Posts Tagged ‘mobipocket’

Amazon : les ressources Kindle Format 8 sont disponibles [MAJ]

Amis éditeurs, Amazon a sorti les premiers outils permettant du créer des ebooks dans le nouveau format Kindle, le Kindle Format 8. Plusieurs ressources, déjà existantes pour la précédente version du format, ont été mises à jour : KindleGen, KindlePreviewer et le plug-in Kindle pour InDesign. Enfin, un manuel regroupe toutes les recommandations pour construire des ebooks de toutes sortes pour la dernière génération de Kindle (Kindle et Kindle Fire).

Pour faciliter la conversion des fichiers HTML, XHTML ou EPUB en Mobipocket, Amazon a fait passer le script KindleGen (cf. notre précédent tutoriel) en version 2.0 (à télécharger ici). Parmi les améliorations, la comptabilité avec toutes les fonctionnalités du format KF8, mais aussi lisible par les appareils capables de lire du Mobi. Reste à tester la puissance de l’outil, notamment si le travail réalisé en HTML5 et JavaScript (comme des fonctions multimédias) dans un EPUB et conservé lors de la conversion. Pour les amateurs d’InDesign, le plug-in de conversion (à télécharger ici) est maintenant compatible avec le KF8.

Pour vérifier le fichier produit, Amazon propose une mise à jour de Kindle Previewer (à télécharger ici) qui permettra aux éditeurs de s’affranchir de l’achat d’un Kindle (ou d’importer un Kindle Fire qui n’est pas encore disponible en France). Si la première version du logiciel différait du moteur de rendu du Kindle, Amazon semble avoir réglé ce problème et garanti un rendu identique entre Kindle Previewer, les ereaders et les applications Kindle.

Enfin, pour compléter ces logiciels, un guide de bonne conduite pour la conception d’un fichier KF8 est disponible en PDF. Une cinquantaine de pages qu’il faudra lire dans le détail pour connaître la moindre balise supportée par le format. Le livre de chevet des éditeurs pour ces prochaines semaines…

En proposant ces nouveaux outils, Amazon pose une première pierre à l’arrivée de contenus plus interactifs et soignés, notamment pour développer les contenus optimisés pour le Kindle Fire. Cependant, un contenu particulier est absent de ces nouvelles spécifications : la bande dessinée. On apprend sur ShotoPress qu’Amazon retient encore les informations sur l’élaboration de bandes dessinées compatibles avec le Kindle Fire.

Pour l’instant, seul l’éditeur DC Comics propose son catalogue aux États-Unis en raison d’un accord d’exclusivité. Cette politique a généré un vif débat dans le milieu et n’a pas manqué de faire des déçus du côté des éditeurs, intéressés par la tablette d’Amazon, qui peut faire un très bon lecteur de bandes dessinées. Contacté par un éditeur, Amazon n’a pas donné de date concernant la publication des spécifications. Espérons que l’entreprise ne tardera pas trop pour imposer le KF8 dans le choix des éditeurs, à quelques jours du lancement d’une nouvelle plateforme d’édition enrichie par Apple.

MAJ : Jiminy Panoz revient sur ses dernières découvertes concernant le Kindle Format 8. A découvrir à cette adresse.

Amazon : une offre numérique à la qualité inégale

Lecture...

Si les coquilles du Goncourt corrigées par la communauté pirate ont monopolisé une bonne partie de l’attention, les lecteurs numériques ont plus à s’inquiéter de la qualité de mise en forme de certains fichiers commercialisés. Tandis que le niveau global des EPUB s’améliore (sauf pour certains qui ne manquent pas de tomber sous les critiques du lecteurencolère), la situation est bien plus inquiétante du côté des Mobipocket ou de la déclinaison la plus récente du .AZW. Arrivé il y a un mois en France, Amazon débarque avec une plateforme de lecture fondée sur un format différent du standard international, avec ses particularités. Pourtant, les éditeurs, avertis au préalable de l’arrivée du géant américain, sont au travail depuis cet été.

Pour être accessibles sur la librairie numérique d’Amazon, les éditeurs doivent convertir leur catalogue. Pour faciliter la transition, Amazon propose aux maisons de lui fournir des fichiers EPUB qui seront convertis en format Kindle par le biais de KindleGen. Mais le résultat peut laisser à désirer, puisque KindleGen modifie les feuilles de style en les simplifiant. Et si l’éditeur laisse la main à Amazon, il ne peut voir le résultat de la conversion avant sa commercialisation. S’il y a des chances que KindleGen2 change la donne, la seconde solution à disposition de l’éditeur est de générer ses propres Mobipockets, à partir d’un fichier EPUB, et d’effectuer les éventuelles corrections à la main, dans le code, ce qui n’est pas à la portée de tous.

Cela n’a pas empêché, pour certains ebooks commercialisés, d’être bien différents leurs versions EPUB équivalentes. Le dernier Goncourt, dont l’EPUB a été réalisé par ePagine, mais visiblement converti à l’aide de KindleGen par Amazon, n’a pas échappé à la tendance. La conversion de masse a été privilégiée, au détriment de la qualité des fichiers, même si certains ne manqueront pas d’être vendus à plusieurs milliers d’exemplaires sur la librairie numérique d’Amazon.

Version officielle ou adaptation officieuse, à la recherche d’un ebook de qualité

Au premier lancement, le lecteur sera surpris de découvrir que l’ebook de Gallimard comprend deux couvertures. L’équivalent de la page de garde est complètement destructuré, indigne des éditions papier de la maison. Les débuts de chapitre ne sont plus formatés par la feuille de style de l’EPUB et la navigation dans le fichier est laborieuse. Même si l’ebook est chapitré, il est impossible d’appeler la table des matières depuis le menu adéquat.

Une couverture... en double.

Mais où est passée la feuille de style ?

Ici aussi, pas de feuille de style.

Le texte est bien là mais la navigation laborieuse.

Impossible d'appeler la table des matières depuis le menu.

À 16,80€ l’ebook, le lecteur est en droit de demander un fichier de meilleure facture… Mais est-ce que cela est la conséquence du format Mobipocket ? Pas totalement. Pour un même texte, il est tout à fait possible de faire quelque chose de présentable et sans beaucoup de travail supplémentaire. La communauté pirate n’a pas les moyens d’un grand éditeur et fonctionne avec des outils gratuits, souvent issus du monde du logiciel libre (Calibre, pour ne pas le citer), et une bonne connaissance des formats de livre numérique. Une vérification du fichier permet de corriger les problèmes de structuration de l’ebook. Au final, la version illégale est mieux formatée et plus agréable.

Une couverture mise à jour...

Ici, pas de problème de style après la conversion en .Mobi

Des têtes de chapitre plus travaillées

Une table des matières complète...

... et accessible depuis le menu.

Les grands classiques, mal-aimés de la mise en page

Les négligences sur les ebooks vendus sur la librairie Amazon sont assez nombreuses. Ces soucis ne touchent pas uniquement le dernier Goncourt et les ouvrages du domaine public sont souvent les moins biens lotis. Et cela même sur les versions commerciales de ces textes ! Depuis le lancement du Kindle en France, quelques ouvrages de la collection de classiques de l’éditeur Garnier-Flammarion sont en vente sur Amazon. Abordables (2,99 €) et commentés, ce sont de bonnes alternatives aux textes gratuits, issus du projet Gutenberg ou d’autres sources. Mais malheureusement, la qualité du Mobipocket laisse grandement à désirer. L’ouvrage Du Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau en est un bon exemple.

A première vue, l'édition semble identique à la version papier...

Rapidement, on se rend compte que ce n'est pas le cas...

Il faut tourner de nombreuses pages avant d'atteindre le début du texte.

Aucune table des matières accessible depuis le menu.

Du texte en gras, tout le long de l'ouvrage.

Des chapitres qui se suivent, presque collés les uns aux autres.

Du gras, toujours du gras...

Impossible d'aller d'un chapitre à l'autre sans chapitrage correct.

