Posts Tagged ‘numérique’
USA Today fait le pari de l’édition numérique

La situation de la presse quotidienne américaine n’est guère plus enviable que celle de ses confrères français. Depuis plusieurs années, la chute des revenus publicitaires plombe les comptes de ces grands groupes tandis que le coût de la distribution papier continue de vider les caisses. Alors pour un quotidien comme USA Today, le numérique a de quoi séduire.
Avec des volumes de vente qui sont passés de 2,3 millions d’exemplaires en 2007 à 1,83 millions en moyenne aujourd’hui, une action qui a chuté de 78% en 4 ans, et une nombre de pages publicitaires vendues divisées par 2 depuis 2006, USA Today a tous les symptômes du titre du presse déclinant. Comme le rapporte le site AppleInsider, le mot d’ordre actuelle à l’intérieur du titre serait “Moins se focaliser sur l’imprimé… et produire plus de contenus pour toutes les plateformes (Web, mobile, iPad et autres formats numériques”.
Après le grand succès de son application pour iPad (USA Today for iPad), le conglomérat Gannett&Co (qui posséde USA Today et 80 autres titres de taille moindre) est le premier à recentrer sa stratégie par rapport aux nouveaux appareils mobiles.
Pour John Hillkirk, rédacteur en chef de USA Today, la décision n’a pas été difficile à prendre, “Nous devons aller là où se trouve l’audience”. Puis pour rajouter “Si les gens sont fanatiques de l’iPad, ou de l’iPhone ou encore d’un autre appareil mobile, nous devons être là avec le contenu qu’ils veulent, et quand ils le veulent”. Le changement va aussi toucher les équipes du quotidien, dont la division commerciale va venir étroitement collaborer avec la rédaction, “pour aligner l’effort commercial avec le contenu que nous produisons”.
Beaucoup de changements du côté de USA Today qui pourraient avoir une conséquence sur le travail des journalistes du titre. A cette inquiétude, Dave Hunke, éditeur du quotidien, répond que “en aucun cas nous ne compromettrons notre intégrité”. Du numérique et du vrai journalisme. Espérons que les efforts de USA Today vont payer.
Du papier au numérique : Alice au Pays des Merveilles

Hubert Guillaud (@hubertguillaud) a déniché un article intéressant qui montre l’évolution d’une oeuvre, du papier au numérique. Du manuscrit d’Alice au Pays des Merveilles illustré de la main de l’auteur (numérisé par la British Library à cette adresse), en passant par la première édition papier en couleur puis le Vook et, dernièrement, Alice for the iPad, il est possible de retracer l’évolution de ce texte essentiel de la littérature jeunesse. A voir absolument.
Cette instructive rétrospective est à découvrir (en anglais) sur Darwin’s Library.

Barnes&Noble : le numérique soutient le libraire

Alors que le grand libraire américain est malmené en Bourse et que les ventes de livres papiers dans ses boutiques continuent de baisser, la part tenue par le numérique dans les résultats financiers de la société ne cesse d’augmenter. ZDNet rapporte les derniers chiffres de B&N dans ce domaine.
Tout d’abord, d’après le président de B&N, William Lynch, la part de marché de l’entreprise dans le numérique aurait dépassé celle du papier, s’établissant à 17% ces derniers mois. Les ventes d’ebook augmentent chaque semaine, poussées par le succès du Nook et ses produits dérivés. De plus, ce lectorat semble être une manne car le panier moyen a augmenté en valeur de 20%. Enfin, signe que la lecture numérique rallie un nouveau public pour B&N, 25% des acheteurs du Nook sont des nouveaux clients.
Même si Barnes&Noble semble avoir pris habillement le virage du numérique, les finances de l’entreprise ne sont pas aussi solides que celles de ses concurrents, Amazon et Apple. B&N va devoir restructurer ses magasins pour ralentir les dépenses dans son circuit de distribution physique ou bien choisir une stratégie des plus audacieuses : se tourner radicalement vers le numérique et rationnaliser sa branche traditionnelle. A quand des Espresso Book Machine chez Barnes&Noble?
The Times : data vizualisation à l’honneur

