La TVA à 5,5% bientôt appliquée au livre numérique ?

Voici une nouvelle qui devrait faire date dans le secteur de l’édition. D’après nos confrères de PC Inpact, toujours bien renseignés, le député Hervé Gaymard serait sur le point de déposer une proposition de loi relative au taux de TVA applicable aux livres électroniques.
Voici le document en question :
Plus d’informations à venir sur le sujet, le temps d’analyser tous les enjeux et aspects que recouvrent ce document. L’article sera mis à jour régulièrement au cours de la journée.
MAJ : Après une introduction de 4 pages, Hervé Gaymard propose simplement d’élargir la définition de livre pour qu’elle touche les livres distribués par des plateformes en ligne. L’astuce juridique est de considérer comme livre tout “ensemble imprimé [...] sur tout support physique”. L’ordinateur ou le reader sur lequel est téléchargé un ebook devient donc un support physique au regard de la loi, et non plus seulement les clés USB, CD/DVD etc.
Article 1er
Au dernier alinéa de l’article 278 bis du code général des impôts, après le mot « Livres », sont insérés les mots :
« sur tout type de support physique ».
Article 2
La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle aux droits visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.
Et comme l’indique cette proposition de loi, cette baisse de TVA va être compensée par une nouvelle taxe sur le tabac…
Sony : une première vidéo promotionnelle

Sony Europe commence à communiquer progressivement sur sa nouvelle gamme de readers. Une première vidéo promotionnelle vient d’apparaître et présente le Touch Edition et le Pocket Edition (le Daily Edition sera disponible dans un premier aux Etats-Unis et en novembre). L’atmosphère de la vidéo est bien particulière à Sony et cherche à s’adresse à un public haut de gamme.
Nous avons également la confirmation de la qualité de l’écran qui semble au rendez-vous. Nous reviendrons rapidement sur cette technologie pour voir ce qu’elle apporte par rapport au PRS-600. Nouveauté de cette gamme : l’autonomie, qui devrait atteindre les deux semaines en utilisation normale. Autre bonne nouvelle, les deux readers comprennent bien 12 dictionnaires, deux en anglais et dix autres bilingues (Anglais vers Français, Espagnol, Italien etc.). Si Sony communique habilement sur cette fonctionnalité, elle devrait séduire pas mal de lecteurs.
iBookstore : 35 millions d’ebooks téléchargés

Hier soir, Steve Jobs annonçait les nouveautés annuelles de la gamme iPod et en a profité pour donner quelques détails sur les téléchargements effectués sur ses différents Store. Si l’iTunes Store et l’App Store restent les deux poids lourds, l’iBookstore commence à faire son trou. Depuis le lancement de l’iBookstore le 28 avril 2010, Apple a enregistré 35 millions d’ebooks téléchargés sur sa plateforme. Un beau chiffre…
Mais quelle portée donner à ce score? 35 millions d’ebooks téléchargés mais combien de gratuits? Une chose est sûre, la croissance des téléchargements est rapide. Début juin, Apple annonçait 5 millions de téléchargement. En trois mois, les téléchargements ont été multipliés par 7. Pourtant, on semble bien loin des chiffres bien gardés secrets par Amazon (cf. Le Kindle reste leader, iBooks à la traine). L’iPad continue de connaître le succès (5 millions d’unités vendues à ce jour?) mais l’accélération des téléchargements semble avoir débuté avec l’arrivée d’iBooks sur iPhone. L’iPhone, plateforme préférée des lecteurs? Après la succès de Stanza, iBooks ne ferait pas exception à la règle.
PS : Apple prend un malin plaisir à parler de books et non pas d’ebooks. Une manière de se différencier de la concurrence et d’enterrer le combat habituel entre livre papier et livre numérique? Sûrement.
USA Today fait le pari de l’édition numérique

