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Le livre numérique est-t-il en train de révolutionner l’informatique ?

S’il semble aujourd’hui acquis que l’avenir de l’informatique se trouve dans nos smartphones et tablettes, il est bon de rappeler que ce marché n’a pas connu de révolution profonde. Les interfaces tactiles ont certes changé la donne mais beaucoup d’acteurs tentent de reproduire le schéma de l’informatique traditionnelle. Pourtant, le livre numérique augure sans doute un changement encore plus radical.

L’iPad ou l’impossible compétition

Aujourd’hui le marché des tablettes est dans une impasse. Apple a réussi à modeler le marché à son image : la tablette, par excellence, c’est l’iPad. La plupart des consommateurs ne regardent même pas la concurrence, voire ignorent son existence.

Pour un constructeur, développer une tablette le place donc dans un segment du marché pas plus large que 20 à 30% du marché global. Elle fera juste figure de énième tablette. Les géants du secteur se heurtent tous à cette réalité. Samsung n’aurait vendu qu’une infime partie de ses stocks de Galaxy Tab, la Xoom de Motorola n’irait pas beaucoup plus loin et HP a dû brader son TouchPad à moins de $100 après un échec total et le déclenchement d’une crise avec son premier distributeur américain, BestBuy. Il est impossible de battre Apple sur ce terrain.

C’est pourtant dans la déroute d’HP que le futur semble s’entrevoir. Au prix de $99, son TouchPad s’est vendu en un clin d’oeil, il est même devenu un objet recherché.

C’était le “réveille-matin” dont avaient besoin les constructeurs. Le problème, c’est que ce réveil intervient au milieu d’un doux rêve – personne n’aime être tiré du lit dans ces moments-là.

Avec les tablettes, les constructeurs espéraient renouer avec les fortes marges, disparues pendant «la guerre vers le bas » du PC, qu’ils ont orchestrée et dont ils se sont retrouvés victimes. Apple n’a jamais suivi le mouvement, et un Mac coûte aujourd’hui deux fois plus cher qu’un PC équivalent. Si les tablettes sont le futur de l’informatique, il y avait de grandes chances pour que ce modèle se reproduise. Une tablette non Apple doit donc coûter deux fois moins cher qu’un iPad pour se vendre…

Le Nook Color ouvre la voie

Il y a un an, Barnes and Noble introduisait le Nook Color. Cette tablette numérique de 7 pouces (contre 10 pour l’iPad) fait figure de parfait appareil pour qui veut consulter ses contenus, en premier lieu lire ses livres et magazines. Pour cette orientation lecture, le Nook Color est comptabilisé dans la catégorie «readers», comme le Kindle.

Pourtant, le Nook Color tourne sur Android comme bien des tablettes et embarque une boutique d’applications.

Cette association a empêché de voir que le Nook Color était probablement devenu la deuxième tablette la mieux vendue aux Etats-Unis. Ce n’est pas Samsung, HP ou Motorola, mais bien Barnes and Noble ! Un libraire donne une leçon aux géants du secteur sur le marché des tablettes.

Pourquoi ? Comment ? La réponse tient en deux points.

  • Le prix d’abord. Un iPad coûte en entrée de gamme $499. S’il faut vendre à la moitié du prix d’Apple, on arrive à $249. Or c’est précisément le prix du Nook Color. Barnes and Noble a tapé dans le mille avec son tarif défiant toute concurrence.

  • L’usage ensuite. Jusqu’ici, en dehors des foules technophiles, il a été difficile d’introduire l’idée qu’une tablette pouvait être très utile. Est-ce un substitut de l’ordinateur ? Un smartphone plus grand ? Un gadget à 500 balles ? Apple s’en est très bien sorti en mettant en avant tous les usages possibles. Barnes and Noble a décidé de choisir un autre axe pour son démarrage : la lecture. A quoi ça sert un Nook Color ? A lire, tout simplement. Des livres pour soi, mais aussi pour ses enfants. On peut recevoir ses magazines qui sont magnifiques sur l’écran couleur, le tout augmenté de l’expérience tactile. Match « Faire passer l’usage » ? Barnes 1 – Constructeurs 0.