Tout d’abord, tout le texte est formaté en gras. Même si cela augmente le contraste (l’écran E-Ink Pearl est déjà suffisamment lisible…), la lecture devient rapidement désagréable. L’ebook n’est pas chapitré et on ne peut pas appeler la table des matières depuis le menu. Autant dire que la navigation est laborieuse dans un texte déjà important et abondamment commenté dans cette édition. Le problème vient en partie du format Mobipocket qui ne gère pas la table des matières de la même manière que l’EPUB, du coup, la conversion d’un format à l’autre génère un mauvais rendu. Idéalement, l’éditeur devrait demander à son sous-traitant deux fichiers EPUB : l’un destiné à la commercialisation dans ce format (iBookstore, FNAC, ePagine, Immatériel etc.) et l’autre, « EPUB-friendly » pour permettre une conversion de qualité en Mobipocket/AZW. Dans le cas de l’édition Garnier-Flammarion, il faut reconnaître que la version vendue sur iPad est de bonne facture, comme le montrent les screenshots ci-dessous.

EPUB ou Mobipocket, même combat

Faut-il avoir un reader EPUB ou un iPad pour lire des fichiers correctement mis en page?? Non. Des éditeurs travaillent leurs fichiers Mobipocket. C’est le cas de Publie.net qui, après avoir constaté que la conversion automatique n’était pas idéale, a commencé à reprendre son catalogue pour optimiser l’affichage sur la plateforme Kindle. Du côté des éditeurs plus traditionnel, force est de constater que certains d’entre eux font aussi ce travail qualitatif, comme par exemple Robert Laffont.Chaque fichier destiné à la librairie d’Amazon est relu et adapté à la lecture sur Kindle avant sa mise en ligne. Le fichier est correctement chapitré, le texte répond bien aux ajustements permis par le moteur de lecture du Kindle et la table des matières bien présente. La bonne recette pour un meilleur confort de lecture sur un reader E-Ink.

Une table des matières accessible depuis le menu.

Une mise en page proche de la version papier et EPUB.

Les différents manques que nous avons pu relever ne sont pas propres aux fichiers Mobipocket/AZW mais touchent aussi les EPUB, même si une certaine expérience du format commence à être perceptible chez certains éditeurs (il serait plus juste de dire, chez certains prestataires). Cependant, l’arrivée du KF8 risque d’améliorer grandement la qualité des fichiers vendus par Amazon, grâce au support de nouveaux éléments, notamment les feuilles de style en CSS3 et d’autres fonctions absentes du Mobipocket qui commençait à prendre du retard dans certains domaines, notamment l’édition enrichie multimédia.

MAJ : Comment rendre la table des matières d’un EPUB accessible sur un Mobipocket après conversion? La réponse ici. Lire aussi le billet du Lecteurencolère sur la conception d’un fichier Kindle.

Gallimard : le dernier Goncourt corrigé par la communauté pirate [MAJ x4]

Vaut-il mieux pirater des ebooks que de les acheter légalement si l’on veut un fichier de qualité ? Malheureusement, le mauvais travail de certains éditeurs risque de donner raison à ceux qui ont cette pratique. On connaissait le très bon travail de certains teams de pirates sur la qualité de leurs fichiers EPUB (ou Mobipocket) et sur les corrections effectuées avant la mise en ligne. Visiblement, la pratique n’est pas la même chez Gallimard qui vend un fichier avec des coquilles. Et pas n’importe quel livre : le dernier Goncourt, L’art français de la guerre d’Alexis Jenni.

Un des plus importants réseaux d’ebooks piratés a publié sur Twitter une courte sélection des erreurs typographiques et des fautes trouvées dans le fichier EPUB commercial. La liste n’est pas longue, mais laisse penser qu’il n’y a pas eu de travail de relecture suffisant sur le fichier numérique mis en vente. Surtout lorsque l’EPUB coûte 16,80 € sur la FNAC et le Mobipocket chez Amazon !

Cliquer sur l'image pour agrandir

À quoi peut-on imputer ces erreurs ? Visiblement, il s’agit de coquilles de numérisation : les « ç » qui deviennent des « c », les « é » qui se transforment en « e », les points qui apparaissent après des mots en milieu de phrase, etc. Cela relève la méthode de production utilisée par Gallimard : un PDF qui passe par un système d’OCR (ce qui était une boutade n’a pas été pris comme tel visiblement…). Autant dire, une pratique que l’on pensait disparue pour les dernières nouveautés des grandes maisons. Espérons que l’éditeur centenaire va corriger son fichier numérique et proposer une mise à jour à ses clients (un processus simple à mettre en oeuvre sur l’iBookstore et le Kindle Store).

L’influence des teams pirates est indéniable, surtout dans un marché encore embryonnaire. Face à une offre de contenu encore limitée et parfois de piètre qualité (nous ne manquerons pas de revenir sur cette question), force est de constater que l’offre illégale est souvent de bien meilleure qualité. Les teams d’ebooks sont-elles les corsaires de l’édition numérique ? Verra-t-on émerger des éditions revues et corrigées par les lecteurs, tant les éditeurs semblent s’affranchir de certaines étapes essentielles du travail éditorial ?

Une fois de plus, il est bon de rappeler que la présence de DRM ne protège pas les fichiers de leur diffusion illégale. Nous ne ferons que répéter que ces mesures de protection sont illusoires et que l’abandon de tels dispositifs sera bénéfique au développement du marché. Supprimer les DRM, c’est rendre les ebooks hackables, transportables sur n’importe quelle plateforme et libres de permettre à l’utilisateur de les lire selon son propre usage de lecture numérique (application et niveau de partage). Et puis, cela permettra aux lecteurs de corriger les coquilles…

Mise à jour : À la suite des commentaires sur Twitter et des mails de certains lecteurs, il semble que ces coquilles soient aussi présentes… dans la version papier ! En tout cas, on les retrouve dans l’EPUB commercial. Pour la version Mobipocket, dont la qualité de mise en page n’est pas idéale (mais la faute est à partager avec le moteur de lecture Kindle assez capricieux et rustique), nous n’avons pas encore pu vérifier les similitudes. En effet, l’ebook n’est pas encore « indexé » sur notre reader. La technologie…

MAJ 2 : Péniblement, la recherche plein texte du Kindle se met à fonctionner, même si l’ebook n’est pas encore totalement indexé. Pour l’instant, les coquilles sont toujours là, ce qui n’est pas étonnant sachant que le fichier source est un EPUB converti par Amazon, par le biais de KindleGen.

MAJ 3 – 14/11/2011 : Compte tenu de l’évolution de cette histoire, il est nécessaire de faire un point sur les derniers éléments révélés sur le web ou les réseaux sociaux.

Tout d’abord, faisons le point sur les faits : ce qui n’était que quelques coquilles découvertes dans une version numérique, ce sont aussi révélées être présentes dans la version papier (en tout cas, dans leur grande majorité, car l’absence de recherche plein texte sur un texte papier ne facilite pas les vérifications). Il est donc logique que l’erreur ait été répliquée dans les différentes déclinaisons du texte. Plus surprenant, qu’elle soit passée au travers du filtre d’un éditeur comme Gallimard.

L’objet de ce billet était de relever, non sans un certain amusement, que les pirates, pourchassés par les grandes maisons, ne sont pas si inutiles à l’écosystème du livre numérique. Si l’on a relevé ici des coquilles, il y aurait bien plus à dire de la qualité des fichiers numériques commerciaux. En cela, le dernier Goncourt n’échappe pas à la règle. On ne peut même pas appeler la table des matières dans la version vendue sur le Kindle Store ! Un comble pour un fichier commercialisé…

Les moins complaisants s’amuseront aussi à relever que les dernières assises du numérique du SNE avait justement pour sujet la fabrication de fichiers, notamment en EPUB 3. Avant de passer à la version 3, pourquoi ne pas essayer de faire des fichiers EPUB et Mobipocket corrects ?

La conception de fichiers numériques, EPUB et Mobipocket, est un véritable enjeu économique, et pointer du doigt ces négligences n’est pas sans risque. À une époque où ces prestations sont constamment externalisées, le risque de défaillance augmente. Gallimard n’est pas le seul éditeur à proposer des fichiers dont la qualité laisse à désirer ou à oublier de corriger certaines erreurs. Une bonne partie des éditeurs commerciaux (« 100% numérique » ou traditionnels) est logée à la même enseigne.

