Posts Tagged ‘gallimard’

La sélection du jour #141

  • Edition numérique : échec des négociations – Europe 1
  • Zinio en vente ? – Goodereader
  • Endangered Languages, le dernier projet philantropique de Google. – Google
  • Bookeen, la startup française, signe avec le réseau de librairies allemandes Thalia. – Les Echos
  • Amazon : entre l’emploi et le fisc, Montebourg a choisi. – Rue89
  • Could Riffle Be the Pinterest of Book Discovery? – Publishers Weekly
  • Amazon’s markup of digital delivery to indie authors is ~129,000% – Andrewhy
  • Gallimard s’offre Flammarion et récupère les albums Tintin ! – ActuaBD
  • Amazon Studios s’offre 4 nouvelles séries. – The Verge
  • Pas d’exclusivité sur les ebooks édités par Amazon Publishing. – PaidContent
  • Transformez votre Kindle Fire en Newton ou Mac Plus. - TUAW
  • Les ventes de livres numériques dépassent celles des nouveautés imprimées aux Etats-Unis – Livres Hebdo

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Gallimard rejoint l’iBookstore en catimini

Bon dernier des grands éditeurs français, Gallimard fait son apparition sur l’iBookstore d’Apple. Depuis peu, une bannière aux couleurs de l’éditeur trône en page d’accueil du site et dirige le visiteur vers une partie de son catalogue numérique. Pour l’instant ce sont 330 livres numériques en EPUB (moins que Publie.net comme le fait remarquer @variations_zoo sur Twitter !) qui sont disponibles à la vente (contre 487 sur ePagine). Cette différence s’explique par la présence de quelques dizaines de titres en PDF dans le catalogue de l’éditeur centenaire, un format refusé dans la librairie d’Apple.

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Gallimard Jeunesse sera aussi lisible sur les appareils iOS, tout comme la collection Folio. En revanche, aucune trace des 723 ouvrages numérisés issus du fond de catalogue de Gallimard. En cause, toujours le format PDF (avec DRM) et il faudra passer par ePagine pour acquérir ces fichiers… Vivement que l’éditeur continue son travail de numérisation de son catalogue unique.

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L’arrivée de Gallimard sur l’iBookstore est un retournement de situation important. Depuis deux ans, l’éditeur français résistait à la tentation de la Pomme. Même si des bruits de couloirs (et des essais sur l’iBookstore) annonçaient ce lancement, il y a moins d’un mois Gallimard rappelait son opposition aux conditions d’Apple (cf. The Bookseller). Mais difficile de voir passer les potentielles ventes sur l’iPad… L’iBookstore reste l’une des principales librairies numériques en France, même depuis l’arrivée du Kindle d’Amazon et de l’offre Kobo by FNAC.

Gallimard vs. Publie.net : le choc de deux visions de l’édition

Aujourd’hui, à 13h14, François Bon publiait sur son compte Twitter un bref message qui a remué la sphère de l’édition numérique.

Quelques minutes plus tard, les passions se déchainaient, laissant se succéder une longue litanie de comptes d’apothicaires pour savoir qui, de Gallimard ou de François Bon, était en tort. Les articles n’ont pas arrêté de se suivre : un premier point du gérant de Publiet.net (mis à jour au fil des évolutions de l’affaire), une pétition pour sauver la traduction inédite, un débat de juristes sur le compte Twitter de Calimaq, un hastag #gallimerde, une Antigone contre Créon, Christophe Grossi circonspect sur son blog et un Actualitté toujours informé et bien infiltré dans les couloirs de l’édition française.

L’article le plus complet pour comprendre le fond de cette affaire est sûrement celui d’Hubert Guillaud sur LaFeuille. Il souligne d’emblée la complexité du calcul de la durée du droit d’auteur qui, pour cette oeuvre d’Hemingway, court jusqu’en 2047 (ou 2032… cf. article sur Slate) !

Cette méprise est bien évidemment due à la complexité du droit d’auteur, qui diffère en durée selon le pays d’origine des auteurs et les pays où il s’applique. Ainsi, si l’oeuvre d’Ernest Hemigway est entièrement libre depuis cette année au Canada qui dispose de la règle des 50 ans de droit après la mort de l’auteur (Hemingway s’est suicidé en 1961) quelque soit son pays d’origine – malgré l’appel de Michael Gleist,cela pourrait ne pas durer -, cela n’est pas le cas aux États-Unis, où, si quelques oeuvres d’Hemingway sont libres (la loi par défaut étant de 50 ans après publication sauf prorogation qui porte alors à 75 ans après la mort), ce n’est pas le cas du roman paru en 1952 dont les droits ont été prorogés et qui appartient jusqu’en 2047 à son éditeur Scribner dont le fond désormais appartient à Simon & Schuster propriété de CBS corporation. Ce n’est pas le cas donc en France, où Gallimard dispose des droits sur toute traduction française jusqu’à ce que ceux-ci s’élèvent dans le domaine public aux États-Unis, car, comme le soulignait Numerama, l’article L123-12 du code de la propriété intellectuelle impose une durée de protection similaire à celle du pays d’origine de l’oeuvre, soit 2047. La durée de droit de la traduction de Jean Dutour, mort en 2011, elle devrait courir jusqu’en 2081 (70 ans après la mort de l’auteur)… Espérons que d’ici là, Gallimard aura eu l’intelligence de proposer aux lecteurs une traduction plus conforme à l’original.

