iPad : en route vers le succès et bientôt avec une offre de presse?
Décidément, le succès est quasiment assuré pour l’iPad. En une journée, Apple aurait reçu plus 120 000 commandes pour sa tablette qui, rappelons-le, est uniquement en précommande aux Etats-Unis. Selon certains analystes, ce chiffre serait même sous évalué et l’iPad aurait séduit bien plus d’utilisateurs ! Pour Galen Gruman de PCWorld, ces early adopters ne seraient que des “idiots” ne sachant même pas ce qu’ils achètent. Pourtant, le succès est là et les ruptures de stocks touchent déjà les accessoires officiels.
En dépit de la vaste opération de communication orchestrée par Apple, l’iPad n’a pas encore livré tout ses secrets. Si l’application iBooks et son iBookstore deviennent légèrement plus transparents quant à leurs fonctionnalités, la lecture numérique pourrait être un peu plus à l’honneur avec un large contenu en provenance des éditeurs de presse. En effet, sur l’une des pages du site d’Apple, le logo d’une application au couleur du mythique magazine National Geographic est apparue pendant quelques heures. Depuis Apple a corrigé l’erreur mais n’a pas pour autant calmé les rumeurs ! L’un des webmasters aurait-il oublié l’icône d’une future application réalisée spécialement pour l’iPad? Est-ce un indice annonçant une future offre de presse intégrée à l’iBookstore? Toutes les suppositions sont possibles. En tout cas, si le National Geographic, magazine réputé pour ses photographies et reportages vidéos de qualité, vient à réaliser une application spécialement pour l’iPad, elle risque de nous impressionner.
La sélection du jour #37
- 5 concepts de magazines interactifs sur iPad (via Exact Editions & The Guardian)
- Première partie d’un décryptage très intéressant sur le programme Google Livres (via Affordance)
- Le papier est peut être roi, mais le futur est numérique (via Layers Magazine)
- Les observations des dirgeants d’Hachette concernant le livre électronique (via Idealog)
- Une interview avec le PDG d’e-Ink qui voit le futur de la marque en couleur (via XConomy)
- L’Alex de Spring Design enfin disponible en pré-commande (via Slashgear)
- Newsmy 6202, un nouveau lecteur de livres électroniques (via Akihabara News)
Ibis Reader a le droit à une première mise à jour

Il y a quelques semaines, nous vous présentions un nouveau logiciel de lecture pour mobile, Ibis Reader. Après une annonce en grande pompe durant la conférence TOC, l’équipe de développement a corrigé les quelques défauts de jeunesse de son service et les corrige dans une première mise à jour. Pour rappel, la particularité d’Ibis Reader est d’être entièrement conçu en HTML5, si bien qu’une même application fonctionne aussi bien avec Android que sur iPhone OS. Et vous ne verrez pas la différence, celle-ci s’affichant comme une application classique.
Au menu des nouveautés, un système de mise à jour automatique du logiciel ainsi qu’un système de synchronisation entre vos différents appareils de lecture. Que vous lisiez le matin depuis votre navigateur web et le soir depuis votre iPhone, Ibis Reader se souviendra de votre emplacement dans l’ouvrage. D’ailleurs, si vous lisez sur votre ordinateur classique, une nouvelle fonction vous permettra d’effacer le contour rose du design du site pour n’afficher plus que la page et profiter ainsi au mieux du texte. Enfin, si vous trouvez Ibis Reader incomplet, un simple clic vous permettra de lancer la lecture sur Stanza pour l’iPhone ou Aldiko pour Android, afin de profiter de réglages de mise en page beaucoup plus complet. Bien vu !
“Docteur à tuer” (Beat the reaper) ou la médecine “dure” de Josh Bazell
Oui je sais, la contrefaçon est un délit passible de pleins de choses désagréable mais je passe outre. Le blog de Noëlie parlait d’un article, en référence à un billet que j’avais publié, maintenant c’est à mon tour de tenter la mise en abyme.
Donc, il était question du roman Beat the reaper, sortie en librairie le 03 mars dernier. La version française est sortie chez JC Lattès. Ce qui fait que je suis légèrement en retard pour parler de la campagne de com/marketing qui a encadré cette sortie, soit.
L’histoire est celle d’un médecin, ancien tueur à gage de la mafia. Pour faire simple (pour ceux qui regardent les séries américaines), un mélange entre Docteur House et les Sopranos, ça promet !
L’ouvrage est sortie en 2009 outre-Atlantique et avait tenu en haleine le futur lecteur grâce à un “teaser” plus que convaincant :
On nous explique qu’il faut maintenir en bonne santé tous les patients présents dans notre salle d’attente.
On reçoit des informations et c’est à nous de juger, laquelle des actions parmi une liste, est la plus pertinente pour sauver le patient Ryan. Après avoir testé la chose, j’avoue ne pas être convaincu. D’une le jeu manque réellement de fluidité, mais surtout d’intéractivité. On a plus l’impression de faire un test dans un magazine que de sauver la vie des gens !
Je nuancerais mes propos par le fait que ce site est quand même assez attirant et qu’il faut bien avouer qu’il est drôle. L’image de la page d’accueil représentant le contour d’un cadavre à la craie, et remplie de jeux de mots, les plus sombres les uns que les autres. Le “cosa nose-tra” ou le “getaway car-diac (cadillac) artery” m’ont bien fait rire !
En bref, une campagne en dents de scie, une stratégie web qui aurait méritée d’être totale, au moins pour la sortie française. De toute façon, Leonardo Di Caprio a annoncé avoir acheté les droits pour le cinéma, la publicité se fait d’elle même !
Test : WikiReader, un reader dédié à Wikipedia