La situation de la presse quotidienne américaine n’est guère plus enviable que celle de ses confrères français. Depuis plusieurs années, la chute des revenus publicitaires plombe les comptes de ces grands groupes tandis que le coût de la distribution papier continue de vider les caisses. Alors pour un quotidien comme USA Today, le numérique a de quoi séduire.
Avec des volumes de vente qui sont passés de 2,3 millions d’exemplaires en 2007 à 1,83 millions en moyenne aujourd’hui, une action qui a chuté de 78% en 4 ans, et une nombre de pages publicitaires vendues divisées par 2 depuis 2006, USA Today a tous les symptômes du titre du presse déclinant. Comme le rapporte le site AppleInsider, le mot d’ordre actuelle à l’intérieur du titre serait “Moins se focaliser sur l’imprimé… et produire plus de contenus pour toutes les plateformes (Web, mobile, iPad et autres formats numériques”.
Après le grand succès de son application pour iPad (USA Today for iPad), le conglomérat Gannett&Co (qui posséde USA Today et 80 autres titres de taille moindre) est le premier à recentrer sa stratégie par rapport aux nouveaux appareils mobiles.
Pour John Hillkirk, rédacteur en chef de USA Today, la décision n’a pas été difficile à prendre, “Nous devons aller là où se trouve l’audience”. Puis pour rajouter “Si les gens sont fanatiques de l’iPad, ou de l’iPhone ou encore d’un autre appareil mobile, nous devons être là avec le contenu qu’ils veulent, et quand ils le veulent”. Le changement va aussi toucher les équipes du quotidien, dont la division commerciale va venir étroitement collaborer avec la rédaction, “pour aligner l’effort commercial avec le contenu que nous produisons”.
Beaucoup de changements du côté de USA Today qui pourraient avoir une conséquence sur le travail des journalistes du titre. A cette inquiétude, Dave Hunke, éditeur du quotidien, répond que “en aucun cas nous ne compromettrons notre intégrité”. Du numérique et du vrai journalisme. Espérons que les efforts de USA Today vont payer.
Sony Reader 2010 : écran tactile et positionnement haut de gamme

On attendait une annonce pour ce soir mais plusieurs blogs américains n’ont pas attendu le signal de Sony pour révéler la nouvelle gamme de readers. Celle-ci se compose de trois modèles, qui gardent les même noms que la génération précédente (Pocket Edition, Touch Edition et Daily Edition) mais les références changent (respectivement PRS-350, PRS-650 et PRS-950).

L’entrée de gamme est représentée par le successeur du PRS-300, le PRS-350 ou Pocket Edition. Il est équipé d’un écran E-Ink Pearl 5 pouces avec une surcouche tactile (qui ne gênerait pas l’affichage – on attend de voir pour confirmer). Ce nouvel écran, qui équipe déjà le Kindle 3, offre un meilleur contraste et un taux de rafraîchissement plus élevé. Il dispose d’une mémoire interne de 2Go mais toujours pas de lecteur de carte mémoire. Il est disponible dès maintenant aux US pour 179$, en argenté ou en rose.

Le Touch Edition reste le modèle milieu de gamme de Sony. Il n’a plus le privilège de l’écran tactile et conserve une diagonale de 6 pouces. Comme le Pocket Edition, le Touch Edition est équipé d’une douzaine de dictionnaires, dont deux en anglais et 10 autres bilingues. Sony est le premier fabricant à embarquer autant de dictionnaires dans un reader. Cette fonctionnalité devrait séduire certains utilisateurs pour qui elle est cruciale. La mémoire interne est aussi de 2Go, extensible par carte SD ou Memory Stick. D’après Sony, le logiciel interne du reader a été amélioré, en particulier pour ce qui touche au système de prise de notes (le stylet n’a pas disparu et réconfortera les adeptes !). En revanche, pas de connexion WiFi comme les rumeurs l’avaient laissé entendre. Le Touch Edition est disponible aux Etats-Unis dès maintenant pour 229$ (en noir ou rouge, le modèle argenté disparaît). En plus des marchés sur lesquels Sony est déjà présent, ces deux nouveaux modèles seront disponibles au Japon, en Espagne, Italie, Australie et Chine.