Une situation de monopole possible grâce à l’exclusivité dont dispose Gallimard sur la version française de l’ouvrage. Hubert Guillaud démontre que cette affaire met la lumière sur une question centrale : “De mon vivant, aurais-je le droit de lire une autre traduction de l’oeuvre d’Hemingway que celle de Jean Dutour ?” Une fois de plus, le lecteur capable de lire dans la langue originale est le plus avantagé dans l’univers du livre numérique… 

En attendant, le lecteur devra se contenter d’une traduction datée et d’une version papier. Pas de version numérique existante (à moins de se fournir au Canada où aucun éditeur ne dispose de l’exclusivité et l’ouvrage est tombé dans le domaine public). Est-ce que Gallimard va se presser d’en sortir une ? Fort probablement. On supposera un prix de vente de 4,99 €, comme la version papier (sur Amazon à cette adresse).

Les classiques sont une machine à cash dont les éditeurs auront beaucoup de mal à se défaire. Encore plus lorsque l’éditeur dispose d’un monopole (imaginez les dizaines de milliers collégiens qui achètent l’ouvrage chaque année…). Un monopole qui ne tient qu’à un contrat que la traduction de François Bon mettait potentiellement en péril (cf. article sur Actualitté). N’y aurait-il pas une action en justice à imaginer ? Le droit d’auteur mène parfois à des aberrations qui viennent limiter la diffusion des oeuvres. On s’étonne aussi de la disproportion des acteurs, le géant qui tremble face à la jeune coopérative. Gallimard contre Publie.net, c’est un peu LVMH contre une fabrique de maroquinerie qui aurait, par mégarde, dessiné un sac trop ressemblant à un Vuitton.

La traduction de François Bon ne disparaît pas pour autant. Les 22 heureux acheteurs disposent de la première édition numérique censurée d’un ouvrage. Elles ne manqueront pas de s’échanger sous le manteau et sur le réseau (à moins que Gallimard abandonne sa traduction pour celle-ci…). Ce titre sera sûrement le premier titre piraté dans le catalogue Publie.net, une vie parallèle pour une édition dont Gallimard a tout fait pour l’ériger en étendard d’une résistance contre un modèle économique et juridique incompatible avec l’univers du numérique.

Puis, le fait que cette oeuvre d’Hemingway, traduite par François Bon, soit mise sous les projecteurs n’est pas anodin. Le vieil homme et la mer, c’est François. La mer qu’il parcourt, c’est le Web, celle dans laquelle il s’efforce de créer. Je le revois à Ouessant, sa tablette à la main, nous déclamant un croustillant passage de Gargantua. Rien ne lui enlèvera cet appareil des mains et je crois que l’on ne surprendra plus avec un Gallimard sous le bras.

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MAJ : A lire aussi sur le blog Embruns.net une mise en parallèle de trois traductions des premières lignes du Vieil homme et la mer.

Amazon : une offre numérique à la qualité inégale

Lecture...

Si les coquilles du Goncourt corrigées par la communauté pirate ont monopolisé une bonne partie de l’attention, les lecteurs numériques ont plus à s’inquiéter de la qualité de mise en forme de certains fichiers commercialisés. Tandis que le niveau global des EPUB s’améliore (sauf pour certains qui ne manquent pas de tomber sous les critiques du lecteurencolère), la situation est bien plus inquiétante du côté des Mobipocket ou de la déclinaison la plus récente du .AZW. Arrivé il y a un mois en France, Amazon débarque avec une plateforme de lecture fondée sur un format différent du standard international, avec ses particularités. Pourtant, les éditeurs, avertis au préalable de l’arrivée du géant américain, sont au travail depuis cet été.

Pour être accessibles sur la librairie numérique d’Amazon, les éditeurs doivent convertir leur catalogue. Pour faciliter la transition, Amazon propose aux maisons de lui fournir des fichiers EPUB qui seront convertis en format Kindle par le biais de KindleGen. Mais le résultat peut laisser à désirer, puisque KindleGen modifie les feuilles de style en les simplifiant. Et si l’éditeur laisse la main à Amazon, il ne peut voir le résultat de la conversion avant sa commercialisation. S’il y a des chances que KindleGen2 change la donne, la seconde solution à disposition de l’éditeur est de générer ses propres Mobipockets, à partir d’un fichier EPUB, et d’effectuer les éventuelles corrections à la main, dans le code, ce qui n’est pas à la portée de tous.