Décidément, on n’arrête plus les nouveautés du côté de chez Owni. La dernière en date, une chronique hebdomadaire signée Geoffrey Dorne que l’on connaît déjà pour le blog Graphism. Avec le même talent, il a déniché plusieurs trouvailles intéressantes autour du design, de la typographie et des arts graphiques en général. L’une d’entre elles a retenu mon attention et pourrait bien donner des idées à nos lecteurs éditeurs de presse…
Extrait de la chronique publiée sur Owni :
On commence donc avec la data visualisation de la semaine qui est signée par Applied Works pour The Times et qui présente, sur iPad, un ensemble de quatre infographies interactives sur des sujets très différents. Au programme: « The Wall of Debt » (le mur de la dette), qui présente le budget d’urgence de George Osbourne et qui illustre l’ampleur de la dette nationale du Royaume-Uni. Une autre application très différente, spécialement développée pour la Coupe du Monde et qui regroupe tous les matchs, les résultats et tous les buteurs. Une troisième qui met en avant la fracture sanitaire entre le nord & le sud de l’Angleterre et une dernière, historique, qui est en fait une frise chronologique interactive pour commémorer en photos, coupures de journaux et clips audio, les 70 ans de la bataille d’Angleterre.
Le quotidien britannique semble avoir trouvé un partenaire de choix avec la jeune société de design Applied Works. Facilité d’utilisation et de compréhension, le studio n’a pas pour autant laissé de côté l’interactivité. Mention spéciale pour l’infographie sur la dette britannique. Reste à espérer que le Times transforme rapidement cette expérience en une opération suivie dans son édition numérique.
Infographie : Livre Papier vs. eBook
Newsweek consacre un article très intéressant accompagné d’une belle infographie concernant l’éternelle opposition livre papier vs. livre électronique. L’occasion de rappeler que chaque format possède des avantages et des inconvénients et qu’il ne sert à rien de chercher un vainqueur. En revanche, il est intéressant d’analyser les chiffres donnés, et pour eBouquin, de relever les éléments pertinents concernant les livres numériques.
On observe ainsi le très faible coût de production d’un ebook (5% du prix) par rapport au livre papier (15%), ce qui laisse à penser que les éditeurs ont encore une marge appréciable pour baisser le prix de leurs contenus dématérialisés. Reste néanmoins à prendre en compte les taux de distribution, qu’il s’agisse des libraires physiques ou électroniques.
On note en tout cas que le numérique est bénéfique pour les auteurs, puisque les taux de redistribution sur les ventes de livres électroniques sont proportionnellement plus élevés que sur les livres papier (23% vs. 18%).
Enfin, l’élément le plus intéressant réside peut être dans la propension des possesseurs de Kindle (et readers en général) à consommer davantage de livres que par le passé, depuis l’achat de leur appareil. Et si finalement ce n’était pas ça le plus important ? Reader ? Papier ? Qu’importe le support du moment qu’il (re)donne envie de lire.
Université d’été de la bande dessinées : quelques comptes-rendus

Du 5 au 7 juillet s’est tenue la 4ème université d’été de la bande dessinée à Angoulême, dans le bâtiment Castro. Nous avions annoncé le programme ici : Du papier au numérique.