Amazon et le grand bond en avant

Démontrer l’usage par le livre fut la première grande percée dans le monde des tablettes. Ce simple argument permettait de justifier la catégorie. C’est seulement plus tard que Barnes a décidé d’ouvrir sa plate-forme à d’autres types de contenus comme les applications.

Et si les contenus étaient en train d’ouvrir la voie à une révolution du marché ? Il y a quelques mois, je publiais une analyse expliquant pourquoi B&N et Amazon n’avaient pas besoin de réaliser de marges sur leurs lecteurs numériques. En effet, ces derniers ne gagnent pas leur vie sur la vente de matériel mais sur celle de contenus. Leur intérêt est donc d’essaimer le plus largement possible.

Au diable les marges sur le Nook Color ou sur la future tablette d’Amazon. Les profits seront réalisés sur le contenu. D’où la panique de Samsung et consorts ! Le livre numérique est le fer de lance de cet assaut parce qu’il est le bien numérique le plus cher : en moyenne $10 contre $1 pour un morceau de musique ou une application. C’est d’ailleurs la spécialité d’Amazon et de Barnes&Noble et ils ont derrière eux le succès de leurs readers. Les fortes marges sur ce produit permettent de rattraper la vente à quasi-prix coûtant des appareils.

Mais le souci de Barnes and Noble est que son réseau est cantonné aux États-Unis, ce qui empêche une transformation du marché global. Le grand bond en avant devrait donc venir d’Amazon. Son réseau est international et sa force de frappe n’est plus à démontrer. A n’en pas douter, le prix de son «Kindle touch» sera agressif et son usage est déjà tout trouvé. Les chances sont grandes que vous ayez déjà un compte chez Amazon ce qui facilite la rentabilisation de la plate-forme. Ses contenus seront nombreux et diversifiés. Et Amazon peut vous contacter facilement…

TechCrunch publiait récemment des esquisses de ce qu’ils avaient vu de l’appareil et le moins que l’on puisse dire c’est que les contenus étaient au centre.

C’est finalement un changement de paradigme que le livre a permis. Nous sommes en train de passer d’un marché informatique centré sur la technologie pour elle-même (course au gigahertz et aux gigabytes), à une informatique qui sert l’utilisateur. La technologie se met au service de la création, de la distribution du savoir et de l’imaginaire.

Tout ça grâce à deux libraires. Plus que jamais, au XXIe siècle, le livre est une arme au service de révolutions. Il s’apprête à changer nos vies virtuelles…  «For better and for good» ?

Solal Fitoussi fait partie des co-fondateurs de SmartNovel, une maison d’édition numérique pure player française. Initialement en charge des technologies chez SmartNovel, il habite aujourd’hui aux Etats-Unis. Vous pouvez le suivre sur Twitter à @solalfitoussi.

Composition n°1 : la littérature expérimentale s’invite sur l’iPad

Marc Jahjah présente sur son blog une application pour la moins originale. Nommée Composition n°1, elle expérimente un système de lecture aléatoire qui vient battre en brèche l’habituelle linéarité souvent obligée par les moteurs de lecture comme iBooks ou ceux de nos readers. Une approche surprenante qui ouvre des horizons encore peu explorés par les éditeurs.

Composition n°1, lancée pendant l’été, passée inaperçue, est une oeuvre issue de la littérature numérique, adaptée d’un texte de Marc Saporta daté de 1963 et sans doute inspiré des 100 000 milliars de poèmes de Queneau (1961). Avec Composition n°1, Saporta montre en effet « qu’un dispositif de 148 fragments narratifs [peut] engendrer 148x147x146, etc. combinaisons possibles« . L’éditeur, Visual Editions (anglophone, comme la quasi totalité des commentaires sur cette oeuvre), en avait déjà édité une version, aujourd’hui portée sur iPad.

L’application est téléchargeable pour 5,49€ sur l’App StorePour lire le test complet, rendez-vous SoBookOnline.

