La BnF lance une application iPad sans intérêt

C’est au salon du livre 2010 que le président de la BnF (Bruno Racine) avait annoncé, suite à une de mes questions, le lancement prochain d’une application iPad pour sa bibliothèque numérique (Gallica). 1 an et demi plus tard, c’est chose faite avec BnF Gallica. On nous annonce donc un accès gratuit (consultation et téléchargement) à 2 millions de documents parmi lesquels des livres, des fascicules de presse, des revues, des manuscrits, etc. Bref, c’est Gallica, mais sur iPad (uniquement…). Ce sont donc plutôt les fonctions de manipulations textuelles et de navigation qui m’occuperont (voir “Livre numérique et manipulations textuelles : introduction“)

L’accueil (image ci-dessus) comprend un ensemble de documents, censés faire la démonstration de la richesse du fonds, en termes de diversité et de rareté. Agréable, ici, de voir considérer un ensemble de pièces souvent délaissées, qui participent pourtant de l’élaboration de la culture (affiches, cartes, lettres, miniatures, etc.), mis sur le même plan que des manuscrits prestigieux. Proust, par exemple :

Merveille des merveilles. Mais : essayez de zoomer, et vous n’y verrez plus rien (basse résolution). Par ailleurs, mis à part la possibilité de consulter les métadonnées, de télécharger le document, de le partager (Facebook, Twitter, mail) ou de le sauvegarder dans “ma bibliothèque”, pas de manipulations plus fondamentales proposées (ajout de tags, corrections, notes, liens, etc.). Ce qui est en fait privilégié, c’est l’image du texte plus que le texte, c’est la démonstration, c’est la présence de Gallica sur iPad. Normal, par conséquent, que nous soyons limités à la consultation (et dans le même genre, je préfère The Wast Land et l’appli’ de la Bristish Library).

Conclusion :

 

Shakespeare revisité sur iPad

Shakespeare Pro de Readdle, Romeo and Juliet des Presses de Cambridge…Il existe aujourd’hui des dizaines d’applications sur iPad consacrées à Shakespeare. C’est en effet sur les classiques que les expérimentations techniques devraient encore porter ces prochaines années : la démonstration d’une plus-value (“livre-augmenté”, “livre enrichi”) du livre numérique passe par la nécessité d’opérer des transformations visibles sur un fond culturel commun, à partir duquel un écart pourra être facilement mesuré.

La dernière adaptation de Shakespeare pour iPad – Othello à 5 euros, produit par Sourcebooks, qui a aussi réalisé Roméo & Juliett et Hamlet – n’est cependant pas une application. Elle en a pourtant le défaut principal : réalisée à partir d’un outil propriétaire (iBooks Author) elle n’est idéalement lisible que sur iBooks d’Apple. Certes, certes, une simple modification de l’extension (.ibooks > .epub) permet de la lire ailleurs, mais seulement avec Adobe Digital Editions et sans tout ce qui en fait justement l’intérêt (la start-up Readmill vient cependant de mettre à jour son application, qui permet aujourd’hui de lire les DRM; voir aussi BookShout).

Concernant le travail réalisé. Première remarque : il exploite bien les possibilités d’Ibooks Author et s’inscrit dans la stratégie d’Apple depuis iBooks 2 (s’adresser au monde de l’éducation). Une table des matières dynamique a ainsi été rajoutée sur le modèle de Kobo (voir “dynamique de la table, de la note et de l’espace“) qui signale, en face de chaque matière (Acte I, Acte II, etc.), la présence d’une note/d’un passage souligné chaque fois que l’étudiant en produit une/un au cours de sa lecture. Elle est donc envisagée comme un espace de rassemblement et de mémorisation.

La navigation est constituée de deux niveaux. Le premier (petits points blancs du bas) permet de naviguer dans l’oeuvre entière et de mesurer d’un coup d’oeil ses limites (14 sections : actes de la pièce + des suppléments); le second contient les vignettes de chaque page par session. L’intérêt – en plus de la fluidité – c’est bien évidemment de pouvoir repérer chaque objet audio et vidéo. Car Othello de Sourcebooks propose en effet des lectures de grands comédiens, des introductions d’un spécialiste  (Sir Derek Jacobi) et des scènes filmées. L’ensemble comprend également une riche iconographie (adaptation historique, costumes, etc.), des commentaires critiques (Othello au XIXème s., Othello de l’Opéra au Hip-hop, etc.) et des témoignages (le regard des comédiens, le travail d’un coach vocal, etc.).