Nous ne manquerons donc pas de revenir sur ce sujet, images à l’appui, pour démontrer que les ebooks commerciaux sont d’un niveau très inégal, en terme de qualité et d’ergonomie. Comme indiqué dans l’article d’origine, je pense que le développement du marché du livre numérique doit se faire avant tout sans concessions sur la qualité des textes commercialisés pour faciliter l’émergence d’usages de lecture numérique et limiter l’essor du piratage. Affaire à suivre.

Mise à jour 4 – 17/11/2011 : La team Alexandriz vient de communiquer sur son blog des coquilles repérées dans le Goncourt. Je me joins à leur étonnement quand au retentissement connu et les motivations de leur travail méritent d’être connue. Un billet long mais complet, une bonne #lecturedusoir !

En tout cas, ce pavé dans la mare aura eu le mérite de faire la lumière sur la qualité des fichiers commercialisés et les prix trop élevés de lignes de codes, parfois mal ordonnées. L’édition française a encore du pain sur la planche.

Test : Kindle 4, la lecture numérique, sans fioritures

Image de vieille 21

Depuis le lancement du premier Kindle, en novembre 2007, Amazon n’est plus la même société. Son offensive sur le terrain du livre numérique, décriée à l’époque par de nombreux analystes, a métamorphosé l’entreprise. Le Kindle et la librairie numérique Kindle Store associée n’ont ni plus ni moins que créé un marché pour l’ebook, un contenu à la recherche de son lectorat depuis les années 90. La massification des pratiques de lecture numérique grâce au Kindle a aussi poussé la firme de Seattle à revoir son produit. Le prix est l’élément sur lequel l’essentiel de l’effort s’est porté. Du coup, ce nouveau Kindle innove-t-il par rapport à la génération précédente?

Il est vrai que lors de sa présentation par Jeff Bezos, le Kindle entrée de gamme a été mis en avant surtout pour son prix plancher : 79 $ ou 99 € en Europe. Pourtant, le Kindle 4 a tout d’un vrai Kindle et partage de nombreux points communs avec son prédécesseur : écran E-Ink Pearl, interface logiciel, connexion WiFi pour un accès direct à la librairie numérique d’Amazon etc. En revanche, le design change de manière radicale et abandonne le clavier physique complet qui fit la particularité du reader depuis sa première génération. Le possesseur d’un Kindle 3 ne sera pas dérouté par ce nouveau produit qui n’a fait pas de concessions sur l’ergonomie (cf. Opération Sandwich : la clef du succès du Kindle).

Même si son bas prix le rend très attractif, est-ce que ce Kindle est un bon ereader? Pour quels types d’usages? Faut-il abandonner son Kindle 2 ou Kindle 3 pour ce nouveau produit? À l’heure où Amazon s’attaque au marché européen, est-ce que ce reader, pour l’instant seul modèle distribué sur le continent, lui permettra de transformer l’essai de son succès aux États-Unis?

Les questions ne manquent pas et c’est en les gardant à l’esprit que j’ai pu tester le Kindle pendant près de trois semaines. Une durée nécessaire pour étudier le reader en conditions réelles d’utilisation, vérifier l’autonomie de la batterie, découvrir les fonctionnalités cachées et dénicher les éventuels bugs. Un travail qui m’a amené à relever des grandes qualités pour ce modèle, ainsi que certaines limitations qui pourront s’avérer gênantes… Bonne lecture !

Le déballage

Kindle box

Commandé dans l’heure qui suivit la conférence de presse d’Amazon, il fallut à peine 48 h pour que DHL livre le colis. Si le credo du service Kindle est « n’importe quel livre, en moins de 60 secondes », on est toujours étonné par l’efficacité de la logistique d’Amazon pour livrer des produits physiques. L’emballage est moins volumineux que celui du Kindle 3, grâce au design minimaliste du reader. À l’intérieur de la boîte, Amazon s’est limité au strict minimum : le Kindle, un câble USB vers microUSB et un petit dépliant qui explique comment recharger son reader et présente les conditions générales d’utilisation.

Kindle box

On ne peut guère faire moins. À cause de ce prix plancher, tous les accessoires sont en option : pour une housse, il faut compter au minimum une trentaine d’euros tandis que le chargeur secteur revient à 9,99 €. Au final, si l’on veut équiper son Kindle au complet, il faudra payer une facture avoisinant les 150 €. On s’éloigne alors du budget minimal annoncé par Amazon pour se lancer dans la lecture numérique. Cependant, un bon nombre des utilisateurs se contentera du reader « nu ».

Prise en main

Le design

Kindle

Le design du produit est surprenant, surtout pour un utilisateur régulier des précédentes générations de Kindle. Comme indiqué précédemment, le clavier physique a disparu, limitant le nombre de boutons à huit, en plus du pad de navigation. La coque en plastique et en aluminium (une astuce pour rigidifier la coque) permet au Kindle d’être étonnamment léger tout en conservant la même finesse que le précédent modèle. La tenue en main est agréable et va devenir sans difficulté la nouvelle référence du marché. Ni trop lourd, ni trop léger, parfaitement équilibré, ce confort dans la prise en main est un avantage sans conteste par rapport aux livres papier.

Boutons

Amazon a réussi à concevoir un produit qui se fait oublier pendant la lecture. Le coloris gris métallique fait ressortir l’écran E-Ink. Une impression d’optique, grâce à une bordure noire autour de l’écran, augmente astucieusement son contraste. Même sur un produit à 99 €, Amazon a le souci du détail, comme si sa mission n’était pas simplement de promouvoir les usages de lecture numérique, mais de définir le support de lecture idéal. On retrouve sur chaque côté de l’appareil deux boutons pour le changement de page (conformément aux codes de l’« Opération Sandwich »). Couplé à sa légèreté étonnante, le reader s’utilise sans problème d’une seule main.

Recherche dans le dictionnaire

En bas de l’écran quatre boutons de commande pour revenir à l’écran précédent, activer le clavier virtuel, ouvrir le menu ou revenir à la page d’accueil de sa bibliothèque. Le bouton de navigation se trouve au centre et reprend le design de celui qui équipait le Kindle 3. Il sert à naviguer dans les menus avec une bonne aisance et fait ainsi oublier l’absence d’écran tactile.

Premier allumage

Lancement

Lorsque l’on reçoit un Kindle, il est pré-enregistré avec le compte Amazon qui a servi à acquérir l’appareil. Les utilisateurs du Kindle Store depuis la première heure (donc en passant par Amazon.com) pourront transférer leur compte Kindle vers la plateforme d’Amazon.fr sans difficulté, et sans perdre leurs achats (cf. Astuce : comment faire la transition vers le Kindle Store français?).

Configuration en cours...

Passé le choix de la langue et la première initialisation, il sera nécessaire de connecter le Kindle à une borne WiFi. L’absence de connexion 3G se fait ressentir lors de cette première étape… La seule connectivité WiFi peut être une contrainte.

La bibliothèque

Bibliothèque

Le Kindle s’ouvre sur la page d’accueil (accessible depuis le bouton correspondant). Il s’agit de la bibliothèque du reader, bien vide au premier lancement. En passant par le menu « Archives », on peut facilement remplir le Kindle de ses contenus précédemment acquis et récupérer sa bibliothèque complète en quelques instants.

En revanche, il faut noter que cette fonction de récupération ne concernait que les ebooks achetés chez Amazon et pas ceux chargés manuellement sur le reader. En effet, ces textes n’étaient pas sauvegardés jusqu’à présent sur les serveurs d’Amazon. Mais aujourd’hui, il est possible d’y remédier en envoyant ses ebooks personnels à l’adresse email associée au reader et ils seront stockés sur les 5 Go de stockage gratuitement associés à chaque compte Amazon. Par chance, cette fonction est aussi proposée en France, même si elle est peu mise en avant sur Amazon.fr !