La sélection du jour #119

  • Rockport Publishing s’offre une application iPad pour vendre ses ebooks. – Dexigner
  • Polymer Vision démontre la solidité de ses écrans. – The Digital Reader
  • Amazon, pionnier du cybercommerce, et vendeur de livres sur le net, en 1995 – Actualitté
  • Les discours du pape des JMJ 2011 à télécharger, en ePub, sur le site de l’OpusDei. – Opus Dei
  • Nicolas Hulot met le papier recyclée au placard pour proposer son programme en ebook (ePub et Mobi). – Libération
  • Ce que révèle l’accord entre Google Books et la British Library. – SILex
  • Global E-Readers Market to Reach 53.87 Million Units by 2017, According to New Report by Global Industry Analysts. – SFGate
  • Le japonais Rakuten ouvre son ebookstore, sous conditions – Actualitté
  • Pocketbook présenterait une nouvelle tablette Android cette semaine, mais sans écran Mirasol. – The Digital Reader
  • Why Handwriting Must Die – Next Nature

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Adobe fait la promotion du PDF sur… iOS !

Il est vrai que l’iPad est un bon outil pour consulter et lire des PDF formatés en A4. Du coup, les applications capables de lire un tel format ne manquent pas à l’appel et, quelques mois après sa sortie, iBooks adoptait ce format en plus de l’ePub. Adobe a donc souhaité proposer sa propre application qui permet de convertir presque n’importe quel type de fichier texte ou image en PDF, en préservant le formatage d’origine. En effet, la liste des formats compatibles est assez longue :

• MS Word (docx, doc), Excel(xlsx, xls), PowerPoint (pptx, ppt)
• Adobe Illustrator (ai), Photoshop (psd) and InDesign (indd)
• Images – JPEG, BMP, PNG, GIF, TIFF
• RTF, Text and WordPerfect
• OpenOffice and StarOffice documents

Cependant, Adobe garde ses bonnes vieilles habitudes et vend son petit programme 9,99 $. On aura mieux fait d’acquérir GoodReader qui permet de lire un nombre de formats de fichiers équivalent. Dernière restriction : Adobe CreatePDF est pour l’instant disponible uniquement sur l’App Store américain.

Une bande son pour les ebooks, la bonne-mauvaise idée ?

Parfois, certaines innovations autour de la lecture numérique laissent songeur… Booktrack est l’une d’entre elles. Le concept est simple : créer un environnement audio en fonction de la lecture, à partir des différentes ambiances décrites dans le texte et mots repérés par la solution de Booktrack. Ainsi, le mot “vent” déclenchera un son équivalent tandis qu’un coup de feu vous fera véritablement sursauter grâce à la puissance de votre casque audio.

En soi, l’idée est amusante. Mais est-ce vraiment approprié? Ce travail d’”enrichissement” est effectué par une société tierce, qui n’a rien à voir avec l’auteur. D’ailleurs, la majeure partie du catalogue de la société (une dizaine de titres avec leur bande sonore) est issu du domaine public, ce qui simplifie le travail et évite d’obtenir l’accord de l’éditeur ou des ayants droit. Chaque livre est vendu sur la forme d’une application pour iPad et iPhone. Pour l’instant, 5 titres gratuits sont en vente donc il est difficile de percevoir le véritable coût d’un tel produit. Approchera-t-on celui d’un audiobook ?

Concernant le résultat, il faut reconnaître qu’il est de qualité, mais cette bande audio paraît quand même superflue. On aime ou on n’aime pas. ;-)

Via WIRED

Zite cartographie les lectures des américains [MAJ : et se fait racheter par CNN]

Le service d’agrégation Zite a publié sur son blog une étude assez surprenante sur l’utilisation de son service. Ce concurrent de Flipboard permet chaque jour à plusieurs milliers de lecteurs de bénéficier d’un magazine personnalisé à partir de leurs goûts, extraits de leur compte Twitter, Facebook et des algorithmes de l’entreprise. Que cela plaise ou non au lecteur, l’ensemble des choix de lectures est communiqué aux serveurs de la société qui s’en sert pour améliorer son algorithme de prescription. Et au bout de 5 mois de fonctionnement, la startup bénéficie de suffisamment de données pour tirer quelques conclusions sur les pratiques de lectures de ses utilisateurs.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Ses développeurs se sont concentrés sur la mise en place d’une carte interactive (à consulter à cette adresse) des États-Unis qui récapitule les 10 sujets les plus consultés dans chaque État américain. Si pour l’instant la société s’est concentrée sur les pratiques des lecteurs américains, une bonne partie de ses utilisateurs se trouvent en dehors des frontières et elle compte prochainement étendre l’étude à son lectorat international.