Enfin, Sony a renouvelé son modèle haut de gamme, le Daily Edition, avec un écran E-Ink Pearl de 7 pouces (toujours tactile mais amélioré), une mémoire interne de 4Go et en ajoutant une connexion WiFi en plus du modem 3G. Le design s’affine et reste entièrement en aluminium, comme le reste de la gamme. Cependant, la facture est bien plus élevée qu’avec le Kindle, pourtant à caractéristiques égales : comptez 110$ de plus pour le Daily Edition, soit 299$. A ce prix, Sony va avoir du mal à séduire.
Au final, que penser de cette nouvelle gamme? Tout d’abord, il est nécessaire de préciser qu’il s’agit encore de la gamme américaine et que nous ne savons toujours pas à quelle sauce nous allons être mangé en France. Pourtant, cette gamme semble plus s’adresser au marché européen tant la concurrence est féroce outre-atlantique. Ces nouveaux readers apportent des ajouts bienvenus comme une meilleure autonomie sur l’ensemble des modèles, un nouveau logiciel qui semble plus esthétique et ergonomique (un point à confirmer) et des prix plus abordables que la génération précédente.
Cependant, les readers Sony sont maintenant parmi les plus coûteux du marché, face à un Kindle et un Nook bradés. Comme l’avait annoncé le chef de la division Reader, Sony évite de se lancer dans la guerre des prix et capitalise sur sa marque, son savoir-faire en matière de design et une compatibilité avec le format ePub. Le nouveau Daily Edition est l’amorce d’un concurrent du Kindle (à mi-chemin entre le Kindle 3 et le DX) grâce à sa connexion 3G/WiFi et deux applications mobiles, l’une pour l’iPhone et l’autre pour Android, prévues pour nombre.
Malgré tout, l’offre 2010 de Sony semble avoir perdu en compétitivité par rapport aux années précédentes. Signe d’abandon progressif du marché ou bien ralentissement avant un repositionnement sur le marché des tablettes multimédias? Nous vous en dirons plus dans les prochains jours.
La nouvelle gamme de Sony est à découvrir sur Sony Style US à cette adresse. Les informations arrivant progressivement, nous mettrons à jour ce post tout au long de la journée.
MAJ : Les premiers retours sur cette nouvelle gamme commencent à arriver. Plusieurs utilisateurs américains reprochent à ces readers de ne pas être compatibles avec le système de DRM utilisé par Barnes&Noble mais uniquement avec celui d’Adobe. Visiblement, Adobe ne règne pas en maître outre-atlantique et le poids de la libraire numérique de Barnes&Noble va croissant. En Europe, nous ne devrions pas être gêné par ce manque, l’ensemble des ebooks en français étant protégés avec la solution d’Adobe (sauf si absence de DRM).
Les nouveaux Sony Reader présentés ce soir

Plus que quelques heures avant l’arrivée des nouveaux readers de Sony. Alors que les équipes de la marque s’agitent pour terminer les derniers préparatifs pour un lancement réussi (cela va être difficile car l’événement aura lieu en même temps que l’annonce de la nouvelle gamme d’iPod par Steve Jobs… Dure concurrence), Paul Biba de Teleread, se rend tranquillement vers New York pour assister à la conférence de presse. Deux modèles devraient être annoncés, le PRS-350 et le PRS-650, avec un écran tactile pour les deux. Pour l’instant, ces nouveaux readers restent un peu mystérieux mais s’ils vous intéressent, nous aurons quelques surprises pour vous dans les prochains jours. Stay tuned !
Un auteur de SF critique l’offre d’e-Belial