Nous vous conseillons la lecture de trois comptes-rendus complémentaires, celui du site d’information sur la bande dessinée ActuaBD, celui de Julien Falgas et celui de Sébastien Naeco.
Pour résumer très grossièrement, il ressort de ces journées les profondes divergences de dessein [sic] entre les différents acteurs potentiels (des grosses entreprises aux auteurs), avec une approche “industrielle” pour les premiers, “artisanale” pour les seconds.
La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image a déjà mis en ligne quelques réactions et devrait publier l’intégralité des débats.
La sélection du jour #59
- Est-ce que des livres électroniques d’occasion sont concevables ? – FutureBook + Teleread
- Quid de la critique en BD numérique ? – Le Comptoir de la BD
- Le New York Times Book Review disponible pour le Kindle – Amazon
- Le salon du livre de Hong Kong fait la part belle à l’édition numérique – New York Times
- TheBookEdition, premier partenaire de la BNF pour l’impression à la demande de ses œuvres numériques.
- Libranda, une solution espagnole de distribution numérique qui fait débat – MobileRead
Un kiosque numérique des éditeurs de presse d’ici la fin de l’année
Les éditeurs de presse seraient-ils sur le point de s’entendre, là où ceux du monde du livre n’ont jamais réussi à s’accorder? C’est ce que laisse penser la récente réunion du Syndicat de la Presse Quotidienne Nationale (SPQN) dont Le Figaro rapporte les annonces. Devant une assemblée d’éditeurs et de journalistes, avec Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d’État à la Prospective et au Développement de l’économie numérique comme invitée, les dirigeants du syndicat ont annoncé un projet pour le moins ambitieux : créer ex-nihilo un kiosque numérique qui permettra de distribuer des journaux et des magazines sur PC/Mac, tablettes et smartphones.
Pour le SPQN, il ne s’agit pas de venir concurrencer l’App Store dont les pages s’emplissent chaque jour un peu plus de titres de presse mais de proposer une alternative payante et viable à long terme à Google News (qui intégrera très prochainement de la publicité). Au coeur du projet du SPQN, un GIE (Groupement d’Intérêts Economiques) auxquels participent six quotidiens nationaux : Le Monde, Libération, Le Figaro, Les Échos, Le Parisien et L ‘Équipe. Après une annonce officielle prévue pour la rentrée (et un lancement fin 2010), ce GIE aura pour mission de développer la plateforme de distribution et du plan de communication. De plus, n’importe quel éditeur de presse pourra être distribué sur cette plateforme car l’enjeu est d’atteindre un nombre d’éditeurs et de titres suffisants pour amortir le coût de la structure.
Pourtant, deux questions restent encore sans réponse : celle du financement et celle de la cible d’un tel service. Concernant le financement, le GIE permettra de mutualiser les coûts même s’il convient de se rappeler la santé financière plutôt délicate des groupes de presse. Ce projet doit aussi trouver un partenaire technique (Orange et Microsoft ont été cités à plusieurs reprises). Enfin, comment s’intégrera ce service dans l’offre actuelle ? Est-ce que les éditeurs arriveront à disposer d’une technologie qui permettra de distribuer des contenus innovants et de qualité, comme on peut le voir sur l’iPad ? Le choix du partenaire technique va être crucial.
Reste également à savoir comme ce service s’articulera par rapport aux deux kiosques numériques déjà existants en France, Relay.com (Lagardère) et LeKiosque.fr (Indépendant). Un partenariat ou un rachat en vue ? Malheureusement, aucun de ces deux acteurs ne dispose (encore) du savoir-faire technique et technologique capable de rendre cette plateforme concurrentielle. Ainsi, le passage par un grand nom du web ou de l’informatique semble obligatoire si le SPQN veut un service à la hauteur de ses ambitions.
Université d’été de la bande dessinée : du papier au numérique

La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image et le Pôle Image Magelis viennent d’annoncer le programme de la 4ème Université d’été de la bande dessinée qui aura lieu du 5 au 7 juillet 2010 à Angoulême. Comme l’indique l’intitulé de la conférence, Trans-média, cross-média, média global :
de l’album singulier aux écrans multiples, la thématique des conférences est axée sur la création ou l’adaptation de bande dessinée sur d’autres supports que le papier et concerna aussi bien les auteurs (scénariste, dessinateur) que les éditeurs.
Parmi les intervenants, citons Claudia Zimmer, responsable d’Avé Comics, Benjamin Samuel Ewenczyk, fondateur de digiBiDi dont nous avions publié un texte et Yannick Lejeune, le fondateur du Festiblog.
Pour découvrir le programme, rendez-vous à cette adresse. Et pour le formulaire d’inscription, c’est par ici !
Le journal de demain sera pliable, tactile et recomposable

Les propriétés potentielles du papier électronique n’en finissent plus d’attiser la créativité des designers. Le dernier concept en date vise à imaginer le journal de demain. Il a été réalisé par quatres étudiants du cursus Media Design du Art Center College of Design (en Californie) : Phil Van Allen, Manny Darden, Jae Kim et Scott Liao. La dénomination de ce travail n’est pas restrictive : The Page, ADAPTIVE DELIVERY DEVICE. Les concepteurs ont cherché à créer un objet familier dans sa forme et son toucher mais adaptable à toutes les situations dans lesquelles ce nouveau journal pourrait être utilisé. En somme, un “journal origami”. Cet objet est tout aussi modulable dans sa forme virtuelle. L’utilisateur peut le recomposer à volonté et déplacer le contenu chargé sur la feuille de papier électronique. Et suivant la forme donnée à l’objet, le contenu s’y adaptera aussi.
Un concept qui montre une belle symbiose entre contenu et contenant. Malheureusement, il va falloir encore attendre quelques années avant de voir arriver des technologies permettant de donner vie à un tel objet. Les designers n’ont pas fini de nous émerveiller avec des appareils de lecture toujours plus proches de leur utilisateur.
La presse magazine en route vers le numérique