Qu’apprend-on de ces statistiques ? Zite fait preuve d’une transparence totale sur sa méthode de calcul, mais les résultats déçoivent quelque peu. Le sujet favori des Californiens est Disneyland tandis que l’équipe de baseball des Yankees et les articles sur l’univers de la publicité intéressent particulièrement les lecteurs de l’État New York. On notera aussi que les lecteurs (plutôt utilisateurs de Zite) ne sont pas assez nombreux dans le Montana et le Wyoming pour fournir des résultats significatifs. Même situation pour l’Alaska. Surprenant? ;-)

MAJ : Quelques heures après la publication de cet article, le groupe de média CNN (appartenant au groupe Time Warner) a annoncé le rachat de la startup Zite. CNN acquiert donc une technologie de prescription de lectures sur tablettes pour concurrencer l’Editions d’AOL ou le News.me du New York Times. Seul Flipboard reste encore indépendant dans le secteur. Pour combien de temps encore?

Grâce à se rachat, Zite va pouvoir bénéficier d’un partenariat privilégié avec l’ensemble des titres de presse du groupe TimeWarner et notamment ceux de sa filiale Time Inc. qui regroupe une bonne partie des plus prestigieux magazines anglosaxons. C’est une excellente nouvelle pour Zite qui, lors de son lancement il y a 6 mois, avait subi les critiques de différents groupes de presse accusant la startup de récupérer leurs contenus sans autorisation d’exploitation. Voilà qui va changer la donne !

Inkling lève 17 millions de dollars et étend son catalogue

Alors que les étudiants américains viennent de faire leur rentrée, les distributeurs de manuels numériques s’affrontent pour démonter que leur solution de manuels numériques est la plus performante. D’autres, comme Amazon ou Kno, rajoutent des fonctionnalités (cf. Kno ajoute des vidéos dans ses manuels), prouvent l’étendue de leur catalogue ou jouent sur les prix, comme le montre l’image ci-dessous.

Face à une telle politique commerciale, les petites startups comme Inkling sont obligées d’innover. Inkling ne se contente pas de commercialiser des manuels PDF, mais se charge de les adapter aux nécessités du numérique et d’une lecture sur tablettes (iPad uniquement). Ainsi, la société obtient de l’éditeur une licence d’utilisation sur l’un de ses titres et l’adapte aux besoins de ses lecteurs. De l’ajout de vidéos à celui d’éléments interactifs (comme des quizz, des cartes et des schémas enrichis, etc.), les manuels sont métamorphosés par les équipes d’Inkling (chaque manuel pèse en moyenne 2Go !). Mais ce travail a un coût. Lors du lancement de son service, Inkling ne proposait qu’une vingtaine d’ouvrages. Aujourd’hui, l’entreprise souhaite développer son offre et a du lever 17 millions de dollars pour financer ce travail (cf. Wall Street Journal), notamment ses 60 salariés et ses multiples prestataires extérieurs.

Cependant, les étudiants restent particulièrement attentifs aux prix de vente de manuels. Si Amazon se permet de faire du discount ou de bénéficier des prix d’appels de la mise en vente de manuels papiers d’occasion, Inkling propose l’achat du manuel complet (au prix fort) ou bien au chapitre (moyennant quelques dollars). Ce mode de vente est très intéressant pour l’étudiant qui doit souvent étudier un aspect précis d’une matière, abordé dans un unique chapitre. En revanche, Inkling ne propose pas (encore) de système de location, contrairement à Amazon (cf. notre précédent article).

Inkling Connected Textbooks from Inkling on Vimeo.

Pourtant, la solution d’Inkling a de nombreux atouts : interface claire et facile à prendre en main, rôle social et pédagogique de la note, réception des commentaires des professeurs, etc. Les créateurs du service ont véritablement pensé les différents usages qu’offrent la lecture numérique pour l’étude et l’apprentissage. Inkling, une startup à surveiller de près.