Un vrai travail l’éditorialisation a donc été fait, pensé dans une interface facilement maniable et agréable (si l’on passe outre l’effet de mimèsis omniprésent – cahier spirales, reliure, etc.), preuve que les technologies de repérage/de mémorisation progressent et que ces réalisations ont de moins en moins à rougir face aux puissantes applications sur iPad. Dommage que ce soit au prix d’un nouvel enfermement…

Amazon : bientôt une offre d’abonnement vidéo illimitée à 6,99€ en France ?

La semaine dernière, Amazon.fr a contacté certains de ses clients afin de répondre à un sondage visant à recueillir leur avis sur les produits Kindle. Parmi les questions posées, l’une d’entre elles a attiré notre attention et pourrait bien être un indice sur future offre d’Amazon.

Dans ce sondage, au milieu de questions diverses relatives à l’usage du Kindle, aux habitudes de consommation, à la place accordée à telle ou telle fonctionnalité, Amazon a glissé sporadiquement plusieurs questions évoquant de possibles offres d’abonnement vidéo en accès illimité.

Un abonnement vidéo illimité pour 6,99 € / mois ?

Amazon parle « d’un abonnement vidéo [...] permettant de bénéficier d’un accès illimité à un catalogue de plusieurs milliers de films et séries TV à regarder en streaming sur votre ordinateur, télévision ou Kindle Fire ». Le prix indiqué est également très intéressant puisque pour cette offre multiécran comprenant l’ordinateur, la TV et le Kindle Fire, il serait question de 6,99 € par mois ! Read the rest of this entry »

Amazon : le Kindle Paperwhite en France le 22 novembre

C’est sûrement la nouvelle de la semaine. Alors que le Kobo Glo est déjà sur les étals, le Cybook Odyssey HD Frontlight dans les starting-blocks, Amazon allait être la seule marque (avec Sony) à ne pas proposer un ereader avec écran HD et un système d’éclairage de l’écran. Heureusement, le Kindle Paperwhite arrivera en Europe, et en France, avant les fêtes. À vrai dire, nous aurions eu du mal à attendre une commercialisation en 2013 comme l’indiquaient certaines rumeurs

Autre bonne nouvelle, les deux modèles, le Wi-Fi et le Wi-Fi+3G seront commercialisés pour respectivement 129 € et 189 €. Il n’est pas fait mention d’un financement par la publicité. Visiblement, les modèles vendus en Europe (sauf les Kindle Fire) y échappent encore.

Ces deux appareils viennent compléter la gamme de liseuses d’Amazon composée du Kindle « black » à 79 € et du Kindle Touch qui est toujours au catalogue avec un prix en baisse (109 €). Une gamme solide en directe concurrence avec celle de Kobo. Qui reportera la course lors des fêtes ?

Pour précommander le Kindle Paperwhite, c’est par ici. En attendant notre test, pour un premier aperçu de cet ereader, rendez-vous sur iGen.fr.

Bookeen officialise la sortie du Cybook Odyssey HD FrontLight

Nous évoquions avant-hier la sortie d’un nouveau produit chez Bookeen grâce aux fuites aperçues  sur une boutique en ligne française. Ce nouveau modèle a été confirmé par la marque qui a présenté son futur produit phare, le Cybook Odyssey HD Frontlight.

Bookeen se repositionne face à ses concurrents

Reprenant le « form factor » du Cybook Odyssey actuel, Bookeen y a ajouté un écran de résolution supérieure HD, 1024×758, soutenu et éclairé par une couche de diffusion de lumière « Frontlight » réglable sur 20 niveaux.

En plein jour, cette couche lumineuse permettra d’offrir un rendu très blanc à l’écran tandis que le soir, elle permettra de lire dans la pénombre. Le niveau de luminosité sera réglable directement depuis l’interface tactile.

L’adoption par Bookeen de l’écran HD et du système d’éclairage d’écran est une réponse au dernier Kindle Paperwhite d’Amazon mais surtout à Kobo qui dispose également d’un modèle équivalent, le Kobo Glo, seul modèle HD avec éclairage disponible aujourd’hui en France.

Nouveautés dans l’interface et le rendu des PDF

Au rayon des nouveautés, Bookeen parle dans son communiqué de presse d’une nouvelle interface utilisateur permettant d’exploiter pleinement la résolution de l’écran. On s’empressera de vérifier cela lorsque nous pourrons tester la machine.