Nous vous annoncions il y a quelques temps la sortie imminente d’e-Belial, la plateforme numérique des éditions du Belial. Si nous nous sommes montrés assez enthousiastes quant à cette approche, plutôt courageuse et innovante de la part d’un éditeur papier, il semblerait que cette initiative ne fasse pas l’unanimité partout.
Alors qu’e-Belial ouvre ses portes, Yal Ayerdhal, un grand nom de la SF française, que nous avons eu la chance de rencontrer à Ouessant, réagit de manière assez critique envers la stratégie d’e-Belial, avec des arguments aussi incisifs qu’intéressants.
Nous vous laissons lire et juger par vous même le contenu de cette “lettre ouverte“, en attendant vos réactions dans les commentaires.
MAJ : Un interview intéressante de l’équipe d’e-Bélial est à lire sur ActuSF. Bonne lecture.
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Donc Le Bélial lance sa plateforme numérique.
Bien.
Innovante.
Ah. Euh… en quoi ?
En 8 points.
Lesquels sont ?
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« Tarif intelligent. Les livres numériques du Bélial vous sont proposés allant de 8 à 12 € : un tarif unique, quel que soit le format de fichier et très inférieur à leurs équivalents papier (souvent deux fois moins). »
Là, je bondis de mon fauteuil et je me cogne la tête au plafond. J’ai du mal lire. Je relis. Eh merde ! C’est bien ça. 8 à 12 € ! Et ce serait très inférieur au prix des livres papier. Ben mon cochon ! Vous avez entendu parler du « poche » ? C’est un format plus petit (10/18, en cm), qui se vend un peu partout et beaucoup mieux que les autres formats… mais alors sacrément mieux ! Vous voulez savoir pourquoi ? Non, ce n’est pas que les gens manquent de place dans leurs bibliothèques, dans leurs sacs ou dans leurs attachés-cases… encore que, puisqu’on parle de numérique, donc de liseuses, c’est quand même un sacré avantage de voyager léger.
Et ce n’est pas non plus que les lecteurs préfèrent le livre friable au bel ouvrage. Si le « poche » se vend beaucoup plus que le « grand format » et le « semi poche », c’est parce qu’il est moins cher, souvent trois fois moins. Incroyable, n’est-ce pas ? Je parle du vrai « poche », évidemment. Pas des éditeurs qui le pratiquent au prix de… au prix de quoi, d’ailleurs ? Des autres activités du lecteur ? De son envie de les pratiquer ? De son garde-manger ?
Parce qu’il y a un truc à savoir : le portefeuille du lecteur n’est pas extensible. D’ailleurs, peut-être que c’est pour ça qu’on vend si peu de livres. Peut-être même que c’est pour ça qu’il existe des bibliothèques et un marché d’occasion florissant. Peut-être même… attention, je vais vous choquer… peut-être même que ce marché d’occasion est le plafond sur lequel il faut que le prix du livre numérique bute. Pire. C’est au prix d’occasion du « poche » qu’il faut limiter (vers le haut) le prix du livre virtuel. Et je ne parle évidemment pas des ouvrages cotés ! Et c’est mon dernier prix. En tant que lecteur, en tant que consommateur (contraint) et en tant qu’auteur.Vous avez bien lu. Je ne veux pas voir mes bouquins en format numérique au-dessus de 2 €, et je suis plutôt partant pour moins (deux fois moins). Pourquoi ?
Parce que le très immatériel format numérique n’est pas un produit de substitution du très tangible ouvrage papier. Parce que les liseuses on un coût et que leur acquéreur ne doit pas en être le captif mais l’usager. Parce que, en terme de commercialisation, c’est un autre marché, un tout autre, qui se constitue pour l’essentiel aujourd’hui de gens qui ne lisent que très peu ou pas (de romans, par exemple). Parce que c’est l’occasion de toucher ceux que nous ne touchons jamais. Soixante millions de Français ne m’ont jamais lu. Ne rigolez pas : cinquante millions d’entre eux n’ont jamais lu Werber, Pennac, Grangé, etc. C’est un chouette terrain à défricher, non ? Eh bien, c’est ce que facilite le numérique… à condition de ne pas le soumettre à l’économie des tauliers de l’édition papier et des souteneurs de la diffusion.
J’oublie un détail ? Ah oui. Le piratage. Je lui suis favorable, ne serait-ce que parce que, une fois de plus, mes phrases à la con atteindront quelqu’un que l’économie du livre (beurk) leur barrait, que celui-ci ne piratera pas toute sa vie mais qu’il continuera à lire, que la culture n’est pas… pardon, ne doit pas être un privilège de nantis. Je lui suis favorable, donc, mais on s’en fout. Le piratage prendra des proportions faramineuses si la diffusion numérique du livre se comporte comme la diffusion numérique cinématographique ou musicale. Le vent, et c’est ce qu’est le numérique, ne peut pas se vendre au même tarif que la matière. Inutile que je vous fasse un cours de marketing, d’ailleurs je suis un très mauvais pédagogue et je suis certain que vous savez ce qu’est le prix psychologique. Mais peut-être ignorez-vous qu’on ne le calcule pas avant d’avoir déterminé la, les ou toutes les potentielles cibles commerciales ? Il semble que vous vous limitiez au marché préexistant du « papier ». Il semble aussi que votre opération de lancement ne soit qu’une opération… disons de communication, en tout cas pas une étude. Lapalissade ! Je ne m’efforcerais pas d’en montrer les insuffisances si ce n’était pas le cas.
Voyons les autres points.
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« Prix libre. Les prix affichés sont un minimum, mais vous êtes libre d’acheter les livres numériques au prix que vous aurez fixé si vous souhaitez soutenir l’auteur ou la maison d’édition. »
Ben voyons ! Pourquoi ne pas créer une ONG ? Ecrivains et Editeurs Sans Frontières, mais avec pas mal de toupet tout de même.
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« Sans DRM. Aujourd’hui, les dispositifs de gestion des droits numériques (DRM) proposés par la plupart des éditeurs punissent moins les pirates – qui n’ont aucun mal à les contourner – que les acheteurs légitimes qui rencontrent de nombreux problèmes techniques. Le Bélial’ ne propose que des livres numériques « bio » garantis 100% sans verrouillage pour que vous puissiez les lire aussi facilement que des livres classiques, sur le support de votre choix. »
Amen.
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« Facile. Sur la plateforme e-Bélial, vous n’achetez pas un fichier, mais un livre. Une fois dans votre bibliothèque numérique, vous pouvez le télécharger à volonté et dans tous les formats proposés. Pratique si vous perdez le fichier d’origine ou si vous changez de support de lecture. »
Démago, mais bien joué.
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« Collectionnez. Vous n’êtes pas prêt à vous passer du papier ? Nous non plus. Achetez un livre du Bélial’ et, pour seulement 2,00 €, téléchargez son équivalent numérique (sur certains titres uniquement) »
Aïe ! Dans son élan, la réclamite aiguë a fourché. Le coût du numérique est inférieur à 2 €. On s’en doutait un petit peu beaucoup, notez, mais c’est intéressant car, et j’y reviendrai plus loin, c’est quoi au juste le prix de revient du numérique ? Et comment le définit-on ?