La sélection du jour #118

  • eReaders.nl, site d’actualité sur l’ebook, ouvre sa boutique de livres numériques. – The Digital Reader
  • Les libraires américains comptent bouder les livres édités par Amazon. – Teleread
  • Un nouveau reader LG et iRiver, spécialement pour le marché chinois? – The Digital Reader
  • Une librairie sur iPad pour le plus grand libraire arabe. – SoBookOnline
  • Le Wall Street Journal croît à l’écran Retina pour l’iPad 3. – iGeneration
  • Kno ajoute des vidéos dans ses manuels scolaires. – The Digital Reader
  • Un panneau solaire derrière l’écran de la prochaine iPad? – Engadget
  • Pourquoi pirate-t-on des livres ? – Le Comptoir de la BD
  • Créer des menus de restaurants à distribuer sur iPad. – iGeneration
  • 1000 iPad pour les écoliers angevins. – Angers

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Moving Tales publie un nouveau conte sur iPad

La société Moving Tales a profité de l’été pour lancer une nouvelle création, toujours destinée aux possesseurs d’iPad et d’iPhone. Cette fois-ci, c’est un conte d’origine perse qui a bénéficié d’une mise en images par Moving Tales. On retrouve les riches animations 3D et le texte interactif qui ont fait le succès des trois précédents titres de la startup. Une fois de plus, les illustrations ne monopolisent pas l’attention du lecteur et l’expérience immersive est accentuée par la lecture audio (en anglais, espagnol et français). Sans renouveler le genre, Moving Tales continue à proposer des contenus de qualité et construit un catalogue de contes numériques qui pourraient bien devenir une référence.

Pour télécharger This too shall pass pour 5,49€, rendez-vous sur l’App Store.

Amazon : Kindle Cloud Reader, la riposte attendue à Apple

Le mois d’août va être chargé chez Amazon. Il y a deux semaines, la firme de Seattle posait les bases d’un futur réseau social de lecture (nous ne manquerons pas de revenir dessus) et aujourd’hui elle livre la version finale du tant attendu Kindle for the Web, renommé pour l’occasion Kindle Cloud Reader (accessible à l’adresse read.amazon.com). Il s’agit ni plus ni moins que d’une application de lecture complète, sous forme de web-app. On y retrouve les fonctionnalités des applications natives Kindle, c’est-à-dire la possibilité de gérer sa bibliothèque d’ebooks achetés sur le plateforme, de lire un ebook en y ajoutant des notes et d’acheter des nouveaux contenus sur le Kindle Store.

L’outil s’adresse aux utilisateurs du navigateur Chrome (Mac, PC, Linux ou Chromebook), de Safari (sur Mac, PC ou iPad). En passant par le navigateur, Amazon contourne le système de paiement In-App d’Apple et s’affranchit ainsi que la redevance obligatoire de 30% sur chacune des ventes réalisées (cf. notre précédent article). Kindle Cloud Reader équivaut en tout point à l’application iOS native, mais s’offre la possibilité d’avoir un accès direct au Kindle Store.

S’il faut reconnaître que l’application est très bien conçue et parfaitement fluide, elle reste très limitée. Par exemple, il n’est pas possible d’importer ses propres ebooks dans le Cloud Reader d’Amazon, pour qu’il puisse être lu en streaming depuis n’importe quel appareil et que les notes créées sur ces ebooks soient aussi stockées. Cependant, il est fort probable qu’une fonction de ce type voit le jour prochainement. Le Kindle Cloud Reader copie le Music Cloud Player qui permet de stocker des musiques acquises sur Amazon ainsi que sa propre bibliothèque musicale MP3. À quand la même chose pour le Kindle avec nos propres Mobipocket?

iPad : tout le catalogue Time Inc. disponible d’ici la fin de l’année

Le groupe Time Inc. confirme le poids de l’iPad dans sa stratégie numérique en annonçant la disponibilité d’ici la fin de l’année de la totalité de ses publications en numérique. Au nombre de 21, Time Magazine sera bientôt rejoint par Entertainment Weekly et bien d’autres. Si l’iPad va être privilégié dans un premier temps, les publications seront aussi commercialisées en version Android et webOS (HP TouchPad) ainsi que pour les readers sur le Kindle Store et le Nook Store. Mais sur ces deux dernières plateformes, la mise en page, l’interactivité et les enrichissements ne seront pas de mise…

