Amazon vend plus d’ebooks que de livres papiers

Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu un communiqué de presse d’Amazon à décortiquer. Nous voici servis ! La firme de Seattle vient d’annoncer un nouveau record à ajouter au palmarès déjà bien chargé du Kindle. En effet, Amazon peut maintenant se targuer de vendre plus de livres sur son Kindle Store que d’exemplaires papiers.

Pour rappel, Amazon commença son activité en 1995 par la vente en ligne de livres papiers, à une époque où Internet était encore l’apanage de quelques privilégiés. Il y a un peu moins de 4 ans, Jeff Bezos surprenait le monde du web et de l’édition, dont l’attention été fixée sur l’iPhone premier du nom, en lançant un reader avec un écran E-Ink. Critiqué cela ne l’a pas empêché de connaître le succès. Depuis novembre 2007, le business du Kindle a continué à croître et a conféré à Amazon une confortable avance sur le reste du secteur.

Si le chiffre des ventes de Kindle et d’ebooks restent des secrets bien gardés, Amazon ne se prive pas de communiquer dès qu’elle atteint un palier symbolique dans sa course au tout numérique. En juillet 2010, l’entreprise annonçait avoir vendu plus d’ebooks que d’éditions brochés (hardcover) puis en début d’année, c’était au tour des éditions de poche (paperback) d’être submergées par la vague numérique (cf. notre précédent article). Aujourd’hui, c’est l’ensemble des ventes de livres imprimés qui ont été dépassées par leur pendant électronique (communiqué de presse officiel), notamment grâce au vif succès du Kindle à 114$. Le ratio indiqué est le suivant : pour 100 livres vendus sur Amazon.com, 105 sont vendus au format Kindle. Amazon précise que les ebooks gratuits sont exclus de ce calcul, afin de lever toute ambiguité. En revanche, les livres papiers ne disposant pas version Kindle sont inclus dans le décompte.

La nouvelle n’est pas inattendue même si le passage de ce nouveau cap ne manquera pas de faire parler de lui dans la presse ainsi que dans le milieu de l’édition. Grâce à son écosystème complet, du reader Kindle aux applications en passant par le Kindle Store, Amazon a créé des débouchés numériques équivalents à ceux proposés par l’entreprise dans le livre papier. Et cela en moins de quatre ans. Sans l’ombre d’un doute, le pari est réussi.

La prochaine étape est l’Europe. Comme nous l’écrivions récemment, Amazon prépare ses équipes pour se lancer sur le marché européen. Confortée par le succès du Kindle aux Etats-Unis ainsi que par les premiers retours positifs du Royaume-Uni, l’entreprise dévoile son plan d’action sans être inquiété. Une attitude compréhensible lors que l’on apprend qu’Amazon vend déjà plus d’ebooks que de hardcovers (2 ebooks vendus pour un livre papier) au Royaume-Uni et que les ventes continuent de croître, dans la droite lignée du marché américain. Pas de nuage à l’horizon pour Amazon.

19 Responses to “Amazon vend plus d’ebooks que de livres papiers”

  • Amazon, une société qui communique beaucoup… mais ne publie aucun chiffre fiable. Aussi, comment croire ces annonces ?

  • Comment une société peut vendre autant de fichier à perte ?

  • La vente à perte n'était-ce pas une pratique interdite depuis 1929 ?

  • Amazon ou la politique de terre brûlée !

  • Zorro:

    Vendre un fichier 9 €, c’est de terre brûlée ?
    Moi, je dis que c’est vendre un fichier 16 € quand le poche papier est à 7 €, qui est du vol.

  • FRChris:

    Ouaip, ou alors Amazon :

    - qui me permet d'avoir accès à un choix infini de livres papiers (surtout avec le market place)
    - qui me permet de télécharger gratuitement les premiers chapitres d'un ebook avant achat
    - qui a un service client impeccable, de bons prix et qui respecte les délais annoncés.

    C'est sûr, faut la brûler cette enseigne. ; )

  • Et oui, Amazon a compris la nouvelle économie du net, vendre moins cher mais vendre plus.

