
Depuis 2006, le Plan Ceibal, mis en place par le gouvernement de Tabaré Vázquez (président de l’Uruguay de 2005 à 2010), a permis de fournir un ordinateur portable à chaque enfant âgé de 6 à 12 ans et à chaque professeur dans le pays. Chaque année, un rapport d’utilisation est publié et celui de 2010 apporte quelques données intéressantes, qui remettraient en question l’utilisation qui est faite des XO conçus par la fondation OLPC. Le journal El Observador revient en détail sur les résultats du rapport.
Tout d’abord, l’enthousiasme des familles pour le projet semble être passé : 46 % des familles dont les enfants sont des ceibalistas (possesseurs d’un XO par le biais du Plan Ceibal) pensent que l’usage du petit ordinateur devrait être amélioré. Un usage qui serait trop centré sur l’apprentissage de l’enfant, car 42 % de familles pensent que l’utilisation de cet outil technologique serait aussi bénéfique à l’apprentissage des parents.
D’un point de vue technique, 26 % des parents interrogés estiment que le coût des réparations est trop élevé tandis que 21 % pense que les performances du XO (l’Uruguay dispose de version 1.0 et 1.5) ne sont pas suffisantes. Au final, sur les 198 écoles, 1031 enseignants, 5670 enfants et leurs 7559 familles, 9 % des interrogés indiquent que le programme doit rester inchangé.
Du point de vue des enfants, l’étude révèle des résultats moins porteurs d’une remise en question du plan national. Pour 85 % des enfants, le XO est tout à fait satisfaisant. Un certain nombre d’élèves ont été répertoriés comme des “utilisateurs intensifs”. Presque 7/7j, ils ne lâchent plus leur XO, à l’école comme chez eux. Cependant, l’utilisation de l’appareil se fait avant tout en classe et les activités qui sont effectuées sur le XO changent. Si écrire et surfer sur Internet représentaient 90 % du temps alloué à la machine jusqu’en 2009, aujourd’hui cela ne concerne plus que 40 % du temps de travail, permettant ainsi la découverte d’autres applications.
La Plan Ceibal et le XO sont-ils pour autant en péril? Pas à court terme. L’investissement colossal engagé par le gouvernement uruguayen aura des répercutions qui ne peuvent pas encore être évaluées avant quelques années. Si l’effet du XO pour augmenter les notes des écoliers n’est pas (encore) prouvé, les bénéficiaires du programme sont déjà reconnus comme plus actifs en classe avec un absentéisme en nette diminution. Pour le reste, rendez-vous dans un ou deux ans.










5 commentaires
Lionel dit:
31 Aug 2011
Si on s'en tient au contenu de l'article, je ne comprends pas pourquoi le titre de cet article est "Remise en question". Cela me semble plutôt démontrer l'intérêt de l'outil puisqu'on lui en demande plus ! Ou alors il y a dans le rapport en question des contenus plus critiques ?
André Cotte dit:
1 Sep 2011
D'accord avec Lionel, le titre est mal choisie
Pr Raynal dit:
1 Sep 2011
Remise en question, car il apporte tellement qu'on veut lui en demander davantage… C'est plutôt positif, non ? Mais ce sont autant de plans à utiliser pour l'avenir: un XO plus robuste, mettre l'accent sur les applis… Et voir si l'on peut quantifier, au niveau des notes, l'apport de cet outil…
samy dit:
4 Sep 2011
En fait, les critiques les plus pointues sont celles des enseignants et des volontaires (la "communauté" ), qui remettent en question l'absence de transparence des institutions (LATU, ANEP, CEIP, pour les principales)) pilotant le plan CEIBAL et leur fonctionnement bureaucratique. Par exemple, les enseignants ont reçu un ordinateur portable JumPC OLIDATA avec Sugar préinstallé. Malheureusement, ce netbook (un clone du Classmate d'Intel) a une résolution graphique inférieure à celle des ceibalitas utilisées par les élèves, ce qui empêche les enseignants de préparer convenablement leurs cours. Ce que les enseignants reprochent c'est de ne pas avoir été consultés et de devoir faire les frais de décisions irréfléchies de la part de leur administration.
Ceci dit, le plus grand succès, c'est d'avoir mis en place la formation et l'implication des enseignants de manière qu'ils aient les moyens de créer, partager et utiliser des contenus pour leurs séances didactiques.
Bastien dit:
4 Sep 2011
Après mon bref passage à Montevideo, deux indices du « succès » (notion toute relative) du Plan Ceibal : le fait d'avoir vu un élève uruguayen de 12 ans, Christopher, faire un "git commit" sur une application Sugar… et le fait que ce plan incite des pays voisins comme l'Argentine à envisager d'installer Sugar sur leur ordinateurs Classmate.
Le premier indice me fait dire que, sans porter préjudice à la majorité des élèves, ce plan permet à quelques uns de vraiment aller plus loin ; le deuxième indice me dit que ce plan et le sérieux avec lequel il a été mené provoque des changements dans les mentalités que nous ne pouvons pas encore mesurer.
Un indice pour une interprétation "idéaliste" de l'histoire (faite par des individus) et un autre pour une interprétation "matérialiste" (faite par des paramètres collectifs qui échappent aux individus).
Dans les deux cas, ça expérimente et ça apprend !