Apple et l’édition 2.0

Voici une excellente présentation réalisée par Frek Bijl. Déjà auteur du Web 3.0 pour les Nuls, Frek Bijl analyse cette fois ci l’édition numérique et le potentiel de son intégration dans le modèle économique d’Apple. Il pose un regard critique sur les difficultés rencontrées actuellement par le monde de l’édition, et s’attache à montrer comment Apple a réussi à surmonter des problèmes semblables avec l’industrie de la musique grâce à son écosystème iTunes/iTunes Store/iPod ou l’industrie de la communication mobile avec MobileMe/AppStore/iPhone.
De fait la tablette s’inscrirait comme un nouvel instrument à partir duquel va s’appuyer un nouvel écosystème iTunes/BookStore/iTablet. Comme lors des expériences précédentes, ce nouvel appareil devrait faire opérer un changement dans les habitudes de consommation du contenu digital, et dans le cas présent du livre électronique et de la presse.
Voici l’intégralité de la réflexion de Frek Bijl :
On peut également prolonger la réflexion au niveau du contenu vidéo, qui apparaît pour l’occasion beaucoup plus pertinent que sur iPhone/iPod compte tenu de la taille de l’écran. Cela viendrait d’ailleurs accréditer la dernière rumeur en date du côté de chez Cupertino, qui fait état d’un abonnement TV mensuel dans iTunes pour 30$ par mois. La tablette se présenterait ainsi comme un appareil multimédia complet, crédible, assurant une interopérabilité et une utilisation optimale de tous les différents écosystèmes d’iTunes : MusicStore/Vidéo Store/AppStore/BookStore.
On pourra toujours reprocher à Apple son système cloisonné et bridé, il n’en demeure pas moins qu’en l’état son modèle économique est le plus élaboré. Les jours s’annoncent paisibles chez Cupertino…
Source : BijlBrand













oui, c’est de poser la question en termes d’éco-système qui est le vrai changement de paradigme y compris pour le texte
ne plus penser livre illustré ou “enrichi” ni penser ergonomie de la page, mais penser l’écran comme unité, avec par exemple texte à déroulement continu ou reflow dans moitié droite de la tablette et à gauche le surgissement des vidéos, diaporamas ou sons ou espaces annotations et hypertexte/web indexés dynamiquement à la partie de texte affichée
depuis quelques semaines j’engloutis pas mal de soirées dans ce genre de bricolage, mais j’espère qu’Apple traînera pas trop pour nous proposer l’outil qui manque pour gérer “ensemble” un objet de travail complexe, dont chaque module est réalisé selon 1 logiciel différent de la suite iWorks
cette suite (KeyNote/Pages plus QuickTime et OSX) fabuleuse pour exploiter l’idée de tablette avec écran multitouch, mais il devient urgent qu’ils fassent évoluer l’intégration des différents logiciels pour que l’objet apparaisse dans vecteur unique que sera la tablette
(très clairement : je peux intégrer tout ce que je veux dans KeyNote ou Pages, mais je ne peux pas découpler les différentes zones écran, et plus question de passer par encapsulage PDF unique comme ils le proposent pour l’instant dans leur fonction “exporter”)
ou remarque parallèle :
l’outil tablette avec écran multi-zones nous donne fabuleux tremplin pour penser autrement la consultation web de nos sites
paramétrage css de nos spip ou drupal ou wordpress, là on a possibilité créer “zones” en valeurs d’affichage absolue
pour la première fois, je vais pouvoir considérer mon site en lui-même comme étant le “terminal” et non plus le livre associé
et donc, à la limite, envisager que le site (je pense à tiers livre, mais ça vaut aussi pour remue.net et d’autres) reste évidemment libre et gratuit via le web, mais devienne un objet labyrinthe à haute ergonomie, quasi comme une encyclopédie, une fois diffusé en iPhone.app (avec à terme ressources micro-économiques afférentes?)
il y a longtemps que j’attendais ce déclic, qui nous éloigne encore plus radicalement du livre – du coup, toutes ces semaines, regain de confiance dans mise au point et restructuration du site lui-même – et si cet outil renouvelle l’intérêt à un web riche en ressources, et non pas seulement outil de médiation des contenus hors web, on aura tous gagné
Forcément, un amoureux du libre comme moi « tique » un peu. Rien à redire sur le fond, la nécessité de simplifier les flux, mais pourquoi la solution est la camisole apple et leur modèle ultra-privateur ?