La diffusion numérique gagne en importance dans les résultats du groupe, même si elle reste marginale au regard de la diffusion papier du géant de la presse magazine. Toutes publications confondues, Time Inc. a vendu 600 000 exemplaires numériques. La disponibilité en numérique de l’ensemble du catalogue de Time Inc. d’ici la fin de l’année risque de faire croître ce chiffre de manière significative. AppleInsider a d’ailleurs établi la liste des magazines Time Inc. concernés.

  • All You
  • Coastal Living
  • Cooking Light
  • Entertainment Weekly
  • Essence
  • FORTUNE
  • Golf
  • Health
  • InStyle
  • LIFE
  • Money
  • People
  • People En Espanol
  • People StyleWatch
  • Real Simple
  • Southern Living
  • Sports Illustrated
  • Sports Illustrated for Kids
  • Sunset
  • This Old House
  • TIME
  • TIME for Kids
  • Pour l’instant, les contenus promotionnels trouvent plus facilement leur public, comme ce fut le cas pour la Entertainment Weekly’s Must List, publiée sur iPad, dont les chiffres de téléchargements ont dépassé les 11 millions d’unités. L’entreprise compte changer les pratiques des lecteurs, notamment celles de ses abonnés papier (28 millions de personnes aux Etats-Unis), en incluant l’abonnement numérique dans le prix de l’offre. Rendez-vous l’année prochaine pour voir si cette stratégie aura porté ses fruits.

    Push Pop Press abandonne l’édition et rejoint Facebook

    Si nous avions dû établir un palmarès des solutions de publication numérique les plus innovantes et les plus prometteuses, nous aurions retenu sans aucun doute celle de la startup Push Pop Press. Après un premier titre très réussi, Our Choice, basé sur le livre éponyme de politique américain Al Gore, Push Pop Press s’était attelé à la conception d’un framework de publication de livres numériques sous forme d’application. Destiné aux éditeurs, ce framework venait d’entrer en beta privée il y a quelques semaines. Mais coup de théâtre, Push Pop Press a annoncé sur son site la cessation de son activité suite à un rachat de la jeune startup par… Facebook.

    Au prime abord, l’identité de l’acquéreur peut surprendre. Pourquoi le premier réseau social a pu porter son attention sur une startup de l’édition numérique? Plusieurs explications peuvent être données même si cela ne reste que des suppositions. Facebook n’a pas communiqué les motivations de ce rachat. En premier lieu, une partie des personnes ayant commenté le rachat pense que Facebook s’intéresserait contre toute attente à l’édition numérique. Le réseau social multiplie ses avancées dans le domaine de la distribution de contenus numériques à travers sa plateforme (notamment de la musique et des films ou des séries) et le livre numérique (ou la presse numérique) pourrait être la prochaine étape.

    Cependant, la motivation du rachat la plus plausible laisse pencher pour une acquisition de compétences humaines et techniques. En effet, l’équipe de Push Pop Press est composée d’anciens développeurs Apple de haut rang et de concepteurs d’applications bien connues (Delicious Library, AppZapper). Autant dire, des talents qui se sont fait remarquer pour leurs travaux en matière de design d’interfaces innovantes.

    Ces compétences ont été mobilisées pour concevoir un framework qui pourrait être utilisé au-delà du domaine de l’édition numérique. On peut imaginer une nouvelle interface de navigation sur son profil Facebook qui ressemblerait plus à Flipboard qu’à une page web classique. L’utilisation du multitouch serait au coeur de la navigation et l’interface mettrait en valeur les contenus multimédias (vidéos, images, audios) avec une mise en page écran unique. Si Push Pop Press n’a peut-être pas révolutionné l’édition numérique, l’ex-startup risque de changer de manière profonde le design du réseau social, notamment sur tablette, et la manière d’utiliser Facebook dans les mois qui viennent.