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« Flexible. Créez vos propres recueils en choisissant parmi le fonds du Bélial’ des nouvelles à télécharger à la pièce sans avoir besoin d’acheter un recueil entier. »
Encore heureux ! Et heureusement déjà pratiqué par (presque) tout le monde. Mais à quel prix, au fait ? Je veux dire : proportionnellement au prix du recueil.
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« Equitable. Compte tenu des coûts de fabrication et de distribution réduits, Le Bélial’ peut reverser jusqu’à 30% du prix de chaque livre numérique vendu à l’auteur. À comparer aux 10% qui sont la norme du marché. »
J’en vois déjà qui tremblent à l’idée des horreurs que je vais de cette plume commettre. Par quoi je commence ? Ainsi, la norme du marché en matière de droits d’auteur serait à 10 %. J’en connais plus de trente mille qui feraient un infarctus en lisant ça. Ce putain de marché n’a pas de norme ! Que des différences de traitement. Et la moyenne, totalement incalculable pour cause d’opacité, est sûrement loin en dessous de 10 %. La réalité ? 4 à 12 % sur le « poche ». 6 à 15 % sur le « grand format ». Parfois plus, pour les rares best-sellers. Souvent moins pour les nombreux auteurs « jeunesse ». Et 2 % pour les traducteurs.
Le plus facile est digéré ? On jette un oeil à la réversion ? C’est quoi d’ailleurs cette ineptie ? L’éditeur reverse ? Il est bien charitable ou il se prend pour un fonds de pension ? Vous vexez pas, je pinaille. Vous avez raison, les coûts de fabrication et de distribution sont réduits, tellement qu’on se demande s’ils sont signifiants. Sur la fab, qui représente entre 15 et 20 % du prix du livre « papier », il y a un coût en numérique. Sûrement, mais quel est-il au juste ? Côté mise en format, par exemple, vous connaissez sûrement ça : http://fr.feedbooks.com/ Et il y en a d’autres. Et il y en aura de plus en plus. Sur la distrib, il y a un… pardon ? La quoi ? Qui va distribuer quoi, au juste ?
Parlez-moi de diffusion, oui, ça, ça m’intéresse. Prononcez les vilains mots. Détaillez ce que demandent Amazon, la Fnac, Google, Orange etc. pour diffuser des octets par le Net. Montrez l’intérêt des bornes numériques (mdr), justifiez leur existence et leur coût sur le prix du livre. Démontrez que tout ce joli monde est indispensable à la bonne diffusion électronique de l’ouvrage. Mais surtout, surtout, expliquez pourquoi vous avez choisi de rester dans la logique de fonctionnement « papier » plutôt que de développer une logique autre ou de vous inscrire dans l’une de celles qui existent déjà, comme publie.net, numeriklivres etc.
Le numérique est une aubaine. Pour l’auteur, pour l’éditeur, pour le lecteur. Pour la première fois, l’ouvrage littéraire peut se passer des parasites qui, de surcroît, se taillent la part du lion dans l’économie du livre. La diffusion et la distribution représentent 55 % du prix de l’objet livre. Alors quoi ? On prend les mêmes et on recommence ? On s’en invente d’autres ? Pour quel service ? Pas de stock, pas de transport, pas de commerciaux (physiquement, en tout cas). Alors qu’est-ce qui coince ? Qu’est-ce qui limite les droits d’auteur à 30 % dans votre conception de l’édition numérique, quand d’autres, spécialisés, proposent déjà 50 et même 70 % ?
La diffusion. Toujours la diffusion. Fait chier ! S’il faut, pour l’édition numérique, en passer par une économie, que celle-ci tienne compte de l’écosystème numérique. Moi, je suis en train de devenir écolo. À 50 % minimum. Ce qui représente 1 € sur un bouquin vendu en numérique à 2 €. Combien d’auteurs touchent 1 € sur la vente d’un de leurs bouquins en poche ? Y en a-t-il sur l’agora ?
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« Solidaire. En attendant l’adaptation de la loi Lang au numérique, et pour ne pas léser les libraires qui soutiennent Le Bélial’, nos livres numériques seront proposés au même prix sur e-Bélial’ et sur la plateforme EDEN. N’importe quel libraire pourra ainsi vendre les livres numériques du Bélial’. »
Vous avez peur de perdre le soutien de vos amis libraires pour les ouvrages « papier » ? En instituant le prix unique du livre (plus ou moins 5%), la loi Lang ne favorise que les gros « libraires », ceux qui peuvent négocier une marge conséquente avec le diffuseur/distributeur. Les autres peinent à obtenir une marge viable.
Comment les libraires diffuseront-ils vos livres numériques et quelle marge allez-vous leur accorder ? Je veux dire : les gros et les petits ? En tout cas, rassurez-les, ils n’ont pas besoin de se recycler tout de suite. Le livre papier a encore un bel avenir devant lui. Disons le temps d’une génération. Et ce sont surtout les grosses berthas qui vont trinquer. Au fait, pourquoi croyez-vous que les gros bras se démènent tous pour disposer d’une plateforme de diffusion numérique ?
Voilà, j’en ai fini.
Les ventes de liseuses croissent de façon exponentielle, même en France. Au deuxième trimestre 2010, Amazon, le plus gros « libraire » du monde, a vendu plus d’ouvrages au format numérique qu’au format papier. En août, durant le festival littéraire d’Ouessant, plusieurs conférences et débats sur l’édition numérique se sont tenus dans le cadre de Numér’île et ont été relayées en direct sur le Net. J’ai participé à la plupart et j’ai rencontré différents acteurs du numérique (et pas que du monde du livre) qui s’efforcent d’échapper aux logiques « économiques » de l’édition classique. Nous sommes arrivés à la conclusion que non seulement c’était possible, mais que ce n’était pas si compliqué que ça, bien au contraire, à condition de se soustraire au système un peu plus que centenaire (on peut même le faire remonter à l’invention de l’imprimerie) qui dicte les conditions dans lesquelles se propage (mal) la littérature et qui s’auto-entretient.
En lisant la « déclaration d’intention » d’e-Bélial, mon optimisme s’est assombri d’un certain agacement. Peut-être, puisque j’avais tendance à apprécier vos communications autour du livre numérique, parce que j’attendais du Bélial qu’il ait autre chose à proposer que l’ambiguïté des fausses innovations pour un éternel recommencement.
Vous vous trompez de beaucoup d’erreurs, les mecs.
Bientôt un reader solaire chez BenQ ?
Le site eReader Info a obtenu des informations intéressantes de la part de la société BenQ. Pour 2011, le géant de l’électronique travaillerait sur un reader alimenté par un capteur solaire. Cela ne sera pas suffisant pour recharger totalement le reader mais pour augmenter son autonomie de manière non négligeable. Reste qu’à la plage en plein été, ce moyen d’alimentation devrait être suffisant. Le reste du reader devrait être très classique et reprendrait la base du K60 avec un écran E-Ink 6 pouces, un modem 3G et 2Go de mémoire interne extensible par carte MicroSD.
Les éditeurs québécois bientôt sur l’iBookstore