Tout Wikipedia dans une appareil mobile? Cela ne semble pas bien nouveau. Combien d’entre nous accèdent à l’”encyclopédie libre” depuis leur smartphone? Nous sommes certainement nombreux. Diverses bidouilles permettaient également de copier les sources de Wikipedia pour l’installer sur une clé USB ou le lire depuis un programme, le tout sans avoir besoin d’accéder à Internet. Cependant, l’idée de proposer un appareil entièrement dédié à cette source d’information indispensable pour n’importe quel internaute, n’avait pas encore été explorée.
La société OpenMoko s’est penchée sur cette solution et en est venue à développer le WikiReader. Il s’agit d’un petit appareil pour le moins étrange. Son design très sobre surprend : légèrement incliné pour que l’écran soit lu en tout confort lorsqu’il est posé sur une table, les coins du produit sont aussi irréguliers. Lorsqu’il est tenu en main, le WikiReader donne l’impression de tenir un galet. La qualité de fabrication est au rendez-vous avec des plastiques solides et un écran monochrome et tactile capacitif de 3,5 pouces bien renforcé.

L’écran du WikiReader est assez particulier. Son affichage LCD monochrome nous fait revenir de nombreuses années en arrière par rapport aux technologies derniers cris que nous avons l’habitude de vous présenter. En plus d’être assez lisible, cette technologie est très économe en énergie. Après plusieurs mois d’utilisation, même oublié quelques semaines dans un coin, la batterie tient le coup. Nous ne pouvons pas vous garantir que l’appareil atteint l’autonomie annoncée par le fabricant (un an !) mais il a toutes les caractéristiques pour.

L’interface de l’appareil est minimaliste : un clavier virtuel pour saisir une recherche et les résultats s’affichent au cours de la frappe. Il n’y a aucune latence, l’appareil est très réactif (l’allumage s’effectue en moins d’une seconde), tout comme le défilement en glissant son doigt sur l’écran tactile. D’ailleurs, la dernière version du logiciel améliore encore un peu plus la navigation, pour notre plus grand plaisir. L’affichage est clair et sobre.
En revanche, ne vous attendez pas à retrouver des images, ni même en niveau de gris, en défilant dans les articles. Wikipedia a du être allégée pour se retrouver au coeur du WikiReader. Toutes les recherches sont enregistrées dans un historique, accessible en permanence en cliquant sur le bouton du même nom. Le bouton “Random” est amusant et vous permettra de voir à quel point on peut trouver tout sortes de choses dans Wikipedia. Sûrement l’encyclopédie qui reflète vraiment notre société moderne, avec le pire comme le meilleur.

Le WikiReader nous a convaincu. Nous l’avons testé pendant plusieurs mois en anglais et, pour les francophones, il possible depuis peu d’y installer Wikipedia en français. La manipulation est expliquée à cette adresse. Les mises à jour sont régulières, pour ce qui est du firmware du WikiReader autant que les données de Wikipedia. D’ailleurs, le WikiReader est également compatible, moyennant quelques bidouilles avec d’autres contenus de la fondation, tel que le Wikitionnaire ou Wikisource. Nous devrions pouvoir y accéder assez rapidement, plusieurs développeurs travaillant activement sur de tels portages. On peut facilement imaginer y retrouver le projet Gutenberg prochainement. Et pourquoi pas tout LegiFrance? On y croit !