Cela n’a pas empêché, pour certains ebooks commercialisés, d’être bien différents leurs versions EPUB équivalentes. Le dernier Goncourt, dont l’EPUB a été réalisé par ePagine, mais visiblement converti à l’aide de KindleGen par Amazon, n’a pas échappé à la tendance. La conversion de masse a été privilégiée, au détriment de la qualité des fichiers, même si certains ne manqueront pas d’être vendus à plusieurs milliers d’exemplaires sur la librairie numérique d’Amazon.

Version officielle ou adaptation officieuse, à la recherche d’un ebook de qualité

Au premier lancement, le lecteur sera surpris de découvrir que l’ebook de Gallimard comprend deux couvertures. L’équivalent de la page de garde est complètement destructuré, indigne des éditions papier de la maison. Les débuts de chapitre ne sont plus formatés par la feuille de style de l’EPUB et la navigation dans le fichier est laborieuse. Même si l’ebook est chapitré, il est impossible d’appeler la table des matières depuis le menu adéquat.

Une couverture... en double.

Mais où est passée la feuille de style ?

Ici aussi, pas de feuille de style.

Le texte est bien là mais la navigation laborieuse.

Impossible d'appeler la table des matières depuis le menu.

À 16,80€ l’ebook, le lecteur est en droit de demander un fichier de meilleure facture… Mais est-ce que cela est la conséquence du format Mobipocket ? Pas totalement. Pour un même texte, il est tout à fait possible de faire quelque chose de présentable et sans beaucoup de travail supplémentaire. La communauté pirate n’a pas les moyens d’un grand éditeur et fonctionne avec des outils gratuits, souvent issus du monde du logiciel libre (Calibre, pour ne pas le citer), et une bonne connaissance des formats de livre numérique. Une vérification du fichier permet de corriger les problèmes de structuration de l’ebook. Au final, la version illégale est mieux formatée et plus agréable.

Une couverture mise à jour...

Ici, pas de problème de style après la conversion en .Mobi

Des têtes de chapitre plus travaillées

Une table des matières complète...

... et accessible depuis le menu.

Les grands classiques, mal-aimés de la mise en page

Les négligences sur les ebooks vendus sur la librairie Amazon sont assez nombreuses. Ces soucis ne touchent pas uniquement le dernier Goncourt et les ouvrages du domaine public sont souvent les moins biens lotis. Et cela même sur les versions commerciales de ces textes ! Depuis le lancement du Kindle en France, quelques ouvrages de la collection de classiques de l’éditeur Garnier-Flammarion sont en vente sur Amazon. Abordables (2,99 €) et commentés, ce sont de bonnes alternatives aux textes gratuits, issus du projet Gutenberg ou d’autres sources. Mais malheureusement, la qualité du Mobipocket laisse grandement à désirer. L’ouvrage Du Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau en est un bon exemple.

A première vue, l'édition semble identique à la version papier...

Rapidement, on se rend compte que ce n'est pas le cas...

Il faut tourner de nombreuses pages avant d'atteindre le début du texte.

Aucune table des matières accessible depuis le menu.

Du texte en gras, tout le long de l'ouvrage.

Des chapitres qui se suivent, presque collés les uns aux autres.

Du gras, toujours du gras...

Impossible d'aller d'un chapitre à l'autre sans chapitrage correct.

Tout d’abord, tout le texte est formaté en gras. Même si cela augmente le contraste (l’écran E-Ink Pearl est déjà suffisamment lisible…), la lecture devient rapidement désagréable. L’ebook n’est pas chapitré et on ne peut pas appeler la table des matières depuis le menu. Autant dire que la navigation est laborieuse dans un texte déjà important et abondamment commenté dans cette édition. Le problème vient en partie du format Mobipocket qui ne gère pas la table des matières de la même manière que l’EPUB, du coup, la conversion d’un format à l’autre génère un mauvais rendu. Idéalement, l’éditeur devrait demander à son sous-traitant deux fichiers EPUB : l’un destiné à la commercialisation dans ce format (iBookstore, FNAC, ePagine, Immatériel etc.) et l’autre, « EPUB-friendly » pour permettre une conversion de qualité en Mobipocket/AZW. Dans le cas de l’édition Garnier-Flammarion, il faut reconnaître que la version vendue sur iPad est de bonne facture, comme le montrent les screenshots ci-dessous.