Archives

Le Kindle 4 s’offre une part de stockage dans le Cloud d’Amazon pour contrebalancer une mémoire interne de seulement 2 Go (contre 4 Go sur le précédent modèle) et non extensible par carte mémoire. Une parade astucieuse de la part des ingénieurs d’Amazon qui ont pesé le rapport entre le coût de 5 Go sur un serveur et d’intégrer 2 Go de mémoire Flash de plus. Nul doute que la solution du Cloud était de loin la moins coûteuse…

Collection

La bibliothèque se présente sous forme d’une liste classée soit par « Collections », « Auteur », « Titre » ou suivant l’élément le plus récent. En ouvrant le menu, il est possible d’effectuer une recherche texte dans sa bibliothèque. Cependant, si cette fonction était particulièrement véloce avec le clavier physique du précédent Kindle, la chose devient laborieuse avec le clavier virtuel de ce modèle. Pour organiser sa bibliothèque, il faut créer des collections. En revanche, impossible de créer des sous-collections pour organiser ses dossiers avec des catégories plus fines. Grâce à la dernière mise à jour logicielle, il est possible de récupérer les collections créées sur son précédent Kindle en passant par le menu « Archives ». Amazon facilite grandement la transition vers un nouvel appareil. Pourtant, est-ce que cela vaut le coup d’abandonner son Kindle 3 pour ce nouveau modèle?

Les fonctions avancées

Navigateur Web

Les possesseurs d’un Kindle 2 ou 3 trouveront plusieurs défauts à ce modèle. La section « Fonctions expérimentales » ne devrait plus être au pluriel puisqu’on n’y trouve plus que le navigateur web. Basé sur WebKit, il est semblable à celui qui équipe le Kindle 3 : le rendu est plutôt bon et la vitesse d’affichage acceptable (même si l’écran E-Ink contraint parfois la navigation). Le programme est plutôt complet puisqu’il permet d’ajouter des signets (pas simple de taper une URL sans clavier…) et propose un mode « Article ».

Mode Article

Ce dernier remplace la mise en page du site pour garder uniquement le texte et les images de l’article (à la manière d’Instapaper). Du coup, le contenu est plus agréable à lire. Il est dommage en revanche que l’on ne puisse pas sauvegarder directement un article en ebook pour le lire ultérieurement.

Le navigateur web est donc la seule fonction expérimentale disponible. Le Text-to-speech ou le lecteur audio ne sont plus présents, en raison de l’absence de sortie audio sur le reader, ni de haut-parleurs. Pour retrouver ces fonctionnalités, il faudra se rabattre sur le Kindle Touch qui n’est pas encore proposé à la vente en Europe. Mais ces fonctions sont-elles bien utiles sur un ereader?

La lecture

Lecture...

Le Kindle est avant tout un appareil de lecture. En supprimant le clavier sur ce modèle, Amazon a confirmé cet usage. Le Kindle 4 n’est rien d’autre qu’une clef USB avec un écran E-Ink. D’ailleurs, cet écran n’évolue pas par rapport à la précédente génération d’appareil. Il s’agit toujours d’un écran E-Ink Pearl avec une résolution de 600×800, au contraste idéal. Avec cet écran, E-Ink a atteint une qualité d’affichage optimale et désormais, les améliorations possibles n’ont que peu de conséquences visibles sur l’affichage d’un texte.  Ainsi, le Kindle est un produit idéal pour lire des ebooks ou recevoir la presse.

Les ebooks

Menu d'un ebook

Le confort de lecture d’un ebook et les fonctionnalités proposées ne changent pas par rapport aux premiers Kindle. Toujours pas de possibilité de changer de type de police, mais 8 tailles différentes sont proposées, l’interligne et les marges peuvent être réglés. Cependant, ces modifications ne fonctionnent pas sur tous les fichiers. Certains éditeurs ayant mal formaté leur AZW limitent ces fonctions de personnalisation (Nous ne manquerons d’ailleurs pas de revenir dans un prochain article sur la qualité très inégale des fichiers vendus par les éditeurs français sur le Kindle Store.)

La principale nouveauté visant à améliorer le confort de lecture est la disparition du fameux « flash noir », encore présent sur le Kindle 3. Il ne disparaît pas totalement puisqu’il se déclenchera tous les six changements d’écran, pour optimiser le rendu. Amazon s’aligne sur ce que propose le Kobo Touch et le Nook Touch. Malheureusement, cet ajout (qui n’est que logiciel) n’a pas été inclus dans la mise à jour 3.3 destinée au Kindle 3. Amazon a parfois tendance à vite oublier ses anciens clients…

eBook

Remarque : Amazon propose sur son site une mise à jour du Kindle, numérotée 4.0.1. Facultative, elle permet de rétablir le flash noir entre chaque changement d’écran. Bien entendu, cela reste réglable dans un nouveau menu dans la section Paramètres.

Compte tenu de la taille de son écran (6 pouces de diagonale), le Kindle est un appareil dédié à la lecture de romans ou d’essais. Lire de la bande dessinée sera laborieux tandis que les ebooks enrichis n’y ont tout simplement pas leur place. Une fois de plus, l’écran E-Ink fait des merveilles et permet de lire dans un confort optimal.

Fonction surlignage

En revanche, il faut se limiter à la simple lecture sur ce modèle. Les fonctions de prise de notes, même si elles sont présentes, ne sont pas mises en avant. L’utilisation de ces outils n’est pas aussi intuitive qu’avec le design du Kindle 3. Si la sélection du texte se fait de manière identique (à l’aide du pad de navigation), l’usage du clavier virtuel est laborieux (même si le classement des caractères par ordre alphabétique le rend simple d’utilisation). Taper un ou deux mots associés à une note sera sûrement la limite avec cette solution…

Fonction surlignage

Plusieurs sources chez Amazon nous ont précisé que des enquêtes auprès de leurs consommateurs ont relevé que la prise de note texte était relativement limitée par rapport aux surlignages et au partage sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter). Le fait que le Kindle 3 (avec son clavier physique) soit resté au catalogue prouve que pour certaines utilisations, notamment dans les écoles où la prise de note texte est une pratique courante.

Recherche dans le dictionnaire

Ce reader lowcost a été élaboré pour pratiquer une lecture « basique », livre par livre, sans s’attarder sur la prise de notes. En somme, ces limitations font du Kindle 4 un reader très grand public. Les performances sont bonne puisque ce modèle est équipé du dernier processeur Freescale i.MX508 cadencé à 800Mhz. Le Kindle est d’une rapidité étonnante, notamment à la sortie de veille ou lors d’un passage d’un ebook à un autre.

Lecture d'un fichier PDF A4

Le Kindle 4 est compatible nativement avec les formats Amazon (.AZW), Mobipocket (.MOBI, .PRC), mais aussi les PDFs. Le rendu sur ce dernier format nous a agréablement surpris, surtout avec un fichier formaté en A4. Même si le reader ne propose pas de fonction reflow, l’affichage est plutôt bon, comme le montrent ces images. Reste que la police pourra paraître un peu petite mais plusieurs niveaux de zoom permettent de régler cela. Le processeur i.MX508 rend ce processus plus rapide et facilite ainsi la navigation dans le document.

Le reader peut aussi lire des documents Word, HTML ou RTF, mais il est nécessaire d’envoyer le fichier en question à l’adresse mail associé au reader afin de recevoir automatiquement une version convertie dans le format Kindle. Du coup, un accès à Internet est nécessaire pour cette conversion. Sinon, le reader d’Amazon est parfaitement compatible avec Calibre qui sera particulièrement utile pour convertir une collection d’ebooks en EPUB en Mobipocket en un seul clic. Bien entendu, le résultat de la conversion n’est pas toujours optimal, mais sur la majorité des fichiers, la différence ne sera pas visible.

La presse

Le Monde en édition Kindle

Le Kindle est aussi lié à une offre de presse à laquelle le lecteur peut s’abonner en se rendant sur la boutique Kindle (depuis le reader ou n’importe quel navigateur Web). Un choix conséquent de quotidien en français est proposé ainsi que des titres internationaux, journaux ou magazines.  On remarque l’absence de certains titres nationaux, mais il est fort probable que ces éditeurs attendent l’arrivée du Kindle Fire pour se lancer sur cette plateforme. Car il faut le reconnaître, la forme sous laquelle sont proposés les journaux laisse parfois songeuse.