Reste la question de la cible à laquelle s’adresse le WikiReader. Elle n’est pas si difficile à trouver. Tout d’abord, on pourra le retrouver dans les mains des enfants les plus curieux. Grâce au contrôle parental intégré dans l’appareil, l’enfant ne pourra pas tomber sur les articles qui ne lui sont pas destinés. Le WikiReader est avant tout un appareil qui permet à Wikipedia de se matérialiser. On peut imaginer un tel appareil dans la poche d’un étudiant pour avoir en permanence à une encyclopédie, ou bien intégré dans des bibliothèques ou des musées. Cependant, le premier marché d’OpenMoko va être les écoles rurales dans les pays en voie de développement, comme nous vous l’apprenions il y a quelques mois, l’accès au savoir étant un enjeu de premier plan dans ces Etats.
Recyclivre offre une deuxième vie à vos bouquins

Recyclivre est une entreprise solidaire créée par David Lorrain dont l’objectif est d’offrir aux particuliers, entreprises et collectivités un service gratuit de récupération de livres. Plutôt que de jeter ses livres ou de les abandonner au fond d’un grenier, Recyclivres se propose de collecter vos livres inutilisés et de leur donner une seconde vie en les revendant sur Internet. Il s’agit ici de rendre l’accès à la culture littéraire plus abordable en vendant les ouvrages d’occasion à prix très réduit et de reverser 10% du chiffre d’affaire réalisé à des associations sélectionnées pour leurs actions concrètes en faveur de l’éducation.
Pour donner des livres dont vous souhaitez vous séparez, il suffit de renseigner vos coordonnées à l’adresse suivante pour que l’équipe de RecycLivre vienne les récupérer. A noter que le service est pour le moment disponible uniquement sur Paris.
Une excellente initiative que toute l’équipe d’eBouquin tenait à saluer.
La sélection du jour #36
- Les livres électroniques sont-ils écologiques ? (via The Guardian)
- Les fonctions secondaires installées sur les readers laisseraient-elles les consommateurs de marbre ? (via CrunchGear)
- Le point de vue d’un journaliste de Wired après avoir utilisé pendant six mois un reader.
- Des Kindle pour les soldats américains à Kandahar (via Teleread)
- A qui appartient la main qui tient le Kindle ? La charmante Mia Crowe (via The Big Money)
- Lulu et Jouve s’allient autour de l’impression à la demande (via Actualitte)
- Les revenus de PVI sont stables pour le mois de février (via Digitimes)
- ODT2ePub, un nouvel outil de conversion en ligne pour transformer vos fichier Open Office au format ePub.
- L’Enjoy du constructeur chinois Otto, un reader E-Ink basé sur Android 1.5. via (Generation MP3)
- L’Energy Book 1060 sur Rue du Commerce (via Aldus)
MyFameBook, créer un livre de votre compte Facebook


Nous vous présentions en fin d’année TweetNotebook, un service vous permettant de créer un livre personnalisé à partir de vos propres tweets. Il semblerait que le concept ait fait son effet puisque d’autres services similaires sont apparus : TweetBookz et TweetBook.in.
Ce n’était qu’une question de temps pour voir le concept être adapté à Facebook, et ce sont finalement les créateurs de TweetNotebook qui se sont lancés, en réalisant MyFameBook. Il est question ici de créer un journal personnalisé de votre flux Facebook et de l’imprimer sur papier moyennant 14€ ou 18€ selon le type de couverture choisie. Ici encore une façon originale d’immortaliser et faire ressurgir sur papier nos “brillants” commentaires (ou ceux de vos amis) généralement postés sur Facebook…A vos risques et périls !!
iBooks : un lecteur plus ouvert que prévu

