurs dans leur majorité ne touchent que trop peu de droits d’auteur, les obligeant à avoir une autre profession à côté. Les petits éditeurs qui assurent une diversité culturelle ont tout le mal du monde à avoir une bonne présence en librairie (des petites librairies indépendantes jusqu’aux groupes Fnac, Chapitre ou Cultura). Les librairies leur demandent d’être diffusés et distribués par une structure professionnelle (donc une marge encore moindre), il faudrait alors qu’ils publient 4 fois plus d’ouvrages, d’où encore un accroissement de la surproduction littéraire. Les libraires croulent sous les offices des gros éditeurs et passent énormément de temps à faire de la gestion plutôt que de la vente de livres. Les taux de retour des libraires vers les distributeurs sont de l’ordre de 30%, ce qui engrange des coûts de transports aller, et retour, très importants. Enfin, le lecteur, lorsqu’il entre en librairie, c’est pour demander une référence précise dont il a entendu parler par la presse ou par le bouche-à-oreille, presse submergée de demandes des éditeurs pour faire parler de leurs ouvrages. Malgré tout, le système perdure, les ventes sont là, même si tout le monde ne vit pas correctement, loin de là, par rapport au travail fait.

Ensuite, l’hypothèse où l’auteur vendrait directement ses livres numériques sur son site par exemple, et vendrait chaque exemplaire du livre numérique 9.99 € ttc, pratique qui existe et qui continuera de se développer mais qui restera minoritaire, car obligeant l’internaute à aller sur le site de chaque auteur pour se constituer sa bibliothèque :


Ensuite, l’hypothèse où l’auteur confierait son travail à un éditeur, et que ce dernier le vende directement sur son site par exemple, et vendrait chaque exemplaire du livre numérique à 9.99 € ttc, pratique qui existe et qui continuera de se développer mais qui restera minoritaire, car obligeant l’internaute à aller sur le site de chaque éditeur pour se constituer sa bibliothèque :

Ensuite, l’hypothèse où l’auteur confierait son travail à un éditeur, que ce dernier fasse appel à un diffuseur / distributeur numérique type Apple iBookStore, et vendrait chaque livre numérique 9.99 € ttc, hypothèse la plus logique mais qui élimine purement et simplement les libraires / diffuseurs / distributeurs traditionnels du circuit :

Enfin, l’hypothèse où l’auteur confierait son travail à un éditeur, que ce dernier fasse appel à une plateforme commune de libraires qui assurerait la diffusion / distribution numérique, qui viendrait directement concurrencer la plateforme Apple iBookStore par exemple, et où le livre serait vendu 9,99 € ttc :

En conclusion, si le livre numérique passe au prix public de 9,99€, les marges en valeur pure, et non en pourcentage, de chacun baissent, il faudra donc compter sur une augmentation du nombre de lecteurs ou des actes d’achat des lecteurs pour compenser l’écart, ce qui est possible : un prix plus bas est forcément synonyme de plus grande accessibilité.

Les marges pures baisseraient, hormis pour l’auteur qui serait le grand gagnant de cette redistribution financière. Si l’éditeur n’était pas d’accord pour lui verser 30 % de droits, il pourrait très bien vendre ses ouvrages par son propre site, même si cette solution semblerait minoritaire, le schéma existe déjà et n’est pas forcément gagnant. Au pire, il ne toucherait que 20% de droits (l’équivalent en valeur pure de ce qu’il a actuellement), le reste irait pour l’éditeur. La plateforme commune libraires ne pourrait guère prétendre à plus de 30% de commission car elle est en concurrence directe avec ce que proposerait Apple.

  • eBouquin.fr : position vis-à-vis d’Amazon, Google, Apple, Orange, etc.