Le Monde en édition Kindle

Si un sommaire permet de parcourir rapidement le contenu d’un journal (achat à l’unité ou livraison automatique à la publication avec l’abonnement), les articles sont affichés dans un simple format texte. Lorsque l’image d’illustration est essentielle à la compréhension de l’article, il est inséré dans le fichier. Même chose pour les schémas et graphiques. Cependant, la forme impose une lecture linéaire du titre, comme un livre. La mise en visibilité des différents articles n’est pas ce qui se fait de mieux. Heureusement, il est possible de garder une copie d’un article intéressant (une sauvegarde texte récupérable sur le reader). Pour le prix payé, c’est la moindre des choses.

Le Monde en édition Kindle

Comme nous le signalions dans un article précédent, les tarifs des abonnements sont assez exorbitants. Ils sont équivalents à ceux d’un abonnement à l’édition web (ou iPhone/iPad) alors que l’abonné Kindle n’aura pas accès aux mêmes fonctionnalités (cf. Kindle : l’abonnement aux journaux est une mauvaise affaire).

Espérons que cette situation changera rapidement, car pour l’instant, il est plus rentable de récupérer des journaux à l’aide de Calibre et les convertir directement en Mobipocket… Le tout gratuitement !

L’écosystème Kindle

Faire un test du Kindle sans parler de l’écosystème qui l’entoure serait oublier une partie importante du produit en lui-même. En effet, grâce à un large panel d’applications (iOS, Android, WebOS, Windows Phone, Blackberry etc.), une lecture commencée sur un Kindle 4 peut être poursuivie sur un autre terminal. Mis à part Kobo, Amazon est le seul acteur à proposer une telle fonctionnalité en France. De plus, on retrouve les mêmes fonctionnalités d’une application à une autre. En revanche, certains contenus ne sont pas encore compatibles avec les applications pour tablettes et smartphones.

Une fois encore, les journaux téléchargés ne sont pas lisibles depuis l’iPad par exemple. En cause, la politique des éditeurs français qui préfèrent privilégier leurs applications dédiées. Une fois de plus, l’abonné Kindle est loin d’être favorisé. Dommage.

L’écosystème Kindle repose sur une fonctionnalité existant depuis le tout premier Kindle : le Whispersync. Ce système permet de synchroniser les lectures entre tous les appareils Kindle (ou applications). Cela comprend la synchronisation de la dernière page lue, des marque-pages, mais aussi des notes. Bien entendu, cette fonction nécessite un accès à Internet et l’absence de 3G sur le Kindle 4 se fait ressentir. Il faudra nécessairement se trouver à côté d’un point WiFi pour que ces données soient transmises aux serveurs d’Amazon.

Cependant, jusqu’à présent, le Whispersync fonctionnait uniquement avec les ebooks acquis sur la librairie d’Amazon. Désormais, tous les ebooks stockés sur votre Kindle bénéficieront du Whispersync, à condition d’avoir été transférés sur le reader par l’intermédiaire de l’adresse email associée. Dans ce cas, ils sont stockés également sur le Kindle Cloud (5Go d’espace de stockage gratuit) et peuvent être transférés sur n’importe quel appareil, à la demande, et avec toutes les données associées à l’ouvrage. Sur ce point, l’écosystème d’Amazon a une longueur d’avance sur la concurrence et facilite ainsi la gestion de la bibliothèque pour les utilisateurs néophytes. Au final, le câble USB fourni avec le reader n’a plus d’utilité que pour servir à le recharger…

Connexion USB

La librairie

Kindle Store - Fiche produit

Fin 2007, Amazon lançait le premier Kindle, le premier ereader directement connecté à une librairie numérique. Le couple, reader E-Ink et librairie numérique, s’est révélé être un véritable succès commercial permettant de vendre plusieurs millions de Kindle et plusieurs dizaines de millions d’ebooks. Aujourd’hui, Amazon propose aux États-Unis l’une des offres de contenus la plus développée, soit près d’un million de titres payants et plusieurs centaines de journaux et de magazines. À cela va venir s’ajouter une offre de bande dessinée pour la tablette Kindle Fire et une nouvelle section dédiée à la littérature jeunesse.

Mais quid de la boutique Kindle française? Pour l’instant, l’offre proposée est majoritairement en langue étrangère (anglais, allemand et espagnol). En effet, ce sont plus de 800 000 titres qui sont disponibles à l’achat et 35 000 issus des éditeurs français. Il est sûr qu’en comparaison, l’offre anglo-saxonne est bien plus importante, mais le Kindle Store français est quand même la librairie francophone la mieux achalandée. Les grands groupes d’édition ont tous signé, de Gallimard à Hachette, en passant par Flammarion, Editis et bien d’autres. Si pour l’instant les catalogues de certaines de leurs marques sont encore restreints, l’effort de numérisation est en cours et le choix va se développer au fil des mois.

La librairie Kindle est particulièrement simple d’utilisation. L’achat se fait en quelques clics depuis le reader (qui est lié au compte Amazon du lecteur). En revanche, la navigation dans la boutique n’est pas optimale. Les catégories continuent parfois des ouvrages qui n’auraient rien à y faire, tandis que le moteur de recherche est encore approximatif. L’entrée par le classement des meilleures ventes n’est pas non plus l’idéal quand on voit le manque d’originalité : le classement se partage entre quelques livres d’auteurs à grand tirage, beaucoup de littérature rose et d’ouvrages issus du domaine public…

Il s’agit là de défauts de jeunesse. On ne retrouve pas de telles choses sur Amazon.com. La boutique française n’est pas encore rodée et cela s’en ressent dans le manque de pertinence des propositions des algorithmes de recommandation. Si à terme le Kindle Store français va ressembler fortement à son pendant américain, il faudra encore plusieurs mois aux équipes parisienne et luxembourgeoise pour optimiser leur architecture.  A moyen terme, l’écosystème Amazon risque de doper la croissance du marché français du livre numérique.

L’autonomie

Image de vieille 13

Le Kindle ne nous a vraiment pas déçu sur ce point. Pourtant, sa batterie a un capacité deux fois plus petite que celle du Kindle 3. Amazon annonce 1 mois d’utilisation tandis que le Kindle Touch (qui reprend la batterie du Kindle 3) atteindrait les deux mois en moyenne. Il se trouve que le petit reader a tenu sa promesse en disposant de plus de 30% de sa batterie au bout de trois semaines d’utilisation. Chaque jour, 1h30 de lecture était pratiqué, soit le temps des trajets en transport en commun. Ce protocole de test nous semble bien refléter la “véritable” autonomie d’un reader qui, même s’il pourra être utilisé à une fréquence supérieur ou plus réduite, s’établira souvent autour de cette moyenne.

Conclusion

Image de vieille 10

Avec le Kindle 4, Amazon dispose d’un reader entrée de gamme de qualité, dont le prix plancher (99 €) le laisse à la portée d’un grand nombre de bourses. La firme de Seattle arrive à peine en France et s’adresse d’emblée au coeur de marché : les lecteurs de romans. Car il faut reconnaître que ce reader est plus limité que son prédécesseur : absence de clavier physique presque regrettable (surtout à cause du manque d’ergonomie de son pendant virtuel), une seule connexion WiFi et pas de 3G, pas de Text-to-Speech ni de lecteur audio, mémoire interne limitée à 2 Go. L’étudiant qui souhaite prendre des notes régulières sur les textes qu’il étudie sera rapidement frustré… Pourtant, le Kindle 4 répond parfaitement à l’objectif fixé par Amazon : proposer un reader lowcost, à la portée du plus grand monde.