EPUB ou Mobipocket, même combat

Faut-il avoir un reader EPUB ou un iPad pour lire des fichiers correctement mis en page?? Non. Des éditeurs travaillent leurs fichiers Mobipocket. C’est le cas de Publie.net qui, après avoir constaté que la conversion automatique n’était pas idéale, a commencé à reprendre son catalogue pour optimiser l’affichage sur la plateforme Kindle. Du côté des éditeurs plus traditionnel, force est de constater que certains d’entre eux font aussi ce travail qualitatif, comme par exemple Robert Laffont.Chaque fichier destiné à la librairie d’Amazon est relu et adapté à la lecture sur Kindle avant sa mise en ligne. Le fichier est correctement chapitré, le texte répond bien aux ajustements permis par le moteur de lecture du Kindle et la table des matières bien présente. La bonne recette pour un meilleur confort de lecture sur un reader E-Ink.

Une table des matières accessible depuis le menu.

Une mise en page proche de la version papier et EPUB.

Les différents manques que nous avons pu relever ne sont pas propres aux fichiers Mobipocket/AZW mais touchent aussi les EPUB, même si une certaine expérience du format commence à être perceptible chez certains éditeurs (il serait plus juste de dire, chez certains prestataires). Cependant, l’arrivée du KF8 risque d’améliorer grandement la qualité des fichiers vendus par Amazon, grâce au support de nouveaux éléments, notamment les feuilles de style en CSS3 et d’autres fonctions absentes du Mobipocket qui commençait à prendre du retard dans certains domaines, notamment l’édition enrichie multimédia.

MAJ : Comment rendre la table des matières d’un EPUB accessible sur un Mobipocket après conversion? La réponse ici. Lire aussi le billet du Lecteurencolère sur la conception d’un fichier Kindle.

Gallimard : le dernier Goncourt corrigé par la communauté pirate [MAJ x4]

Vaut-il mieux pirater des ebooks que de les acheter légalement si l’on veut un fichier de qualité ? Malheureusement, le mauvais travail de certains éditeurs risque de donner raison à ceux qui ont cette pratique. On connaissait le très bon travail de certains teams de pirates sur la qualité de leurs fichiers EPUB (ou Mobipocket) et sur les corrections effectuées avant la mise en ligne. Visiblement, la pratique n’est pas la même chez Gallimard qui vend un fichier avec des coquilles. Et pas n’importe quel livre : le dernier Goncourt, L’art français de la guerre d’Alexis Jenni.

Un des plus importants réseaux d’ebooks piratés a publié sur Twitter une courte sélection des erreurs typographiques et des fautes trouvées dans le fichier EPUB commercial. La liste n’est pas longue, mais laisse penser qu’il n’y a pas eu de travail de relecture suffisant sur le fichier numérique mis en vente. Surtout lorsque l’EPUB coûte 16,80 € sur la FNAC et le Mobipocket chez Amazon !

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À quoi peut-on imputer ces erreurs ? Visiblement, il s’agit de coquilles de numérisation : les « ç » qui deviennent des « c », les « é » qui se transforment en « e », les points qui apparaissent après des mots en milieu de phrase, etc. Cela relève la méthode de production utilisée par Gallimard : un PDF qui passe par un système d’OCR (ce qui était une boutade n’a pas été pris comme tel visiblement…). Autant dire, une pratique que l’on pensait disparue pour les dernières nouveautés des grandes maisons. Espérons que l’éditeur centenaire va corriger son fichier numérique et proposer une mise à jour à ses clients (un processus simple à mettre en oeuvre sur l’iBookstore et le Kindle Store).

L’influence des teams pirates est indéniable, surtout dans un marché encore embryonnaire. Face à une offre de contenu encore limitée et parfois de piètre qualité (nous ne manquerons pas de revenir sur cette question), force est de constater que l’offre illégale est souvent de bien meilleure qualité. Les teams d’ebooks sont-elles les corsaires de l’édition numérique ? Verra-t-on émerger des éditions revues et corrigées par les lecteurs, tant les éditeurs semblent s’affranchir de certaines étapes essentielles du travail éditorial ?

Une fois de plus, il est bon de rappeler que la présence de DRM ne protège pas les fichiers de leur diffusion illégale. Nous ne ferons que répéter que ces mesures de protection sont illusoires et que l’abandon de tels dispositifs sera bénéfique au développement du marché. Supprimer les DRM, c’est rendre les ebooks hackables, transportables sur n’importe quelle plateforme et libres de permettre à l’utilisateur de les lire selon son propre usage de lecture numérique (application et niveau de partage). Et puis, cela permettra aux lecteurs de corriger les coquilles…

Mise à jour : À la suite des commentaires sur Twitter et des mails de certains lecteurs, il semble que ces coquilles soient aussi présentes… dans la version papier ! En tout cas, on les retrouve dans l’EPUB commercial. Pour la version Mobipocket, dont la qualité de mise en page n’est pas idéale (mais la faute est à partager avec le moteur de lecture Kindle assez capricieux et rustique), nous n’avons pas encore pu vérifier les similitudes. En effet, l’ebook n’est pas encore « indexé » sur notre reader. La technologie…

MAJ 2 : Péniblement, la recherche plein texte du Kindle se met à fonctionner, même si l’ebook n’est pas encore totalement indexé. Pour l’instant, les coquilles sont toujours là, ce qui n’est pas étonnant sachant que le fichier source est un EPUB converti par Amazon, par le biais de KindleGen.