La marque parisienne évoque également une nouvelle gestion de la mise en page des PDF facilitant leur lecture, le « PDF Reflow ». Ajouté à la rapidité de rafraichissement de l’écran propre au Cybook Odyssey et à sa technologie HSIS (High Speed Ink System), cela pourrait apporter un confort de lecture inédit sur les fichiers PDF. Là aussi, nous sommes impatients de tester cela.

L’Odyssey HD Frontlight sera également plus léger que son prédécesseur malgré l’ajout de fonctionnalités supplémentaires. Sur la balance, il ne pèsera que 180g pour un peu moins de 1 cm d’épaisseur (contre 195 g pour l’Odyssey actuel) ce qui place l’appareil parmi les références du marché et le positionnant comme l’un des plus légers sur ce niveau de gamme, le Kindle Paperwhite étant annoncé à 213 g, le Kobo Glo à 185g et le Nook Touch Glo à 198g.

Du tactile… mais toujours des boutons de navigation

À la différence d’autres constructeurs, Bookeen conserve sur son nouvel appareil les boutons mécaniques en plus de l’écran tactile. C’est un plus indéniable dans certaines situations, notamment lorsqu’on ne dispose que d’une main pour tenir l’appareil et tourner la page, dans les transports par exemple.

Du côté des autres fonctionnalités, la liseuse disposera évidemment du WiFi pour pouvoir télécharger ses ouvrages directement sur le lecteur. On regardera attentivement si autre chose est proposé. On pense par exemple à un système d’envoi de documents personnels comme ce que propose Amazon et qui séduit les utilisateurs, leur permettant notamment de s’envoyer des articles de sites web.

Avec ce nouveau produit, Bookeen proposera également une gamme de housses semblables à celles déjà disponibles pour l’Odyssey.

Date de sortie, prix et accessoires

Le Cybook Odyssey HD FrontLight devrait sortir en Europe le 27 novembre 2012 au prix très compétitif de 129,99 € si on en croit les captures d’écran repérées sur le net aujourd’hui.

Le prix est totalement en phase avec la concurrence. Le Kobo Glo a été annoncé au même prix, tout comme le sera très probablement le Kindle Paperwhite l’année prochaine (cf. notre précédent article). Cela devrait permettre à Bookeen de trouver son public lors des fêtes d’année, réputées pour être propice aux achats de liseuses.

Source et Crédit Photos : Bookeen
Screenshot : Goodereader

Bookeen : le nouvel Odyssey HD est (presque) de sortie

Crédits : Goodereader

Le mois dernier, Bookeen avait laissé entendre qu’une révision du Cybook Odyssey était en préparation. Une fiche produit sortie un peu trop tôt sur la boutique en ligne de Cultura vient de confirmer ce bruit et le blog Goodereader rapporte en détail les caractéristiques techniques de l’appareil. Cette nouvelle déclinaison du Cybook Odyssey, appelé “HD Frontlight”, est équipée d’un écran E-Ink haute définition (avec une résolution de 1024×768 au lieu de 800×600 pour le modèle actuel) et d’un système d’éclairage de l’écran. Ces deux composantes mettent l’ereader de Bookeen à niveau par rapport au Kobo Glo disponible depuis quelques jours à la FNAC.

Concernant le prix du Cybook Odyssey HD, pas de changement, puisqu’il est toujours vendu au prix de 129,99€. La livraison des premières commandes est prévue pour la fin du mois de novembre mais malheureusement, la référence a disparu du site de Cultura, donc il est impossible de précommander l’appareil. Il n’est toujours pas disponible sur la boutique officielle de Bookeen mais la liseuse sera disponible à la vente en Allemagne au sein de la chaîne Thalia et en France chez Virgin et sur les boutiques en ligne partenaires.

Nous ne manquerons pas de compléter cet article dès que nous aurons plus d’informations sur cet ereader. Stay tuned. 

Libération automatise l’envoi sur Kindle et propose une offre découverte

Nous avions évoqué récemment les travaux de Libération concernant l’ajout du téléchargement de la version Kindle du journal du jour à son offre d’abonnement Web/Smartphone/Tablette. C’est une première pour un quotidien et une preuve que ce journal est à l’écoute des attentes de ses lecteurs. Jusqu’à présent, ils étaient obligés de souscrire à un nouvel abonnement sur Amazon.fr ou bien de bidouiller un export, souvent médiocre et lacunaire, des articles du site web pour profiter du journal sur leur liseuse.