Il y a eu de nombreux essais de fabricants visant à proposer le reader le moins cher possible. Cependant, cela s’est souvent fait au prix de la disparition de l’écran E-Ink pour un LCD ainsi que d’une ergonomie déplorable et une durée de vie limitée du produit. Amazon n’a clairement pas pris cette voie. Grâce à son volume de vente, la firme a pu concevoir un reader à 79 $/99 € sans lésiner sur les matériaux ni l’ergonomie (même avec l’absence d’écran tactile). Ce nouveau modèle de Kindle est dans la droite lignée de ses prédécesseurs : un ereader E-Ink centré sur la lecture de romans et d’essais. En diversifiant sa gamme avec le Kindle Touch et le Kindle Fire (bientôt disponibles en France), Amazon offre aussi des terminaux plus complets pour des utilisateurs exigeants. Mais pour le coeur du marché, le Kindle 4 est un bestseller en puissance. Un reader basique et sans fioritures, pour lire et rien d’autre.

***

Le Kindle 4 vous a séduit? Il est disponible uniquement sur le site d’Amazon.fr au prix de 99€. Si l’ereader vous intéresse, n’hésitez pas à passer par ce lien pour soutenir le blog.

Pour découvrir notre galerie photo complète, rendez-vous sur Flickr.

Amazon s’ouvre au HTML5 pour concurrencer l’EPUB 3

Si certains espéraient encore qu’Amazon allait finir par adopter le format EPUB, voici un nouvel indice qui prouve une fois de plus que ce ne sera pas le cas. Interrogé à plusieurs reprises au sujet du format standard de l’édition numérique, Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, a indiqué vouloir conserver un format propriétaire pour que sa société avance à son propre rythme, sans se soucier des évolutions du standard (cf. interview sur USAToday). Ainsi, la firme de Seattle intègre dans son format les fonctionnalités qu’elle estime nécessaires. Si le Kindle permet uniquement d’afficher du texte et des images en noir et blanc, le Kindle Fire change la donne avec son écran 7 pouces tactile et couleur. Du coup, Amazon a travaillé à une révision de son format d’ebook.

La nouvelle a été annoncée sur les forums de la société et elle devrait faire date, notamment pour les éditeurs jeunesse, universitaire, mais aussi les éditeurs de bandes dessinées. Le Kindle Format 8 apporte une longue liste d’améliorations et de nouvelles balises HTML et CSS prochainement compatibles avec les readers d’Amazon (liste non exhaustive disponible à cette adresse). Parmi les principales nouveautés, on notera l’arrivée du support du CSS3, des mises en page fixe (pour l’édition jeunesse ou la BD particulièrement), la gestion des polices embarquées, des tableaux, du SVG, etc. Les éditeurs vont avoir quelque chose à se mettre sous la dent et pouvoir rapprocher leurs éditions Mobipocket de la qualité de leurs éditions EPUB.

Le Kindle Format 8 viendra remplacer le KF7, utilisé jusqu’à présent pour tous les titres vendus sur le Kindle Store. Plusieurs éditeurs travaillent déjà sur cette nouvelle version qui aura l’intérêt d’être aussi compatible avec les applications de lecture Kindle, sur iOS comme Android. Ainsi, il sera possible de lire une BD acquise sur Amazon aussi bien sur un Kindle Fire qu’un iPad. Afin d’accompagner les éditeurs dans cette transition, Amazon va publier très prochainement une nouvelle version du Kindle Publisher Tool et du guide Kindle Publisher Guidelines. L’outil de conversion KindleGen passera par la même occasion en version 2 tandis que l’application de prévisualisation, Kindle Previewer, va être améliorée pour permettre aux éditeurs de tester leurs fichiers directement depuis cet émulateur, sans avoir à acquérir une tablette Kindle.

En revanche, Amazon n’a pas précisé si le KF8 sera incompatible avec le JavaScript, et si oui, dans quelle mesure et avec quelle version. En effet, même si la nouvelle fonction “Kindle Text Popup” semble faire appel à du JavaScript, le nom du langage n’est mentionné nulle part dans les spécifications d’Amazon. Nul doute que l’entreprise va devoir rapidement livrer des précisions sur ce point, au risque de laisser de côté certains éditeurs ayant déjà acquis de l’expérience  avec ce langage en l’incluant dans des EPUB.

La sélection du jour #127

  • Mise à jour du Kobo Touch. – Teleread
  • Jouve et le livre numérique. – Nordeclair
  • Le format Mobipocket abandonné par Overdrive. – The Digital Reader
  • Calibre ouvre son blog de trucs&astuces. – Blog Calibre
  • Un nouvel éditeur de livres numériques jeunesse, Zanzibook. – Zanzibook
  • Adobe Digital Publishing Suite pour les particuliers. – Clubic
  • Les pubs Sony Reader au Japon laissent songeur… – The Digital Reader
  • Barnes&Noble met fin à son application pour le Playbook de Blackberry. – The Digital Reader
  • La librairie numérique professionnelle et scientifique. – Lavoisier
  • La pétition pour la suppression de la TVA sur les ebooks au Royaume-Uni rencontre un vif succès. – FutureBook
  • Amazon prêt à racheter Palm à HP? – MobileBeat
  • UE Cléo : penser la complexité du livre numérique. – INAGlobal
  • La légalité du streaming pour le spectateur confirmée par la CJUE – Numerama

Retrouvez d’autres liens intéressants sur nos pages Twitter et Facebook :

Suivre eBouquin sur TwitterRetrouvez eBouquin sur Facebook

Kindlegraph : un nouvel outil de dédicace d’ebooks

Après Autography, voici Kindlegraph, un nouveau service web destiné à la dédicace d’ebooks. Au prime abord, l’outil est d’une étonnante simplicité. Le lecteur peut se connecter au service  (uniquement) à l’aide de son compte Twitter. Une fois l’authentification faite, un choix d’ebooks disponibles sur Amazon est proposé (classement par titre ou par auteur). Une fois un livre sélectionné, il est possible de demander un autographe (appelé ici “Kindlegraph”) directement sur son Kindle, une fois que les étapes suivantes ont été effectuées.

Que se passe-t-il ensuite ? Le lecteur recevra une image dédicacée comme celle affichée sur le Kindle ci-dessus. Il ne s’agit donc pas d’un ebook dédicacé, mais d’une simple carte numérique. Autre désavantage de Kindlegraph, il ne fonctionne qu’avec les ebooks vendus sur le Kindle Store en utilisant le numéro ASIN de l’ouvrage pour l’identifier dans la base de données du distributeur. De cette manière, le service peut également se rémunérer par l’intermédiaire du système d’affiliation d’Amazon pour chaque ebook acheté (ou même livre papier).

On comprend le choix du développeur à l’origine de ce service qui a cherché à proposer une solution simple à mettre en oeuvre afin d’attirer un bon nombre d’auteurs et d’éditeurs. Aujourd’hui, ce sont plus de 150 ouvrages pour lesquels le lecteur peut recevoir une dédicace. Un chiffre ridicule par rapport au catalogue disponible sur le Kindle Store (950 000 ouvrages), mais qui pourrait rapidement croître si le créateur du service, un ancien développeur chez Amazon, parvient à convaincre son ancien employeur de l’utilité de Kindlegraph.

Offrez le Wiktionnaire à votre Kindle

En standard, le Kindle 3 est livré avec deux dictionnaires anglais, le Oxford Dictionary of English et le New Oxford American Dictionary. Les utilisateurs francophones se retrouvent donc un peu dépourvus, sans dictionnaire en langue française à intégrer dans leur Kindle. Il y a quelques mois, nous vous expliquions comment installer sur le reader le dictionnaire Littré (cf. notre précédent article). Cependant, il ne s’agit plus de l’unique choix à disposition du lecteur. On trouve sur les réseaux plusieurs anciens dictionnaires Mobipocket même si les sources se tarissent. Il faudra donc bientôt se rabattre sur option disponible sur le Kindle Store : le Wiktionnaire.

Il s’agit simplement d’une version optimisée du dictionnaire collaboratif, que l’utilisateur peut configurer en quelques clics comme dictionnaire par défaut. En revanche, il faut passer à la caisse alors que l’on accède gratuitement au contenu du Wiktionnaire sur Internet (et donc par le navigateur du Kindle). Pourtant, une version gratuite de ce même dictionnaire s’échangeait il y a encore quelques mois sur les réseaux P2P. Le gestionnaire de cette version Mobipocket cherche-t-il à rentabiliser son travail? Peut-être, l’”éditeur” de la version vendue sur le Kindle Store étant un particulier. Faut-il obligatoirement s’acquitter des 9,99$ pour obtenir le Wiktionnaire? Dommage que le lecteur n’ait pas aussi le choix de récupérer gratuitement ce contenu libre.