MAJ 3 – 14/11/2011 : Compte tenu de l’évolution de cette histoire, il est nécessaire de faire un point sur les derniers éléments révélés sur le web ou les réseaux sociaux.

Tout d’abord, faisons le point sur les faits : ce qui n’était que quelques coquilles découvertes dans une version numérique, ce sont aussi révélées être présentes dans la version papier (en tout cas, dans leur grande majorité, car l’absence de recherche plein texte sur un texte papier ne facilite pas les vérifications). Il est donc logique que l’erreur ait été répliquée dans les différentes déclinaisons du texte. Plus surprenant, qu’elle soit passée au travers du filtre d’un éditeur comme Gallimard.

L’objet de ce billet était de relever, non sans un certain amusement, que les pirates, pourchassés par les grandes maisons, ne sont pas si inutiles à l’écosystème du livre numérique. Si l’on a relevé ici des coquilles, il y aurait bien plus à dire de la qualité des fichiers numériques commerciaux. En cela, le dernier Goncourt n’échappe pas à la règle. On ne peut même pas appeler la table des matières dans la version vendue sur le Kindle Store ! Un comble pour un fichier commercialisé…

Les moins complaisants s’amuseront aussi à relever que les dernières assises du numérique du SNE avait justement pour sujet la fabrication de fichiers, notamment en EPUB 3. Avant de passer à la version 3, pourquoi ne pas essayer de faire des fichiers EPUB et Mobipocket corrects ?

La conception de fichiers numériques, EPUB et Mobipocket, est un véritable enjeu économique, et pointer du doigt ces négligences n’est pas sans risque. À une époque où ces prestations sont constamment externalisées, le risque de défaillance augmente. Gallimard n’est pas le seul éditeur à proposer des fichiers dont la qualité laisse à désirer ou à oublier de corriger certaines erreurs. Une bonne partie des éditeurs commerciaux (« 100% numérique » ou traditionnels) est logée à la même enseigne.

Nous ne manquerons donc pas de revenir sur ce sujet, images à l’appui, pour démontrer que les ebooks commerciaux sont d’un niveau très inégal, en terme de qualité et d’ergonomie. Comme indiqué dans l’article d’origine, je pense que le développement du marché du livre numérique doit se faire avant tout sans concessions sur la qualité des textes commercialisés pour faciliter l’émergence d’usages de lecture numérique et limiter l’essor du piratage. Affaire à suivre.

Mise à jour 4 – 17/11/2011 : La team Alexandriz vient de communiquer sur son blog des coquilles repérées dans le Goncourt. Je me joins à leur étonnement quand au retentissement connu et les motivations de leur travail méritent d’être connue. Un billet long mais complet, une bonne #lecturedusoir !

En tout cas, ce pavé dans la mare aura eu le mérite de faire la lumière sur la qualité des fichiers commercialisés et les prix trop élevés de lignes de codes, parfois mal ordonnées. L’édition française a encore du pain sur la planche.

Prix Goncourt et Prix Renaudot 2011, à l’heure en numérique

Les temps changent. Les années précédentes, les ouvrages récompensés par des prix n’étaient souvent pas disponibles en numérique. Les raisons étaient diverses : crainte du piratage, politique d’entreprise visant à ne pas considérer le numérique, indécision sur le prix d’un ouvrage numérique ou encore refus de l’auteur de céder ses droits numériques. Du coup, les plus accros à la lecture numérique ont du se rabattre sur l’offre illégale ou bien numériser leur exemplaire papier (oui, véridique !).

Le cas du Goncourt 2010, La Carte et le Territoire de Michel Houellebecq est tout à fait significatif. Disponible dès la publication du livre en ebook sur les réseaux illégaux, il aura mis un bon mois à débarquer en numérique de manière légale. Cependant, avec une rapide recherche Google, la version illégale restée encore accessible. Quant à la commercialisation sur l’iBookstore et le Kindle Store, il aura fallu attendre le mois dernier.

Cette année, les jurés du Goncourt ont attribué le prix au premier roman d’Alexis Jenni, L’art français de la guerre (Gallimard), grand favori de cette édition. Vendu en papier à 21 €, une version numérique du titre est en vente sur la plupart des boutiques partenaires de la plateforme Eden-Livre, soit le Kindle Store, Immatériel, Feedbooks mais aussi le réseau ePagine et eBooksurf. Malheureusement, il faut compter 16,80 € pour cet ebook, ce qui laisse de beaux jours au piratage. On est bien loin des bestsellers du New York Times à 9,99 $…

Malheureusement, le fichier est protégé par DRM, que cela soit sur le Kindle Store ou les distributeurs tiers utilisant la DRM d’Adobe. Ce choix est dans la politique habituelle de Gallimard. En revanche, on remarquera que le titre est encore absent de l’iBookstore…

L’autre lauréat de la journée est Emmanuel Carrère qui s’est vu décerner le Prix Renaudot pour son dernier ouvrage Limonov. Là encore, le fichier proposé par l’éditeur (P.O.L) est protégé par DRM et l’on ne sera par conséquent pas surpris du prix de vente. Il faut compter 17 € pour l’ebook. Peut-être vaudra-t-il mieux l’acheter en papier (qui peut être prêté en toute simplicité). Même si les prix sont disponibles à temps en numérique, cela se fait aux prix de certains compromis. Du mieux pour l’édition 2012?