Le journal sur votre Kindle tous les matins à 6 h

Suite à notre article, Libération a amélioré le service proposé en ajoutant la possibilité de recevoir automatiquement le journal sur son Kindle à 6 h tous les matins via son adresse @kindle.com. C’était l’une des principales fonctionnalités manquantes que nous avions pointées lors de notre description de l’offre Kindle. En pratique, il suffit de renseigner son adresse @kindle.com sur le site de Libération dans la page du journal numérique puis dans la rubrique KINDLE située en haut à droite.

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Libboo : un outil marketing de recommandation de livres

Dans son fonctionnement, Libboo ressemble quelque peu à JellyBooks (voir “JellyBooks : la méthode Groupon appliquée aux livres“) : il s’agit d’un service de recommandation de livres qui apprend de vos comportements de partage pour vous en proposer d’autres livres  sur le même thème (méthode Zite et Last.fm). La différence se fait au niveau des récompenses : sur JellyBooks, si vous êtes nombreux à “faire un deal” sur un livre, vous obtenez des réductions; sur Libboo, plus vous faites du “buzz” (expression consacrée) selon un barème défini (partager d’un clic sur Facebook/Twitter rapportera sans doute moins que l’ajout d’un code sur un blog), plus vous obtenez des chances de l’obtenir gratuitement :

À cela s’ajoute un système de classement des membres par livre en fonction de leur investissement et un système de progression qui doit encourager à dépasser le premier “buzzer” pour gagner en influence :

D’autres métriques sont en place, qui permettent de déterminer ce niveau de “popularité”  : nombre de “followers”, nombre de clics depuis un lien partagé sur les “réseaux sociaux”, points gagnés, nombre d’inscriptions/ventes provoquées, etc. Mais pour obtenir un code de téléchargement, l’affaire est plus difficile : les “freebies” (les codes que l’on gagne en “buzzant”) ne peuvent être obtenus  que les dimanches à 6.47 am et ce seulement pour les membres qui font partie du top des influenceurs… Autrement dit : le reste du temps (toute la semaine), ils bossent gratuitement pour se maintenir à un niveau suffisamment haut.

On l’aura compris : il s’agit moins d’un service de recommandation que d’un outil marketing pour les auteurs partenaires, payés selon les ventes réalisées (sans contrat d’exclusivité), à qui l’on promet de transformer chaque internaute en VRP et en cible potentielle (ce que font depuis longtemps GoodReads, Babelio, etc.). Libboo met seulement plus en scène le partage comme valeur qualitative en s’appuyant largement sur l’imaginaire numéraire (le nombre de “buzz” et de “hit”) appliqué à “l’industrie du livre”. Si le site est bien fait, efficace, il ne satisfera sans doute qu’un temps les auteurs, qui auront besoin de données beaucoup plus fines (âge, temps de lecture, arrêt, annotations, motivations, etc.) pour saisir les comportements de leurs lecteurs et adapter, en conséquence, leur “stratégie marketing”.

24Symbols : le service d’abonnement de livres arrive sur iOS

24 Symbols s’est fait connaître comme l’un des premiers services d’abonnement à des catalogues de livres numériques (avec fonctions “sociales”; j’en avais parlé l’année dernière; depuis Booquo a suivi ce modèle). Contre un forfait (gratuit avec publicités; payant sans pub et hors ligne), l’utilisateur peut en effet accéder de façon illimitée à une offre d’eBooks proposée par des éditeurs (espagnols), à tel point que 24Symbols a été qualifié de “Spotify du livre” (périphrase assez juste dans ce cas).

Jusque-là, cette offre me semblait cependant bien pauvre et surtout constituée de livres du domaine public; elle était par ailleurs accessible sur n’importe quel écran, grâce à un développement en HTML5. Mais elle n’était pas tout à fait dédiée aux mobiles (seulement adaptée). Chose réparée puisque la start-up a lancé aujourd’hui son application iOS (iPhone/iPad).

Tous les supports sont donc maintenant représentés, ce que 24Symbols met très bien en discours (la superposition des écrans connote leur convergence grâce au “cloud” – il faudra un jour montrer comment la métaphore des nuages a remplacé celle de l’eau – “surfer” sur le web – avec toutefois la même ambition : rendre compte d’une “facilité”, d’une fluidité des gestes et des usages; bref, nous avons affaire à une idéologie de l’adoption).