Teleread nous signale ce matin une étude très intéressante du cabinet mediaIDEAS à propos de la presse à l’heure du numérique. “Durant les 10 prochaines années, l’industrie de la presse magazine va connaître un changement radical en passant d’un modèle de presse imprimée à un modèle où les publications numériques représentront la part la plus importante de certains éditeurs” indique l’auteur du rapport, David Renard. Avant de confirmer durant la présentation de cette étude, “Nous nous attendons à ce que le numérique devienne la première source de revenus pour l’industrie du magazine, d’ici 2016-2017.”.
La part du numérique dans la diffusion de périodiques aux Etats-Unis atteindra un volume d’affaire de 8,5 milliards de dollars en 2014, soit 28% du marché global. En 2020, ce chiffre passera à 58%, soit un équivalent en valeur de 20 milliards de dollars. David Renard attribue cette croissance à plusieurs facteurs et en particulier à l’arrivée de nouveaux produits permettant d’accéder aux contenus numériques. L’iPad (particulièrement approprié à la lecture de magazines grâce à son écran couleur) ou les readers epapers prévus dans le courant de l’année (capables de recevoir des contenus de presse sous forme de flux) iront dans ce sens. Les pratiques des lecteurs vont également changer car l’imprimé ne représentera plus que 33% des publications de périodiques en 2020, contre plus de 75% aujourd’hui. Si un tel basculement n’est pas encore assuré pour le livre, la presse se dirige, quant à elle, à grands pas vers le numérique.
Columbia University mêle journalisme et informatique

Le monde de la presse et du journalisme est en pleine mutation aux Etats-Unis. Sur un fond de crise économique, avec une chute historique des revenus publicitaires, couplé à une baisse des ventes, l’ensemble du secteur voit sa survie au travers du numérique. Si ce changement est plus visible dans son aspect industriel et économique, il est avant tout un changement dans la forme même du journalisme, qui se retrouve une nouvelle fois à la croisée de nombreuses compétences. L’informatique est désormais au coeur du nouveau journalisme, l’utilisation des réseaux sociaux et d’Internet faisant partie intégrante du métier.
La très prestigieuse Columbia University, située à New York, compte bien former les futurs journalistes de l’ère numérique. En effet, cette grande institution lancera à l’automne prochain un diplôme de niveau master qui mariera des enseignements de journalisme et… d’informatique. Pour le doyen de l’école de journalisme de l’université, Bill Grueskin, notre époque “devrait être l’âge d’or du journalisme; plus de gens ont accès à plus de sources d’informations qu’à aucun autre moment de l’histoire” et c’est pour cela qu’il est nécessaire de “préparer une nouvelle génération de professionnels avec des compétences dans les aspects techniques des médias numériques et de l’information”.
Ce programme s’étendra sur cinq semestres, deux au sein de l’école de journalisme et trois dans le département d’informatique. En plus de se voir enseigner les nouvelles méthodes de rédaction propres à Internet, les étudiants devront apprendre les différentes techniques de datamining, l’utilisation des réseaux sociaux, la conception de sites web spécialement dédiés à la diffusion d’informations, étude du rôle des mobiles, création de modules de recherches automatiques, infographie etc. Le magazine Wired reprend en détails l’ensemble des cours proposés par la formation.
Pour Shree Nayar, professeur d’informatique à l’université de Columbia, “les nouvelles technologies sont en train de changer profondément changer la création, la présentation et la distribution de l’information. L’objectif de ce diplôme de journalisme et d’informatique est d’offrir à la prochaine génération de journaliste les compétences techniques pour créer des technologies de medias numériques, nouvelles et innovantes, qui pourrait redéfinir le journalisme tel que nous le connaissons. A notre connaissance, ce cursus est le premier de son genre”. Si une telle formation est une nouveauté aux Etats-Unis, pour une fois, l’université française propose une formation similaire depuis un an, du côté de l’université de Metz. Pour découvrir cette nouvelle formation, rendez-vous à cette adresse.
