Dans tous les cas, on s’amusera de la newsletter envoyée hier par Amazon à ses clients. Une prémonition?

La sélection du jour #112

  • Domaine public : Gallimard échoue à faire bloquer 727 URL canadiennes – PCInpact
  • La version 2 de l’Adam de Notion Ink prévue pour décembre? MobileIndian
  • Overdrive propose aux bibliothèques américaines des ebooks sans DRM. – Actualitté
  • L’industrie du livre hésite toujours pour HADOPI. – Numerama
  • La numérisation et l’archivage d’une vie : MyLifeBits. – Microsoft Research
  • La LeapFrog, une nouvelle tablette pour enfants. – Engadget
  • Pas de loin sur le prix unique du livre chez les Suisses, même pas de projet pour l’ebook. – Tribune de Genève
  • Comment concevoir un livre en PDF de qualité? – The Book Designer
  • Le développeur de Kobo pour iOS débauché par Apple. – Quartermain
  • Les versions numériques de la saga Millenium bientôt sur l’iBookstore britannique. – The Independant
  • Lecture numérique : plus d’un Français sur quatre lit un ebook piraté – Actualitté
  • La guerre des chiffres en Amazon et Kobo. – Archicampus
  • Les derniers jours de Borders? – Wall Street Journal

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La sélection du jour #107

  • Etude de cas d’application iPad : i-Mad. – PresseCitron
  • Presse : Apple revoit sa copie sur les abonnements In-App. – iGeneration
  • L’odeur du livre ou les pouvoirs de suggestion du papier (Partie 1). – SoBookOnline
  • Entretien avec Lawrence Lessig, professeur de droit à Harvard – Bibliobession
  • Michael Connelly passe le million d’ebook vendus sur Amazon. – BusinessWire
  • Une application Gallimard sur iPad en honneur à son fondateur. On aimerait mieux voir leur catalogue en ePub… – Aldus2006
  • Ebook : l’impossible lecture pour un jeune sans carte bleue. – Actualitté
  • Le livre-objet, objet fétiche. – Homo-Numericus

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Gallimard, Flammarion et Albin Michel poursuivent Google en justice

Décidément, la courte histoire du livre numérique en France a déjà son lot d’affaires judiciaires. Après celle menée par La Martinière qui avait été à l’origine de la condamnation de Google, c’est maintenant au tour de Gallimard, Flammarion et Albin Michel de poursuivre le géant de l’Internet. L’AFP rapporte l’affaire. En cause, la numérisation “sauvage” des titres de ces éditeurs qui est pratiquée par Google depuis quelques années. Pour l’instant, l’assignation vise Google France mais une procédure identique va être également communiquée auprès de la maison mère.

Nous sommes donc face à une nouvelle action en justice destinée à faire arrêter la numérisation massive par Google d’ouvrages sous droits. En effet, aujourd’hui plus de 9797 titres sont concernés et le groupement d’éditeurs réclame 1000 euros de dommages et intérêts par titre. Ainsi, les trois éditeurs réclament au total une somme de 9,8 millions d’euros. La réponse du Google fut brève en indiquant à l’AFP sa surprise et rappelant être “convaincu de la légalité de Google Livres et de sa conformité avec les lois françaises et internationales en matière de droits d’auteur”. Une position qui diffère radicalement de celle de l’édition française. La balle est maintenant dans le camp de la justice française qui doit fixer un calendrier pour la suite des événements. A suivre.

Gallimard : “le danger ce n’est pas le numérique, c’est la gratuité”

A l’occasion de sa série d’articles “Editores ante el final de la era Gutenberg”, le quotidien espagnol El Pais a rencontré Antoine Gallimard, pour discuter de l’avenir du livre et de l’édition numérique. Certaines déclarations sont édifiantes…

Voici quelques extraits de l’interview :

  • A propos de l’avenir du livre

Je ne suis pas inquiet quant à l’avenir du livre. Je suis certain que le livre conservera une place extrêmement  importante. Le livre électronique, loin d’annoncer la fin du livre, est au contraire une nouvelle opportunité pour celui ci. Un livre ne se définit pas seulement par un enchaînement de caractères, une mise en page et quelques chapitres… Et le livre numérique se présente lui, simplement comme un nouvel organe constitutif du livre. Comme la photographie, le livre numérique offre une grande flexibilité : différents formats, réimpressions limitées. Par conséquent, il constitue une opportunité formidable pour enrichir le catalogue et maintenir les livres en vie.