L’ai testée rapidement. D’abord, la “convergence” promise est un peu trompeuse : il n’est pas possible de se connecter simultanément à son compte interface Web en HTML5 (ordi) et son compte iOS…Ce qui peut poser des problèmes en terme de stratégies de lecture-écriture (certains utilisateurs, par exemple, ont tendance à mixer les supports et les connexions simultanées pour prendre une note sur iOS tout en repérant des passages à condenser dans cette note depuis l’écran de l’ordi afin d’éviter le changement de page sur iPad ! Etude en cours ;-)). L’interface iOS est simple et comprend des catégories connues (catalogue, lectures en cours, dossiers, livres favoris, etc.). On notera la possibilité de faire des dossiers, qui est rarement proposée.

Sinon difficile de se faire un avis sur le catalogue, comme 24Symbols n’a signé aucun partenariat en France. Les seuls livres en effet consultables sont encore ceux du domaine public :

6 fonctions disponibles, 2 rendues possibles par l’exploitation des métadonnées (résumé et index), les autres par les actions des utilisateurs (commentaires, bookmarks, passages surlignés). Comme d’habitude, pas de possibilité de triage/classement des annotations, ce qui les rend – comme d’habitude – inexploitables, passées la vingtaine. J’ai noté un petit souci au niveau de la saisie d’une note, qui peut dérouter un utilisateur, même de MAC : elle ne se valide/s’enregistre qu’en fermant la fenêtre :

Dernière remarque : grosse amélioration concernant le “pointage” des annotations. Exemple : je partage un passage/une note sur Facebook depuis l’application. Le lien proposé me dirige vers la fiche du livre (avec des recommandations “sociales”) et si je veux lire le commentaire/le passage dans son contexte, je me retrouve bien dans sa position exacte (ce qui n’était pas le cas l’année dernière encore !) :

Libération offre la version Kindle du quotidien à ses abonnés

Nous ne l’espérions plus. Nous nous étions presque fait une raison. Le Kindle, l’oublié de la presse française… Ces utilisateurs seraient contraints de prendre un abonnement spécifique, et onéreux, pour lire leur journal. Et même s’ils étaient déjà abonnés à l’offre numérique de la publication ! Une aberration économique à l’heure où la presse cherche à préserver son abonné.

  

Nous avions pourtant démontré l’année dernière (cf. notre précédent article) comme il était simple, pour peu qu’on y consacre quelques heures, de proposer un fichier contenant l’intégralité du journal au format Kindle.

Jusqu’à maintenant, aucun journal n’avait proposé ce service et nous commencions à désespérer d’avoir un jour la possibilité de jumeler un abonnement numérique avec notre Kindle.

Mise à jour : Nous avons été contactés par Libération qui précise que, plus qu’un “développement de quelques heures” comme nous l’évoquions, la mise à disposition de ce fichier a été un “vrai chantier technique”.

Libération innove

C’était sans compter sur le quotidien Libération, très enclin aux développements innovants dans le numérique.

Pourtant, lors de la publication de notre premier article, comme ses concurrents, Libération n’était pas du tout au fait de ce qu’il était possible de faire pour le Kindle, comme nous l’avions constaté en les interpellant par email.

Le 16 septembre, une newsletter nous a surpris en nous annonçant cette bonne nouvelle (merci à Franco pour nous avoir signalé la nouveauté). Nous allions enfin pouvoir lire Libé sur le Kindle sans devoir se réabonner sur Amazon.

Comment fonctionne la solution proposée par Libération ? Remplit-elle le cahier des charges que nous avions fixé ? Comment a-t-elle été réalisée ?

Le téléchargement du journal

Il ne nous fallait pas plus de questions pour entamer un test complet de l’outil. Proposé en téléchargement depuis l’interface de lecture enrichie du site, l’édition Kindle est directement téléchargeable sous forme d’un fichier .mobi à récupérer sur son ordinateur et à envoyer ensuite sur son appareil.

Le fichier testé, l’édition du 15 septembre avec supplément Mag, pèse environ 1Mo et peut ensuite aisément être transféré en USB ou en l’envoyant par mail directement sur le Kindle.

La newsletter annonçant le service (qui précise que le service est encore en bêta) suggère également de s’inscrire pour recevoir quotidiennement le journal sur son Kindle. Intrigués par cette phrase, l’envoi direct sur Kindle étant possible, nous nous sommes inscrits. Nous avons alors ressenti le côté « bêta » de la chose.