À lire également sur le blog de LaFeuille l’appel aux éditeurs de dictionnaire pour valoriser leurs titres sur support numérique.

La sélection du jour #96

  • Lire des BD et des mangas sur un FnacBook. – MyFnacBook
  • L’OMPI voit le Parti Pirate comme une incitation à changer le droit d’auteur. – Numerama
  • Le MoMa lance sa librairie sur iPad. – Teleread
  • Toute l’oeuvre de Lovecraft gratuitement téléchargeable en anglais aux formats ePub et Mobipocket. Cthulhuchick
  • Zite sur iPad : génial et déjà polémique. – The Social Newsroom
  • Après le Kindle, c’est au tour du Nook de bénéficier d’un accès gratuit au NYT – Engadget
  • Le Pérou disposera bientôt d’un million de XO. – OLPC
  • The Daily sur le déclin… – NiemanLab
  • Les tablettes s’installent dans les entreprises. – Zdnet
  • L’Entourage EDGE tire sa révérence. – Teleread
  • Doom sur un PocketBook 360+ – Slashgear
  • Les tablettes sont faites pour jouer, pas pour lire des livres – Venture Beat

Kindle : comment installer un dictionnaire français

Le Kindle a plus d’un tour dans son sac. Même si la quasi-totalité du catalogue proposé par Amazon est en anglais, les lecteurs francophones peuvent tout à fait trouver de quoi lire quotidiennement avec ce reader, en dépit d’un nombre de formats compatibles assez réduits. En effet, beaucoup d’ebooks sont proposés en Mobipocket (notamment ceux de Publie.net grâce à Immatériel.fr) et cela sans allez piocher dans les ouvrages libres de droits (via Feedbooks ou eBooksGratuits) ou même l’offre illégale… Cependant, certains utilisateurs m’ont récemment contacté pour me demander comment installer un dictionnaire français dans le reader. Car si le format Mobipocket a bien un avantage, c’est de disposer d’un nombre de dictionnaires importants, issus de l’ère du PDA, Palm ou autres PocketPC.

Etape 1 : Rendez-vous sur le site eBooksGratuits pour télécharger le dictionnaire Littré en Mobipocket.

Etape 2 : Une fois le fichier récupéré, branchez votre Kindle (toutes générations) sur votre PC/Mac/Linux.

Etape 3 : Déposez le fichier dans le dossier “Documents” du Kindle et il se copiera instantanément.

Etape 4 : Récupérez votre Kindle et vous verrez le dictionnaire s’afficher dans la bibliothèque. Pour le consulter, il suffit d’ouvrir le fichier et de taper un terme, comme avec l’Oxford American Dictionnary ou l’Oxford Dictionnary of English, déjà livrés avec le Kindle.

Après cette installation, le dictionnaire sera utilisable depuis n’importe quel livre. Pour cela, il faut glisser le curseur sur le mot désiré et la définition s’affichera. Pour passer à la volée à un autre dictionnaire (l’un de ceux en anglais), il suffit de changer de dictionnaire en demandant plus de détails sur la définition.

Par chance, le Kindle détecte par défaut la langue du texte pour lancer le dictionnaire approprié (les plus francophones mettront le Littré en dictionnaire par défaut). Il peut arriver de rencontrer quelques soucis avec certains ebooks. Il s’avère que le problème venait à chaque fois d’une mauvaise spécification des métadonnées dans le fichier (le fichier était défini comme étant en anglais au lieu d’être en français) mais après un passage dans Calibre pour une correction, le bon dictionnaire s’affiche lorsqu’on lui fait appel.

Comment convertir un ePub en Mobipocket avec KindleGen

Si vous possédez un Kindle, vous n’êtes pas forcément le plus fervent partisan du format ePub. En effet, le reader d’Amazon n’est pas compatible avec ce standard, donc il faudra se rediriger vers son équivalent amazonien, le Mobipocket (.mobi). Pour convertir un fichier dans ce format, plusieurs solutions existent, la plus connue étant Calibre. Cependant, a-t-on besoin d’ouvrir cette usine à gaz pour convertir un seul fichier? La réponse est sûrement non.

Amazon propose sur son site un petit programme en ligne de commande qui vous permet de convertir un ebook en Mobipocket. Pour cela, il vous faudra : un fichier au format .opf, .html, .html, .epub (bien entendu sans DRM), le programme KindleGen (disponible pour Windows, Mac OS X et Linux) et un Kindle (ou même Kindle Previewer pour vérifier le résultat).

Remarque : Bien entendu, la solution KindleGen n’est pas la plus simple et les allergiques au Terminal ne l’aimeront sûrement pas. Pourtant, Kindle génère des fichiers Mobipocket bien formaté, du moment que le fichier d’entrée est de qualité. De plus, si vous venez à rencontrer des problèmes lors de la conversion, il faudra alors utiliser un éditeur de texte ou un programme comme Sigil pour corriger les erreurs et permettre la conversion.

Ce tutorial a été réalisé sur un MacBook équipé de Mac OS X 10.6. La procédure diffère sur Windows et Linux mais les étapes restent les même.

Etape 1 : Sur le site d’Amazon, téléchargez le programme KindleGen pour Mac OS X. Si vous n’avez pas de Kindle, profitez-en pour télécharger KindlePreviewer. Une fois le fichier téléchargé, ouvrez l’archive KindleGen. Vous verrez le dossier suivant :

Etape 2 : Rendez-vous dans Utilisateur > Applications > Utilitaires puis lancez l’application Terminal. Pour voir comment fonctionne le programme, glissez l’exécutable kindlegen sur la fenêtre du Terminal puis validez. L’écran suivant s’affichera.

Etape 3 : Glissez le script sur le fenêtre Terminal que vous avez ouverte puis glissez ensuite l’ebook que vous souhaitez convertir. Les instructions suivantes s’afficheront.

Validez en tapant Enter et le conversion se lancera.

Etape 4 : Quelques instants plus tard, votre ebook au format Mobipocket sera prêt. Il sera accessible au même emplacement que le fichier d’origine. Il ne vous restera plus qu’à transférer l’ebook sur votre Kindle et à commencer votre lecture !

Astuce : Il est probable que le programme renvoie une erreur avec certains fichiers ePub malformatés. Le cause la plus courante est souvent un soucis de spécification de la langue du fichier. Pour corriger le problème, ouvrez l’ePub dans Sigil puis utilisateur l’éditeur de metadata et spécifiez la langue de l’ouvrage. Cette modification devrait résoudre vos problèmes !

Amazon facilite la réalisation de Mobipocket sur InDesign


Face à l’engouement pour le format ePub et à l’émergence de nouveaux outils pour concevoir des ebooks à ce format, Amazon doit s’efforcer de favoriser son format. Pour cela, Amazon a annoncé un plugin à destination d’InDesign qui permet d’exporter directement en AZW, le format propriétaire du Kindle. En quelques clics, il transforme un fichier .indd en document compatible avec le reader. Il suffit de sélectionner l’option “Exporter vers le Kindle”, de valider la table des matières, d’ajouter une couverture est le tour est joué ! Amazon précise sur son blog que ce nouveau plugin est réservé aux ouvrages majoritairement composés de texte. Pour créer des livres enrichis, il faudra trouver une autre solution. En attendant, ce plugin devrait rencontrer quelques adeptes.

Pour rappel, Amazon propose également un émulateur de Kindle (Kindle Previewer) qui permet de tester le rendu d’un ebook sur son reader, que le format soit Mobipocket, AZW ou encore PDF. Un outil que les éditeurs devraient toujours avoir sous la main…

DRM Adobe et Mobipocket : la cohabitation impossible

mobipocketepub

La société iRex Technologies remet au devant de la scène le sujet des contrats d’exclusivités qui lient les fabricants des readers concernant les systèmes de DRM. En effet, il n’est pas possible pour un fabricant de reader de proposer un produit capable à la fois de lire des DRM Mobipocket ainsi que des fichiers ePub ou PDF protégés par les DRM d’Adobe. Pour le fabricant, il faudra choisir.