Où est la référence aux nombreuses critiques du modèle itruc© dans cette présentation ?
Pourquoi imaginer que seul apple™ est capable de gérer des flux de cette façon ?
Il y a bien longtemps que les distributions linux gères des flux très complexes qui gèrent l’intégralité du contenu de la machine, ses mise-à-jour et sa configuration à travers des outils et formats libres, tout en laissant la liberté aux utilisateurs de ce qu’ils veulent faire. Et tout ceci est possible à travers la volonté des développeurs de laisser à chacun la liberté de ce qu’il fait. Bien longtemps que nous utilisons tous les jours des formats ouverts et que c’est pour ça que le net « fonctionne ».
La différence n’est pas si nette entre les deux types de flux. Mais la philosophie sous-jacente, si, à des lieues.
Ne peut-on vraiment qu’imaginer une solution sous l’emprise d’apple, avec un format apple (ils ont tenté de le faire pour le son), avec drm apple et plateforme apple, pour matériel apple.
Je ne comprend pas qu’on puisse s’en réjouir. Même si dans un premier temps c’est plus simple pour l’utilisateur.
Le net est ce qu’il est parce que des personnes se battent de longtemps pour lui conserver la liberté qui a présidé à sa création et sa diffusion (pop3, imap, ldap, css, rss, html…). Pitié, n’enfermez pas les contenu de demain. Tu feras quoi, François, si M. Apple® ne juge pas publie.net diffusable sur sa plateforme. On se pliera à leurs exigences, docilement ? La seule solution est dans la décision de formats et protocoles ouvert et communs à l’ensemble des acteurs
Ce point avancé est bien entendu la clé d’un système idéal. Je suis tout à fait d’accord avec vous, grand amateur d’open source, ce schéma tel qu’il l’est présenté peut faire peur. Il faudrait un front commun du monde du libre, capable de proposer une alternative solide aux modèles d’Amazon ou d’Apple.
@nemolivier
Je comprends et partage complètement votre point de vue. Toujours est-il qu’en l’état actuel, tant que les différents acteurs n’auront pas trouvé une solution efficace, non-intrusive et non propriétaire de protection du contenu, nous serons obligés d’accepter des DRMs et plateformes cloisonnées.
Il est clair qu’imaginer des DRM sociales démocratisées et combinées à un système de distribution libre et ouvert est beaucoup plus intéressant.
J’ai peur malheureusement qu’il faille encore attendre longtemps d’ici à ce que Microsoft/Apple/Amazon/Adobe &co se mettent d’accord sur des formats et protocoles ouverts et communs…
@Clément M. @Alexis J. Peur d’autant vraie si on imagine les carcan qu’Apple va pondre avant même qu’ils l’aient fait ! Et sans la moindre critique. On s’enthousiasme et on espère les murs avant qu’ils existent ! Peut-être les utilisateurs devaient-ils essayer de faire entendre leurs choix (et ne pas se jeter sur iphone sans réfléchir). Ça a déjà permis de faire sauter les DRM sur les eboutiques.
Mais je ne parle pas que de DRM (c’est encore une autre question).
Je parle de la possibilité pour chacun de fabriquer, diffuser (vendre) et lire les contenus avec les moyens logiciels et matériels qu’il veut. Et que le prochain « insurrection qui vient » ne doive pas demander l’autorisation de M. Apple pour être diffusé.
PS : c’est moi qui devient vieux ou le CAPTCHA est vraiment difficile à lire ?