Une confirmation standard, et en anglais, nous informe que la demande a bien été soumise. Est-ce pour autant terminé ? N’est-il pas nécessaire d’autoriser l’expéditeur chez Amazon pour pouvoir recevoir des fichiers sur son adresse email @kindle ?

Dès le lendemain, un mail de Libération nous invite à télécharger le journal en apportant un peu plus de détails sur la méthode à utiliser pour l’envoyer le fichier sur son Kindle. En revanche, ce mail omet au passage de préciser aux novices qu’il faut préalablement aller déclarer l’expéditeur dans le menu de paramétrage du Kindle sur Amazon. Et cela avant tout envoi vers le Kindle.

C’est donc une méthode semi-automatique qu’a choisie Libé pour son expérimentation, l’utilisateur devant lui-même aller récupérer le fichier, le télécharger puis l’envoyer sur son Kindle. La solution n’est pas la plus pratique, mais au moins, le fichier a le mérite d’exister et les plus motivés iront certainement le récupérer tous les jours. Mais cette méthode complexe pour le grand public risque de venir ternir les statistiques d’utilisation si ce projet est destiné à durer dans sa forme actuelle.

Passée cette critique, en espérant une amélioration, intéressons-nous de plus près au fichier en question. Étudions sa construction.

Un fichier très basique, mais propre

Souvenez-vous, nous vous avions expliqué comment créer un tel fichier à partir du logiciel Calibre. Quiconque ayant quelques connaissances de programmation en Python peut être capable de réaliser son script.

Alors, à ce jeu-là, comment s’en sort Libé (qui a d’ailleurs cherché à embaucher quelqu’un pour travailler en Python cet été comme l’atteste l’annonce ci-dessous passée sur Twitter) ? Que donne vraiment ce fichier face au fichier payant proposé sur Amazon ? Est-ce que le fichier conserve la mise en page du journal papier ?

Si le fichier proposé par Libération a au moins le mérite d’exister, on ne retrouve pas l’interface de navigation propre aux fichiers de presse vendus par Amazon (une table des matières présentant les sections dans la colonne gauche et les titres des articles dans la colonne de droite). Libé livre un fichier très simple composé d’une longue table des matières permettant l’accès direct aux articles qui s’enchaînent, comme un ebook classique.

Le fichier s’ouvre sur une couverture (l’image de la Une du jour).

Une mise en page correcte… mais sans plus

La mise en page des articles est bonne et la feuille de style respecte la structure d’un article de presse. L’auteur est affiché en italique, le titre dans une police grand format, mais sans être excessive. Enfin, le texte est justifié et les paragraphes semblent respectés dans la plupart des cas.

Après avoir été lecteur de l’édition fournie par Amazon, de piètre qualité, ce respect de la mise en forme est à souligner. On peut ici comparer avec la page du journal issue de la version iPad.

Petit bémol néanmoins, les nombreuses images présentes dans le journal passent presque toutes à la trappe (cf. copie d’écran). Quelques articles reprennent un ou deux visuels, mais c’est relativement rare. En revanche, contrepartie positive, le fichier est exempt de toute publicité.

Cependant, même si l’ensemble des articles rend plutôt bien, les pages avec une maquette plus complexe sont complètement illisibles. On peut citer par exemple le cas de la page du programme Télé, riche sur la version journal papier ou iPad, mais totalement dépouillée et inutile dans sa livrée Kindle.
 

Une fabrication de bon Calibre

Afin de décortiquer un peu plus le fichier et étudier sa conception, nous nous sommes appuyés sur Calibre, le logiciel de gestion et de lecture d’ebook par excellence. Le verdict du logiciel est clair : Calibre a servi à générer le fichier.

La personnalisation des metadatas est même assez minime. Le titre est « Libération », quant à l’auteur, il s’agit de la date de l’édition. Le « publisher » est bien Libération et le langage, le français. Le seul tag est « Reference ». Quant aux commentaires du fichier, ils reprennent le titre du manuel de prise en main du Kindle !

Tout cela sent donc la génération automatique de fichier avec Calibre, méthode que nous avions décrite, mais sans personnalisation. Au final, cela donne un fichier propre, mais à l’aspect artisanal quand on prend la peine de creuser un peu.

Un joli coup d’essai qui ne demande qu’à être perfectionné

Libération a innové, et malgré quelques soucis de jeunesse, le quotidien propose enfin à ses abonnés la possibilité de profiter de leur abonnement sur Kindle, montrant la marche à suivre pour ses concurrents.