    @Bibliosurf : depuis quand peut-on vendre un fichier à perte, celui ci ayant des couts de fabrications minimes. Même si Amazon vendait le dernier top seller à 1€, la société se rattraperai sur le volume, simple.

  • Max:

    Je reconnais que je n'ai jamais autant acheté de livre que depuis que j'ai mon kindle

    Dès que j'ai fini un livre, je fais un tour sur le store, regarde les éventuels livres qui m'intéressent, l'achat et le téléchargement prend ensuite moins d'une minute et je me replonge dans un nouveau livre. Un vrai plaisir!

  • Mmh! "hardcover" traduit par "broché" ?

    Pas vraiment un bon critère utilisable pour analyser le (nouveau) nuage de fumée de la communication d'Amazon.

    Il faudrait cesser de porter attention à ce genre de baratin (les curieux pourraient s'intéresser à l'histoire du terme, parfois proche de la tromperie, mode Roman de Renart) et soit avouer sa propagande ou prise de position (estimable même si faiblement motivée), soit revenir à quelques critères d'esprit critique.

  • Pram:

    Voici un article de fond à ce sujet paru aujourd'hui dans le New York Times :
    «E-Books Outsell Print Books at Amazon» :
    http://www.nytimes.com/2011/05/20/technology/20am

    • L'article récapitule bien la situation. Cela dit, je ne pense pas qu'Amazon fournisse de chiffres erronés. Les ventes sont bien là et la véritable prouesse est d'avoir construit un écosystème complet à destination des éditeurs. Il nous manque encore ce maillon de la chaîne en France.

  • En France, ils vont se casser els dents sur la ligne Maginot des éditeurs et du "prizunic" qui clament "plutôt morts que numériques!"…

  • Il faut différencier la politique des éditeurs (avec une pratique honteuse sur les prix)
    des libraires qui n'ont pas le choix et respectent la loi.
    Amazon vend à perte des fichiers. Vous trouvez cela bien. Sublime ! Mais dans le commerce, ce type de pratique a conduit des catastrophes (consultez les bibliographies sur les krachs de 1929 ou 2008 sur la libraire Bibliosurf !
    Merci de ne pas donner de leçon à des libraires qui publient des livres à 3 euros sans DRM.
    Zorro, Max et Pram, j'adore votre pseudo !

    • Amazon ne vend plus à perte la majeure partie de ces fichiers, les prix étant fixés par l'éditeur suivant le modèle d'agence. En revanche, il est sûr qu'Amazon négocie pour que les prix des ebooks sur le Kindle Store soient bas. Un volontarisme inexistant en France… D'ailleurs, ils commencent à les avoir leurs ebooks à moins de 5$ (et sans DRM). La seule chose dont le marché européen leur sert d'exemple ! ;-)

  • Je reviens à l'intitulé du billet.
    Hier, Bibliosurf a vendu 4 fois plus d'ebooks que de papier.
    Est-ce significatif ?
    Non. On est au mois de mai avec un CA divisé par 2, dans la semaine la plus mauvaise du mois, un vendredi…
    Les effets d'annonce, j'adore…

  • Si Amazon vendait à perte, les libraires français qui la déteste (et ils ont raisons, car ils vont disparaitre) auraient déjà intenté procès sur procès. Les zéditeurs ("le numérique revient plus cher que le papier… bhou bhou pauvres de nous…") vont river les clous du cercueil.

  • Cher Professeur Raynal, je vous souhaite le meilleur des mondes libéral possible…
    1. Amazon ne vend pas à ce jour d'ebooks diffusés par Hachette et cie.
    2. Ce ne sont pas les libraires français qui fixent les prix…
    3. Il y a même des libraires qui s'engagent dans l'édition numérique à petit prix http://www.mauvaisgenres.com
    4. Comment l'état va payer votre salaire de prof si il ne reste plus que des multinationales qui ne paient pas d'impôt en France ?

  • [...] Les ventes de livres numériques ont dépassé celles des livres papier chez Amazon (eBouquin) [...]

  • Est-ce que quelqu’un quelque part mesure de façon objective et indépendant les ventes de livres électroniques ? Parce que ça sent tellement le PR bullshit…

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