ÉAE : Pour faire simple, Amazon est devenu l’un des plus gros sites de vente en ligne dans divers domaines : livres, musique, dvd, photo, image, son, jeux vidéo, jouets, décoration maison, beauté, santé, vêtements, bijouterie, etc. Google est de très loin le premier moteur de recherche internet pour le contenu web, image et texte. Apple a révolutionné l’usage de la musique à partir de 2001 avec sa gamme iPod et la plateforme iTunes. Apple a révolutionné l’usage du téléphone portable en 2008 avec l’iPhone et la plateforme AppStore. Il est évident qu’Apple va révolutionner l’usage de la lecture numérique avec l’iPad / l’iPhone et la future plateforme iBookStore. Il serait inconscient de penser le livre numérique sans ces acteurs. Sans pour autant sous-estimer le rôle des acteurs français du livre numérique et qui servent de sages régulateurs. Il faudra aussi compter sur la vente de livres numériques directement par les fournisseurs de téléphonie mobile et de box internet / téléphone / tv. En poussant le raisonnement un peu plus loin, qu’est-ce qui empêcherait Orange par exemple de venir concurrencer l’ensemble des bibliothèques et médiathèques, en proposant directement la location de livres numériques ou de presses numériques depuis l’accès internet de la box, et qui serait lisible sur la tv directement, mais aussi téléchargeable sur ordinateur, iPhone, iPad ou eReader.

  • eBouquin.fr : avis sur l’iPad et les nouvelles tablettes internet

ÉAE : Jusqu’à présent, les lecteurs numériques, ou e-readers me faisaient penser à des instruments d’un autre siècle, malheureusement le précédent. Apple avec son iPad, mais aussi ce que vont annoncer Google, Microsoft, Dell, Leonovo, LG, ou d’autres qui se renouvellent comme Sony, Booken, etc., tous ces fabricants vont tout simplement révolutionner l’usage archaïque des e-readers précédents en les adaptant aux technologies actuelles : écran multi-touch, connectivité internet sans fil, écran couleur, légèreté, design, usage domestique, usage mobile, etc. Mais c’est loin d’être suffisant : les appareils, c’est bien, mais quid de la gestion des contenus ? Encore une fois, comme pour la musique, plusieurs plateformes de téléchargement de livres numériques verront le jour, certaines existent déjà, une seule réellement sortira du lot : l’iBookStore ? En attendant, les auteurs, les éditeurs et les libraires créent ou peuvent créer leu propre application pour Apple iPhone et bientôt iPad.

  • ÉAE : et le lecteur dans tout ça ?

ÉAE : Tous les acteurs du livre numérique (auteurs, éditeurs, diffuseurs / distributeurs) doivent avoir les yeux tournés vers une seule personne : le lecteur. Une fois que tout aura été mis en place, que les tablettes seront effectives, que les contenus seront facilement commercialisables et facilement lisibles, c’est-à-dire courant 2010 et 2011, comment le lecteur s’y retrouvera dans la jungle des centaines de milliers de livres qui seront disponibles ? Les classifications habituelles roman / vie pratique / essais / nouvelles / poésie / BD / SF / Polar, etc. me sembleront désuètes. Hormis les professionnels de la chaîne du livre, qui est réellement intéressé par ces classifications ? De plus, lorsque vous allez sur un site qui vend des livres numériques aujourd’hui, hormis les ouvrages présents sur la page 1, voire la page 2, et sur les encarts publicitaires, qui prend le temps d’aller voir les autres pages, donc les autres livres ? C’est un peu comme si on ne présentait en librairie que les grosses ventes sur les tables et que tous les autres rayonnages disparaissaient. Quoique parfois nous n’en sommes pas loin…

La technologie du tag (ou mot-clé) paraîtrait bien plus appropriée. Elle permettrait au contenu proposé par les éditeurs de remonter vers les lecteurs par la requête de ce dernier, et non plus le contraire. Je suis lecteur, j’aimerais un livre dont les thématiques seraient l’amour, la cruauté, la beauté, et qui se passerait à New York. Il faudra alors un moteur de recherche capable de sélectionner les livres correspondant à ces critères. Et là, c’est bien sur le contenu, sur la sémantique, que le travail est considérable. Google et son moteur de recherche, Xerox et son moteur sémantique FactSpotter, Apple et le triptyque iPhone / iPad / iBookStores, cela nous promet une décennie passionnante et des usages du livre à réinventer de A à Z !

Et pourquoi pas de faire venir à la lecture d’autres publics…

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