    The New Yorker : 20 000 abonnés sur iPad

    La publication légendaire du groupe Condé Nast, The New Yorker, a publié les premiers résultats de sa version iPad, rapportés par le site TUAW. Plus de 20 000 lecteurs ont souscrit, moins d’un an après le lancement de la première version numérique du magazine, à l’abonnement annuel au prix de 59,99 $. De plus, chaque semaine, près de 5000 personnes achètent la dernière édition de la publication.

    Comme le rappelle Michael Grothaus sur TUAW, The New Yorker dispose des meilleurs résultats en numérique des publications du groupe Condé Nast, mis à part WIRED. Grâce à un contenu de qualité et une version numérique qui reprend le design graphique du titre papier, complété par des enrichissements audios et vidéos, le magazine se vend plus que certains titres phares tels que GQ ou encore le fameux Vanity Fair.

    Le confort de lecture a aussi été un élément essentiel dans la conception de cette application de lecture, en raison du contenu du New Yorker où les pages de texte forment la majorité du contenu de la publication. Reste à voir si ces résultats vont continuer à croître, en suivant notamment la croissance du parc d’iPad.

    Daedalus Touch : l’éditeur de texte original

    Parmi les éditeurs de texte sur iPad, Daedalus Touch est sûrement l’un dont l’interface est la plus originale. Chaque document est présenté dans une vue éclatée qui dispose les différents feuillets. La métaphore de la pile de feuilles de papier est reprise dans toute l’application. Les gestes multitouch sont aussi au coeur de cette interface afin de rendre la navigation fluide et rapide. Si les fonctions classiques d’un éditeur de texte sont présentes dans l’application, quelques ajouts bienvenus font de Daedalus Touch un outil d’écriture de qualité.

    Tout d’abord, l’ensemble des documents créés avec le programme sont automatiquement sauvegardés sur une Dropbox. La recherche plein texte permet de retrouver rapidement un passage dans son amas de feuillets virtuels. Pour favoriser la concentration et éviter de jongler entre Daedalus et Safari, l’application intègre un navigateur web pour vérifier une source en quelques taps. Au final, la startup The Soulmen nous livre ici un programme de qualité, complet et intuitif, tout en restant abordable. Un must-have pour les utilisateurs d’iPad.

    Pour acquérir Daedalus Touch (2,99€), rendez-vous sur l’App Store. En revanche, pas de version Android à l’horizon…

    Kobo prépare sa riposte avec une application HTML5

    Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que l’alternative HTML5 soit brandie par l’un des distributeurs touchés par la nouvelle politique commerciale de l’App Store (cf. notre précédent article). La société Kobo a frappé la première en annonçant le lancement d’ici la fin de l’année de son application HTML5. Elle reprendra l’interface des applications natives de Kobo, mais avec un onglet permettant d’acheter des ebooks sur la librairie numérique. Si l’expérience utilisateur est similaire, le distributeur évitera ainsi de passer par le système de paiement In-App (et s’affranchira du prélèvement de 30 % de l’App Store). À terme, cette application pourra aussi bien être utilisée par un possesseur d’iPad que par un utilisateur de tablette Android.

    Kobo applique la même stratégie que celle employée par le Financial Times. Cette précédente expérience a rencontré un vif succès et a notamment démontré qu’il était possible de proposer une application HTML5 de la même qualité que le programme iOS natif. La presse a été le premier secteur touché par les directives d’Apple, et le monde de l’édition peut prendre exemple sur les stratégies développées par leurs confrères. D’ailleurs, Spotify, un acteur majeur de la musique en streaming, a également été touché par le nouveau mot d’ordre de la firme de Cupertino.

    On attend également la riposte d’Amazon qui travaille depuis de nombreux mois sur son interface Kindle for the Web. Ce programme, développé avec les différents standards qui composent le HTML5, n’a rien à envier des programmes natifs déjà proposés par l’entreprise à ses utilisateurs. Au prix d’investissements importants, le secteur du livre numérique risque de sortir de cette affaire avec des solutions de lecture multiplateformes de qualité. Un véritable écosystème de lecture pensé pour le long terme. N’est-ce pas ce que recherchent les acteurs de l’édition, de l’éditeur au lecteur en passant par le distributeur?