Le distributeur DeMarque a annoncé avoir signé une entente avec Apple pour la distribution de plusieurs titres d’éditeurs québécois sur l’iBookstore. Deux éditeurs vont bénéficier en priorité de ce partenariat : le Septentrion et la Courte Echelle. Les eBooks de la rentrée littéraire locale seront mis en avant dans la boutique d’Apple dans les prochains jours. Cet accord est une très bonne nouvelle pour les consommateurs québécois qui se plaignaient récemment du manque d’offre en français, l’iBookstore reprenant l’essentiel du catalogue anglophones du site US et les ebooks libres de droits. De plus, il ne serait pas improbable que d’autres éditeurs suivent le mouvement en débarquant prochainement sur l’iBookstore. Cette annonce risque de sonner le glas de l’application La Hutte à court ou moyen terme…
Le Kindle 3 en morceaux, l’écran et le navigateur à la loupe

Décidément, le Kindle n’a pas à rougir du buzz médiatique que peuvent générer l’iPad ou l’iPhone. Depuis la sortie du nouveau reader d’Amazon, les sites spécialisés ont analysé l’appareil sous tous les angles, et plusieurs nouveautés ont été remarquées. Tout d’abord à quoi ressemble un Kindle en morceaux? A vrai dire, à n’importe quel appareil électronique.