Après Bookeen s’est au tour d’iRex devoir faire son choix et, bien évidemment, c’est les DRM Adobe qui ont été choisis pour équiper en standard sa dernière gamme, l’iRex DR800SG et l’iRex DR800S. De plus, aucune mise à jour pour les DRM Mobipocket sera proposé par l’entreprise. Si vous souhaitez lire des fichiers Mobipocket avec DRM, il faudra vous rabattre sur un iLiad V2 ou Book Edition. Concernant le DR1000, l’utilisateur a déjà le choix entre une version Mobipocket et une version pour les DRM d’Adobe.

Cette nouvelle nous étonne guère. Le marché s’oriente clairement vers les DRM Adobe, au fur et à mesure que les distributeurs et les constructeurs se mettent à ce standard. En revanche, une nouvelle fois, c’est le consommateur qui fait les frais de ce changement technologique. Comment fera-t-on pour lire son ebook Mobipocket légalement acheté lorsque les readers compatibles auront disparus? Mobipocket proposera-t-il un outil simple pour se libérer de ces verrouillages? Rien n’est moins sûr.

Lire des ebooks sous Windows Mobile

Conscient que nombre de nos lecteurs n’ont pas obligatoirement un iPhone, qui est actuellement la plateforme mobile la plus active dans le domaine de la lecture numérique, la rédaction se lance aujourd’hui dans la présentation des meilleurs logiciels de lecture sur les autres plateformes. Ainsi, nous testerons successivement dans les semaines à venir Windows Mobile, Blackberry OS, Symbian et enfin Android. Nous reviendrons aussi dans le détail sur les applications de lecture fonctionnant avec iPhone OS. Commençons donc dès à présent par la plateforme de Microsoft : Windows Mobile.

Pour information, l’appareil de test est un Asus P750 à écran tactile sous WM 6.1.

  • MobiPocket

Formats : PRC, PDB, HTML, TXT
Avis : C’est le logiciel à avoir sur son téléphone tournant sous Windows Mobile quand on veut lire des ebooks. Il offre la solution la plus complète mais aussi la plus agréable de lecture sur cette plateforme. Il est conseillé d’associer son installation à celle du logiciel Desktop qui offre une vrai complémentarité avec la solution mobile. Le logiciel sur l’ordinateur vous permettra de vous constituer une vrai bibliothèque, de collecter vos flux RSS et de convertir vos documents dans un format lisible par votre mobile, tout ceci avec une grande facilité et une synchronisation quasi instantanée avec votre mobile. L’application mobile est la mieux réalisée de cette sélection avec la présence de nombreuses options (annotations, surligner, plein écran etc…), néanmoins on regrettera peut être que la bibliothèque mobile n’offre pas un peu plus d’information et de possibilité de classement au vu des autres qualités de MobiPocket.
Télécharger : MobiPocket Desktop ou juste la solution MobiPocket Mobile

  • eReader

Formats : PDB
Avis : Anciennement appelé PalmReader, il est un des logiciels les plus agréable à utiliser une fois sa bibliothèque constituée. La lecture des ebooks est confortable et de nombreux paramètres sont réglables selon les désirs de chacun. Concernant la bibliothèque, celle-ci est bien présentée. Cependant, il n’y est pas de présentation par couverture comme on peut le retrouver sur iPhone. Il faudra obligatoirement passer par un petit logiciel fourni par eReader pour constituer sa bibliothèque car il impossible de transférer directement son livre sur son mobile. Une fonction sympathique de ce logiciel se prénomme RSVP, elle permettra d’afficher le texte par petit bout qui défileront automatiquement en grand caractère et ainsi vous ressentirez moins la petite taille de votre écran
Télécharger : eReader

  • µBook


Formats : HTML, TXT, RTF, CHM, RB, PDB et PRC. Lit directement dans les archives ZIP et supporte les images BMP, GIF, PNG et JPG
Avis : Pas le plus simple d’utilisation au début, il faudra bien le paramétrer, mais une fois les réglages effectués, il devient assez simple d’utilisation. Il n’y a pas de bibliothèque intégrée, on pourra en créer une avec les couvertures des oeuvres manuellement grâce aux explications fourni dans le fichier d’aide. C’est assez laborieux. Néanmoins, le support du format PRC (MobiPocket) est très aléatoire, on préfèrera donc utiliser des ebooks au format HTML, de plus il gère très bien les liens hypertextes. Il est également intéressant pour la lecture de BD sur mobile par son support des archives ZIP. A partir de la version 0.9, le logiciel contient un message revenant régulièrement vous invitant à l’acheter, tout en restant parfaitement utilisable.
Télécharger : µBook 0.9 et µBook 0.8 (gratuit)

  • PocketxPDF

Formats: PDF
Avis : Parce qu’il fallait bien inclure un lecteur de PDF, le choix s’est tourné vers PocketxPDF du fait de sa légèreté, son ergonomie, sa rapidité de lancement et la vitesse du déplacement dans un document zoomé, par rapport Acrobat Reader pour Pocket PC. En attendant le futur Acrobat Reader Mobile. Néanmoins, le format PDF n’est pas à recommander sur de si petits écrans pour avoir une lecture agréable.
Télécharger : PocketxPDF

  • ZuluReader

Formats : EPUB
Avis : ZuluReader est le logiciel exotique de la sélection… Exotique pour 2 raisons : il est le seul à pouvoir lire des ebooks au format ePub sous Windows Mobile mais aussi parce que la rédaction d’eBouquin est allée le chercher en Nouvelle Calédonie ;). Contrairement aux autres, peu de paramètres sont réglables, juste le stricte nécessaire pour lire. Une bibliothèque intégrée se crée dès lors que vous avez défini le dossier où se trouve vos ebooks. Encore en développement, le logiciel connait quelques bugs. Je vous conseille donc d’éviter les fichiers de taille trop importante bien que cela soit souvent dû à l’image de couverture en trop haute résolution. Il suffira d’enlever cette couverture avec un éditeur ePub tel que Sigil pour que l’ebook fonctionne avec ZuluReader. Si vous rencontrez un problème, n’hésitez pas à contacter le développeur, il fait tout son possible pour améliorer son logiciel.
Télécharger : ZuluReader

  • Conclusion

Si les “Apple’s Addict” s’empresseront de relever les faiblesses de ces logiciels par rapport aux solutions disponible sur l’iPhone, ne soyons pas trop critique… Nombre de ces explications existaient déjà à l’époque où le téléphone de la Pomme n’était qu’un vague projet. Dommage qu’elles n’aient pas plus évoluées avec le temps… Néanmoins, après ce comparatif, on peut conclure qu’il est tout à fait possible de lire des ebooks sous Windows Mobile et que l’expérience peut être très agréable, même si on ne retrouvera pas la facilité d’utilisation d’un iPhone. En espérant que la venue prochaine des Windows Phone 6.5 redonne envie au programmeur de reprendre le développement de ces logiciels.

La fin de Mobipocket ?

La fin semble proche pour Mobipocket, comme en témoigne cet étrange communiqué publié sur leur site…

Effective September 2009, we will no longer open new accounts for publishers to sell titles through the Kindle Store or MobiPocket.com. If you have an existing account, there will be no change and you can continue to upload and sell titles using Ebookbase. New publishers with a US address and bank account can sign up to sell ebooks in the Kindle store via our self-service publishing channel at http://dtp.amazon.com

Mobipocket a pourtant longtemps été dans la course pour s’imposer en tant que format standard, adopté à ses débuts par des nombreuses marques de PDA, et le précurseur en matière de reader Iliad. Malheureusement pour la firme française rachetée en 2005 par Amazon, le format Mobipocket a été dérivé pour créer le format propriétaire d’Amazon avec le Kindle, et il souffre désormais de la concurrence et de son incompatibilité avec les nouveaux readers supportant l’ePub pour pouvoir continuer à exister en tant que format indépendant.

Reste désormais à voir comment va évoluer la position d’Amazon vis à vis de l’ePub…

Source : eReaders.nl