Je crois que l’avenir du livre dépend à la fois des éditeurs et des auteurs. Pour exercer cette profession il ne suffit pas d’aimer la littérature, il faut également aimer les écrivains, les lecteurs, le public. C’est une profession qui implique le désir de partager, à travers le livre, des univers imaginaires et secrets. Vargas Llosa l’a très bien expliqué lors de son discours du prix Nobel : “Raconter des histoires pour faire que la vie soit meilleure.” Nous aurons toujours besoin d’histoire pour améliorer notre vie. C’est pour cette raison que je crois que le livre à un brillant avenir.

  • A propos de la révolution numérique

La révolution numérique est une révolution technologique fondée sur la rapidité avec laquelle nous pouvons nous procurer du contenu. L’important est de savoir si cette révolution va transformer le comportement du lecteur ou influer sur l’imagination de l’écrivain. [...] Le danger n’est pas le numérique : comme je l’ai dit précédemment, l’édition numérique est une opportunité. Le vrai danger c’est la gratuité. Il ne s’agit pas d’accuser Internet mais le piratage. [...]

Gallimard a entamé des procédures judiciaires contre plusieurs fournisseurs d’accès tels qu’Orange, de façon à ce que ces derniers arrêtent d’héberger des sites depuis lesquels les internautes téléchargent illégalement des livres numériques. Nous avons réussi à faire fermer certains de ces sites, toutefois Orange nous a attaqué en retour au nom du libre accès à Internet.

En tant que président du SNE, je lutte aujourd’hui en faveur des droits d’exploitation numérique et pour l’établissement d’une loi qui assure le contrôle des prix du livre numérique, de façon à préserver à la fois la valeur du livre, de la création et de l’édition, mais aussi pour protéger les libraires et les écrivains.

  • A propos du piratage

Le livre est mieux armé que la musique, car, par nature, il n’est pas si immatériel. Le livre fait appel à tout nos sens : le toucher, l’odeur du papier, la vue… Et son intermédiaire historique est le libraire. En France, nous avons la chance d’avoir encore aujourd’hui de très bonnes librairies, contrairement au Royaume Uni par exemple, où le métier de libraire tend à disparaître.

Le monde de la musique n’a jamais réalisé le danger, mais le livre est arrivé plus tard que la musique dans l’univers numérique. Même les politiques, les médias et l’opinion publique ont pris conscience du risque. Désormais nous travaillons de façon à ce que l’offre de livres numériques soit aussi large et attrayante que possible, sans pour autant abandonner la lutte contre le piratage…

Lire l’intégralité de l’interview sur El Pais.

Gallimard reprend le contrôle de son compte Twitter

L’affaire du compte Twitter de Gallimard a trouvé une issue. Comme le rapporte le site Actualitté, Antoine Gallimard et le propriétaire du compte @Gallimard ont trouvé un accord pour que la société récupère l’accès au compte. D’ici deux semaines, le service marketing de l’éditeur français recevra les codes d’accès et @Gallimard prendra cette fois-ci un ton un peu plus officiel. On ne peut se féliciter d’une issue de ce type même si rien vient garantir que Gallimard s’occupera dignement de sa communauté en ligne. En effet, l’éditeur n’a pas d’équipe web dédiée et sa présence en ligne est relativement limitée par rapport à ses concurrents ou ce qui se fait chez des éditeurs étrangers. Dans tous les cas, Gallimard ne devra pas décevoir le bon millier de followers qu’elle vient de récupérer, au risque de s’éloigner un peu plus de ses lecteurs en numérique… Affaire à suivre.

Offrez-vous le compte Twitter de Gallimard [MAJ]

Vous pensiez suivre la maison d’édition Gallimard sur Twitter? Et bien non ! Numerama révélait au début du mois que ce compte Twitter n’était pas géré par l’entreprise familiale mais par un particulier prenant sur son temps libre pour alimenter le flux des dernières nouveautés de l’éditeur. Cependant, ce fan a décidé de mettre fin à l’aventure il y a peu, par manque de temps, et a invité Gallimard a récupérer les clefs du compte. Après plusieurs semaines d’attente, aucune signe d’intérêt s’est manifesté du côté de chez l’éditeur. Du coup, le propriétaire a décidé de le vendre aux enchères sur eBay.