Cependant, comme vous pouvez le voir, la batterie du reader occupe un volume important. Par rapport au Kindle 2, la batterie passe de 1530mAh à 1750mAh, soit une légère augmentation qui permet d’atteindre une dizaine de jours en utilisation normale avec la 3G activée. Autre nouveauté, la présence d’une carte WiFi en plus du modem 3G déjà présent dans la précédente version. En tout cas, Amazon a effectué un beau travail de miniaturisation par rapport aux modèles passés.
Le Kindle 3 a également inauguré l’arrivée d’un nouveau navigateur Web, basé sur WebKit plutôt qu’une solution maison. Les pages s’affichent comme sur un navigateur traditionnel à la différence près qu’elles sont affichés en noir et blanc. En tout cas, l’ajout de ce navigateur risque de donner des idées à un bon nombre de développeurs qui vont pouvoir réaliser des services de lecture en ligne directement accessibles depuis le Kindle, en particulier grâce à l’accès illimité au Web avec la connexion WiFi.
Ce qui surprendra le plus les utilisateurs du nouveau Kindle est sûrement son écran (et en particulier les possesseurs de Kindle 1 et 2). Teleread a fait des comparatifs et le résultat est sans appel.

Et en vrai, ça donne :

Malgré des qualités indéniables (sauf l’absence de support ePub), certains se posent toujours la question quant à la pertinence d’un tel appareil. Engadget est le seul à poser cette question dans son test. Visiblement, dans cette rédaction new-yorkaise, l’appareil monotâche laisse dubitatif… La tablette multimédia répondrait mieux à leurs critères.
Txtr au coeur de la future librairie numérique d’ASUS

La start-up allemande Txtr annoncera dans les prochains jours, lors de l’IFA de Berlin, un partenariat privilégié avec le géant ASUS autour du livre électronique. Wiwo.de rapporte la nouvelle qui se présente comme un sauvetage inespéré pour la société allemande. En effet, on attend toujours son reader, le Txtr Reader, qui était prévu pour le mois de décembre. Cependant, le service Txtr semble se développer par lui-même grâce à une application iPad/iPhone de qualité. De plus, sur le marché allemand Txtr représente une part non négligeable de la distribution de livres numériques.

Ce partenariat avec ASUS va donner une nouvelle dimension à la start-up. En proposant en marque blanche à ASUS l’ensemble de sa librairie, Txtr va pouvoir débarquer sur les marchés britannique, espagnol et hollandais dès cet automne, grâce à l’aboutissement de négociations étroites avec les éditeurs locaux. De son côté, ASUS tire profit de cet important catalogue (plus de 130 000 titres rien qu’en allemand) et de la technologie de distribution de Txtr. ASUS pourrait proposer des applications iPhone et iPad de sa boutique afin que les clients de sa boutique ne se cantonnent pas lire des ebooks sur un PC ou sur les futurs readers d’Asus.
La sélection du jour #60
- Au Japon, les utilisateurs de readers numérisent leurs ouvrages (via Numerama)
- NOOKstudy est disponible au téléchargement sur le site de Barnes&Noble
- Une étude montre que Google Book Search bénéficie à l’industrie de l’édition (via Teleread)
- Sigmatek lancera deux readers 5 et 7 pouces lors de l’IFA à Berlin (via The Digital Reader)
- Borders casse les prix de plusieurs readers pour venir concurrencer Amazon (via AllThingsDigital)
- Internet Archive annonce la sortie du nouveau format catalogue OPDS (via Teleread)
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