Le choix technique retenu par Libération est basique, mais l’on doit souligner la réactivité de ses équipes, incitant les utilisateurs à faire des retours sur l’outil. Nous attendons avec impatience les premiers correctifs. En tout cas, saluons l’initiative de Libération et espérons qu’elle va faire des émules.


Kindle Black : un premier test du Kindle 4 “amélioré”

Difficile de différencier le Kindle 4 de son successeur le Kindle… 4 ? En effet, mis à part le changement de couleur de la coque (noire au lieu d’être grise), peu de choses ont changé sur le fond. Disponible depuis quelques jours, les premiers utilisateurs ont pu tester brièvement celui que nous appellerons le « Kindle Black » (l’emballage a aussi été accordé à sa nouvelle robe). Le blog Kindle Chronicles a publié une première vidéo de l’appareil et montre à quel point il est semblable à son prédécesseur.

Tout d’abord, le logiciel qui équipe le « Kindle Black » est le même que celui du Kindle 4 (Kindle 4.1.0 build 1615370055). Il n’y a donc pas eu de changements dans l’interface, mais l’écran est mieux contrasté et les changements de page plus rapides. Est-ce que le Kindle 4 bénéficiera de ces nouveautés ? Espérons-le. La différence majeure est le prix de vente de ce Kindle (69 $ contre 79 $ pour le Kindle 4). En France, la baisse de prix a été plus importante (de 99 € à 79 €) et la liseuse n’est pas financée par la publicité. C’est un détail qui a son importance (cf. notre précédent article).

Le « Kindle Black » est-il une bonne affaire ? Aujourd’hui, c’est l’ereader le plus abordable du marché. Il a des défauts (pas d’écran tactile, pas compatibilité avec le format EPUB), mais c’est un modèle qui a fait ses preuves et connu un succès commercial. En France, les modèles commencent à se multiplier et le Kobo Touch est une alternative, mais qui reste plus chère que le modèle entrée de gamme d’Amazon. Le Kobo Glo risque d’être un concurrent de taille pour Amazon, avec son écran E-Ink haute définition et son système d’éclairage intégré. L’absence du Paperwhite en France risque de faire perdre des parts de marché à Amazon.

Bragelonne : promotion exceptionnelle ce week-end ! [MAJ]

Avis aux amateurs de SF, Fantasy et Bit-lit, les éditions Bragelonne refont parler d’elles avec une promotion exceptionnelle (après celle du mois d’avril). Pour fêter la vente de plus de 200 000 titres en numérique en moins de deux ans, vous pouvez acquérir 200 titres du catalogue de l’éditeur pour seulement 0,99€ l’ebook, pendant tout le week-end (du samedi 15/09 à 00h01 au dimanche 16/09 23h59).

Bien entendu cette offre est accessible depuis toutes les librairies numériques qui commercialisent les titres Bragelonne (Google Play n’en fait pas partie) :  le Kindle Store, FNAC (cf. MAJ ci-dessous), Kobo mais aussi le Bookeen Store, Feedbooks, ePagine ou encore la librairie Immatériel. Mis à part si vous êtes possesseur d’un Kindle et que vous voulez faciliter le processus, n’hésitez pas à commander sur les quatre dernières librairies citées qui garantissent une distribution sans DRM. Même pour les utilisateurs de Kindle, un fichier EPUB sans DRM (même avec une watermark) se transforme en quelques clics en Mobi/AZW avec le logiciel gratuit Calibre (ou KindleGen).

La FNAC et Kobo vendent les fichiers avec DRM alors que cela ne devrait pas être le cas… Privilégiez donc les libraires indépendants pour avoir la pleine possession de vos fichiers achetés !

MAJ : Une petite erreur s’était glissée dans l’article. La FNAC ne propose pas la promotion Bragelonne, les prix n’ont pas changé sur la boutique comme on peut le voir sur cet ebook éligible à l’offre sur les autres librairies (par exemple chez Feedbooks). Une fois de plus (car ce n’est pas une première !), la FNAC montre que sa plateforme technique n’est pas à la hauteur de la concurrence, incapable de répercuter des changements de prix dans un court délai.

Bookeen : un nouveau Cybook Odyssey en novembre et plus l’année prochaine

Ces dernières semaines, la société française Bookeen s’est faite particulièrement silencieuse. Face aux annonces massives d’Amazon et de Kobo, difficile de se faire une place. Cependant, Bookeen prépare de nouveaux produits qui devraient arriver dans les prochains mois. Lors d’un entretien vidéo sur le blog de Jean-Michel Billaut, Michael Dahan (cofondateur de Bookeen) a abordé les derniers développements de son entreprise.