A l’heure où j’écris ces lignes, 42 personnes ont enchéri sur l’offre portant le montant à 216€ (cliquez ici pour voir l’offre). L’ensemble des gains seront reversés à une association de lutte contre l’illettrisme. Mais ce que nous retiendrons sûrement, c’est la désillusion du futur ex-propriétaire du compte Twitter, déçu de voir une société si importante ne pas considérer Internet :

“Aujourd’hui je suis dépité et surtout déçu du silence du groupe.  Je n’attends rien de Gallimard,  j’ai même HONTE qu’un éditeur centenaire ignore une telle communauté et un canal de communication aussi puissant que Twitter. J’aurai été très fier que ce compte et sa communauté subsiste mais il semble quasi impossible de laisser la main à quelqu’un en dehors du groupe.”

La maison Gallimard se réveillera-t-elle avant la fin des enchères, dans un peu plus d’une semaine ? A suivre.

Merci à Aurélie pour l’information.

MAJ : La réaction ne se sera pas fait attendre ! Dans un communiqué transmis à l’AFP : “Antoine Gallimard a finalement proposé un rendez-vous, vendredi, au jeune internaute dans l’optique d’une solution la plus satisfaisante possible (pour les deux parties) et tout devrait se régler à l’amiable et très rapidement“.

La sélection du jour #91

  • Salon du Livre : présentation Idate. - Aldus2006
  • 31e Salon du Livre : comment le numérique bouge-t-il ? - La Feuille
  • Bataille autour du contrôle du livre numérique - Le Figaro
  • Livre numérique : quand les auteurs s’en mêlent - Owni
  • Le papier contre le numérique – Owni
  • Gallimard ne prend ni soin de Twitter ni de ses fans. - Numerama
  • Le Washington Post refait son site web. - Washington Post
  • Le New York Times lance son système de paiement – LeMonde.fr
  • L’émission Apostrophe débarque sur Dailymotion. – Daillymotion
  • Le marché des applications est en train de se structurer. - L’Atelier
  • iPad 2 : premières impressions. – iGeneration
  • La demande d’iPad 2 décrite par Apple comme “incroyable”. - AppleInsider
  • Flipboard and the end of “sourciness”. – O’Reilly Radar

La sélection du jour #89

  • Txtr recrute un vétéran de l’édiiton. – Techcrunch EU
  • Readability lance son application web, en attendant une réponse d’Apple pour la version iOS. – iGeneration
  • Le prochain livre de Benoit XVI sera disponible en ebook. – Teleread
  • Les prix des ebooks en 2004 vs. 2011 : Qu’est-ce qui a changé? – Teleread
  • Le futur des manuels scolaires. – LecturesLab
  • La BoogieBoard, présentation en vidéo. – Blogeee
  • Louer des ebooks sur Facebook, bientôt possible? – GalleyCat
  • eBook : la durabilité est une caractéristique, pas un bug. – The Guardian
  • Gallimard libère son catalogue au compte-goutte en numérique… – Le Monde

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France Culture : L’ère numérique du livre ?

France Culture organisait hier au sein de l’émission “Du grain à moudre“, un débat mettant en scène Antoine Gallimard, PDG des Editions Gallimard, Olivier Nora, PDG des Editions Grasset & Fayard et François Gèze, PDG des Editions La Découverte, autour de la question du livre numérique. L’occasion de revenir sur les enjeux et (surtout) les dangers du numérique, la question du prix des livres, ou encore l’arrivée de l’iPad…

Voici la présentation de l’émission :

Une plaisanterie court dans les grandes maisons d’édition américaines : le deuxième livre imprimé sur la fabuleuse machine de Gutenberg aurait déjà eu pour sujet la mort de l’édition. Voilà en effet un secteur culturel qui vit hanté par l’idée de sa propre disparition.

Dans ces conditions, l’arrivée du numérique est perçue comme une nouvelle menace. Et pas complètement à tort : la grande librairie du net, Amazon, a non seulement choisi de fixer un prix très bas, moins de 10 dollars, pour les versions numériques à télécharger sur sa tablette Kindle, mais elle est parvenue à négocier des droits numériques exclusifs avec quelques romanciers, évinçant la médiation de l’éditeur.

On comprend pourquoi outre-Atlantique on a vu arriver la tablette d’Apple comme le Messie : jouer l’ipad contre le Kindle, Apple contre Amazon, permet en effet aux éditeurs de retrouver une position de force. Les négociations vont bon train avec Steve Jobs pour que les ouvrages téléchargeables soient proposés, cette fois à 15 dollars.

En France le prix unique du livre protège pour l’instant les éditeurs de questions aussi cruciales. Mais les interrogations sur leur métier sont vives. Jason Epstein, le fondateur du livre de poche aux Etats-Unis, (encore une vision américaine me direz-vous) prédit la disparition des géants de l’édition, l’apparition d’unités éditoriales semi-autonomes et le choix par les auteurs les plus lus de l’auto-édition.

Du côté des éditeurs français, quelles sont les anticipations, les préoccupations, les stratégies ? On en débat aujourd’hui…

Vous pouvez retrouver cette émission sur France Culture, ou en téléchargeant le podcast sur iTunes. Bonne écoute !