Si vous comptez utiliser votre iPad pour lire des romans en numérique (peut-être pas la meilleure utilisation pour le produit), les nouvelles informations qui suivent devrait vous ravir. En effet, l’application iBooks semble moins fermée que ce qui avait été laissé entendre suite à la keynote du 27 janvier.
Tout d’abord, elle ne sera pas installée d’office sur l’iPad, il faudra passer par l’App Store pour la télécharger. De plus, Apple a ouvert son application aux ebooks en ePub non protégés par DRM, en plus de ceux que l’on pourra acheter directement sur l’iBookStore. En revanche, il faudra obligatoirement passer par iTunes pour transférer ses propres fichiers ePub sur l’iPad. Cela veut-il dire que nous allons voir apparaître une section “Books” dans le logiciel d’Apple d’ici le 3 avril? iTunes va-t-il permettre de lire les fichiers PDF et ePub et venir concurrencer ainsi Adobe Digital Editions ? Ce serait tout à fait imaginable.
Autre fonctionnalité intéressante, VoiceOver. En effet, le système de lecture audio intégré à Mac OS X (et donc iPhone OS) fonctionnera sur les ebooks. iBooks disposera donc d’une fonction Text-to-Speech directement intégrée. Une première sur iPhone OS, aucune application concurrente (Kindle for iPhone ou Barnes&Noble eReader) dispose d’une telle fonctionnalité. Enfin, en cliquant sur un mot, vous pourrez automatiquement accéder à plus d’informations sur ce dernier grâce à Wikipedia ou au dictionnaire intégré.
Quant à l’iBookStore, Apple a visiblement vu les choses en grand et compte proposer un catalogue d’une taille importante afin de venir concurrencer de près Amazon et Barnes&Noble. Avec 20 catégories générales et 150 sous-catégories, l’utilisateur pourra se retrouver assez facilement dans un déluge de livres. Espérons également que le moteur de recherche sera correctement optimisé et que l’on pourra facilement mettre la main sur un ouvrage en connaissant son sujet, mais pas forcément son titre.
En tout cas, la lecture numérique risque d’être à l’honneur sur l’iPad, car avec 16 700 applications déjà dédiées à la tablette, un bon nombre doivent toucher de près à l’univers qui nous intéresse.
ePagine fait peau neuve

La plateforme de distribution d’ebooks, ePagine, a fait peau neuve en fin de semaine dernière et nous propose depuis une interface renouvelée. Le fond gris noir reste de rigueur, mais le design est revu. Dès la page d’accueil, on découvre plusieurs dizaines de couvertures de livres bien mises en valeur. Les visiteurs pourront naviguer dans le catalogue par type de littérature, par éditeur, par format mais aussi par support de lecture. Ainsi, plus de risque d’incompatibilité ou de problème d’affichage suite à l’achat d’un ebook non optimisé pour son reader. En effet, bien souvent un PDF optimisé pour un modèle sera moins bien lisible sur un autre. Au coeur de l’animation de la boutique : les libraires, qui restent l’élément central du contenu d’ePagine avec l’arrivée d’un nouveau système centralisé d’extraits gratuits (téléchargeables en PDF ou ePub). Une bonne idée qui permet de vérifier le rendu sur son reader et de découvrir l’ouvrage que l’on souhaite acquérir.
La nouvelle interface d’ePagine est la bienvenue et apporte la clarté qui faisait défaut à la précédente version. A quand le passage des librairies en marque blanche à la nouvelle interface? Pour en savoir plus sur le démarche d’ePagine, nous vous recommandons l’interview de Stéphane Michalon, directeur d’ePagine, sur Littexpress.
L’actualité de la semaine : du 7 au 13 Mars 2010
La couverture survivra-t-elle au livre papier?

Hubert Guillaud nous gratifie sur son blog d’un article dédié aux couvertures de livres. Il part du constat qu’elles sont les parents pauvres du livre numérisé, bien souvent oubliées ou mal optimisées. Les readers actuels ne rendent pas justices à leurs nuances, oublient la couleur et estompent parfois leurs détails. Pourtant, toutes ses couvertures sont nées en numérique ! Paradoxalement, le support numérique final n’est pas encore à la hauteur.
Est-ce que l’arrivée des tablettes multimédias, avec un écran couleur de qualité, rendra enfin justice aux couvertures? Tout dépend du logiciel, car si l’on pense à l’iPad, certains logiciels qui existent pour l’iPhone oublient tout simplement d’en afficher une. Si ces programmes viennent à être adaptés pour la tablette d’Apple, espérons que les couvertures auront une place, comme sur iBooks.
Il ne faudra pas s’arrêter là. On peut déjà imaginer des couvertures animées qui permettront d’accéder aux “menus” du livre (table des matières, préface, index etc.) de manière interactive et originale, afin que cet espace de créativité ne disparaisse pas.


