Bookeen connaît actuellement une « phase de croissance forte » notamment grâce au Cybook Odyssey, un Kindle « à la française », lancé en novembre 2011. Plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires ont trouvé preneur en Europe et l’objectif de 100 000 unités vendues sera atteint.

Pour soutenir cette croissance, Bookeen prévoit de lancer une nouvelle version de l’Odyssey (le modèle actuel restera au catalogue) avec un écran amélioré. Il devrait s’agir du modèle Pearl HD qui équipe d’ores et déjà le Kindle Paperwhite et le Kobo Glo. Contrairement à Sony, Bookeen aurait donc réussi à obtenir ce composant même si le monopole d’E-Ink sur le marché des écrans en papier électronique (notamment depuis le rachat de SiPix) est de plus en plus sensible.

La vente de matériel ne fait pas tout et Bookeen accentue sa stratégie sur sa librairie numérique qui a trouvé son public au fil des mois grâce au travail d’animation de l’équipe et d’un libraire à plein temps sur le projet. L’entreprise française veut proposer une offre répondant aux besoins de ses clients qui achètent une dizaine d’ebooks par an, presque un par mois, selon Michaël Dahan.

Cependant, une nouveauté majeure pourrait voir le jour l’année prochaine : un ereader E-Ink grand format. Michaël Dahan annonce que ses équipes planchent sur un tel produit depuis longtemps, rien de mieux pour réveiller les utilisateurs à la recherche d’un « Kindle DX » compatible EPUB.

L’édition numérique parodiée à coup de GIF animés

quand dans les transports un autre lit sur liseuse

Difficile d’imaginer le web sans GIF. On en trouve à toutes les sauces et ils sont d’autant plus amusants lorsqu’ils servent à tourner en dérision l’édition numérique. Un Tumblr (découvert grâce à @Sobookonline) regroupe toute une série d’images accolées d’un commentaire. Il y a quelques perles comme « Première démonstration de 1001libraires.fr », « Fnac lance son Fnacbook » ainsi que « Quand tu arrives à ouvrir un fichier avec DRM du 1er coup » ou « Quand un éditeur est fier de lancer son offre numérique, en PDF avec DRM à 24,99 € seulement ». Enfin, mention spéciale pour « Quand tu vois le rendu d’un ePub sur le Kobo Touch pour la première fois ».

Pour découvrir ce Tumblr sur l’édition numérique, c’est par ici. Il existe aussi son pendant dédié à l’édition papier, avis aux professionnels du secteur.

Kindle Paperwhite : pas de commercialisation à l’international avant 2013

Le site Goodereader a eu la confirmation de la part d’une de ses sources que le Kindle Paperwhite ne sera pas vendu hors des États-Unis avant l’année prochaine. Cette information vient confirmer nos premières inquiétudes et les rumeurs voulant que la production soit réservée au marché nord-américain jusqu’à la fin de l’année.

Le Kindle Paperwhite sera sans aucun doute un succès commercial et Amazon doit veiller à pouvoir satisfaire la demande dans les mois qui viennent. Les fêtes de fin d’année sont une période cruciale et des retards de livraison détérioreraient l’image de la marque. De plus, un précédent doit faire craindre à Amazon cette situation. Devant le succès du Nook Simple Touch with Glowlight, Barnes&Noble n’avait pas été en mesure de répondre à la demande pendant de longues semaines, multipliant ainsi les clients mécontents.

Amazon mise donc sur un sans faute et veut éviter à tout prix un retard de production. Le composant d’éclairage est produit en flux tendu et une augmentation trop importante des commandes pourrait bloquer la production. Du coup, les marchés européens, ainsi que le Canada et l’Australie, ne pourront pas profiter du dernier Kindle E-Ink de la marque.

En attendant, il faut se contenter du Kindle Touch Wi-Fi (le modèle 3G n’est plus disponible) ou bien se diriger vers le marché gris pour se procurer un Paperwhite (notamment sur eBay). Reste qu’en dépit des précautions précises par Amazon, l’entreprise n’est pas à l’abri d’une rupture de stock. Les nouvelles commandes ne seront plus livrées dès le 1er octobre, mais le 22 octobre. Nul doute qu’à l’approche des fêtes, le délai ne va pas se réduire.